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Conseil de Paris. Voeu Graph rue Dénoyez de NKM

Séance du Conseil de Paris des 26, 27 et 28 mai 2015

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Vœu déposé par Nathalie Kosciusko-Morizet, Atanase Perifan, Nathalie Fanfant, Fadila Mehal, Céline Boulay-Esperonnier, Stéphane Capliez, Grégoire Chertok, François-David Cravenne, Catherine Dumas, Danièle Giazzi, Thierry Hodent et l’ensemble des élus du groupe UMP et du groupe UDI-Modem

Considérant que la parcelle du bas Belleville, de son nom historique « La Courtille », est au cœur d’une polémique qui oppose des projets portés par la Mairie de Paris (crèche de 50 berceaux et logements sociaux à destination de femmes isolées) à de nombreuses voix (artistes, habitants, visiteurs, médias…) qui s’indignent ou s’étonnent que le projet puisse autoriser la destruction d’une singularité culturelle devenue emblématique, d’intérêt touristique : une rue Dénoyer, dédiée de fait au graph, au street-art, à la figuration libre ;

Considérant l’émotion et les protestations soulevées par le risque de disparition de « la rue du graph »

Considérant les pétitions, manifestations, protestations diverses auxquelles la mairie a opposé une fin de non-recevoir ;

Considérant que cette situation nous interpelle et nous donne à voir la très grande vitalité créative de la société et singulièrement de la jeunesse du territoire francilien ;

Considérant que ce mouvement correspond à notre époque, un temps de mutation où les besoins d’expression et la quête de signes nouveaux pour comprendre le monde et se comprendre soi-même sont immenses ;

Considérant qu’il souligne aussi en creux le repli des politiques culturelles sur elles-mêmes qui (souvent du fait de fractures générationnelles, culturelles, sociales) ont renoncé à être à la racine de ces mouvements, encore moins à les accompagner ;

Considérant que la Mairie de Paris prône de faire de plus en plus appel à la responsabilité locale ou individuelle, de mettre en avant « la participation », la démocratie locale ;

Considérant que les artistes du quartier n’ont pas été suffisamment écoutés par l’exécutif central alors qu’ils ont œuvré dans le quartier pendant de nombreuses années ;

Nathalie Kosciusko-Morizet, Atanase Perifan, Nathalie Fanfant, Fadila Mehal, Céline Boulay-Esperonnier, Stéphane Capliez, Grégoire Chertok, François-David Cravenne, Catherine Dumas, Danièle Giazzi, Thierry Hodent et l’ensemble des élus du groupe UMP et du groupe UDI-Modem émettent le vœu que :

1 / Pour dépasser les tensions qui existe entre les artistes, les associations et les lieux et surtout appréhender l’avenir du quartier, les outils et le temps de la réflexion soient donnés aux habitants eux-mêmes en considérant plus finement les logiques culturelles et artistiques à l’œuvre sur ce territoire ;

2 / la mairie de Paris nomme comme médiateur David Langlois-Mallet, journaliste spécialisé et expert en politiques de la culture (politis, nova mag, communes de France, région ile de France, altaïr, un peuple créatif), et habitant de la parcelle concernée, afin de réaliser une enquête de territoire dont le but serait de reprendre à la base le dialogue en s’intéressant au quartier concerné, son identité, ses dynamiques, d’identifier ses zones de forces et ses potentiels à partir des acteurs concernés (habitants, artistes, commerçants, usagers, élus, acteurs institutionnels etc…)

3 / Le cahier des charges pour l’enquête prenne – par exemple – en compte les questions

Quelle place pour le street-art dans le bas Belleville et quelles pistes pour sa place dans

Quelles ressources culturelles dans le quartier, pour quel usage et à quelles fins ?

Quelles dynamiques et quels potentiels d’épanouissement pour la vie artistique locale, convivialité, cohésion urbaine, culture, développement économique etc.

Quelles conséquences pour la politique de la ville, en particulier culturelle, à l’heure du Grand Paris ?

4 / L’enquête se déroule à la rentrée 2015, les résultats soient restitués localement avant la fin de l’année et servent de base à un projet culturel et artistique local, un projet non-institutionnel et qui permette de préserver la diversité artistique libre et indépendante qui a fait l’âme du quartier.

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Tour Triangle. Mettre en échec politique unique et pharaonisme

Le rejet de la Tour Triangle par le Conseil de Paris, au-delà des arguments pour ou contre*, c’est une bataille démocratique qui vient d’être gagnée. Les majorités de circonstances sont une bonne nouvelle pour la démocratie.

Comment faire avancer l’intérêt des habitants plutôt que celui des élus mégalo ou nostalgiques des 30 Glorieuses qui jouent le Dieu « Croissance » (de quelques portefeuilles), contre l’intérêt de tous ? On se pose la question à Paris et partout où fleurissent les GPI (Grands Projets Inutiles).

* Lire le dossier de Reporter sur les résistances en France et celui de Challenge sur les arguments des pour et des contre

Ca bouge dans la Capitale justement avec un vote conjoint, d’une majorité de projet (écolos, centre et droite et Parti de Gauche) qui ne correspond pas à la majorité politique.

Réponse, comme je le disais hier (lire ici Brossat Duflot désastre des stratégie de participation), en montant des majorités à géométries variables, en jugeant le projet et non le parti qui le présente. En mettant cette « politique unique », qu’elle soit présentée par la droite ou par la «  »gauche » », en instabilité.
En réintroduisant du jeu, de la démocratie. En refusant de se soumettre aux disciplines d’en-haut, en ne se positionnant pas comme client de ces pouvoirs, en ayant le courage de refuser la facilité d’un bon salaire contre une trahison de l’intérêt commun.
En faisant sécession, sédition, en affirmant dans ses choix individuels sa part de responsabilité collective puisque les dirigeants ne sont pas responsables, bref en essayant d’arrêter de profiter n’importe comment.
Un gros sacrifice pour de petits consommateurs, mais songez à ceux qu’ont faits les Résistants pour notre liberté, cela en vaut bien la peine de désobéir à leurs indignes héritiers.

Ménilmuche
« Paris est l’une des rares villes horizontales préservées et que ce serait une erreur d’y ajouter des tours… » (Unesco)

Lire ici :
Villages de tentes bois de Vincennes : Mais à quoi sert Ian Brossat ?

En attendant leur Tour Triangle – et tous les profits qu’elle cache – ils peuvent se la carrer dans l’oignon. Chiche que l’on réemploie les millions dans le logement d’urgence avant que nos élus ne sortent des mouchoirs de crocodiles médiatiques parce que des enfants meurent de froid cet hiver dans les villages de tentes des bois de Paris, à moins que Madame Hidalgo et Monsieur Brossat s’asseyent sur eux aussi ?

David Langlois-Mallet

https://mesparisiennes.wordpress.com/

© Mes Parisiennes 2014

Ecologie : Qu’attendez-vous Mesdames ?

