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Nous voilà repartis pour la Saison III d’Oligarchie…

Nous voilà répartis pour une sarabande… La saison 3 de « Comment pouvons-nous continuer à enrichir l’oligarchie ? »

Entre le nain agressif qui nous fait les poches en criant « enrichissez-vous » choisi par des gogos qui rêvent ainsi de passer dans Gala et d’être invités au Fouquet´s. Et le Flan honteux, qui dit « enrichissez-les », c’est bon pour la croissance et l’emploi.
Avec toute la gamme des seconds rôles qui s’agitent pour tirer une miette de notre appauvrissement collectif, les bonnes gens actifs qui s’épuisent à pédaler comme des hamsters dans leur roue tous les jours pour la croissance, les affreux méchants (et sales) pauvres qui osent soulever les couvercles des poubelles autres au lieu de mourir incognito.

Les noms bizarres qui serrent les fesses dans leurs cités en attendant que les téléspectateurs de TF 1 des pavillons les désignent comme responsables de « la crise ».
Et tous les habitants des villes, asphyxiés à petits feu, au rythme lent des embouteillages tandis que les derniers paysans se suicident dans des décors magnifiques, voués par des directives à l’abandon ou à l’élevage de vaches en batteries.

Je crois que j’ai bien fait de jeter ma télé, moi (;-)

David Langlois-Mallet

Tour Triangle. Mettre en échec politique unique et pharaonisme

Le rejet de la Tour Triangle par le Conseil de Paris, au-delà des arguments pour ou contre*, c’est une bataille démocratique qui vient d’être gagnée. Les majorités de circonstances sont une bonne nouvelle pour la démocratie.

Comment faire avancer l’intérêt des habitants plutôt que celui des élus mégalo ou nostalgiques des 30 Glorieuses qui jouent le Dieu « Croissance » (de quelques portefeuilles), contre l’intérêt de tous ? On se pose la question à Paris et partout où fleurissent les GPI (Grands Projets Inutiles).

* Lire le dossier de Reporter sur les résistances en France et celui de Challenge sur les arguments des pour et des contre

Ca bouge dans la Capitale justement avec un vote conjoint, d’une majorité de projet (écolos, centre et droite et Parti de Gauche) qui ne correspond pas à la majorité politique.

Réponse, comme je le disais hier (lire ici Brossat Duflot désastre des stratégie de participation), en montant des majorités à géométries variables, en jugeant le projet et non le parti qui le présente. En mettant cette « politique unique », qu’elle soit présentée par la droite ou par la «  »gauche » », en instabilité.
En réintroduisant du jeu, de la démocratie. En refusant de se soumettre aux disciplines d’en-haut, en ne se positionnant pas comme client de ces pouvoirs, en ayant le courage de refuser la facilité d’un bon salaire contre une trahison de l’intérêt commun.
En faisant sécession, sédition, en affirmant dans ses choix individuels sa part de responsabilité collective puisque les dirigeants ne sont pas responsables, bref en essayant d’arrêter de profiter n’importe comment.
Un gros sacrifice pour de petits consommateurs, mais songez à ceux qu’ont faits les Résistants pour notre liberté, cela en vaut bien la peine de désobéir à leurs indignes héritiers.

Ménilmuche
« Paris est l’une des rares villes horizontales préservées et que ce serait une erreur d’y ajouter des tours… » (Unesco)

Lire ici :
Villages de tentes bois de Vincennes : Mais à quoi sert Ian Brossat ?

En attendant leur Tour Triangle – et tous les profits qu’elle cache – ils peuvent se la carrer dans l’oignon. Chiche que l’on réemploie les millions dans le logement d’urgence avant que nos élus ne sortent des mouchoirs de crocodiles médiatiques parce que des enfants meurent de froid cet hiver dans les villages de tentes des bois de Paris, à moins que Madame Hidalgo et Monsieur Brossat s’asseyent sur eux aussi ?

David Langlois-Mallet

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© Mes Parisiennes 2014

Un signe de plus que la présence des Verts à la Mairie de Paris est une infamie ?

Que cette présence ne doit sa raison d’être qu’aux intérêts personnels et rien du tout à l’écologie, réduite au rôle d’instrument de carrières peu durables ?

