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France. Pourquoi la question des Kebabs, levée par le FN, est super intéressante !

Robert Menard du FN part en guerre contre eux. On connait la musique, il s’agit de viser tous les signes distinctifs d’une culture de l’autre rive de la Méditerranée et de lui opposer une culture uniforme, support d’une identité unique française, et d’un vote nationaliste.

De quoi les kebab qui pullulent en effet dans nos villes sont-ils le reflet ? D’une alternative aux fast-food, ainsi que d’une initiative économique de jeunes français, souvent riches d’une double culture. C’est un peu comme les crêperies en Bretagne.

Que manque t-il ? Qu’est-ce qui est mort ou mal en point ? Qu’est-ce qui fait mal à la France ?

La disparition d’une restauration populaire bon marché. Des resto ouvriers pour faire vite. Nous sommes en période de précarité, en tout cas pour une large part de la population le budget de midi ne peut excéder 5€. Et je ne parle pas du budget quotidien, mais de l’alternative à la gamelle, au sandwich maison.

Ce sont les chinois, les arabes, bref une culture de l’immigration de France, qui offre des solutions au peuple en ville. On peut regretter qu’il n’y ait pas plus de diversité, des autres cultures de France sur ce secteur. J’aimerais voir fleurir autre chose aussi que le menu unique viande des Kebabs. J’aimerais bien des potées assez naturelles et peu chères à cuisiner (comme celle qui mijote dans ma marmite aujourd’hui) disponibles au même prix au coin de la rue et même soyons fous, un peu de bio.

Mais ce que je vois surtout, c’est que le modèle unique franco-français s’est embourgeoisé avec les 30 Glorieuses. Qu’il a été, de l’alimentation ou la gastronomie, comme de l’ensemble de la culture incapable de résister au modèle global unique à l’américaine, celui du fast-food.

L’immigration, nous ramène des solutions. Celles de la diversité culturelle. Bien sur, une grande partie du peuple français est de culture « arabe » et prend donc les modèles de résistance culinaire qui lui sont familiers. Mais franchement, monter son petit kebab ou son bar chicha, n’est-ce pas plus intéressant qu’être équipier-volaille chez Mc Do ?

L’autre partie du peuple, à qui l’on a de force fait oublier sa diversité à l’école -interdit d’être bilingue occitan, breton, basque… et de cracher par terre- est désormais invitée à se replier sur le socle commun à tous, celui de la culture française (disons celle normée à Paris), à l’ethniciser et à la retourner au travers du vote FN, contre ceux qui ont la chance d’être Français +. Français et de culture maghrébine, africaine, chinoise ou autre. Et pourtant d’aussi bon Français que ceux qui ont été amputés de leur autre culture, plus familiale.

Nous venons tous d’un héritage multiple. Que l’on songe à la diversité des costumes, coutumes, danses, modes de vie au XIXe siècles que l’on a figé et tué en folklore à Paris. Mais tout autant à la fantastique diversité de la création culturelle d’aujourd’hui qui n’a pas de territoire pour medium et qui explose dans tous les domaines du hip-hop à la techno, générant ses tribus et ses identités collectives nouvelles.

Nous sommes tous redevable aussi à la merveilleuse culture française telle qu’elle a été fixée par Louis XIV et répandue par la IIIe République. Mais l’on ne sortira de cette crise identitaire par la culture officielle, par le haut, le centre, le modèle unique. Plutôt par la diversité locale, la qualité et le mieux vivre. Plutôt que de laisser le FN monter les esprits contre ceux qui tentent maladroitement, de se frayer un chemin entre culture us-globale et tradition. Il serait vraiment temps que l’on soutienne l’ouverture des restos populaires, abordables, chaleureux, de tous styles dans nos rues.

