Archives du mot-clé Paris populaire

Paris pas sans Nous ! – La Bellevilloise dimanche 25

Paris, Pas Sans Nous !

Pour une mobilisation générale active
Rendez-vous le Dimanche 25 octobre de 17h à 20H
projection- débat  à La Bellevilloise
19-21 rue Boyer 75020
Entrée libre

« Paris, pas sans nous ! » fait suite au débat « Silence, on expulse ! » du 13 Septembre et à la rencontre des représentants d’une dizaine de groupes et initiatives civiques qui, un peu partout dans le nord-est parisien et aux environs, prennent la parole pour défendre leur cadre de vie contre des projets immobiliers imposés d’en haut, sans étude ni concertation préalable. (voir programme et présentation en pièce jointe)
A l’invitation de l’association Trajectoires participeront entre autres : le Collectif Ramponeau(20ème), Stopmonop( 10e, 11e), Stop Carrefour-Le quartier aux habitants (18e), Les indiens de Paname, PADAMOQ (20e), Collectif Dénoyez (20e), Les Amis de l’îlot Tourtilles-Belleville( 20e), Culture toi même, Petite Commune libre de l’Elysée Ménilmontant (20e), Collectif de  soutien aux expulsés u 1-3 villa de l’Ermitage (20e), Les empêcheurs de tourner en rond (Montreuil), Association pour la sauvegarde et la reconversion du groupe scolaire de Charenton…et vous?

Paris pas sans-nous

Désnoyez. Comprendre les crises à Belleville : une autre logique est possible

L’émotion et les protestations soulevées par le risque de disparition de « la rue du graph », posent une nouvelle fois la question de la liberté d’expression culturelle à Paris. De même les pétitions, manifestations, protestations diverses au fil des luttes micro-locales semblables ces dernières années auxquelles la mairie a pris pour habitude d’opposer une fin de non recevoir.
Elles posent plus largement la question de la place des citoyens dans la ville, surtout quand l’institution communique abondamment sur « le participatif », et remettent en question des politiques publiques basées sur l’argument unilatéral d’autorité dont on peut se demander quelle en est la pertinence au temps d’Internet ainsi que la véritable facture à l’heure où l’apathie démocratique devient un problème pour la démocratie même. Peut-on encore se permettre le luxe que la vie politique soit régie par le mépris mutuel entre citoyens et élus, l’absence de concertation, de dialogue, de projets partagés ? Ces à ces questions et inquiétudes que la proposition ci-dessous propose de répondre.

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Polémique de « la rue du graph » : Une autre logique est possible 

Une parcelle du bas Belleville*1 (Paris XXe), nommons-là de son nom historique « La Courtille », est au cœur d’une polémique qui oppose des projets d’intérêt général portés par la Mairie de Paris (crèche de 50 berceaux et logements sociaux à destination de femmes isolées) que nul ne conteste, mais dont beaucoup de voix (artistes, habitants, visiteurs, médias…) s’indignent ou s’étonnent, refusent qu’ils se fassent au prix de la destruction d’une singularité culturelle devenue emblématique, voir d’intérêt touristique : une rue Désnoyer, dédiée de fait au graph, au street-art, à la figuration libre.

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La réponse ordinaire des institutions parisiennes face à ce type de mobilisation à la fois singulières (puisque liées à un quartier, voir une parcelle) et récurrentes (puisqu’elles se reproduisent sur le même modèle régulièrement) n’est pas satisfaisante puisqu’elle se solde à chaque fois par de micro-ruptures avec le tissu citoyen des quartiers concernés. Quelques soient les modalités d’un dialogue, totalement inexistant ou plus actif, le résultat reste invariable. La ville maintient son approche et passe outre l’opinion des citoyens concernés ou mobilisés, accentuant le sentiment de mépris et de fracture avec le politique dont les citoyens s’estiment à juste titre l’objet de la part de leurs élus.

<a href="http://« >Reportage de l’excellent Télé Bocal

Au positif

Cette situation nous interpelle en premier lieu la très grande vitalité créative de la société et singulièrement de la jeunesse du territoire francilien.

Il se passe dans les arts graphiques, ce qui a eu lieu pour la génération précédente dans les squats d’artistes. Faute d’ateliers, d’espaces dédiés, la jeunesse prend ce qu’on lui laisse, hier les friches, aujourd’hui la rue comme théâtre d’expression et ce faisant invente une nouvelle forme de dialogue éphémère avec son époque et un nouveau public qui se trouve de fait en dehors des politiques culturelles comme du marché de l’art, musées ou galeries.

Ce mouvement correspond à notre époque, un temps de mutation, de précarité aussi, où les besoins d’expression et la quête de signes nouveaux pour comprendre le monde et se comprendre soi-même sont immenses.

Mais il souligne aussi en creux le replis d’institutions qui (souvent du fait de fractures générationnelles, culturelles, sociales) ont renoncé à être à la racine de ces mouvements, encore moins à les accompagner. Voir s’arqueboutent, comme c’est le cas à Paris, sur le droit ou sur l’argument d’autorité pour les interdire de fait.

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La liberté d’expression artistique, crise récurrente pour la municipalité

D’apparence anodine, le conflit de la rue du graph, se trouve être l’écho, voir la réplique, d’innombrables micro-conflits et polémiques locales ayant trait à la présence des artistes à Paris et plus généralement à la liberté d’expression culturelle des parisiens, aux initiatives de solidarité locales. Initiatives qui se heurtent à une municipalité qui entend contrôler institutionnellement et être le vecteur unique de toutes les formes d’expression du territoire.

Conflits qui posent une question quasi de philo politique au conseil de Paris : Est-ce le rôle de l’institution de se placer en situation de monopole culturel, au détriment de l’expression culturelle du territoire ? N’y a t-il pas confusion entre le politique et culture, voir autre chose encore, d’autant plus s’il s’agit de déléguer plus ou moins les structures ou les contenus à des opérateurs privés inscrits dans des logiques de marché ? En clair, il s’agit de savoir si la culture vivante est l’expression des institutions, du marché ou de la société.