Paris 86e sur 96… Au classement de l’écologie. 15 ans qu’ils sont au pouvoir ces bonimenteurs.

http://www.lavie.fr/actualite/ecologie/palmares-ecologie-2014/le-palmares-2014-de-l-ecologie-en-france-05-11-2014-57612_651.php
Les cantines scolaires ont été sous-traitées à la grande distrib, la moitié de la ville est à péage, les parisiens doivent quitter leur ville, 20% des logements sont des résidences secondaires vides, les marques de luxe (amenés au pouvoir par les Verts) ont chassé les libraires du quartiers latin, les pubs sont partout, tout est aux multinationales jusqu’aux vélos, des enfants dorment sur des matelas dans la rue mais on met 1 milliard dans la Cannopé, il n’y a quasi plus de lieux d’expression pour les artistes, les concerts dans les bars sont sous couvre-feu de la Loi Voynet, les mouvements d’opinion, sans relais politiques sont désarmés, on respire toujours notre mort en particules fines, le territoire reste totalement dépendant des importations pétrolières et son approvisionnement alimentaire vulnérable au moindre choc, les petits parisiens mangent de la m… Les cantines solidaires sont interdites. Mais les élus ont mis le bio au menu de LEUR cantine et côté salaire, ça va merci (on peut même cumuler avec député).

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La seule position sincère aurait été de rester dans l’Assemblée et de faire pression sur chaque décision d’un exécutif minoritaire à chaque vote. Cela aurait été privilégié l’intérêt des parisiennes sur son petit confort personnel.

Tour Eiffel inversée

La vergeoisie, un échec

Leur seul vrai gain ? Avoir permis que les gens pensent que « l’écologie ça ne marche pas »…

Sinon pas de soucis pour faire la morale aux « pollueurs », aux « égoïstes », « aux réacs », « aux autres en fait. Mais pas touche à mon confort personnel ! Du partage de la démocratie qu’ils incarnaient ? Ils n’ont gardé qu’un jeu méchant entre eux. De la solidarité ? Qu’un avant-gardisme snobinard sur les minorités sexuelles. De l’idée que l’écologie doit donner des exemples ? Ils n’ont retenu que celle de se faire plaisir à eux seuls. « Bah, alors, vous voyez, l’écologie c’est pas difficile… ! »

David Langlois-Mallet

© MesParisiennes.wordpress.com

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France. Un petit signe du rejet actuel du Pouvoir

Tu as des petits signes comme ça de l’affaissement profond d’un pouvoir. Ce matin sur France Inter, Patrick Cohen fait ironiquement état d’un sondage « palpitant ».

Savoir si à mi mandat « François Hollande avait plutôt réussi ou plutôt échoué en matière d’emploi ? Suspens… : 97% qu’il a échoué. ça alors ! Et plutôt réussi 3%.. ».
« C’est à dire que les instituts ont quand même réussi à dénicher 30 français qui pensent que oui, jusque là, ça a plutôt marché… Bravo ! »

Et tout le studio de s’esclaffer.

Le manque d’estime est partout.

Cela fait écho à un bouquin que je traine paresseusement dans ma poche « Les origines culturelles de la Révolution française* « , l’auteur y recherche de grandes causes, l’affaissement de l’esprit religieux (comme nous du Dieu Consommation), l’opposition entre la Cour et le Pays (…), ou l’affaiblissement de l’autorité (très contemporains encore), mais aussi analyse finement des propos de rue, comme celui-ci sur la maladie de Louis XV :  » on racontait que rue St Honoré un homme avait dit à un de ses amis « Qu’est-ce que cela me fait ? Nous ne saurions être pis que nous sommes. » (…) l’homme de la rue a opéré une radicale dissociation entre son sort propre et les avatars qui concernent la personne souveraine. »

Comme un peu en ce moment que nous vivons où les Français cessent de donner crédit à la « Personne présidentielle » du pouvoir quasi magique de « changer les choses ». Ce qui monte au contraire dans la conscience collective c’est le sentiment qu’il est là pour ne rien changer et juste gagner du temps… Pour lui et ses réseaux plutôt que dans l’intérêt commun.

Les intellectuels frustrés

Pour terminer sur une note d’espoir pour le peuple des bloggueurs, je voudrais citer une autre des causes de la Révolution.  : « Tous en voulaient à une société qui leur avait donné une formation trop poussée et n’était pas capable de leur fournir un emploi. »

David Langlois-Mallet

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* Roger Chartier, Collège de France.