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Hier, à l’heure du pugnace duel médiatique des deux grandes dames, Nathalie Kosciusko-Morizet Ségolène Royal nous étions en débat (très consensuel celui-là) au Salon du livre de l’écologie avec deux autres anciennes ministres de l’écologie, Corinne Lepage et Delphine Batho qui additionnaient (adorablement) les constats d’impuissance et multipliaient les interrogations (sincères) sans être vraiment en mesure de renoncer à la cause première de leur impuissance politique.

Que pourraient-elles bien faire d’autres que d’attendre qu’UN premier ministre les rappelle pour un autre maroquin de la déception un de ces jours ?

Le Salon du livre d'écologie, dont j'étais le Monsieur Loyal cette année, se tient tous les ans. http://www.festival-livre-presse-ecologie.org/
Le Salon du livre d’écologie, dont j’étais le Monsieur Loyal cette année, se tient tous les ans.
http://www.festival-livre-presse-ecologie.org/

Curieusement d’anciennes ministres vertes aux débats de l’écologie… point

Dominique Voynet n’est plus en politique et son double et successeur Cécile Duflot, (à Ménilmontant dans sa circonscription pourtant…) se faisait très discrète. Son livre parle pour elle sur l’air peu convaincant du « on ne savait pas (mais c’était bien quand même !), vous ne le savez pas mais je suis quelqu’un de bien », bref très gentillet encore l’histoire de la petite fille de français moyens bombardée ministre dans une aventure qu’elle ne maîtrise pas (quasi une réfugié climatique quoi), mais rien qui corresponde de près ou de loin à la responsabilité politique dans une situation historique inédite de destruction financière de l’écosystème dont nos vies commencent à peine à vivre les conséquences.

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Cette image terne et triste de femme politique aux yeux battus contrastait fortement sur les piles de signatures avec l’éclatant « L’insoumise » de Delphine Batho, à la superbe omniprésente sur le salon plutôt fréquenté par les associatifs de l’écologie. Vacharde, une festivalière faisait remarquer que le ministère de l’écologie rendait écolo tous les politiques qui y passaient, alors que les écolos à l’inverse, sortaient des gouvernement en y ayant laissé l’écologie…

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Même portefeuille, mêmes cruelles limites

Mais comment peut-on croire et encore moins faire croire à une politique écologique possible, fait d’un simple ministre, quand l’axe central même de la politique unique est la croissance, le productivisme, l’ordre économique mondial ? Comment feindre de se condamner soi-même (contre quelques avantages je crois) au rôle de marionnette et se décevoir par la suite ?

Des stratégies globales ?

Autre son de cloche avec les actrices du premier rang des partis de gouvernement… Même résultat ?

Ségolène qui a en son temps tenté un des contournements les plus hardis du système, par la présidentielle, n’a t’elle pas été détruite par ces mêmes proches qui aujourd’hui les deux pieds dans le pouvoir et tout autant dans l’impuissance politique totale… sauf quand il s’agit de lui imposer des renoncements ? Au fait de son pouvoir personnel, elle ne fait que revenir à sa position, poste pour poste et même date pour date, vingt ans plus tôt. Même portefeuille, mêmes cruelles limites.

Nathalie Kosciusko-Morizet elle, ne vise pas un ministère, elle veut, ce qui est plus crédible, prendre le pouvoir de l’intérieur, sûre de sa force de volonté pour imposer ses choix ensuite. Avec toute ma sympathie et je l’avoue un peu plus parfois, là s’arrête notre point d’accord.

Ne voit-elle pas le poids des lobbys ? L’affaiblissement de l’Etat et de la volonté politique d’une manière large ? L’insuffisance du cadre national sur un problème de cette échelle ? Surtout peut-on impunément croître dans le Sarkozysme, ce noyau nucléaire de l’affairisme en politique, et changer quelque chose ensuite à ce système s’il nous choisi ?
La droite laisse émerger des personnalités d’une dimension présidentielle qui manque à gauche. Elle a la force de réussir son pari et sera demain ou après demain, première ministre ou présidente, seul poste où l’on peut décider d’une politique écologique. Mais quels seront alors ses appuis ? Que pourra t-elle changer ? Et surtout, dans une optique libérale, à quel inéquitable prix pour les plus fragiles ? Que serait une écologie qui ferait l’impasse sur la réduction des inégalités ? Se voit elle demander seulement aux super-riches qui seront ses grands électeurs, dont la surconsommation et la course au profit sont la cause de la destruction de l’équilibre même de la Planète de modérer leur soif d’or ?

J’ai beau être imaginatif, je ne vois pas ce que pourrait être une écologie d’en-haut, sans mouvement populaire. La seule idée de déposer un bulletin Sarkozy dans une urne pour espérer un changement écologique aurait, je te l’avoue Nathalie, de quoi me faire fuir moi-même jusqu’aux Indes !

Suivant avec sympathie (des déceptions et des sévérité inégales, plus forte selon leur degré d’engagement écolo) ces personnalités dont j’ai encouragé ou soutenu l’action en faveur de l’écologie à un moment ou à un autre, je ne peux qu’être frappé d’une chose : l’inefficacité de toutes leurs tentatives d’inflexion de la politique unique, celle de l’ordre économique dominant qui s’oppose fondamentalement et de plus en plus punitivement (c’est à dire avec l’appuis de la légalité) à une évolution de la société qui tient pourtant de la survie, de nombre d’entre-nous, mais de notre espèce tout entière à terme.

Alors pourquoi ne pas essayer l’alternative politique ?

Alors je trouverai pour ma part beaucoup plus crédible qu’un Front écologiste s’ouvre en France, qui regroupe toutes les personnes qui à un moment où à un autre veulent dépasser par le progrès cette politique unique, avant que ce ne soit le FN qui nous impose son alternative régressive.

La principale faiblesse de tous les politiques que j’ai vu ces jours-ci au salon semble être de ne pas se croire en l’audace et de ne plus oser renverser la fatalité. D’être incapable d’imaginer de résister, de se penser même en dehors d’une place (la plus au chaud possible) que leur donne le système. L’esprit de la Résistance semble bien mort chez eux, chez elles. A moins que tout le système n’attendent finalement plus qu’un sommeil létal, celui des banques ou du FN pour se donner le droit de réagir ? Je ne sais pas.

Des exemples de volonté collective ?

Le FN montre pourtant, qu’un parti parti de rien et sans appuis dans le jeu de bascule des pouvoir de droite à gauche, peut devenir le premier parti de France pour peu qu’il soit fidèle à une stratégie, celle d’une expression forte et clivante.

Plus positivement, l’exemple local de Grenoble montre qu’une alliance des écologistes et de la gauche libre déclenche la possibilité d’un nouvel espace politique. Les gens sont avant tout dégoûtés par le système actuel où les élus ne servent qu’à accompagner l’injustice et la violence de l’ordre économique mondial.
Une telle alternative grenobloise était possible ailleurs, à Paris en particulier ou l’arrivisme de nombreux Verts plus désireux de promotion sociale personnelle que d’un changement politique alliée aux stratégies d’un PC conduit par un jeune homme sénile, à eu raison de toute alternative. Où l’on voit que cette position forte, novatrice et rassembleuse confiée au seul génie des artificiers du Parti de gauche et de leurs déclamation du XXème siècle pouvait acquérir rapidement la puissance de tir d’un pistolet à bouchon.