Pour ne parler que de cette parcelle de Belleville, les conflits de ce type, en particulier autour de La Forge (squat d’artiste autour duquel la mobilisation a permis de sauver des promoteurs la parcelle concernée, devenu depuis propriété de la Ville de Paris, puis concédé à un opérateur privé) ont été la trame quotidienne de l’histoire de ces dix dernières années. « La rue du graph » étant le fruit du dernier équilibre trouvé en l’institution et les artistes. Equilibre aujourd’hui rompu.

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(Lire à ce propos, in L’Ami du XXe) Quelle Belleville forgeons-nous ?
https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/01/05/quelle-belleville-forgeons-nous-in-lami-du-xxe-mai-2013/

Le fait que Paris soit devenue l’objet d’une très intense spéculation immobilière d’une part et de l’autre de politiques d’équipement volontaristes souvent appréciées, mais dont la mairie doit entendre qu’elles ne laissent plus de place à l’initiative locale, à la spontanéité. Pire que les formats voulus par la municipalité dans l’ensemble de ses interventions culturelles sont le reflet d’un conformisme plus que discutable de part ses liens endogames avec les industries privées d’une part et une destination quasiment auto-référente ou du moins caricaturale du milieu assez limité des bureaucrates qui l’animent à qui se l’adressent à eux-mêmes.

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Une question de démocratie locale

Derrière la question culturelle, ce qui fait l’objet d’une contestation est l’absence de prise en compte de la vie locale, des usages et de l’existant dans les projets municipaux. Ce n’est pas la nature des projets de la ville qui est contestée, mais sa manière. Cette manière d’intervention brutale, s’inscrit dans une continuité et une histoire douloureuse, celle du quartier populaire objet d’une forte violence politique et urbanistiques au cours du XXème siècle (destruction de très nombreuses parcelles, constructions de cités, opérations de promotion, déshumanisation du cadre de vie etc.)

Cette action urbaine du XXe siècle — de droite ou de gauche — imposée du Paris-Capitale, niant les Paris-villages, nous dit en creux une certaine impuissance institutionnelle. La Mairie de Paris, pour être récente (1977) comme institution, est une institution qui ne s’est pas trouvée. De par son gigantisme et sa centralisation notamment, elle s’inscrit dans la duplication d’une politique de l’Etat davantage que comme une véritable mairie, par nature fortement liée à ses citoyens et irriguée de leurs propositions, tout en restant capable d’y faire prévaloir un intérêt général.

A l’heure où l’on fait de plus en plus appel à la responsabilité locale ou individuelle, où l’on met en avant « la participation », voir la démocratie locale, n’est-il pas temps pour un autre type de relation entre la ville et les citoyens, ne serait-ce que pour contrer les phénomènes d’isolement urbain, de replis sur soi, d’indifférence, de replis identitaires et des tensions qui les accompagnent ?

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Propositions

Dépasser ces tensions, suppose une intervention différente, visant à donner aux institutions comme à toutes les personnes intéressées (artistes, habitants, usagers, professionnels, chercheurs…) les outils et le temps de la réflexion en considérant plus finement les logiques à l’oeuvre sur ce territoire du bas Belleville, appréhendé non comme un simple réceptacle vide de politiques publiques, mais au contraire dans sa singularité et sa diversité.

Ancien journaliste (Politis, Nova, L’Huma hebdo, Rue89, Cassandre, Communes de France…), spécialisé dans les cultures populaires parisiennes et les politiques culturelles. Expert de la Région Île-de-France pour les politiques d’ateliers d’artistes. Auteur des propositions adressées à la ville de Paris par de la commission culture du PS, animateur de réseaux de réflexion sur les politiques culturelles (Altaïr, Un Peuple Créatif, Le 6B, Le CENT), bon connaisseur de l’histoire locale, j’avais déjà été sollicité par la Mairie de Paris comme médiateur dans une précédente étape du conflit de la Forge, le squat d’artiste présent dans la parcelle. Il se trouve que je suis par ailleurs habitant du quartier en question. Mon point de vue pourrait donc être fondé à ces titres divers, ce n’est pourtant pas lui que je souhaite mettre en avant.

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La nécessité d’une enquête de territoire

Ma proposition vise à saisir l’occasion d’une mobilisation citoyenne pour entamer un autre type d’échange, plus large, entre population et élus.

Personne ne contestant sérieusement sur le fond, ni la nécessité des investissements publics (ici une crèche et des logements sociaux à destination de femmes isolées en difficulté), ni non plus l’intérêt culturel que représente la dynamique des arts de rue, en particulier du graphe.

Il apparaît que les dynamiques de quartier qui portent ces expressions culturelles et de protestations restent ignorées ou mal comprises des décideurs politiques. Elles demandent souvent que soit prises en compte les singularités d’un espace urbain que les politiques publiques autant que la centralisation économique tendent à banaliser, à normaliser et à vider de son sens par des aménagements réalisés souvent au mépris de ses usages ou de ses fonctions de vie quotidienne.

C’est pourquoi il apparaît nécessaire de reprendre à la base le dialogue en s’intéresser plus finement au quartier concerné, à son identité, ses dynamiques, d’identifier ses zones de forces et ses potentiels à partir des acteurs concernés, ses habitants, ses artistes, ses commerçants, ses usagers, ses élus, acteurs institutionnels etc… de recueillir l’expertise de chacun, au service de la réflexion de tous.

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Mise à contribution de l’intelligence de territoire

Surtout il s’agit de mettre en œuvre l’intelligence du territoire. Loin d’être de simples sujets stupides de leur vie quotidienne et des objets passifs des politiques locales, les gens qui habitent ou fréquentent quotidiennement un quartier son reliés à lui par un ensemble de liens, d’émotions, de relations, d’affects, de sentiments, qui construisent leur propre pensée de la ville à partir de leur expérience. Habitants à la fois d’un village et de la Capitale, ils ont un regard tout autant singulier et co-élaboré.