Je signale au passage que ce type d’initiatives lorsqu’elle existent à Paris par exemple dans mon quartier ont été détruites par la mairie socialiste —Je pense à la Cantine Solidaire de la rue des Pyrénées (qui servait le repas pour tous à 4€), à la Rotisserie associative de rue Ste Marthe, qui toutes deux tentent de renaitre. Elles le seraient probablement par la droite de même. Exemple parmi d’autres qui montre comment les pouvoirs centraux font monter le FN au quotidien et pourquoi les alternatives au FN sont culturelles et locales.

David Langlois-Mallet

Nouveaux barbares. Nos peurs médiatiques sur l’échelle du temps

Je vous avoue bien que je ne me sens actuellement ni partir en pointe contre les terroristes, ni contre le FN. Je suis las des peurs officielles et médiatiques.

Vous savez ce que je pense des nouveaux barbares…

Mais je crois que notre système, comme Rome quand plus personne ne voulait monter au Limes endiguer l’envahisseur, préférant jouir soi dans une orgie et sombrer collectivement, se meurt surtout de lui-même et de sa médiocrité politique.

Tous les corps vivants ont des ennemis et sont attaqués sans relâche toute leur vie durant. Et cela ne se joue pas à dix assassinats spectacle, si injustes, lâches ou horribles soit-ils. Alors que notre prédation sur le pétrole là-bas, en a causé des millions. Que des centaines de milliers ici, tremblants devant leur télé, mourront, non des attentats mais bien de la pollution de leur voitures, des cancers faits maison de notre « civilisation » qui a transformé la nourriture en industrie et la culture en mal de vivre individuel. Si on ne nous dresse pas contre eux médiatiquement, c’est parce qu’ils rapportent encore assez.

J’ai de plus en plus de mal à accorder du crédit à leurs médias et à leurs sermons, paniques et autres. Et je suis sur que si notre temps n’est pas le dernier, on s’étonnera un jours que les humains de notre époque aient accepté la barbarie de l’industrie, qui coûte tant de vies, avec complaisance et délices.

Non pas que je minimise les dangers. Mais que je sais que j’appartiens à un peuple qui a une longue histoire. Un peuple souvent envahi. Par les celtes, les romains, les chrétiens, les germains, les arabes, les anglais, les allemands, les américains… Par Jésus, Clovis et Coca-Cola… Chacun nous ayant aussi apporté ses richesses et tous ces apports hostiles et prédateurs finissant digérés et magnifiés par le temps.

Un peuple belliqueux, mais contre lui-même le plus souvent, un peuple indépendant mais le plus souvent dominé —quoi qu’on se raconte— mais un peuple qui finissait par faire sien l’envahisseur. Une matrice politique faillible, mais une force culturelle incontestable.

Les peuples qui survivent sont ceux qui portent des valeurs fortes et fascinantes, utiles à la survie de sa couvée et de l’espèce. La France a rayonné grâce à la subtile contrainte Capétienne (famille d’immigrés orientaux, venus des bords de la Mer Noire disent leurs ADN), elle a brûlé et irradié le monde dans la flamme de la République qui a consumé et fait naître l’Europe dans l’Empire Napoléonien, avant que cette nouvelle Europe ne s’auto-détruise dans l’ouragan germain, n’éclate dans la boursouflure coloniale.

La Culture grecque a survécu et transmis à travers l’histoire. La pensée de l’indien dans l’espagnol latino. La culture juive a traversé les âges et tous les ouragans aussi, elle ne faiblit que dans sa défaillance soudaine à contrôler sa puissance. L’Inde ou la Chine ont noué un pacte avec l’éternité. L’Afrique n’a même pas besoin de dominer pour être demain le centre du monde. Peut-être même sera t-elle même à la fois francophone et musulmane. Pied de nez de l’histoire et ironie de nos fantasmes …

L’Islam est en expansion parce qu’au-delà de la violence que nous voyons par télé interposée, beaucoup d’humains y ont trouvé une force, capable de les faire survivre au colonialisme, au capitalisme, à l’Oncle Sam. L’autre force verte, l’écologie a plus d’outils, mais si elle est portée par des médiocres, des cupides, elle restera alors une idée vague. C’est ainsi. C’est même peut-être dommage.