Entre l’autoritarisme identitaire et les multinationales y a un boulevard démocratique en France. Ma question est : qu’attendez-vous Mesdames ?

David Langlois-Mallet

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Paris. L’os de la Fraternité et la boucherie municipale

J’ai vraiment une reconnaissance intime à NKM. De m’avoir sorti de ma déprime de gauche. Ce n’est pas dans mon cas un passage à droite, plutôt un pas de côté sur le clivage droite-gauche, une prise d’autonomie. Ce piège Mitterrandien où j’ai été enfermé avec beaucoup d’autres depuis tant d’années : être amené à faire confiance à des gens qui font l’inverse une fois au pouvoir : L’enfer des espoirs. J’ai le sentiment que c’est ce qui est en train de craquer avec les européennes.

Probablement que pour d’autres comme pour moi, un nouvel espace politique s’ouvre. La version parigode de que l’on a appelé le Parti invisible ?
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Je parle hier au soir dans un lieu libre (sous condition) avec de jeunes parisiens : « pas d’endroits où se rencontrer », « pas d’endroit où l’on ait le droit d’être ensemble », de sortir de la solitude et des écrans. « Pas le droit de faire ensemble… (de la musique) », le couvre-feu sur les lieux… Le petit rade qu’ils avaient trouvé, fermé pour cause de concerts.  Et ces derniers confettis de liberté où l’on a parfois des autorisations ponctuelles de se retrouver et qui sont tenus par quelques résistants un peu blanchis. Des jeunes profondément de gauche, en rage contre ce PS de courtisans et de petits marquis qui préfèrent vendre la ville au tourisme et au multinationales. Une colère profonde dans le fond de cette ville.

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Reconnaître que nous aurions gagné au changement de majorité ne m’arrangeait pas, mais c’était de la simple honnêteté intellectuelle. Nous aurions même gagné à simplement à rebattre les cartes. Et la gauche aurait aussi gagné à ce que le PS parisien revienne se nettoyer au contact de la réalité.

Je n’ai eu aucun regret au demeurant de leur reconduction. Ce mélange corrompu d’une communication à base des idéaux des gens (parfumé aux cendres de Jaurès) et du profit personnel d’une technocratie sans âme que l’on appelle « la gauche » à Paris occupe le Château ? Qu’ils le garde !

Ils désignent symboliquement Paris, ils s’auto-désignent, comme un repère égoïste des privilèges dans une France en colère et des banlieues tout autour où les gens sont laissés à l’abandon : Pas assez parisiens pour avoir droit aux bulles de Champagne, ou simplement à des services publics décents. Pas assez « français » pour avoir droit au port du bonnet rouge et à se saouler à la potion d’oubli de Marine ? Dommage, faire évoluer la question culturelle, se serait aussi solder la question coloniale et nous éviter en France cette fracture sournoise et ses violences.

En tout cas les privilégiés qui fabriquent du désespoir chez ceux qui croyaient en eux pour améliorer leur sort et de la rage chez les autres… Amusez-vous bien.

Libre expression PS

La vente à la découpe de Paris continue

Je suis pour donner sa chance à chaque personne qui prend une responsabilité, surtout si c’est une femme dans un système d’hommes. Anne Hidalgo a rajeuni et féminisé ses équipes, dégraissé un peu la courtisanerie de cabinet. Dont acte. Mais le passé Delanoïste dont elle est issue est partout. Le scandale Molitor (patrimoine vendu à un 5***** qui propose désormais l’accès à la piscine à 3000€ l’année). Le scandale Samaritaine (où la ville après avoir abandonné un trésor de culture vivante combat la justice pour soutenir LVMH dans sa transformation en 5****) marquent ses débuts.

Si son mandat se construit ainsi dans les ruines luxueuses de l’intérêt commun, il y a fort à parier qu’elle aura autant de mal à se maintenir à l’Hôtel de Ville qu’Hollande à qui sont sort est lié à l’Elysée. Au gré de la désormais imprévisible évolution de la situation politique nationale, je ne serais pas surpris qu’une coalition émerge autour des enjeux d’écologie urbaine. Car ce sont les Verts qui sont en position centrale. Pas le PS qui n’est majoritaire qu’en siège (et de très peu). On verra bien.

Marianne

Pour moi, reconnaître dans l’urne la trahison de « la gauche » oligarque, ne m’a pas rendu de droite. Nathalie ne m’a rien demandé, ni moi à elle. Si je siégeais au conseil de Paris, je serais aux non inscrits, mais je pense qu’il serait plus positif de faire avancer les choses avec l’opposition, a fortiori avec une personnalité qui s’est impliqué sur la liberté d’expression, non ?

Interstices dans les deux partis oligarques

Ce n’est pas la peine de me parler de « croire » ou ne « pas croire » en elle, la politique locale n’est pas de l’ordre des mythes qui agitent une présidentielle, elle est de l’ordre des propositions concrètes et des faits observables : comme l’est le fait que « la gauche » a vendu Paris aux multinationales.

Faits observables tout autant que Chirac et la droite avaient vendu les faubourgs pour démolition aux promoteurs (personne sur ce sujet n’a plus de mémoire que moi). Ce pourquoi je ne « crois » pas en la droite, mais j’ai fait avancer avec une personne précise et singulière (qui se trouve être de droite), un ensemble des propositions pour libérer l’expression et le lien humain dans la ville. Je peux « croire » que je contribue au fil des échanges à faire avancer sa position, mais ceci ne dépend pas de moi. Ce qui a avancé concrètement, ce sont des propositions, donc l’intérêt général.

Elles sont le fruit de mon travail de toutes ces années (détourné plusieurs fois par la municipalité avec des procédés qui ne l’honore pas), mais c’est surtout l’expression du besoin des habitants mais aussi de l’expertise citoyenne des gens interviewés au fil des années qui font concrètement la culture libre à Paris en particulier en ouvrant ou tenant des lieux. Cette matière vivante singulière, multiple, est je crois plus intéressant que d’imposer aux habitants de Paris une culture industrielle, uniforme, qui est fille des besoins des multinationales, de vos carrières et de l’autisme de votre technostructure.

Je ne suis pas devenu de droite pour autant. Si être de droite (dans ce contexte) signifie à gauche favoriser des intérêts privés contre l’intérêt général. C’est vous à la mairie qui l’êtes depuis bien longtemps. Mais je me suis en tout cas totalement libéré d’une discipline : le fait qu’avoir des idées de gauche (si gauche ici signifie intérêt général plutôt que l’égoïsme), signifie voter au 2e tour pour des gens qui feront l’inverse de ce pour quoi ils sont élus.

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Je n’ai pas changé en votant à l’inverse du balancier, mais j’ai beaucoup gagné en liberté et j’ai juste pu voir des gens de la ville qui votent à droite pour garder l’âme d’hier, celle du patrimoine et d’une vie quotidienne que le fric fout dehors. comme d’autres gens votent à gauche en espérant que l’âme nouvelle de la jeunesse et de la création puisse naître. J’ai pu mesurer que si la question de la liberté et de l’égalité séparait les camps, ce besoin d’âme, nommé parfois différemment, les réunis.