Dans le cas de la Courtille de Belleville, la ressource locale est très grande. Fruit d’une existence intense, mouvementée (histoire contemporaine riche, conflits d’urbanisation, suractivité culturelle, diversité des parcours de l’immigration…), les témoignages, avis et réflexions enracinés dans l’expérience que l’on peut y recueillir sont nombreux et affûtés sur les questions urbaines.

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Paris, ses fauxbourgs et ses environs où se trouve le détail des villages, châteaux, grands chemins pavez et autres, des hauteurs, bois, vignes, terres et prez, levez géométriquement / par le Sr Roussel
Source: gallica.bnf.fr
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Belleville, du vignoble au graph, et demain ?

C’est cette expérience et cet usage du quartier que je propose d’interroger. Mené sous forme d’entretiens ouverts, individuels et collectifs et doublé d’un travail documentaire2. L’enquête fera émerger les principales lignes de force d’un territoire depuis son parcellaire hérité des vignes, jusqu’aux différentes mutations de sa vocation culturelle (guinguettes, music-hall, chanson, cinéma, arts plastiques), de sa vocation de quartier populaire, en passant par l’inventaire de ses atouts d’aujourd’hui et de leur destination.

Il semble que ces éléments issus d’une telle approche intégrée devrait être en mesure de répondre à différentes questions :

° Quelle place pour le street-art dans le bas Belleville et quelles pistes pour sa place dans la Capitale ?
° Quelles ressources culturelles dans le quartier, pour quel usage et à quelles fins ?
° Quels dynamiques et quels potentiels d’épanouissement pour la vie locale, convivialité, cohésion urbaine, culture, développement économique etc.
° Quelles conséquences pour les politiques de la ville, en particulier culturelles, à l’heure du Grand Paris ?

Belleville, le 1er mai 2015

David Langlois-Mallet
langlois.mallet@gmail.com

© mesparisiennes.wordpress.com

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Lire sur cette question :

Stradda
Arts de la rue, rendez-vous passage du désir

https://mesparisiennes.wordpress.com/2013/12/20/quete-de-sens-rendez-vous-passage-du-desir/

Région Île-de-France
Rapport : De l’atelier logement à l’atelier bureau, politiques d’ateliers d’artistes

http://www.cnap.fr/sites/default/files/article/26849_59_rapportateliersdartistes.pdf

Plus généralement

Lettre ouverte au 1er Ministre

https://mesparisiennes.wordpress.com/2013/03/10/cher-jean-marc-ayrault-soutenez-durgence-la-creativite/

Paris, culture et politique. Audition par le CESC du Parti Socialiste
https://mesparisiennes.wordpress.com/2013/09/22/paris-culture-et-politique-audition-par-le-cesc-du-ps/

Un Peuple créatif

https://mesparisiennes.wordpress.com/2012/03/24/un-peuple-creatif-propositions-collectives-pour-le-ministere-de-la-culture/

Conseil de Paris. Voeu Graph rue Dénoyez de NKM

Séance du Conseil de Paris des 26, 27 et 28 mai 2015

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Vœu déposé par Nathalie Kosciusko-Morizet, Atanase Perifan, Nathalie Fanfant, Fadila Mehal, Céline Boulay-Esperonnier, Stéphane Capliez, Grégoire Chertok, François-David Cravenne, Catherine Dumas, Danièle Giazzi, Thierry Hodent et l’ensemble des élus du groupe UMP et du groupe UDI-Modem

Considérant que la parcelle du bas Belleville, de son nom historique « La Courtille », est au cœur d’une polémique qui oppose des projets portés par la Mairie de Paris (crèche de 50 berceaux et logements sociaux à destination de femmes isolées) à de nombreuses voix (artistes, habitants, visiteurs, médias…) qui s’indignent ou s’étonnent que le projet puisse autoriser la destruction d’une singularité culturelle devenue emblématique, d’intérêt touristique : une rue Dénoyer, dédiée de fait au graph, au street-art, à la figuration libre ;

Considérant l’émotion et les protestations soulevées par le risque de disparition de « la rue du graph »

Considérant les pétitions, manifestations, protestations diverses auxquelles la mairie a opposé une fin de non-recevoir ;

Considérant que cette situation nous interpelle et nous donne à voir la très grande vitalité créative de la société et singulièrement de la jeunesse du territoire francilien ;

Considérant que ce mouvement correspond à notre époque, un temps de mutation où les besoins d’expression et la quête de signes nouveaux pour comprendre le monde et se comprendre soi-même sont immenses ;

Considérant qu’il souligne aussi en creux le repli des politiques culturelles sur elles-mêmes qui (souvent du fait de fractures générationnelles, culturelles, sociales) ont renoncé à être à la racine de ces mouvements, encore moins à les accompagner ;

Considérant que la Mairie de Paris prône de faire de plus en plus appel à la responsabilité locale ou individuelle, de mettre en avant « la participation », la démocratie locale ;

Considérant que les artistes du quartier n’ont pas été suffisamment écoutés par l’exécutif central alors qu’ils ont œuvré dans le quartier pendant de nombreuses années ;

Nathalie Kosciusko-Morizet, Atanase Perifan, Nathalie Fanfant, Fadila Mehal, Céline Boulay-Esperonnier, Stéphane Capliez, Grégoire Chertok, François-David Cravenne, Catherine Dumas, Danièle Giazzi, Thierry Hodent et l’ensemble des élus du groupe UMP et du groupe UDI-Modem émettent le vœu que :

1 / Pour dépasser les tensions qui existe entre les artistes, les associations et les lieux et surtout appréhender l’avenir du quartier, les outils et le temps de la réflexion soient donnés aux habitants eux-mêmes en considérant plus finement les logiques culturelles et artistiques à l’œuvre sur ce territoire ;

2 / la mairie de Paris nomme comme médiateur David Langlois-Mallet, journaliste spécialisé et expert en politiques de la culture (politis, nova mag, communes de France, région ile de France, altaïr, un peuple créatif), et habitant de la parcelle concernée, afin de réaliser une enquête de territoire dont le but serait de reprendre à la base le dialogue en s’intéressant au quartier concerné, son identité, ses dynamiques, d’identifier ses zones de forces et ses potentiels à partir des acteurs concernés (habitants, artistes, commerçants, usagers, élus, acteurs institutionnels etc…)

3 / Le cahier des charges pour l’enquête prenne – par exemple – en compte les questions

Quelle place pour le street-art dans le bas Belleville et quelles pistes pour sa place dans

Quelles ressources culturelles dans le quartier, pour quel usage et à quelles fins ?