Mais que penser de notre pays à bout de souffle ? De ces gens qui voient surtout dans le péril qui menace la Tunisie une gêne à modifier leurs vacances pour le Maroc. En se demandant si les musées seront sûrs là-bas… Que mérite ce peuple de consommateurs ? Qui à peur du reflet de sa bedaine dans le miroir, prêt à accepter tous les maîtres qui lui m’épargneront l’effort de se remettre en question. De se réinventer ?

J’en ai plus qu’assez de leurs cris en écho à ceux des médias dont ils se gavent.

Le péril FN ? Réaction de survie de la France pour les uns, fin de la France pour d’autres… Sans doute ni l’un ni l’autre, mais une réaction de douleur, de médiocrité et de lâcheté.

On peut contester le choix de nos compatriotes qui cèdent à une crise démocratique en ayant recours à une famille de chefs (Le Pen ne veut-il pas dire le chef en breton ?), en ayant recours à un parti sans culture démocratique sorti de toutes les frustrations mal digérées de l’histoire récente ? Des renoncements mal vécus au colonies et d’une revanche espérée sur ses enfants tout aussi déracinés, acculturés qu’eux devant les mêmes programmations télévisées ?

J’ai davantage mal de ce que nous ne proposions plus rien de collectif. Que les Français en soient réduits à chercher ce secours. Ce n’est pas faute d’avoir proposé depuis 30 ans.

De la marche des  Beurs, au mouvement social, des mouvements culturels récents aux alternatives concrètes, toutes les émergences, toutes les alternatives, toutes les énergies, toutes les jeunesses successives ont été impitoyablement cassées par les appareils et les calculs de ceux qui aujourd’hui crient au feu quand leurs privilèges et leurs palais brûlent. Ceux dont les médias font la morale, aux pauvres bougres paumés, qui n’ont eu qui qu’un local FN, qui qu’une mosquée pour leur servir une boisson chaude, les écouter et leur promettre peut-être même pas un espoir : juste écouter une plainte ou promettre une vengeance.

A bien y réfléchir, l’histoire du Moyen-Orient, ou de l’Afrique, ressemble sur ce point à la notre. Toutes les alternatives démocratiques y ont été méthodiquement cassées depuis 40 ans par Washington. Puis, ce fût le cas des régimes laïcs autoritaires, partis Baasistes depuis l’invasion de l’Irak pour des armes de destruction massives que l’on cherche encore puisque l’arme de destruction massive, on le voit aujourd’hui, c’était l’armée états-unienne, produisant le chaos que le voit partout de l’Afghanistan à la Libye.

L’histoire est longue. Qu’est-ce pour elle que la traversée des siècles obscurs même ? Quel était la vie de mes ancêtres dans la longue nuit où des âges barbares* ont succédé à la Pax Romana avant l’éblouissante lumière et la ferveur des cathédrales ? Ne suis-je pas, français, autant le fils des paysans qui tremblaient de peur, que des seigneurs guerriers dont les châteaux les dominaient autant qu’ils les protégeaient ? Avant d’être, peut-être, l’héritier des moines qui ont permis à l’héritage grec de venir faire éclore la Renaissance et Montaigne ?

Ce qui me fait le plus de peine au fond, que les victoires extrémistes, c’est de savoir que ceux qui en pâtiront le plus ne sont pas ceux qui crient le plus fort au loup pour sauver leurs privilèges, alors qu’ils jouent chaque jour l’effondrement commun. Ceux-là, comme collabos sous l’Occupation, comme ces députés républicains munichois qui ont appelé Pétain avant de lui laisser porter le chapeau, sauront tourner leur veste dans le sens du vent in fine. C’est leur métier.