Ce pourquoi au final l’expérience parisienne m’apprend que les français on soif d’abord de fraternité. Et que celle-ci est détruite par l’oligarchie et la technocratie mêlée.

Autre chose que Paris m’a appris, c’est que le peuple est composé du mélange de toutes les cultures. Que l’on vit donc très bien ensemble quand l’urbanisme est à taille humaine et que les endroits pour la culture commune (espace public, cafés, petits lieux de culture sont libres d’expression et ouvert à tous). Le cadre identitaire (FN, religions etc) est donc une impasse. Sauf à définir notre identité par le multiple et le divers, ce qui revient simplement au message fondamental de la France : nous sommes une communauté politique, dont la base est la fraternité.

C’est cet « os » du bien commun qui est atteint aujourd’hui et je crois que c’est aussi ce qui se réveille.

Fraternellement à vous,

David Langlois-Mallet

 

© Mes Parisiennes 2014 http://mesparisiennes.wordpress.fr

A NaKoMo, sur notre Renaissance culturelle (Nathalie Kosciusko-Morizet)

Chère Nathalie,

« C’est d’amoureux de Paris à amoureuse de Paris que je t’écris… »

Je blague, celle-là, je l’ai faite. Il y a 6 ans : (Cf. Lettre ouverte à Bertrand Delanoe par la Section Culture du PS). Et les esprits malins ne me croient pas que l’on puisse encore parler avec une politique de culture et encore moins « de l’ame » de la ville sans arrières pensées. C’est le cas et notre sujet.

L’Ame de Paris qui fout le camp

  • Meme les touristes ne reconnaissent plus Paris : l’âme  » fout le camp », au meme rythme que le peuple, chassée par les marchands. Comme le chantent Ferré ou Souchon, c’est frappant à St Germain des Près et dans tout le centre de Paris. Comme reporter, à Politis, Nova, j’ai aussi été le porteur d’une très bonne nouvelle : « cette ame renait aussi » ailleurs, dans l’Est parisien, dans le Grand Paris, plus facilement dans les quartiers où l’urbanisme permet le mélange des milieux sociaux et la diversité des origines. Paris est un moteur culturel basé sur les différences. Surtout dans les quartiers où il y a encore un peuple de Paris. Prenons soin des humbles, les quartiers pauvres sont les quartiers riches culturellement. Alors que dans les quartiers riches, on peut crever de misère humaine.

L’Ame de Paris qui vient

  • Nathalie, une Renaissance culturelle est à l’oeuvre sourdement, elle est portée par tout un peuple parisien d’artistes, d’artisans, de créateurs, par les habitants eux-memes à l’oeuvre. Ce mouvement « oeuvrier », cette démocratisation de la création, ne fait pas de madame Toulemonde une Camille Claudel, ni de Monsieur Machin un Rimbaud (le génie, c’est bizarre). La floraison des expressions et des initiatives personnelles est juste la réponse que notre société apporte à une époque, annoncée heureuse, et devenue subitement inquiétante. Les gens savent que la consommation ne tient pas sa promesse, laisse sa dette, financière et écologique et qu’il faut d’urgence créer de nouveaux liens. Que des initiatives culturelles au proche répondent à la crise humaine que nous traversons, au besoin de base de l’humanité depuis la nuit des temps : du sens et des liens. En clair, en France, nous ne sommes pas condamnés à la nostalgie (et au vote nostalgique) ou au commerce de souvenirs !

Un frein politique à l’expression culturelle

  • Comme reporter, j’ai constaté que cette culture qui pousse hors des lieux officiels, d’abord parce que toute une génération est tenue à l’écart des responsabilité et des reconnaissances du fait de notre gérontocratie politique male extremement figée dans ses gouts aussi. Mais les interdictions diverses, normes et lois, ont durement pénalisée depuis une dizaine d’années l’expression. Les PV tombent systématiquement sur les artistes de rue à Paris. Les bars sont fermé arbitrairement et toute la jeune scène chanson qui avait poussé là il y a une dizaine d’année s’est tue depuis la Loi Voynet. Normé, aseptisé, quadrillé, controlé… Paris n’est plus une fete.

Les innovations culturelles nécessitent une autre attitude des politiques

  • Les collectifs d’artistes ont été une invention géniale ! Elle préfigure d’autres évolutions d’une société qui se précarise (co-voiturage, colocation… co…). Si elles sont accompagnées au lieu d’etre pénalisées, ces dynamiques annoncent la bascule vers une société de la liberté créative individuelle mais aussi de la coopération solidaire. Car ce faisant, les collectifs culturels ont réinventé de la ville. Tout cela heurte les vieilles logiques technocratiques, comme les habitudes féodales de notre culture politique. Nous avons besoin de responsables jeunes, qui s’ils entrent dans un squat ne se demandent pas d’abord si c’est légal, mais à quoi cela sert, ce que cela produit comme usage collectif, voir comme  ressources pour le quartier, peuvent etre comme invention de service public innovant ?

Le blocage des politiques Delanoe

  • Il ne me serait pas venu à l’idée il y a deux mois d’en parler avec un-e élu-e de droite, vous avez tellement de problemes urgents en tete… « La propreté » et « une insécurité » un peu imaginaire, qui est plutot la peur en fait. Comme un problème… Culturel ? La prospectiviste que tu es m’a fait changer d’avis (pour le dialogue). Ancré dans cette idée très française, d’une sorte de barrière infranchissable, entre droite et gauche, j’ai ces années, un peu tout tenté pour alerter loyalement ma supposée « famille » (je n’aime pas cette idée d’appartenance) sur les richesses, les précarités et les interdits qui pèsent sur le vivre ensemble. Je m’y suis épuisé, sans avoir fait bouger davantage les choses et le sort des expériences que je voulais défendre. Pire, elles ont continuer à etre détruite par l’équipe municipale de Delanoe (Cf article Quelle Belleville forgeons-nous ? Très partagé à l’étranger).

Une société à l’asphyxie

  • Sans libre concurrence, la politique ne bouge pas il faut croire. Il y a urgence à ne pas attendre que les choses deviennent d’hypothétiques armes politiques pour un hypothétique grand soir quelconque. Notre société survit moralement, elle parait bien désespérée enfermée entre une droite Rolex assez rebutante qui donne l’exemple de la cupidité et une gauche caviar démotivante. Les portes de sorties n’étant ouvertes ni du coté de l’initiative créative ni  des solidarités nouvelles, les régressions sont tentantes dans un identitarisme, une victimisation, une vindicte.

Je n’associe personne sans son avis à notre échange très personnel, mais pour dire que j’ai un peu tout essayé pour plaider la cause de ces deux ames, celle qui fout le camp et celle qui peine à naitre :

  1. -J’ai proposé les pistes au sein du think-thank Altair et d’Un Peuple Créatif. Meme indifférence de nos énarques.
  2. Nous écrit une lettre collective à Ayrault. Pas meme d’accusé de reception, malgré quelques signataires remarquables.
  • Je crois correct de vous donner une chance de dialogue et de ne pas me prendre de médiateur, pour porte-parole.