Quelles dynamiques et quels potentiels d’épanouissement pour la vie artistique locale, convivialité, cohésion urbaine, culture, développement économique etc.

Quelles conséquences pour la politique de la ville, en particulier culturelle, à l’heure du Grand Paris ?

4 / L’enquête se déroule à la rentrée 2015, les résultats soient restitués localement avant la fin de l’année et servent de base à un projet culturel et artistique local, un projet non-institutionnel et qui permette de préserver la diversité artistique libre et indépendante qui a fait l’âme du quartier.

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Pamphlet. Honte à vous, élus de Paris ! Droit de table, droit de Cantine pour tous !

Bravo ! Que voilà un acte fondateur vraiment pour Madame Hidalgo et Monsieur Brossat ! Ce dimanche ils ont envoyé une compagnie de CRS contre un adversaire bien redoutable… Les Cantineuses et les Cantineux à Belleville qui n’ont que des gâteaux et des pizza pour se défendre.

Quel est leur crime à ceux-là, ces Cantineux ?

Détourner l’argent public ? Monter les identités les unes contre les autres comme on le voit tous les jours ? Non !

Ouvrir une Cantine !

Une cantine solidaire qui plus est ! Proposer non pas de la charité des bénévoles et de leurs pauvres de soupes populaires, mais le repas à chaud à tous, sans distinction. Riches ou pauvres mêlés, vieux et jeunes, habitants et passants, français ou étrangers, blancs ou noirs, laïcards ou dévots, instruits ou ignorants, chanceux ou sans-dents. Pour 4 euros, café compris !

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Croyez-le habitants du monde entier, ça c’est à Paris !

Ville schizophrène dont les élus ne peuvent sans trémolo dans la voix invoquer « La Commune » ou « La Révolution « (et sans rire !)… Mais ville qui chasse les parisiens et vide leurs lieux pour faire de la place aux milliardaires du parfum ou du foot. Cette municipalité, parmi mille exemples, qui après avoir abandonné des lieux symboliques de la vie parisienne, comme La Samaritaine, soutien (contre les assoc de sauvegarde de Paris) que l’on fasse de ce lieu symbolique un hôtel de luxe. Bref, qui soutien une privatisation de Paris qui ne dit pas son nom.

Sur la Samaritaine dans la vie de Paris, lire René Fallet
Sur la Samaritaine dans la vie de Paris, lire René Fallet

Ville qui pour crime de convivialité…

Ces Cantineux, ces gens -je ne partage pas leur dogmes politiques et de le gauchisme un peu daté de ce collectif-, mais je regarde le réel. Je ne les défends pas pour ce qu’ils sont, mais pour ce qu’ils font : Ils permettent aux autres de se retrouver, de sortir de l’isolement pour partager la table. Ca n’est rien ? C’est devenu immense dans une société du chacun pour soi, des portions une part pour les riches et des pâtes chaque jour pour les pauvres, de la solitude et de l’ennui pour tous face à son assiette ou son smartphone.

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Quand tous les humains sont captifs de leurs écrans, c’est être une ONG urbaine que de les réunir !

Ils font votre boulot Messieurs les élus, le boulot que vous devriez faire si vous intéressiez un peu à la société d’aujourd’hui et aux besoins des gens, plutôt qu’à votre paperasse ! Ce travail de solidarité de base, vous nous dites que le politique n’a pas les moyens de faire (belle excuse, vous avez juste d’autres priorités plus lucrative pour votre image), mais passons. Eux le font. Gratuitement.

Ils sont les inventeurs d’un service public nouveau et vieux comme l’humain à la fois : le partage de la soupe chaude ! Cette initiative par temps de crise, c’est la force de résilience de la solidarité parisienne. Ne pas avoir une politique de soutien aux alternatives citoyennes est déjà un déni de politiques publiques, les détruire systématiquement est un crime politique.

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Budget participatif, mon cul !

Et vous, pendant que vous les expulsez, vous vous vantez. De quoi ? « D’une innovation démocratique » (Anne Hidalgo)… autoriser les parisiens à choisir entre 5 ou 6 projets marchands que vous avez choisis pour eux (des fois qu’ils soient tebês). Mais quoi, vous n’êtes même pas capable de regarder et d’accueillir leurs actions, leurs propositions comment voulez-vous leur faire croire que vous vous intéressez à ce qu’ils pensent ? C’est quoi votre idée de la cité ? Une caserne pour demeurés que votre génie bienveillant administre ?

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Et quel est votre idée de votre fonction ? Votre sens de l’intérêt général ? Votre soucis de l’autre ? De ceux qui n’ont pas vos moyens ? Vous les expulsez. C’est cela le socialisme ? C’est cela le communismes rejetons dégénérés de vos ancêtres politiques !

C’est à cause d’actes comme ceux-ci, de politiques comme vous Ian Brossat, que demain dans ce pays nous n’aurons le choix qu’entre l’extrême-droite et la droite, entre l’exclusion par la nation ou l’exclusion économique. Encore un certain libéralisme des start-up et des petites entreprises nous laisse au moins l’espoir de faire entendre l’innovation citoyenne, sociale ou culturelle.