David Langlois-Mallet​

* Par parenthèse sur les barbares, je suis tombé par hasard sur des relations de Grégoire de Tours sur les tortures que certains seigneurs barbares se plaisaient à infliger aux populations civiles sous leur pouvoir, ce n’était pas de la tarte… (on peut lire ici http://remacle.org/bloodwolf/historiens/gregoire/index.htm ) mais je pense à l’immense travail accomplit par l’Eglise, puis par les humanistes contre l’Eglise, par la monarchie, puis par les république contre la monarchie pour sortir de ces violences et tendre à un état de droit. Je pense au monde de notre enfance et à ce qu’il est devenu depuis 30 ou 40 ans…

© Mesparisiennes.wordpress.com

Bienvenue en émotion Florian Philippot

Philippot vibrant ce matin sur France Inter. L’outing reste une grande violence privée et il est toujours touchant d’entendre un homme, encore plus un politicien formaté, dans sa vérité.

Reste que je trouve la pratique justifiée, quand les choix personnels vont à l’encontre des valeurs publiques.

Je le dis d’autant que je fais pas partie de ceux qui crient « FN Fasciste » et plaide depuis toujours pour que l’on regarde ce vote comme une expression de souffrance (« sous-France » dirait le psy).

J’aimerai même poser la question à Mr Philippot et à tous ceux justement émus (comme moi) de l’entendre ce matin sur France Inter :

Si l’émotion d’un homme que l’on force violemment à recoller à lui-même vous touche, ne trouvez-vous pas dommage que l’on n’entende pas à la radio l’émotion des adultes séparés de leur famille, ou de leur amour, après une reconduite à la frontière ?

Autrement dit, l’âme existe t-elle avec la médiatisation et la notoriété ? Ou un responsable se doit-il plus qu’un autre, avant de voter des lois qui visent l’intimité d’autres, de les mesurer à sa propre humanité ?

Bienvenue en émotion Florian Philippot.

David Langlois-Mallet

France : un réveil colérique…

Entre colère sociale et crise politique… Quelle idée se faire de la situation actuelle en France Depuis quelques années déjà, nous vivons un réveil politique de la société civile, mais devant le mur que lui oppose la classe politique, il est de plus en plus désordonné, incohérent, colérique… Mais pourquoi donc ne sommes nous pas capables de bâtir une alternative politique ?

La toile de fond de la mondialisation, on la connait

Les esprits, déjà sous pression des différents dangers (épuisement de la planète, réchauffement climatique, industrialisation, course au rendement et déshumanisation de la vie, précarisation ou appauvrissement)… Mais toutes les initiatives locales ou citoyennes – qui sont comme les forces de résilience ou de survie de la société civile- se heurtent en France chaque jour à une fin de non recevoir d’un système aristocratique épuisé dans ses privilèges, sourd aux propositions, méprisant vis à vis de la société civile mais qui retrouve sa force quand il s’agit de lui rendre la vie dure.

L’Etat, conspiration ou incompétence ?

D’Etat protecteur, il apparaît pour beaucoup comme incompétent sans cesser d’être autoritaire, pour d’autres comme le complice d’un vaste hord-up sur le bien commun : La croissance de l’humanité n’a jamais produit autant de richesses, mais elles sont confisquées par le 1%. Ce retour vers le temps féodal s’accompagne pour la première fois (depuis la préhistoire ?) d’un sentiment de péril mortel pour l’espèce humaine. On l’annonce tranquillement à 50 ? 100 ans ? Mais aucune décision n’est prise. Pourtant chacun le constate autour de lui que le profit sans fin épuise la vie locale, effrite relations humaines, précarise. Non seulement nous nous appauvrissons dans cette culture du égoïste, mais surtout nous sommes plus solitaires que jamais, vaguement consolés par les seuls écrans… L’individualisme produit pourtant du bonheur, celui d’une très grande créativité dans tous les domaines. Mais quels sont ses relais ? Ses moyens de partage ?