Simple citoyen, n’ayant pas accepté d’entrer dans un jeu politique trop biaisé. Je ne suis pas tenu à simuler ce grand conflit fraternel du bien contre le mal, de la gauche contre la droite, aboutissant immanquablement depuis Mitterrand à une victoire du bien… pour mal faire. Hollande triomphe ainsi du dragon Sarkozy (ouf et merci !), mais pour mieux chasser le rom cause de tous nos maux et célébrer le Medef, dans les intérets duquel est notre salut fraternel. Le conflit de classe reviendra bientot plus durement. Mais le conflit est aussi tout simplement dans la pensée humaine qui peine à se trouver des raison de continuer son aventure. Mais là, assez pratiquement, mon but est de sauver, voir de développer les dynamiques créatives dont notre société à besoin pour ne pas craquer.

  • Typiquement, un collectif comme celui de La Cantine des Pyrénées, qui mele engagement (à rebours des tiens, t’inquiète (;-) me parait porteur. Servir le repas au quartier pour 4 euros. Et permettre le lien de quartier autour de la table. J’adhère à fond !

Ma proposition est simple :

Tu as publié tes priorités pour Paris. Il manque ce que nous nous sommes dits sur la culture. Je te propose une transformation. Changer la 8e proposition qui n’apporte pas grand chose et surtout établit un lien un peu malsain entre pauvreté dans l’espace public et délinquance. Je sais que pour la droite, l’idée sous-jacente vise les voleurs de sac à main. Mais ce genre d’imprécisions est facteur d’abus en tous genres. Y compris par la suite contre de braves clodos qui fument une clope. Je te propose d’y substituer une proposition d’initiative citoyenne celle-là :

8. Soutien à la Renaissance culturelle de Paris

  • -Pérénisation des lieux Inclassables menacés* et ouverture d’oeuvrières ou atelières, lieux d’expérimentation en autogestion associative.
  • -Dépénalisation de l’art et des petits métiers sur l’espace public.
  • -Levée des interdictions pesant sur les cafés culturels.
  • Ces mesures me feraient entrer dans l’idée qu’une Nouvelle Energie pour Paris est possible, et pourtant ne se limitent pas reconnaitre et encourager l’initiative économique, mais aussi l’initiative non marchande. C’est un peu le tiers secteur, dans l’interstice entre le marché et l’administration, car l’etre humain n’est pas qu’un calcul d’intéret personnel, il est d’abord animé par le besoin de donner un sens à sa vie. Nous en avons parlé déjà, la société parisiennes a besoin d’allier culture et économie sociale et solidaire dans des projets de quartier. Il nous faut à terme de véritables « Atelieres » ou « Oeuvrières » dans Paris. Lieux ressources portées par le mouvement associatif qui tienne compte des besoins de solidarité d’une société créative précarisée : ateliers de création et de réparation, Amap, café enfants et ainés, cantine solidaire, lieux ouverts où chacun puisse monter des fetes. Le Carré Beaudouin (Paris XXe), lieu culturel vide la plupart du temps pourrait tout à fait etre un projet pilote.

Sur mon soutien dans cette élection

  • J’ai tout dit sur la tristesse que m’inspire le Delanoisme et son imaginaire de duty-free. (cf. mon audition récente à sa demande), rencontre sans suite, comme toujours, je fais partie des gens qui désespèrent que quelque chose puisse changer dans leur mépris pour tout ce dont je parle, mais qui sont résolus à voter, car l’abstention ne sert qu’à reconduire le passé, c’est à dire laisser pourrir et se dégrader la situation politique.
  • Ce pourquoi tu le sais, j’ai voté vraiment à gauche (PG) au premier tour. Je n’ai rien d’un futur UMPiste. Je voterais écolo aux Européennes. Car je crois que les alternatives qui poussent dans la société ont besoin d’etre portées politiquement (c’est peut-etre mur à Grenoble, ça ne l’est pas à Paris). Je ne demande pas à une femme culturellement de droite non plus de se renier. Il y  aura surement des tensions et des oppositions si le dialogue se poursuit. Je pense juste qu’une personnalité parfaitement atypique comme toi peut soutenir ces émergences et une culture populaire et permettre l’expression des diversités sans préjugés. C’est peut-etre une illusion de ma part, mais je pense qu’une personne publique ayant un aussi grand potentiel personnel est capable de se projeter dans des enjeux qui ne lui sont pas familiers. Ton enjeu ne me semble pas la Rolex, mais l’espace au-dessus.

Une maire de Paris

  • La Cité c’est aussi un imaginaire et Paris se confond dans ses figures tutélaires féminines. Ste Geneviève pour sa protection ou Louise Michel pour son émancipation. C’est la ville qui quand elle prend le drapeau avec Delacroix, incarne la rencontre d’une civilisation particulière et d’un message universel. Sa légende parle de la barque d’Isis et Rabelais ne nous a -il pas dit qu’on l’appelait Lutèce en raison des cuisses des dames du lieu… Le choix d’une personne n’est pas forcément un rejet d’une autre. Anne Hidalgo n’a rien d’indigne. Simplement je ne vis pas comme elle au pays d’Amélie Poulain et je crois que l’on a davantage besoin en Hollandie, d’une Candy Crush dans ton style. Je crois aux insoumises pour bouger les murs. Enfin un élu est aussi une représentation collective vers le monde, je pense que tu es aussi Nathalie cette image où peut se réfléchir la ville Lumière.

A la veille de temps difficiles…

  • Ma conviction surtout, que nous allons vivre des temps durs mais stimulants et qu’ils faudra sortir des cases, des conformismes et des étiquettes. Que nous aurons besoin de solidarité, de différences. D’articuler des alternatives de terrain, des alternatives politiques ou à défaut des alternances, articuler les plus fragiles ou les plus méprisés de la société comme les biffins (qui je te l’ai dit ont tout un projet d’économie du recyclage que les pouvoirs publics devraient favoriser au lieu de pénaliser, ce qui nous coute de l’argent et du fait de l’incinération des cancers). Et que nous aurons besoin aussi de personnalités de grandes dimension, d’où qu’elles viennent. J’aurais bien sur bien aimé que tu sois écolo de gauche, plutot qu’écolo de droite. Cela m’aurait moins compliqué la vie avec mes ami-es. Mais à la réflexion… C’est très bien comme ça !

L’alternance faute d’alternative

  • Ma simple conviction de démocrate des vertus de l’alternance et du refus des pleins pouvoir à un seul parti qui peut si peu… suffiraient. La qualité surprenante de notre échange. Tes projets de zones franches culturelles, ton désir de recoudre la blessure du Périph. Ton écoute (près de deux heures portable éteint, en pleine campagne, j’avoue… pour une parisienne). Ta simplicité m’a impacté, à rebours des images médiatiques de « tueuse » ou de « blonde du métro ». Admirateur de Montaigne, je crois aux rencontres, aux gens et aux filles magiques croisées dans les bars.
  • C’est un peu mon Pari, Nakomo pour ce vote qui vient. J’aime mieux passer pour un naif, le garçon a qui tu as fait boire un filtre magique (sic) que de me résigner à la déprime ambiante et à l’idée que rien ne va, ni ne peut évoluer. Si tu veux bien entendre à certains de tes potes que la société parisienne va de la Cour à la cour des Miracles et que la poésie vibre plus fort en bas qu’en haut, aujourd’hui comme au temps de Villon, si tu veux bien entendre l’inquiétude de mes amis de Ménilmontant qui redoutent que les petits poulbots de l’Est aient moins à la cantine que les Triplés de l’Ouest. Certains enfants de Paname valent-ils moins que d’autres ? (Cries-moi que non s’il te plait).