Alors que votre municipalité qui se prosterne devant toutes les multinationales, tous ceux qui l’invitent à un cocktail, et laisse des enfants dormir dehors quand l’hiver vient dans presque tous ses arrondissements de Paris. Elle, engouffre 1 milliard pour célébrer votre goût de nouveaux riches dans le mauvais vert de sa Canopée, nouveau coup de poignard aux Halles, Ventre de Paris.

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Que vous reste t-il Socialistes de Jaurès à part vos tee-shirt et leur marchandising ? Vous avez renoncé à tout combat, à tout progrès de l’homme, au simple honneur de ceindre une écharpe tricolore. Seul les carrières vous intéressent, en comptant sur le balancier immuable de la Fortune qui ramène de l’impuissance de la Droite à votre propre laisser-aller, qu’on appelle plus «  »de gauche » » qu’avec des doubles guillemets.

https://boutique.parti-socialiste.fr/

Et vous Communistes que vous reste t-il de votre honneur et de l’esprit commun, si quand un de vos petits marquis a deux doigts de pouvoir, ils s’en sert pour faire le joli à New-York et fait expulser de la table, les partageux ? Est-ce parce que ces autres communistes n’appartiennent pas à votre Comité Central qu’on les chasse ? Et vous alors, que ne les avez-vous ouvertes ces cantines ? Où êtes-vous quand le peuple de Paris est précaire et isolé ? Est-ce tout ce qu’il vous reste de vos héros de la Résistance ? Croyez-vous que ces gens auraient vaincu le nazisme s’ils n’avaient pas eu le sens du mot solidarité ?

English, mean succes : Tintin Brossat à New-York
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Et vous Verts, qui grouillez lâchement dans les lieux de pouvoir au lieu de porter la parole d’une société dont vous êtes pourtant tout fraîchement issus ? Que vous reste t-il de René Dumont, du Larzac et des valeurs libertaires qui vous fondèrent ? Dans votre manque de fraternité entre vous mêmes, vous vous êtes trahis pour trois postes, avant de vous retourner contre tous les militants qui portaient vos valeurs. Vous qui nous annonciez un monde nouveau, vous ne rayez que les parquets. Quel est le bilan des Verts quand la Terre se réchauffe ? Les Vélib de Monsieur Decaux ?

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On ne peut vous remercier que d’une chose, vous rappelez chaque jours aux parisiens qui l’ont oublié de la Mairie est une institution dont le premier acte, sitôt crée à la Révolution fût de faire tirer sur les parisiens eux-mêmes. Qui sitôt restaurée sous Chirac a instauré le couvre-feu qui a tué l’âme nocturne et vagabonde de la nuit. Qui, dès que la «  »Gauche » » ne s’en est emparée est devenu ce coûteux Dysneyland réservé aux bobos et aux touristes, où toutes les initiatives culturelles des habitants ont été mises à l’écart.

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A l’inverse, dans une époque qui nous déshumanise chaque jour, les Cantineuses et les Cantineux nous rappellent au sens le plus profond de l’humanité : le partage du pain. Le partage de la table.

J’invite toutes les parigodes et tous les parigots qui ont encore un souffle d’âme et d’humain en eux à soutenir les Cantineuses et les Cantineux, à soutenir le droit de Cantine, le droit du pain, le droit de table pour tous !

David Langlois-Mallet

NB : Petite note aux amis socialistes qui me trouvent méchant
https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/10/08/petite-note-aux-amis-socialistes-qui-me-trouvent-mechant-et-autres-politiques/

NB II : Note sur la photo de couv’ un peu démago : j’assume ! (Ils ont raison d’ailleurs de bien se fringuer. Je sais que c’est l’argument le plus nul et le plus démago de l’article (mais je m’en fout !)
On a le droit d’avoir du fric, d’aimer le luxe et les belles choses (j’aime aussi) mais quand tu te fais élire en chantant avec des trémolo les chants de la Commune de Paris, le minimum, c’est de ne pas expulser les pauvres et ceux qui organisent la solidarité.
Après, le boulot fait, tu peux sortir ou bon te semble (dans les rades popu et aussi dans les soirées des défilés de mode, pas de soucis pour moi)

*(la Ville ne leur ont proposé qu’un gourbi sans fenêtre, vieille technique classique pour les disqualifier)

POUR ALLER PLUS LOIN, du même auteur.

Propositions positives :

Au Ministère de la Culture
http://www.unpeuplecreatif.fr/spip.php?article33

Au 1er Ministre, soutenez d’urgence la créativité
http://www.unpeuplecreatif.fr/spip.php?article2

Audition par le CESC (Parti Socialiste)
https://mesparisiennes.wordpress.com/2013/09/22/paris-culture-et-politique-audition-par-le-cesc-du-ps/

Les indiens de Paname
https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/03/10/appel-des-indien-nes-de-paname/

Travaux de recherche officiels

Rapport des politiques de fabriques, Région Ile de France
http://www.unpeuplecreatif.fr/spip.php?article7

Street-art. Rendez-sous passage du Désir (in Stadda, mag des arts de la rue)
http://www.unpeuplecreatif.fr/spip.php?article8

Prises de bec :

Hollande attention ! Delanoë est le nom de la punition culturelle infligée à Paris
http://rue89.nouvelobs.com/rue89-culture/2012/03/25/hollande-attention-delanoe-est-le-nom-de-la-punition-culturelle-infligee

Christohoe Girard l’expulseur expulsé
https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/03/27/girard-lexpulseur-expulse/

Paris est un jardin
https://mesparisiennes.wordpress.com/2012/03/28/paris-est-un-jardin/

Quelle Belleville forgeons-nous ?
https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/01/05/quelle-belleville-forgeons-nous-in-lami-du-xxe-mai-2013/

Pour en savoir plus sur la Cantine :

Nouvelle occupation : http://paris-luttes.info/nouvelle-occupation-suite-a-la
La Cantine, fin de vie d’un lieu alternatif
http://rue89.nouvelobs.com/2014/08/12/expulsion-cantine-pyrenees-fin-dun-lieu-vie-alternatif-254163
Anne Hidalgo prive d’assiette les Sans-dents
https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/10/01/paris-la-smart-city-dhidalgo-prive-dassiette-les-sans-dents/

Soutien à l’auteur :
https://www.leetchi.com/c/cagnotte-de-langlois-mallet

c Mesparisiennes.wordpress.com

https://mesparisiennes.wordpress.com/

Le dernier mouton de Paris se fait casser la gueule

Voilà l’ami Atlan sérieusement amoché… Un grand coup pour l’artiste (mais aussi) un petit coup contre notre humanité.

