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Belleville, deux femmes dans un café

Un café à Belleville. Une femme très sexy mais sur laquelle tu ne miserais pas un cœur s’installe.

Soignée, des cuirs qui parlent d’argent, tous les geste sont cérébral, tout est sous contrôle, géré. Le gros sac Vuitton, en plus de l’autre, semble un outil de travail.

La porte des toilettes s’ouvre (enfin), sur une femme en désordre. Tout est pauvre, perdu, rien ne va. Elle s’installe à deux pas de la première, pose sa tête sur la table, son regard perdu comme un chien, dans le vague. C’est un instant avant de rejoindre les mains dans les poches, d’autres chinoises du pavé.

Deux destins dans un café. Pas un regard.

David Langlois-Mallet

Les vaches sacrées

Faites le test ! Vous pouvez tout dire sur votre page à propos des hommes. Plus la critique est générale, incisive ou violente et plus vous aurez d’approbation. C’est open bar. Ne vous risquez pas à faire de même avec les femmes. Là, l’égalité est morte. C’est le pilori assuré pour l’auteur.

Encore ma critique était-elle assez tendre (ce qui n’exclue pas le piment), puisqu’elle revêtait en le sens de l’hommage. Il s’agissait de dire depuis que les femmes sont devenues des hommes comme les autres, la solitude est devenue générale. Qu’elles ont rattrapé les hommes en égoïsme, ce qui est peut-être une étape légitime d’un rééquilibrage historiques (alors nous sommes arrivés un peu tôt), mais qu’en attendant, le résultat actuel me semblait à somme nulle pour les deux sexes. Même si bien sur, on se crée tous des oasis, dans l’amitié amoureuse ou autre.

Ce qui revient à suggérer (ou à affirmer) que les femmes, filles et femelles de tous âges ont en général, une idée plus claire de ce qu’il y a de beau à partager que les mâles. Que nous aurions peut-être gagné, les uns et les autres, à ce que la culture masculine évolue dans le sens de l’attention à l’autre, plutôt que de voir les femmes régresser vers leur nombril.

Devant la longue plainte qui monte du monde féminin (même derrière ses cris de d’auto-satisfaction un peu forcés), on peut déduire que le genre masculin à des progrès à faire, comme amant ou compagnon. Mais aussi que les femmes nous donnent de moins en moins envie d’en faire. Et que les bonheurs à deux constituent plutôt des temps d’exception dans les vies et les couples durables des microclimats affectifs ou des curiosités entomologiques.

J’ajoute à mon attentat contre la Déesse Mère (parfaitement assumé) d’avoir risqué l’idée que peut-être, la dite libération sexuelle des femmes, avait surtout été conduite comme un alignement sur la sexualité masculine (plus quantitative que qualitative, plus performative que sensuelle, plus égoïste qu’en lien).

Crier « liberté » à vingt ans quand on cherche à se dégager de sa famille, c’est logique. Crier « liberté » à quarante, c’est enfoncer tellement fort une porte grande ouverte, que j’entends surtout « solitude affective ».

En clair qu’il n’était pas évident que les femmes « libérées » aient trouvé à étancher leur soif de jouissance absolue et de communion érotique, mais qu’il était certain que les hommes avaient réalisé le grand fantasme (assumé par de rares et courageux Casanova ou Don Juan, fantasmé ou refoulé par les autres) : avoir un océan de femmes disponibles, pouvoir les baiser toutes.

De tout temps, la sexualité des hommes avait inventé des formes pour contourner l’érotisme sophistiqué des femmes (« elles sont chiantes, il faut parler… »), un érotisme risqué (peur de l’enfant, de l’engagement, du lien affectif tout simplement). Les hommes avaient ainsi mis des esclaves, du sexe de supermarché, avec la prostitution, ce qui ne correspond à rien dans l’érotisme féminin, aujourd’hui d’un simple clic, comme on commande une pizza, ce sont les femmes qui viennent demander, puisque le marchand leur a vendu l’idée que c’est elles qui choisissent.

L’époque a mis la satisfaction sexuelle à la portée de tous, mais le bonheur affectif, reste bien une autre histoire.