Moi, je veux bien croire au risque d’inventer ensemble !

Amicalement à toi,

David Langlois-Mallet

© Mes Parisiennes 2014

Liste des poumons culturels de quartier menacés actuellement : Le Lavoir Moderne, Le Théatre de Verre, Le Jardin d’Alice, Confluences, La Cantine des Pyrénées, La Miroiterie, Les Vignoles, Le Grand Ecran, La Générale…

(Comme vous l’avez deviné mon ordi a un petit problème de clavier….)

Réponse de NKM : Autonomie de la culture et Renaissance culturelle de Paris

Cher David,

Je te remercie beaucoup pour ton papier que je prends comme une interpellation à la fois spontanée et généreuse, libre et engagée pour Paris.

Tu sais d’où je viens politiquement. Et je connais ton parcours. Nous ne nous mentons pas sur ce sujet. Ta liberté de ton est rare et je suis, pour ma part, flattée de ton ouverture.

Si nous nous comprenons sur ce qui fait l’essence de la culture, et sur notre amour pour Paris, c’est que l’intérêt général des Parisiens ne doit pas être très loin.

En matière culturelle, et c’est sans doute là que nous sommes les plus proches toi et moi, je ne supporte pas l’idée que l’on puisse enrégimenter les artistes selon des finalités politiciennes ni l’idée d’assujettir leurs rêves selon des logiques bureaucratiques. L’administration culturelle de la ville de Paris a hélas progressivement son âme et sa substance sous le poids des procédures. Or, ce n’est pas dans le bureau du Maire de Paris que doivent se décréter les mouvements artistiques.

La culture a besoin de liberté, la culture est même l’expression la plus haute de la liberté – liberté de créer bien sûr mais aussi liberté d’investir des lieux et d’aller à la rencontre de nouveaux publics puisque c’est bien au croisement des trois que s’épanouissent les œuvres!

C’est évidemment en ce sens que j’ai appelé à la désinstitutionnalisation de la politique culturelle de la ville de Paris, ce qui ne veut pas dire « privatisation » mais bien au contraire: rendre au public ce qui appartient au public ! « Défonctionnariser » en quelque sorte. Car je veux changer d’approche et donner l’initiative aux parisiens.

Historiquement, la culture à Paris à toujours été populaire, liée à l’intensité de la vie intellectuelle et artistique. Le rôle du Maire est de stimuler l’effervescence et la création, non de s’y substituer.

Symboliquement, je souhaite aussi que la culture soit le moteur de la reconquête de nouveaux territoires, que Paris ne soit pas emmure dans son périphérique, c’est l’esprit du Paris à la marge que je veux déployer grâce à la créativité des Parisiens.

Je sais que tu as lu et compris mon programme pour la culture. Je te remets le lien ici. Tu m’as vu spontanément soutenir le Lavoir Moderne Parisien par l’intermédiaire de la modeste lettre que je t’avais envoyée. Si les Parisiens me font confiance dimanche, tu me verras défendre de la même manière les lieux indépendants et autogérés, et plus généralement les lieux de culture de proximité.

Alors oui, bien sûr, je retiens complètement le contenu de ta proposition en la reformulant ainsi :

Renaissance culturelle de Paris :

-Pérennisation des lieux indépendants menacés et défense des scènes alternatives.
-Aide à l’ouverture d’ateliers et de lieux d’expérimentation en autogestion associative.
-Dépénalisation des métiers artistiques dans l’espace public.
-Encouragement de l’activité des cafés culturels en mettant fin à la politique répressive qu’ils subissent.

À bon entendeur,

Nathalie Kosciusko-Morizet
Paris, le 28 mars 2014

« Rendre au public ce qui appartient au public. » Le rapport d’un élu à la culture ce sont des mesures concrètes. C’est surtout toute la philosophie de son action politique, et l’essence de sa relation aux autres. C’est pourquoi je suis très heureux de cette réponse, qui vous en fait adressée, bien chers amoureux de la liberté d’expression culturelle, besoin universel et sorte d’art local pour nous, Indien-nes de Paname.

Scoop. NKM en mesure de piquer l’innovation des marges à la gauche. Séisme culture en vue ?

NKM a t-elle un plan secret pour renverser la table à Paris ? Des propositions culturelles « décoiffantes » à l’adresse des artistes, oeuvrieres, artisans précarisés en font-elles partie ? On verra dans les prochains jours ce qu’il en reste…

Mais la qualité de l’entrevue qu’elle m’a demandé sur la culture alternative à Paris m’a étonné. Je ne dirais pas qu’elle a « tout compris ». Mais… « yes she can ». C’est en tout cas la politique « du premier rang », qui s’est donné les moyens d’articuler les concepts alternatifs et d’être solidement conseillé sur les conséquences pour les politiques culturelles. Coup de chapeau sincère, à une personne issue d’un « camp » politique pourtant très loin d’être le mien.

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Contre-pied pour moi

Etonné, je le suis aussi par son attitude à contre-pied des habitudes (et habitus) politiciennes. Autant par le sérieux de l’entretien (près de 2h portable éteint ce qui est rare en politique et même pour une parisienne dans un bar) sur un « dossier » que les politiques ont l’habitude de traiter avec négligence, voir comme au PS Parisien par un mépris de nouveau riche pour la pauvreté.

Attitude personnelle simple. Spontanée, directe sans cacher des faiblesses ni se la jouer « working-girl ». Mais surtout sans tentative d’emprise : ni de séduction, ni d’achat, ni de prise de pouvoir sur l’autre même symbolique (pas de photo plus ou moins imposée, pas de truc à signer, pas de proposition personnelle, pas de petit « suivez mon regard… » ou de sous-entendu).

Profonde satisfaction d’auteur en revanche. De son aveu, elle s’est beaucoup inspirée de mon travail et le site Un Peuple Créatif www.unpeuplecreatif.fr notre petite ONG qui est un travail d’intelligence collective (Enquête de territoire Grand Paris, nombreuses Agoras au Musée du Montparnasse, au 6B et au CENT E.S.C).

Lisez bien qu’il s’agit du dossier « culture » de proximité, alternative, émergente, populaire… (« appelez cela comme vous voulez » dit la chanson). Et qu’elle ne m’a en rien évoqué les intentions de sa politique générale, si ce n’est que la réflexion sur la culture avait été le point de départ de son programme.

Conséquence pour la défense de nos lieux de quartier

Dans un climat où sont menacés les derniers interstices culturels encore debout après la Javel du Delanoïsme (Théâtre de Verre, Lavoir Moderne Parisien, Vignolles, Cantine Solidaire, Jardin d’Alice (?)…).