Pourtant, il ne demandait pas la lune. Il bêlait juste sur son vélo. C’est pas grand chose sa petite performance (qui nous susurre peut-être en creux, que nous ne sommes plus que des moutons). On peut aimer ou non, comme tout expression de rue, mais on doit défendre ce droit à l’originalité, à la liberté d’expression.

Voir le reportage d’Aline Chambras pour Arte Radio ici :

http://download.arteradio.com/static/player/export.html?ids=615809

Pour tout dire, ces individus qui ne veulent pas marcher la tête basse vers le prochain métro et le turbin sans entrain, nous font du bien.

D’autres y ont vu une insulte à leurs croyances, à leur identité et lui ont cassé le nez

Je ne veux pas rajouter, lui non plus je crois, à tous ces doigts qui souvent d’en-haut, pointent une religion plutôt qu’une autre. On peut le faire avec chacun des identitarismes à la con qui tiennent lieu de culture aux esprits que la mondialisation à déboussolé : je constate juste que ce qui se cache dans les replis des âmes en quête d’une consolation, puis d’une vengeance collective, se joue contre notre paix à tous.

Voilà, j’avoue que j’aurais préféré me moquer qu’il prenne enfin soin de nous pour une fois (en se faisant refaire le museau). Mais ce sera pour une prochaine fois. Là, je suis juste un peu triste de cette montée des ligues de tout bord et de la violence qui fait que les imbéciles sont tous plus frères que les artistes ne le seront jamais.

David Langlois-Mallet

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Paris. Hidalgo prive d’assiette les sans-dents

Alors que la municipalité de Paris se vante de ses « innovations démocratiques » (datées), elle reste l’adversaire résolue des initiatives solidaires parisiennes. Si le budget participatif lancé ce 1er octobre sera virtuel, en revanche, la destruction d’alternatives existantes comme La Cantine des Pyrennées, est elle, bien réelle. Contraste ?

Qu’est-ce que la Cantine ?

Depuis 2013, cette passionnante expérience de solidarité locale servait le repas complet dans le XXe arrondissement pour 4€, à midi les jours de semaine à tous sans conditions. Elle répondait ainsi aux besoins de beaucoup de citoyens à l’asphyxie. Elle est aujourd’hui murée et la mairie ne répond pas.

La Cantine est un des exemples de ces solidarités locales parisiennes par temps de crises graves comme celle que nous traversons. Les citoyens s’adaptent et génèrent des initiatives associatives destinées à amortir la dureté économique et surtout à recréer ce lien de quartier dont les urbains, même aisés, crèvent sourdement.

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Les « sans-dents » de Madame Hidalgo…

Qui rencontre t-on à la Cantine ? Des retraités pauvres ou non, mais surtout seuls, des oeuvrières et créatifs impécunieux, étudiants, chômeurs, personnels des ONG, petits salaires, parents isolés, enseignants, originaux des rues, artistes, journalistes… Des sans tickets-restau… Bref, tous ceux pour qui Paris est devenu depuis 15 ans une ville spéculative où il est difficile de s’accrocher, avec souvent une solitude urbaine plus lourde à porter que les difficultés.
Ce populo de Paris qui ne consomme pas assez, cette vie de quartier solidaire et tenace pourtant… est devenu la bête noire de la mairie Delanoïste, tout ce qu’elle cherche depuis 15 ans (tournant le dos à l’histoire culturelle et à l’identité populaire de la ville), c’est les chasser en banlieue.

… Ceux qui font tache dans le grand Disneyland patrimonial

La municipalité «  »socialiste » » n’a eut de cesse de le municipaliser ou de d’expulser les expériences qui ne s’inscrivaient pas dans son esthétique un peu parvenue : ses cafés bobos aux décors tabac, ses salons de thé flashy, ses espaces culturels mornes comme des pharmacies et glaçantes comme des funérariums. Où l’on est sur que d’une chose : il ne s’y passera rien. Pas d’attroupement de plus de deux personnes… Pas de contestation !

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Au même moment, la ville se vante de son budget « participatif » ?

Comment dans le même temps ne pas s’irriter de voir la municipalité se décerner à elle-même des brevets « d’innovation démocratique » avec le lacement de son Budget participatif ? Ce 5% du budget, argent de poche, sur des projets déjà pré-décidés (gageons que les réseaux fonctionnent ici…). De qui se moque-t-on ? Merci au passage à ses alliés Verts qui ont popularisé cette gadgétisation du politique et délaissé les vraies alternatives citoyennes dont leur mouvement et eux-mêmes étaient pourtant issus…

Il y a donc deux logiques confrontées à la mondialisation. Celle des parisiens eux-mêmes qui se prennent en main, prennent sur leur santé et leur temps pour sauver l’essentiel, organiser la subsistance et l’autre, celle de la Mairie de « la smart city » (comme ils disent) qui leur propose de voter pour faire diversion…. Savoir s’ils veulent des plantes roses sur les murs ou plus de nouvelles pissotières vertes ?

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Paris contre les parisiens ?

Alors oui, la centaine de bénévoles qui animaient à tour de rôle la Cantine des Pyrénées occupaient « sans titre » un restaurant pour les « sans-ticket-restau ». Mais, inventeurs d’une nouvelle forme de service public « performant » et « innovant », n’était ce pas à la mairie de fournir les locaux dans son pléthorique parc vide ou sous employé (juste à côté de la Cantine le Carré de Beaudouin est un grand désert blanc comme l’affectionne le Delanoïsme) ou au moins de payer loyer au propriétaire pour une oeuvre d’utilité publique ?