Coup de gueule. Aux vieilles gauches qui m’emmerdent… Et celle qui pourrait me faire rêver

Deux gauches se déchirent et nous feraient presque oublier que nous seront demain les otages de leur manque d’imagination. Pourtant, il ne faut pas les confondre. Mais trouver le moyen de proposer du neuf.

Dehors la gauche des yuppies !

Celle des petits cadres ambitieux et des jeunes loups du marketing qui ont raté leur destin dans la promotion immobilière et la publicité et sont venus squatter en nombre l’espace public et la politique. Rentrez chez-vous petits énarques fièvreux, « phobiques administratifs » élus, fondés de pouvoir de la Finance qui n’ont jamais été élus et n’ont jamais milité. Restez dans vos familles héritiers divers, Papamadit et autres « femmes de »… Portez ailleurs votre soif de promotion sociale et votre besoin de reconnaissance. La plus vieille des gauche ? C’est d’abord celle de Valls

La gauche à la papa, ok, mais pour papa seulement
L’autre gauche qui m’endort est l’adversaire de la première. C’est la gauche à la papa. Bien sur on les aime bien nos retraités de la fonction publique, nos Filoche, mais de là à croire qu’ils peuvent parler en notre nom, écrire les programmes politiques et économiques seuls, nous dire ce que sera le XXIe siècle… stop.
Bien sur leurs engagements sont sincères, eux. Oui, ils aiment la veuve et l’orphelin, eux. Ils ont la solidarité dans les tripes et on en a besoin. Ils défendent les plus petits qu’eux et on ne les mettra pas dans le panier de ceux qui doivent partir, mais de ceux qui doivent un peu la boucler parfois et apprendre à écouter. Votre modèle à la papa du plein emploi, du salaire à vie derrière le même bureau, avec toutes ces petits mesquineries quotidiennes et le calendrier des photos de plage accroché au-dessus, n’est pas notre seul horizon du bonheur et de l’émancipation humaine. Le salariat est fait pour être dépassé, même dans Marx je crois bien. Et n’oubliez pas que si votre gauche à sombré, c’est d’abord du fait de sa réussite. La lutte pour le bonheur, réduite aux acquis salariaux a débouché sur une société de consommation. On n’en veut plus. La Terre n’en peut plus.

Les petits marquis de la gauche radicale
Une gauche qui me courre sur le haricot sérieux, c’est la gauche des élégances morales radicales et des petites pratiques. Les « je suis assez conservateurs dans les valeurs de ma famille, ma vie privée est under contrôle, ma vie économique c’est un sujet à part », mais plus radical que moi sur les minorités, les théories sans conséquences tu meures ! Raz le bol de votre égoïsme qui n’est qu’un parisianisme. De vos engagements destinés avant tout à vous assurer le confort moral, seul accessoire qu’il n’y a pas encore dans votre salon. Vos vies manquent de profondeur, votre engagement de racine, vous faites de la politique comme vous feriez de la peinture sur soie et surtout vous donnez des leçons à tout le monde. Merde. Plutôt que de faire les élégants, à l’heure où le FN est le premier parti de France, montrer votre capacité à redonner du sens politique. Les principes universels sont faits pour être partager, non pas pour servir de rente à des egos. Arrêtez de nous faire croire que vous seul vous positionnez tout là-bas, à la fine pointe d’une radicalité désirable (que vous vous épargnez en général de vivre). Donnez des exemples plutôt que des leçons, vous verrez, ça rend modeste.

Les scrogneugneux d’appareil
Pas non plus cette soi-disant gauche de vieux jeunes gens d’appareils. Formés à toutes les compromissions dès le plus jeune âge pour n’avoir l’oeil que sur le nombre d’élus et leurs rentrées dans les caisses du parti. Les stratèges toujours prêts à dégommer tout ce qui ne leur apporte pas de bénéfice tactique. Les squatteurs des postes et des assemblées politique. C’est la politique réduite au jeu institutionnel, dévitalisée par les professionnels de la profession qui entraine le dégout démocratique général dans le pays. Vous êtes les tues l’amour de ce pays, les croque-morts de la politique et en plus c’est à votre propre bénéfice. Le rêve ?