– Je vous ferai passer rapidement une petite note stratégique à l’attention des amoureux et militants de la culture (artistes, oeuvriers, militants des politiques culturelles…) Quels que soient vos engagements ou préférences partisanes, partis du pouvoir ou partis de l’opposition républicaine, chacun à sa logique. En particulier aux défenseurs des derniers interstices culturels fortement menacés à Paris pour leur donner mes pistes pour tirer au mieux, selon leur position et désirs personnels, parti de la situation. En quelque sorte le juste prix pour… ne pas se vendre.

– Je publierai aussi un dossier sur le fond de mon entretien avec NKM. Il sera disponible en priorité pour ceux qui feront acte de soutien à l’indépendance de Mes Parisiennes, puis en libre public.

Lavoir Moderne Parisien

Rive gauche à Paris…

Ce serait en tout cas ironique qu’après que le Delanoïsme ait piqué à la droite la plupart des grands groupes, en particulier de luxe, dans une confusion des genres qui tient plus de l’orgie des soldes que de l’intérêt public. Il soit victime d’un retour de bâton en se faisant piquer la culture de terrain parisienne par la droite. Mais ce serait dur à accepter, car même si l’articulation des autres domaines, les politiques de logement, sociales ou à destination de l’enfance sont essentielles.

On n’en est pas là. Il y a le Parti de Gauche qui paye cher sa position intègre et qui, par sa proximité avec ces luttes de terrain, est peut-être en situation de se faire entendre (s’il sort la tête de ses problèmes de logo et de sa nostalgie de la campagne Mélenchon… You-you… Réveil camarades, ceci est une campagne municipale).

Le parti à tout les pouvoirs (Paris, Région, Etat…) mais qui ne peut jamais rien, a aussi dans ses rangs des gens intéressants sur le sujet des politiques culturelles innovantes qu’il peut solliciter. Mais le PS en est loin et même ses militants pleurent (en off) l’absence totale d’imagination culturelle du programme parisien. Les Delanoïstes en sont encore a étaler des comités de soutien tout ce que la gauche-caviar compte d’obligés, d’appointés ou de plus ou moins intéressé au butin, (la culture, c’est bien connu, c’est comme la confiture. Moins on en a, plus on l’étale).

NKM a fait le choix de ne pas afficher de comité de soutien, à l’exception de la visite personnelle (baiser qui tue à Paris ?) de Carla Bruni (rappelons que nous avons donné ici à Paris, et nous en sommes fiers, à l’époux de la chanteuse le plus bas score d’un président de droite 44%).

En attendant des suites pour une fois croustillantes dans cette campagne jusque là morne comme un cerveau d’énarque. Je vous laisse sur ce lien :

http://latelelibre.fr/reportages/nkm-vs-simonnet-quel-heritage-de-la-resistance/

ou le même ici :

http://www.dailymotion.com/video/x1c27rh_debat-entre-nkm-et-danielle-simonnet-a-paris_news

Une vidéo du débat NKM / Simmonet. Un échange entre les deux forces républicaines non gouvernementales du moment, prise après la projection de l’excellent documentaire de Gilles Perret, consacré à notre dernier temps de progrès collectif, le programme du Conseil National de la Résistance (CNR) : Les jours Heureux.

Je ne sais pas pourquoi je vous passe ça. Mais ça sonne bien, vu l’ambiance de résignation actuelle, non ? Les jours heureux…

Amitiés militantes,

© David Langlois-Mallet Mes Parisiennes 2014
Soutien à l’indépendance demandé : https://www.leetchi.com/c/cagnotte-de-langlois-mallet

NKM/DLM – Message reçu de NKM sur Le Lavoir Moderne et la liberté d’expression à Paris / Ma réponse.

Tribune libre. Nathalie Kosciusko-Moriset a fait passer ce message personnel de soutien au Lavoir Moderne en lutte. Comme il a été dit au micro d’Hervé Breuil par sa conseillère qu’il m’était aussi personnellement adressé, fidèle à ma promesse, je vous le fais partager. Réponse à venir, mais mon commentaire ci-après.

Chers défenseurs du Lavoir Moderne Parisien,

J’apprends que vous organisez un rassemblement aujourd’hui au LMP quelques heures avant de remettre les clefs du lieu à la Ministre de la Culture.

Votre combat qui peut, je l’espère, encore permettre de maintenir le LMP ouvert a tout mon soutien tant le message qui est véhiculé derrière dit bien plus que la fermeture d’un simple lieu.
Car, non seulement je garde un souvenir tendre du Lavoir pour m’y être rendue étudiante; mais parce que la culture populaire, la culture vibrante, la culture qui émane des parisiens eux-mêmes — je devrais d’ailleurs dire les cultures – est celle pour laquelle je me bats.

J’essaye dans mon programme pour la culture pour Paris de passer le message que la culture aseptisée et uniformisée de la majorité sortante ne me convient pas. J’aime les aspérités, les différences, l’originalité, l’authenticité et je veux que la Marie de Paris en matière culturelle n’organise pas elle-même en administrant et décidant du beau la culture parisienne; mais qu’elle permette aux parisiens d’être créatifs, inventifs et libres. Qu’elle ne permette pas que des lieux libres et autonomes comme le LMP ferment mais qu’elle les aide à exister et à se développer.

Croyez bien que de tels lieux sont pour moi nécessaires dans la capitale et je m’emploierai à faire rouvrir dans Paris (station de métro fantôme, tunnels, délaissés de la SNCF…) et à ses marges notamment dans ce que j’ai appelé des « zones franches culturelles » où je me battrai pour trouver le moyen de renre le foncier et les contraintes administratives admissibles pour recréer ces espaces de liberté.

A bientôt,

NKM
Envoyé de mon iPad

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Mon commentaire :
Engagé depuis pas mal d’année pour la liberté d’expression culturelle à Paris. J’ai notamment rédigé les propositions officielles du PS à la dernière municipale. Je constate un verrouillage absolu du débat et la destruction de tout le tissu culturel indépendant par l’équipe Delanoë. Cette liberté culturelle est non seulement l’identité de la ville (c’est à dire le partage des diversités), son poumon culturel, mais aussi de mon point de vue la condition du vivre ensemble et celle du maintien d’un Paris populaire sans lequel la ville n’est qu’un apartheid social. J’ajouterai que cet hiver institutionnel que nous connaissons en France entrave une véritable Renaissance, à l’oeuvre dans la jeunesse. Celle d’un peuple d’artisans, « d’oeuvrier-es » qui perce sous la glace des industries de « l’entertainment », du prêt à rire commercial. Un mouvement qui fait chacun auteur et non plus consommateur de culture, en opposition parfaite avec la logique de consommation des politiques culturelles qui veulent nous réduire à n’être que des « publics » en attente de « programmation » (plus ou moins inspirées ce n’est plus la question).