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Crise de l’urbanité parisienne

Oui, les Cantineuses et les Cantineux se réclament d’une culture militante un peu datée, décalée pour la plupart des convives. Mais qui prouve sa solidarité en actes. Ce qui est de loin préférables à une institution barricadée dans ses privilèges désuets, mais surtout dans le mépris, choquant en période de restriction, de ses petits marquis d’ancien régime.

Marianne

La municipalité parisienne ? Il faudra d’ailleurs y réfléchir un jour ! Historiquement elle a toujours, depuis la Révolution Française, fait la guerre au Paris Villages, celui des quartiers, au point de les avoir presque tous détruits aujourd’hui. Mais à l’heure des grandes crises de quoi aurons-nous le plus besoin si ce n’est de solidarité locale ?

C’est à cette échelle, Madame le maire, qu’il faudrait des budgets participatifs et d’initiative citoyenne, pas sur des cartes forcées (à quel siècle vivez-vous ?) ! Madame Hidalgo vos conseillers sont en retard de plusieurs lunes, même de ce qui se fait dans nombre de territoire socialistes… Informez-vous. Sortez du mépris de la Capitale !

La Cantine, la solidarité locale ? Ailleurs, dans des territoires où les élus réfléchissent, on appelle cela, bien précieux, de la résilience territoriale. A Paris on le détruit.

Paris était déjà sous Delanoë une municipalité narcissique, agence de com de soi-même, incapable de connaitre sa ville au point de ne pas en comprendre les besoins actuels de ses citoyens et leurs initiatives.
Est-ce ton rôle Anne Hidalgo d’y ajouter l’indignité de les détruire ?

David Langlois-Mallet

Manifestation pour La Cantine et le droit de solidarité et d’alternative à Paris
Samedi 4 octobre devant la Cantine.

La Cantine, 331 rue des Pyrénées, 75020 Paris (murée)
Contact : contact.cantine.des.pyrenees@gmail.com

Liens : http://paris-luttes.info/manifestation-de-soutien-a-la-1627

c Mes Parisiennes 2014 mesparisiennes.wordpress.com

https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/03/18/soutien-a-lauteur/

Squat : Que sont nos amis devenus ? (in Politis 2007)

Comme naguère ses quartiers populaires, Paris perd ses enclaves culturelles. Les squats fondent cet été comme neige au soleil.

Restera t’il un bon petit squat d’artistes parigots ouvert quand Bertrand Delanoë se représentera devant ses électeurs ? On vous dit ça car l’on aurait aimé, vous rencarder tout au long de votre été parisien de bons petits plans parigots et squattards, vous inviter à festoyer dans sur des terrains non tarifés, où l’art et la vie peuvent encore surprendre, où les sourires n’ont rien à vendre… On vous dit ça aussi parce que, pour les élections municipales de 2001, le futur maire du Palais faisait campagne dans les lieux alternatifs : il y avait de l’espoir ! C’était le temps où le secrétaire d’Etat à la culture, Michel Duffour, célébrait les Nouveaux territoires de l’art, on ne comptait plus les ouvertures de petits poumons culturels dans les quartiers. Cinq ans plus tard, on ne compte que quelques survivants… à l’échelle de la ville ! Il est vrai que le vent a vite tourné en mairie. La culture de quartier a du s’effacer devant la communication de la capitale. Les petits lieux ont été négligés au profit de grands évènements attrape-touristes (Nuit Blanche, Paris Plage…) avant que l’énergie municipale ne soit engagé dans la folie des grandeurs d’une candidature aux Jeux Olympiques. Avec qui plus est, le retour sur investissement que l’on connaît. Bien fait.

Mais lorsqu’on se retourne vers nos quartiers, que reste t-il de nos amours ? Eventré, le Théâtre de Fortune n’est ouvert qu’à madame la pluie. Alter-Nation dors sous les parpaings et Ogénie et ses peintres n’existent que dans le souvenir. La Maison Républicaine est redevenue un bar à hôtesses, Blanche a perdu ses artistes. Bouclée, la Maison de la plage n’accueillera plus les gamins de La Villette… tant et tant de bâtit et de jardins solidaires, les parcelles d’un Paris des gens d’ici, rasées, comme naguère la Cour des Miracles sous les bottes du lieutenant La Reynie, le Lutèce médiéval, sous les coups d’Haussmann, les faubourgs sous ceux des soldats de Thiers et le Paris-villages de Brassens sous les promotteurs de Pompidou et Chirac…

Comme autant de vaines barricades dressées par un esprit communard, on voit le Paris populaire perdre ses derniers bastions, devant l’avancée inexorable, d’une autre ville, propre et marchande, celle de la Capitale. Ne voyez nulle nostalgie passéiste, dans ce rappel au mouvement de l’histoire. Ce n’est pas « le bon vieux temps », ce qui « fout le camp », c’est juste votre été, celui des bons plans des gueux magnifiques bloqués à Paname. Car même les lieux que l’on a aimé ce printemps (la cerfvolante, le Vent d’Hôm, le Théâtre de Verre…), ferment pour raisons administratives ou judiciaires. Dès cet été. Attrapez les donc par les cheveux, tapez l’incruste dans leurs fêtes imprévues d’adieu, déhanchez-vous sur leurs chants du cygne, c’est ce que le Pantruche squattard vous donnera de meilleur. Pour le reste, Prince, pardon. Mais cet été a Paname, ta tournée des grands ducs se fait au son des de profondis…

Morpionibus !

David Langlois-Mallet

Spécial squats

Ouvert ou fermé ?