Nous sommes nombreux aussi je crois, même si nous n’avons pas besoin d’être au pouvoir, à vouloir une politique économique de la liberté qui ne soit pas une politique de l’égoïsme, du profit personnel et du chacun pour soi. Une politique collective qui soit aussi une politique de la créativité, de la formation toute la vie, des innovations, de l’éveil et de l’ouverture aux autres, de l’épanouissement solidaire, de la culture. Une politique des assemblées vivantes, de la parole de chacun, de la diversité et des postes partagés. Une politique de la fierté d’un service public performant et sûrs, mais une politique économique des complexités et des mutations et des richesses des individus.

  • Peut-être une flexi-sécurité comme il existe dans les pays du Nord de l’Europe qui passent pour sociaux et ne connaissent pourtant pas le chômage ?

  • Peut-être un revenu citoyen qui tienne compte de la dématérialisation de l’économie et de toutes les richesses que nous produisons et qui ne sont pas rémunérées ?

  • Peut-être une taxe sur les flux financiers et l’actionnariat plutôt que des charges sur les salaires ?

  • Surtout un autre discours que l’augmentation de la croissance, de la consommation et des salaires !

    Une politique de l’économie soutenable car nous savons que dans les limites de la Terre, il ne sera pas possible que nous gagnions plus mais il est nécessaire que nous partagions, que nous nous limitions pour pouvoir investir le champ du vivre mieux.

Bisou,
David Langlois-Mallet

© Mesparsiennes.wordpress.com 2014

« Je me suis sentie vivante… »

Propos qui m’a sauté à l’oreille ce matin, à la radio, d’une étudiante française dans les manifs de Hong-Kong. Les autorités françaises et sa famille lui demandent de se tenir à l’écart par prudence. Elle répond « j’ai 20 ans et j’ai besoin de vivre. »

C’est la même impression que j’ai eu durant le mouvement de 95. Être enfin vivant collectivement. Sortir ensemble du train-train d’une organisation du travail pour inventer l’instant est une des expériences humaines les plus exaltantes, comparable à l’amour.

En sortant de la routine, chacun révèle ses talents et fait tomber le masque d’ennui social. Pour la première fois on devient acteur et non objet de le marche du monde. En cessant d’être des individus juxtaposés, on comprend le sens du mot ensemble.

C’est une expérience fondatrice pour la conscience que je souhaite à chacun.

Ce pourquoi j’aime aussi lire des textes sur la Révolution, qui avec toutes ses crimes et ses erreurs du point de vue d’une bonne gestion de l’intérêt de la France, constitue une expérience fondatrice de notre humanité.

De ces expériences prométhéennes où l’on brûle pour éclairer le monde. Nos vies sont ainsi faites, d’être riches (et écourtées) d’avoir vécu ce qu’il n’est pas raisonnable de vivre. Mais d’avoir vécu.

En ce sens, ce que nous appelons « vie politique » ressemble à de la mauvaise baise de routine, un mouvement social à du bon sexe créatif.

Vive la grève !

David Langlois-Mallet

Mesparisiennes.wordpress.com

France : un réveil colérique…

Entre colère sociale et crise politique… Quelle idée se faire de la situation actuelle en France Depuis quelques années déjà, nous vivons un réveil politique de la société civile, mais devant le mur que lui oppose la classe politique, il est de plus en plus désordonné, incohérent, colérique… Mais pourquoi donc ne sommes nous pas capables de bâtir une alternative politique ?

La toile de fond de la mondialisation, on la connait

Les esprits, déjà sous pression des différents dangers (épuisement de la planète, réchauffement climatique, industrialisation, course au rendement et déshumanisation de la vie, précarisation ou appauvrissement)… Mais toutes les initiatives locales ou citoyennes – qui sont comme les forces de résilience ou de survie de la société civile- se heurtent en France chaque jour à une fin de non recevoir d’un système aristocratique épuisé dans ses privilèges, sourd aux propositions, méprisant vis à vis de la société civile mais qui retrouve sa force quand il s’agit de lui rendre la vie dure.

L’Etat, conspiration ou incompétence ?