Au cours des années Delanoë, nos poumons culturels, les lieux d’expression des quartiers, souvent dégagés des griffes des promoteurs par la lutte des riverains (Maison des Métallos), ont été municipalisés ou même carrément délégués à des opérateurs commerciaux (sur le cas d’école de la Forge de Belleville je vous invite à lire ceci) ou rasés au mépris de la loi (Théâtre de Fortune). Les vieilles pierres ont été le plus souvent sauvées, mais les équipes qui en étaient l’âme, systématiquement éjectées ou tenues à l’écart (104). Les artistes dans l’espace public sont quasiment interdits d’exercer. Le mouvement des bars a été tué (Loi Voynet) etc. La culture semble réservée à Paris aux industries du divertissement d’un côté et aux artistes officiels du régime de l’autre, le plus souvent employés par ailleurs à la com’ du luxe dans la plus totale confusion entre affairisme et politique, pub et art.

La liberté d’expression avant le calcul économique

Ma conviction la plus intime, c’est que la liberté d’expression de la culture populaire est une fonction essentielle de la démocratie. Elle est la condition du lien social, permet l’évolution des représentations et des imaginaires : elle permet de faire ville ensemble. Bref, elle est le soubassement du lien politique. Quand la culture commune se délite, on entre comme c’est le cas actuellement en France, en dépression collective : porte ouverte à tous les dangers politiques.

Mon espace politique de conviction se situe plutôt entre les Verts et le Front de Gauche. Ma déception est profonde de voir que ces partis ne se sont pas donné les moyens d’un projet alternatif à celui du PS parisien et qu’ils restent plus ou moins satellites d’une étoile morte. Les Verts pour préserver leurs positions au Gouvernement et à la Région. Le Front de Gauche par nostalgie de la campagne Mélenchon et par idéologisme (le local n’est pas vraiment politique). Cela a pour conséquence de nous laisser, nous parisien-nes, sans alternative, dépendants d’une politique qui n’a plus de « socialiste » que le logo, et qui vise, sans le dire, à transformer Paris en hôtel de luxe et les parisiens en personnel de service d’une résidence touristique pour 3e âge.

Dans ce désert français déprimant.

Je trouve donc intéressant d’accueillir cette parole politique fraîche et positive, même si elle vient d’un bord politique que l’on entend quasiment jamais en bien sur la culture (depuis Malraux, je ne me souviens à droite que d’Etienne Pinte défendant les intermittents ou peut-être un peu de Toubon), même si à Paris toute l’histoire des destructions de la ville au XXe siècle (Pompidou, Chirac…) invite à la plus grande vigilance. La parole de NKM doit susciter d’autant plus cette méfiance qu’elle vient d’une personnalité politique qui se réclame du Sarkozysme, forme avancée de la négation culturelle (pensons à la chasse aux roms, sport bourgeois pratiqué également par le gouvernement « de gauche »). Mais elle a droit, comme chacun de nous, et je dirais doublement comme femme en politique, au respect de sa singularité.

Mon point de vue est que la question n’est pas de croire ou de ne pas croire à la sincérité d’un-e politique en campagne. De savoir si « l’on peut faire confiance » ou non à un élu. Il est d’obtenir le maximum d’engagements publics qui garantissent la liberté d’expression, l’autonomie face au politique comme face aux marchands des artistes et des gens de culture. C’est à dire la liberté de parole de la société civile. La condition première sans laquelle il n’est pas de respiration politique, pour nous lanceurs d’alerte, journalistes engagés mais non partisans, acteurs de la société civile, mais aussi pour les politiques eux-mêmes en bout de compte.

Bousculer les équilibres et les hypocrisies

Ouvrir le débat à « la droite », quand elle fait comme ici une offre intéressante pour la liberté d’expression. C’est à mon sens la seule façon de faire en sorte que le PS soit obligé de faire monter dans ses réseaux les gens intéressants qu’il tient sous clef. C’est bousculer les conformismes et les rentes des partis aiguillons (Verts et FG) pour qu’ils cessent d’être de simple collaborateurs d’un système qu’ils réprouvent mais qui les nourrit in fine.

C’est adresser un message à chacun. Il faut arrêter de soumettre l’intérêt général à des calculs d’intérêts particuliers ou corporatistes. Cet état d’esprit général de la lâcheté que nous avons en France, où chacun ferme sa gueule pour ne pas se mettre en danger, nous fragilise tous. C’est cette absence de débat qui légitime le conspirationnisme. C’est cet absence de politique qui fait monter les identitarismes.

Ouvrir le débat c’est sortir de la dépression collective sur l’inéluctable, la fatalité, le monde sur lequel on n’a jamais prise. C’est surtout redonner de l’air aux parisien-nes qui auront peut être le droit, quand on vend leur ville comme une Tour Eiffel en neige, que l’on mette au débat la question de son évolution : Paris, galerie marchande ou culture vivante ?

Oui, les directions politiques de droite comme de gauche sont otages des mêmes intérêts qui s’imposent grâce au jeu biaisé d’un système centralisé, mais ce n’est pas pour cela que nous ne pouvons pas nous battre, nous faire entendre, négocier le moins mauvais à défaut de rêver du meilleur.

Il y a tous les 6 ans, un mois à peine où l’on a un peu de jeu. Parce que les représentants d’intérêts contraires aux nôtres, formés aux mêmes écoles, baignés dans la même culture et qui au final délégueront la ville aux mêmes énarques, doivent se départager pour la seule place à pourvoir. Jeu cruel et stupide qui nous prive des diversités et des compétences.

Qui a peur du débat en démocratie ? Ceux qui ont tous les pouvoirs, le PS selon tout apparence. Qui doit avoir peur de l’alternance en démocratie ? Les mêmes ! Nous qui n’avons que la liberté d’expression, tachons de la garder et de la faire progresser à la faveur de cette élection.

Dans cet esprit, j’ai répondu favorablement à l’invitation de NKM de se rencontrer. Je l’ai invité au café, pas pour négocier une place d’élu que j’ai refusé au Parti de Gauche et négligé de demandé chez EELV. Pas pour demander un boulot, même si je n’en ai pas*. Pas pour négocier un logement social, même si j’y ai droit, pas pour avoir un avantage ou une médaille, pas pour avoir ma selfie au côté d’un grand fauve aux reflets vénitiens, sur le twitter de l’UMP.

J’irais juste voir qui elle est comme personne, rendre compte de ce qu’elle dit comme journaliste, mais surtout tacher d’obtenir comme citoyen engagé des engagements sur ce qu’elle est prête à rendre, tant en lieux qu’en libertés aux parisiens, quels outils elle donnerait aux porteurs d’oeuvres, oeuvriers et artistes, quelles libertés dans l’espace public (pour les joueurs d’orgue ou les graffeurs), quel droit à la musique et à la fête dans les bars etc.


Je reste fidèle à mon intention têtue de départ, fruit de mon expérience de reporter et des paroles reçues et échangées : réussir à faire bouger la politique culturelle à Paris. Fidèle à des convictions que souvent ceux qui font métier de nous les vendre ont trahis depuis bien longtemps. Point.

Et je vous rendrais compte inch’allah comme on dit à la Goutte d’Or, si Dieu veut comme disait feu ma grand-mère.

@ David Langlois-Mallet

NB : Cela ne vous interdit pas de soutenir l’indépendance de l’auteur §;-)