Paris 1er

Rendez-vous en 2008…

Chez Robert, Electron libre, c’est le navire amiral de la flotte squattarde. A deux pas du Louvre, ses ateliers d’artistes ouverts à tous les vents et surtout à tous les publics, en ont fait un symbole. Le comptage d’un fonctionnaire — trop zélé au goût de ses supérieurs —  en a fait le troisième centre d’art contemporain le plus visité de France. La victoire des deux Delanoë aux élections municipales de 2001 (Bertrand le maire et Gaspard, le squateur), a aboutit à son rachat par la mairie. Résultat des courses : L’électron libre est fermé depuis mars 2005 pour des travaux de mise aux normes qui tardent à venir (jusqu’en2008 ?). Un exemple à suivre ou la trace du collier ?

Chez Robert, Electron libre, 59 rue de Rivoli, 75001 Paris. www.59rivoli.org

Paris 1er

Fermé de l’intérieur

« C’est entièrement fermé ! » se flatte Julien, président de l’association qui occupe un magnifique immeuble historique, l’ancienne ambassade d’Andorre en France. La Tour, est l’un des rares squats légalisés par la Mairie. Il le doit à son efficace et bien introduit président, qui ne parle que « normes », « légalité » et réalisme économique, mais surtout au fait qu’il se limite très étroitement à quelques ateliers réservés, sans risque vers le public ou engagement de quartier, excepté des cours de dessin dans 5 écoles BCBG. Pas cher payé pour loger les petits copains et… pour cracher sur les autres squatteurs de Paris ! Espace privé donc… surtout de vie !

La Tour. Le Laboratoire de la Création

111, rue Saint-Honoré, 75001 Paris. Tél. : 01 40 26 18 95

Et le site : www.laboratoiredelacreation.org

Paris 2e

Bon Vent !

De l’ambition artistique, un quartier emblématique mais très difficile pour les occupations, le pari de Vent d’Ôhm était alléchant. S’en sont suivi quelques mémorables expositions et fêtes sauvages, à deux pas du gratin de la bijouterie mondiale. Mais la justice n’a bien sur pas suivi, les artistes plient bagage. Rien donc de programmé cet été, mais… restons malins et fureteurs, les fêtes d’adieux sont les plus belles ! Départ prévu le 27 juillet.

Squat Vent d’Ôhm

10, rue Volney, 75002 Paris

www.ventdohm.tk

Paris 10

Haut, bas, fragile

Ambition artistique et ouverture sur le quartier. Le Théâtre de Verre reste fidèle à sa vocation avec un programme des plus fournis (performances d’artistes toulousains, japonais, africains… soirée a thème gastronomique, ateliers d’alphabétisation gratuits, de danse etc…vernissages). Mais seulement, jusqu’au 15 août, date prévue par la justice pour sa fermeture. La mairie de quartier n’était pourtant pas indifférente, mais que fait la mairie centrale ? Ou plutôt qu’a a faire la mairie de Paris d’une action de quartier ? Il ne lui en coûterait, dit-on pour sauver ce qui est peut-être le lieu de culture alternative le plus vivant de Paris, que… le prix d’un lampadaire par mois.

Théâtre de Verre, 25/27, rue de l’Echiquier 75010 Paris. Tél. : 01 47 70 58 25

www.theatredeverre.org

Paris 11

Avec légèreté

Pas facile de tenter un lieu d’habitation pour femmes et enfants, qui soit aussi un lieu ouvert aux luttes et aux mouvements, un espace de gratuité (atelier vélo, informatique, langue). Pari réussi pour la Serre-Volante, mais la vraie difficulté, restait d’affronter le droit à la propriété. La Serre-Volante a fermé ses portes le 15 juillet, avec une dernière fête d’adieu… pour rembourser ses amendes.

La Serre-Volante, 52, rue Sevran, 75011 Paris.

Paris 11

Piano l’été

Pas de grands projets sous le soleil d’été, pour ce labo d’alternatives, mais la poursuites des ateliers de quartier : capoeira ou sculpture, danse… Même si une surprise n’est pas exclue d’ici-là, rendez-vous en septembre pour le festival.

La Petite Roquette

6, rue Saint-Maur, 75011 Paris

Contact : breakerz@free.fr

Paris 18

Bât son plein

Ça bouge bien dans ce jeune petit lieu inspiré des Macaq (ces squatards des Batignolles, expulsés, mais toujours actifs hors les murs). Donc priorité à la vie de quartier. Repas tous les jeudis, scène ouverte, diffusion de cours métrages et ateliers de sculpture, de danse… On peut même participer au ménage et au bricolage certains dimanches. Le bonheur quoi.

La Villa Joie

61, rue Ganerron, 75018 Paris

Contact : nathan@macaq.org

Paris 19e

Repos Général

Tranquille, mais pas sauvée du procès que lui mène l’Education Nationale, dont elle squatte un bien désaffecté, la Général se prépare un été en pente douce, entre expos plus ou moins imprévues et farniente spontanée. Ce collectif de création, l’un des plus dynamique, dans le domaine des arts plastiques (on y trouve aussi des concerts z’engagés et débat gay et lesbiens) reste l’objet de polémiques virulentes. On lui reproche son côté arty-branché, voir un académisme déguisé en précarité-hype. Mérite bien le risque d’une petite visite par une aprèm de balade.

La Générale

10-14, rue du Général Lassalle, 75019 Paris

www.lagenerale.org

(Petit encadré du bas et photo)

14 Juillet

Les clowns ont défilés !

A l’appel de la Brigade des Clowns, rejoint par un collectif d’association de sans, une centaine de clowns a paradé pour se réapproprier le 14 juillet, en contrepoint du défilé militaire. Se revendiquant de l’esprit des sans-culottes, ils ont mis en boîte, armes de dérisions massives à la main, « les militaires et les mercenaires de la République françafricaine, (qui) ont défilé devant l’accidenté vasculaire cérébral, qui croit encore qu’il est toujours le chef des armées ». C’est pas joli, joli, de se moquer de tous ces simples d’esprit !

Contact : http://www.brigadeclowns.org