D’Etat protecteur, il apparaît pour beaucoup comme incompétent sans cesser d’être autoritaire, pour d’autres comme le complice d’un vaste hord-up sur le bien commun : La croissance de l’humanité n’a jamais produit autant de richesses, mais elles sont confisquées par le 1%. Ce retour vers le temps féodal s’accompagne pour la première fois (depuis la préhistoire ?) d’un sentiment de péril mortel pour l’espèce humaine. On l’annonce tranquillement à 50 ? 100 ans ? Mais aucune décision n’est prise. Pourtant chacun le constate autour de lui que le profit sans fin épuise la vie locale, effrite relations humaines, précarise. Non seulement nous nous appauvrissons dans cette culture du égoïste, mais surtout nous sommes plus solitaires que jamais, vaguement consolés par les seuls écrans… L’individualisme produit pourtant du bonheur, celui d’une très grande créativité dans tous les domaines. Mais quels sont ses relais ? Ses moyens de partage ?

Cette angoisse activée par un sentiment très vif de trahison des élites, prend toutes les formes possibles : multitudes des initiatives locales, mouvements citoyens de propositions républicaines sans débouchés ni relais, révoltes diverses de territoires ou de corporations (en banlieue ou en Bretagne que l’on fini par regarder avec compréhension), identitarismes divers (barbus, le Penisme, ligue juive ou black, etc.)  à chacun selon son « identité » fantasmés mais qui permet de se ternir chaud et prêt au combat contre… le voisin. Toutes colères différentes et semblables qui n’ont pas de déboucher positif et convergent vers la détestation des pouvoirs en place, voir un désir morbide de leur destruction.

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UMP-PS Une politique unique schizophrène

Car le centre de gravité majoritaire s’effrite (celui d’une France qui a un boulot et trouve normal de voter PS ou  UMP pour une politique unique. Présentée comme inéluctable du fait de nos engagements européens, elle oriente toutes les énergies humaines vers :

– une réelle maltraitance au travail (ou au chômage).
– une croissance des industries (que l’on nous dit pourtant écologiquement mortelle)
– et conjugue la peur que chacun a du chômage avec le soucis exclusif des profits financiers (bénéfice que l’on sait pourtant confisqués)

C’est cette politique unique, rocher battu par les vagues diverses d’une montée des colères… sans solutions ni débouché politique.

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La tentation autoritaire

La gauche révolutionnaire absente, perdue dans son histoire et son folklore (son corporatisme dans le cas du PC). C’est le mouvement nationaliste FN qui s’en tire le mieux pour catalyser une alternative dans les urnes (avec les risques que l’on sait ou que l’on oublie).

D’abord parce que le FN a été excommunié par « le Système », ce qui lui sert de brevet de moralité pour beaucoup de Français assaillis d’angoisses multiples, crise économique, mais surtout crise morale et culturelle. Vide des existences et des caddys, quand un rêve de consommation s’évanouit…

Si son approche autoritaire paraît totalement anacronique, sa proposition de replis sur l’Etat et la souveraineté est partagé très largement au-delà de sa famille. Beaucoup en oublient que l’extrême droite, c’est aussi la porte ouvertes données aux haines et aux vengeances, un potentiel de guerre civile contre des communautés, replis sur soi, une société policière etc.

Et nous ? Nous qui croyons encore à améliorer les choses plutôt que les casser

Comment ne pas être en colère de voir un pays comme la France une alternative positive ? Sans y perdre plus de temps que de raison, comment ne pas en vouloir de leur médiocrité à ceux qui nous proposaient un monde nouveau à bâtir et qui en l’ont troqué contre un ascenseur social privé pour les potes ?  L’écologie politique, EELV spécialement, qui sont pourtant sur le versent humaniste, au départ de ce mouvement de fond de réappropriation de la politique par la société civile.
Eux qui ont posé les premiers tant d’analyses nouvelles (René Dumont était moqué il y a 40 ans, tous les experts disent la même chose aujourd’hui) mais qui se sont depuis tellement fondus dans le système pour quelques ministères et avantages peu durables qu’ils ne portent plus rien d’audible, ni proposition, ni contestation crédible et nous laissent donc, nous qui croyons encore à améliorer les choses plutôt que les casser, nos propositions sur les bras, sans alternative devant la question qui nous tue : Sarko ou Le Pen… ?

Alors on condamnera si vous voulez un coup « les jacqueries » ou « les casseurs de banlieue », les violences de tel groupe identitaire ou de ses concurrents, bien sur. Mais à condition de le mettre en regard de la vraie responsabilité, celle d’une oligarchie, qui confisque sans compétence et sans morale publique, le pouvoir politique, bloque les initiative et renonce à toute vraie réforme, non pas celle qui consiste à prendre aux pauvres gens le peu qu’ils ont, mais celle qui voudrait remettre en cause de leur propre fonctionnement.