Cette angoisse activée par un sentiment très vif de trahison des élites, prend toutes les formes possibles : multitudes des initiatives locales, mouvements citoyens de propositions républicaines sans débouchés ni relais, révoltes diverses de territoires ou de corporations (en banlieue ou en Bretagne que l’on fini par regarder avec compréhension), identitarismes divers (barbus, le Penisme, ligue juive ou black, etc.)  à chacun selon son « identité » fantasmés mais qui permet de se ternir chaud et prêt au combat contre… le voisin. Toutes colères différentes et semblables qui n’ont pas de déboucher positif et convergent vers la détestation des pouvoirs en place, voir un désir morbide de leur destruction.

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UMP-PS Une politique unique schizophrène

Car le centre de gravité majoritaire s’effrite (celui d’une France qui a un boulot et trouve normal de voter PS ou  UMP pour une politique unique. Présentée comme inéluctable du fait de nos engagements européens, elle oriente toutes les énergies humaines vers :

– une réelle maltraitance au travail (ou au chômage).
– une croissance des industries (que l’on nous dit pourtant écologiquement mortelle)
– et conjugue la peur que chacun a du chômage avec le soucis exclusif des profits financiers (bénéfice que l’on sait pourtant confisqués)

C’est cette politique unique, rocher battu par les vagues diverses d’une montée des colères… sans solutions ni débouché politique.

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La tentation autoritaire

La gauche révolutionnaire absente, perdue dans son histoire et son folklore (son corporatisme dans le cas du PC). C’est le mouvement nationaliste FN qui s’en tire le mieux pour catalyser une alternative dans les urnes (avec les risques que l’on sait ou que l’on oublie).

D’abord parce que le FN a été excommunié par « le Système », ce qui lui sert de brevet de moralité pour beaucoup de Français assaillis d’angoisses multiples, crise économique, mais surtout crise morale et culturelle. Vide des existences et des caddys, quand un rêve de consommation s’évanouit…

Si son approche autoritaire paraît totalement anacronique, sa proposition de replis sur l’Etat et la souveraineté est partagé très largement au-delà de sa famille. Beaucoup en oublient que l’extrême droite, c’est aussi la porte ouvertes données aux haines et aux vengeances, un potentiel de guerre civile contre des communautés, replis sur soi, une société policière etc.

Et nous ? Nous qui croyons encore à améliorer les choses plutôt que les casser

Comment ne pas être en colère de voir un pays comme la France une alternative positive ? Sans y perdre plus de temps que de raison, comment ne pas en vouloir de leur médiocrité à ceux qui nous proposaient un monde nouveau à bâtir et qui en l’ont troqué contre un ascenseur social privé pour les potes ?  L’écologie politique, EELV spécialement, qui sont pourtant sur le versent humaniste, au départ de ce mouvement de fond de réappropriation de la politique par la société civile.
Eux qui ont posé les premiers tant d’analyses nouvelles (René Dumont était moqué il y a 40 ans, tous les experts disent la même chose aujourd’hui) mais qui se sont depuis tellement fondus dans le système pour quelques ministères et avantages peu durables qu’ils ne portent plus rien d’audible, ni proposition, ni contestation crédible et nous laissent donc, nous qui croyons encore à améliorer les choses plutôt que les casser, nos propositions sur les bras, sans alternative devant la question qui nous tue : Sarko ou Le Pen… ?

Alors on condamnera si vous voulez un coup « les jacqueries » ou « les casseurs de banlieue », les violences de tel groupe identitaire ou de ses concurrents, bien sur. Mais à condition de le mettre en regard de la vraie responsabilité, celle d’une oligarchie, qui confisque sans compétence et sans morale publique, le pouvoir politique, bloque les initiative et renonce à toute vraie réforme, non pas celle qui consiste à prendre aux pauvres gens le peu qu’ils ont, mais celle qui voudrait remettre en cause de leur propre fonctionnement.