Et nous ? Nous qui sommes peut-être les plus nombreux, à croire que le monde ne s’améliore pas par un recours au chef, par la course à toujours plus d’argent, mais par la multitude des petites initiatives patientes, respectueuses, locales mais aussi soucieuses des autres.
Comment pouvons-nous ne pas avoir d’alternative ?

Nous aussi en colère !

David Langlois-Mallet

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France. A gauche d’une terre brûlée

Mes remarques de ces jours derniers note, ne sont même plus une critique des Verts, du FG ou du PS. C’est plutôt une constations des mécanismes politiques plus ou moins conscients ou assumés (après nous le déluge) qui ont permis au FN de s’installer comme seul parti de la contestation en face des olygarques.

Rôle qui aurait paru baroque il y a peu.

– Mais en fait le Melenchonisme comme nostalgisme politique (du monde du travail dans une société instable et individualiste, de l’Amerique Bolivarienne dans l’Europe de Candy Crush ou de la Guerre Froide à l’époque d’Erasmus).

– L’écologie politique réduite à un club de gentils technocrates endogames à vélo.

– Et le PS qui « approuve mais qui regrette », comme dit si bien la chanson… Et culmine dans son culte de l’impuissance au seul moment historique où il a (encore) tous les pouvoirs.

-Sans même parler d’un PC réduit, un peu comme l’Eglise hier, à sauver son patrimoine immobilier plutôt qu’à être un mouvement vivant.

De mon point de vue ces vingt dernières années, les seules forces d’invention misant sur l’humain sans exclusion (si l’on identifie ainsi l’idée que l’on a appelé « de gauche », celle qu’un monde peut-être meilleur en se changeant), ont été portées par des personnes et non des mouvements politiques, ceux qui ont été actifs dans des collectifs, dans la culture indé, alternative, locale comme on voudra bien l’appeler…

Les utopies collectives (et donc les inventions sur la façon de se relier aux autres et de faire société ensemble) ont été vécues ou testées dans les squats (non Delanoisés), les arts de la rue (non transformé en festival Mr le maire), les bars culturels, dans ce que l’on pourrait appeler un mouvement créatif oeuvrier, s’il n’était pas resté à un stade assez individualisé. S’il avait coagulé localement, ce qu’il n’a pu, faute de lieux.

Si le ton parfois assez raide de certains de mes post peut froisser -j’en suis par avance ravi- cela vient d’un fait très simple. C’est que j’ai été témoin que toutes ces alternatives ont été mis au pas, tués ou éteintes par des pouvoirs de gauche.

Ils se retournent désormais vers une terre qu’ils ont constamment brulé. Et n’y trouvent plus rien pour se nourrir ou se consoler.

David Langlois-Mallet

 

EELV un entre-soi confortable

Je dînais l’autre soir, dans un charmant jardinet, avec de vieux copains de la planète verte. « Les jeunes EELV sont très gentils, généreux même souvent. Ce n’est pas la question. Mais le recrutement s’est vraiment fait sur le modèle d’une école d’attachés parlementaires en éliminant certes tout ce qu’il y a de chiant, de perturbant chez les gens. C’est conçu pour être efficace, un peu comme une boîte de communication. Mais ce sont vraiment des gens déjà inclus qui se retrouvent entre eux. Ce n’est pas une critique contre eux, mais cela ne porte plus grand chose. Quand tu vois le dynamiques du FN qui agrègent toutes les parties de la société dans une situation actuelle imprévisible qui peut être explosive… La gauche va beaucoup souffrir dans les 10 prochaines années. »

J’opine, on aura un peu tout essayé pour les alerter que le réchauffement climatique menace et qu’il faut changer un système de consommation politique peu durable… Le choix d’un parti de professionnels plutôt que d’un parti de militant « devitalise » car il laisse la politique vivante à l’extérieur. Accentuant la fracture et la perception de l’exclusion.

Une exclusion auquel le FN, parti de « parias », a plus de facilité à s’identifier.

David Langlois-Mallet

Parti de Gauche. Du mégaphone à Radio Nostalgie

Tu as vraiment le sentiment que le FN a fait du marketing, mais s’il a chanté aux gens la chanson qu’ils veulent entendre, cela suppose qu’il les a au moins écouté à un moment ou à un autre… Fusse dans des tables ronde de consommateurs.

Pour le Front de Gauche, ce qui sera le plus difficile, c’est que la certitude de détenir la vérité est ancrée dans une culture politique et se fait avec un imaginaire politique des années 50. Je ne sais pas si c’est bien ou mal, mais l’imaginaire du poing levé n’a plus de grande signification pour la majorité des gens. Ce qui ne veut pas dire que les raisons qui faisaient lever le poing au temps de Zola ne sont pas de retour. Mais elles s’expriment à l’époque de Candy Crush, de Games of Thrones, ou que sais-je.

J’avais été frappé, quand ils m’avaient proposé d’être candidat sur leurs listes (ce qui était très gentil) qu’ils ne soient pas intéressés par ma proposition de concevoir leur programme culture avec les artistes, ni d’écouter d’abord leur parole sur la ville. Encore plus frappé de voir qu’ils vivaient dans le rétro de la campagne présidentielle, obsédé de la déploration de la perte du PC et du rapt du logo commun. Bref, leur centre de gravité n’était pas la société vivante, mais le jeu interne des partis fut-il discrédité. Une fascination pour le lac qui est donc allée, à Paris, puis aux Européennes jusqu’à la noyade.

Loin de l’incarner politiquement, la rupture avec le peuple semble consommée. Il faut désormais attendre que de nouveaux imaginaires citoyens et engagés s’expriment. Car la bonne nouvelle, c’est que la majorité de la société ne s’est pas exprimée. L’exemple de Grenoble montre qu’en créant du neuf politiquement, on attire du neuf électoralement.

Qu’aurait donné à Paris une alliance écologistes, Parti (ou Front) de gauche, associatifs, milieux culturels… J’avais parié autour de 20%, car les vraies réserves sont dans l’enthousiasme de ceux qui ne votent plus et attendent du neuf. Mais on ne le saura jamais. Pas tellement parce que le PC a abandonné toute forme de lutte en troquant la chance et le risque de l’expression contre des postes dès le premier tour (la politique contre la gestion), que parce que le PG sera resté fasciné, hébété de cette trahison domestique. C’était pour lui la ruine d’un espoir plus large. Signe qu’il ne pensait à la municipale que comme un marche-pied vers la présidentielle. Désolés camarades, c’est précisément cette culture politique là dont les gens ne veulent plus à l’heure des alternatives locales. Votre culture politique est sûrement vaste. Elle n’est pas à jour.
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Si l’imaginaire de la contestation est porté par des gens du XXe siècle, il ne faut pas s’étonner du triomphe des idées du XIXe…

Si le Parti de Gauche me demandait conseil, je lui dirais avec tendresse (car je crois qu’ils sont malgré tout la forme la plus intègre aujourd’hui en politique), mais dureté (car ce sont loin d’être ceux qui se servent le mieux de leur tête) : Que tous ses dirigeants devraient se mettre en retrait et tendre l’oreille à ce qui vient de la société, l’écouter, l’amplifier, le soutenir. Etayer mais ne surtout plus « représenter » ou croire que l’on représente la contestation parce que l’on a l’imaginaire marxiste du XXe siècle comme culture et que l’on a grenouillé 30 ans dans les congrès du PS comme fait d’armes. C’est décevant, mais vous n’aurez pas été une génération révolutionnaire, ni même héroïque. Là, où le rouge nouveau émerge (en Grèce ou autour des Indignés espagnols, c’est là où du neuf a pu voir le jour). Peut-être même en France, le fait que l’espace politique de gauche ait été trop bouché par une vieille gauche a t-il amplifié la dépolitisation de la jeunesse. Parfois, il faut mieux des friches et de l’espace… Va savoir.

Vous êtes un mouvement lucide sur beaucoup de points, mais guère sur vous mêmes, on sait aujourd’hui que ce ne sera pas de vous que viendra le neuf. Même si vous aurez sûrement un beau rôle à jouer à ses côtés. C’est sûrement à ce beau rôle là qu’il faut vous préparer avec plus d’écoute que de grands discours.

Amicalement,

David Langlois-Mallet © Mes Parisiennes, 2014

PS-(U) : Cela dit si mon point de vue sur Paris vous intéresse, il est disponible et régulièrement mis à jour sur : https://mesparisiennes.wordpress.com