Et nous ? Nous qui sommes peut-être les plus nombreux, à croire que le monde ne s’améliore pas par un recours au chef, par la course à toujours plus d’argent, mais par la multitude des petites initiatives patientes, respectueuses, locales mais aussi soucieuses des autres.
Comment pouvons-nous ne pas avoir d’alternative ?

Nous aussi en colère !

David Langlois-Mallet

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France : Lendemain défaites

Les lendemains de fête ce n’est pas très joli, alors les lendemains de naufrage…

Les journalistes politiques devraient s’inspirer des méthodes des scénaristes de Games of Thrones (8 IV aujourd’hui), ils n’arrivent pas à suivre plusieurs actions à la fois… A moins qu’ils aient déjà décidé pour nous que le salut viendrait des héros de l’UMP prêts au sacrifice face aux hordes barbares en pull Marine. En tout cas, c’est sur nos UMPistes que la Déesse aux cent bouches s’attarde.

Car la caméra a vite laissé Hollande se cacher derrière le Ve pilier du Général pourtant la Constituion est justement responsable de notre blocage démocratique… Va comprendre ! On ne sait plus trop ce qui se passe au PS à 14% même s’il garde tous les pouvoirs… Sachant que le PS pèse 5,5% des inscrits et que Valls représente 5,5% de ces 5,5%, commentez la légitimité du 1er Ministre…

On sait par le réseau que les Verts sont assez contents (?), mais bon, c ‘est les Verts. Que Mélenchon veut promener son monde sur le Plateau des Glières (risque une teuf de Sarko là-bas qui prépare son appel du 18 juin, pour sauver non la France, mais lui-même de la prison) sinon la caméra s’attarde donc sur l’UMP où un curieux personnage, un lampiste, hurle plus fort que tout le monde, qu’il veut être crucifié pour les pêchés du monde (ils tiennent sa vieille mère en otage ou quoi ?)…

Même si le FN est un peu le sérum de mort qu’un peuple en colère lui injecte en augmentant la dose à chaque élection, j’ai un peu l’impression que notre oligarchie politique préfère mourir que de se réformer :

– Les chefs au pouvoir pourraient lancer une constituante.

– Les chefs des oppositions devaient annoncer qu’ils se mettent en retrait au service de plus jeunes.

Mais non, chacun préfère au final sa survie politique personnelle. Car au fond, le moi d’abord est la religion tellement ancrée dans leurs têtes. Eh les vieux politicards ! Ca marchait à peu près dans un système de prospérité collective, mais plus du tout dans les restrictions. Et je vous signale, mis à part votre génération, qu’aucune société humaine n’a fonctionné sur le moi d’abord.

Alors, côté institutions, gageons que Juppé sera investit en sauveur. Le vieux recours monarchiste reste l’ADN de la France… À moins que la droite ne s’avilisse dans une nouvelle aventure Sarkozy.

Mais rien ne dispensera notre société de se sauver elle-même. Qui veut lancer une société du partage ? Qui peut surtout ? Quelles émergences ? Gardons l’oeil ouvert, mais pas qu’à ce que les médias nous montrent du doigt. Et demandons-nous ce que nous pouvons faire, nous. Car nous sommes nombreux…

Inscrivez-vous jeunes héros et surtout, pour changer un peu… Jeunes héroïnes !

David Langlois-Mallet © Mes Parisiennes 2014

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Merci à Marçau Champau et aux Sans Etiquettes pour les images.

Parti de Gauche. Du mégaphone à Radio Nostalgie

Tu as vraiment le sentiment que le FN a fait du marketing, mais s’il a chanté aux gens la chanson qu’ils veulent entendre, cela suppose qu’il les a au moins écouté à un moment ou à un autre… Fusse dans des tables ronde de consommateurs.

Pour le Front de Gauche, ce qui sera le plus difficile, c’est que la certitude de détenir la vérité est ancrée dans une culture politique et se fait avec un imaginaire politique des années 50. Je ne sais pas si c’est bien ou mal, mais l’imaginaire du poing levé n’a plus de grande signification pour la majorité des gens. Ce qui ne veut pas dire que les raisons qui faisaient lever le poing au temps de Zola ne sont pas de retour. Mais elles s’expriment à l’époque de Candy Crush, de Games of Thrones, ou que sais-je.

J’avais été frappé, quand ils m’avaient proposé d’être candidat sur leurs listes (ce qui était très gentil) qu’ils ne soient pas intéressés par ma proposition de concevoir leur programme culture avec les artistes, ni d’écouter d’abord leur parole sur la ville. Encore plus frappé de voir qu’ils vivaient dans le rétro de la campagne présidentielle, obsédé de la déploration de la perte du PC et du rapt du logo commun. Bref, leur centre de gravité n’était pas la société vivante, mais le jeu interne des partis fut-il discrédité. Une fascination pour le lac qui est donc allée, à Paris, puis aux Européennes jusqu’à la noyade.

Loin de l’incarner politiquement, la rupture avec le peuple semble consommée. Il faut désormais attendre que de nouveaux imaginaires citoyens et engagés s’expriment. Car la bonne nouvelle, c’est que la majorité de la société ne s’est pas exprimée. L’exemple de Grenoble montre qu’en créant du neuf politiquement, on attire du neuf électoralement.

Qu’aurait donné à Paris une alliance écologistes, Parti (ou Front) de gauche, associatifs, milieux culturels… J’avais parié autour de 20%, car les vraies réserves sont dans l’enthousiasme de ceux qui ne votent plus et attendent du neuf. Mais on ne le saura jamais. Pas tellement parce que le PC a abandonné toute forme de lutte en troquant la chance et le risque de l’expression contre des postes dès le premier tour (la politique contre la gestion), que parce que le PG sera resté fasciné, hébété de cette trahison domestique. C’était pour lui la ruine d’un espoir plus large. Signe qu’il ne pensait à la municipale que comme un marche-pied vers la présidentielle. Désolés camarades, c’est précisément cette culture politique là dont les gens ne veulent plus à l’heure des alternatives locales. Votre culture politique est sûrement vaste. Elle n’est pas à jour.
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Si l’imaginaire de la contestation est porté par des gens du XXe siècle, il ne faut pas s’étonner du triomphe des idées du XIXe…

Si le Parti de Gauche me demandait conseil, je lui dirais avec tendresse (car je crois qu’ils sont malgré tout la forme la plus intègre aujourd’hui en politique), mais dureté (car ce sont loin d’être ceux qui se servent le mieux de leur tête) : Que tous ses dirigeants devraient se mettre en retrait et tendre l’oreille à ce qui vient de la société, l’écouter, l’amplifier, le soutenir. Etayer mais ne surtout plus « représenter » ou croire que l’on représente la contestation parce que l’on a l’imaginaire marxiste du XXe siècle comme culture et que l’on a grenouillé 30 ans dans les congrès du PS comme fait d’armes. C’est décevant, mais vous n’aurez pas été une génération révolutionnaire, ni même héroïque. Là, où le rouge nouveau émerge (en Grèce ou autour des Indignés espagnols, c’est là où du neuf a pu voir le jour). Peut-être même en France, le fait que l’espace politique de gauche ait été trop bouché par une vieille gauche a t-il amplifié la dépolitisation de la jeunesse. Parfois, il faut mieux des friches et de l’espace… Va savoir.

Vous êtes un mouvement lucide sur beaucoup de points, mais guère sur vous mêmes, on sait aujourd’hui que ce ne sera pas de vous que viendra le neuf. Même si vous aurez sûrement un beau rôle à jouer à ses côtés. C’est sûrement à ce beau rôle là qu’il faut vous préparer avec plus d’écoute que de grands discours.

Amicalement,

David Langlois-Mallet © Mes Parisiennes, 2014

PS-(U) : Cela dit si mon point de vue sur Paris vous intéresse, il est disponible et régulièrement mis à jour sur : https://mesparisiennes.wordpress.com