J’ai un peu eu l’impression que beaucoup d’urbaines passent dix ou quinze ans à essayer de créer de liens avec des hommes pressés, distraits ou sur-excités alternativement. Avant qu’elles ne soient contraintes par leur horloge biologique à des choix précipités et souvent à une deuxième partie de vie menée sous le signe d’une solitude pas forcément choisie si j’ai bien écouté leurs confidences de celles-ci et de celles-là.

Que le jeu masculin restait de s’amuser avec les femmes longtemps, puis faire une fin, avec toujours une deuxième (troisième ou quatrième) vie à la clef. Pas sur que l’inverse soit vrai une fois que la femme a perdu son pouvoir de fascination. Le « c’est pareil » reste un leurre.

J’ai aussi l’impression qu’il faut pas mal d’années et les hasards de l’attachement, pour qu’un homme pense sa relation aux femmes autrement que comme un soulagement ou une conquête, comme un bonheur plus large, affectif, à contre-courant de son éducation virile. L’amour reste pour l’homme une rééducation je crois, mais ses professeures de coeur immémorielles ont désappris leur propre langue. Leur boîte de préservatifs très entamé ou le sex-toy patiné, affichant qu’elles se délectent, mais curieusement sans cesser d’être insatisfaites.

Je peux me tromper bien sur, puisque j’en parle, mais c’est mon impression.

Est-ce parce que les femmes étaient dominées qu’elles ont développé un art de la relation supérieur (en clair, elles se conduiraient aussi mal que les hommes si elles dominaient) ? Est-ce parce qu’elles s’occupaient des enfants qu’il y avait un soucis de l’autre plus poussé, un sens de l’échange et de l’écoute

On ne peut débattre de différence entre les sexes, puisque cela vous aliène les féministes et leur credo : « Mais les hommes et les femmes, c’est pareil ! Théorie du genre ou tais-toi ! Masculiniste ! Rejoins les hommes perché sur les grues. » (c’était une vieille copine et ses renforts, ces jours-ci sur Facebook).

Car nous sommes dans un pays très manichéen. Critiquez des totems féministes, vous êtes masculiniste. Dites que les questions en 2014 se se posent pas dans les termes des années 70, vous ne pouvez qu’être pour un retour au patriarcat. Car il n’y a jamais rien à inventer pour les cerveaux paresseux des idéologues, que la lutte du bien contre le mal, les privilèges ou la guillotine, du passé contre le passé antérieur. Un no futur à la française.

Cette approche militante du monde marche tellement bien. Qu’on observe que dans les partis, les hommes ont créé des commissions « femmes », chargé de la garde des totems. Mais que l’égalité des salaires par exemple ou la parité des postes n’est pas à l’ordre du jour des débats.

Dans le même registre d’idées, ne vous risquez pas à dire que crier « droit à l’avortement », « droit à l’avortement » ne fait plus sens. On vous accuserait d’être pour son interdiction.
Alors qu’il s’agit d’abord de se demander, dans une société de liberté individuelle et de consommation de tout, même du vivant, de répondre à la soif de sens et à trouver la place du choix et de la libertés individuelles qui prisent isolément débouchent sur ce grand supermarché vide des existences toutes semblables et désenchantées, comme à la place d’autrui dans la sienne. Car j’ai un peu l’impression que l’individualisme débouche sur des vies devenues étanches les unes aux autres.

Qu’il y a urgence à réactiver ces réflexions car en effet, nous sommes à un moment ou ce manichéisme politique est en train de susciter son mouvement de balancier. On va ainsi vers des politiques autoritaires et rétrogrades, nationalistes ou religieuses, contre laquelle il faudra pas mal de souffrances pour sortir. Tout cela parce que l’on aura nié à un moment la valeur de la vie ou l’utilité du cadre de la nation.

Voilà pourquoi, n’ayant aucune illusion sur le grand prêtre, je continuerai à ne pas davantage aller chercher mes bons de sortie chez la Mère supérieure, par ailleurs bien occupé à faire fumer l’encens autour de ses vieux totems de l’avortement ou de la pilule.

Je crois que nous sommes une génération d’hommes élevés par de femmes (3 en ce qui me concerne), biberonné au féminisme depuis le berceau, autant qu’ayant pu constater à l’âge adulte de la faillite des vieux mâles et de leur système de domination. Sans aucune illusion sur la dureté et la bêtise d’un monde conçu par des hommes, où les violeurs et les violents sont des hommes, mais ne forment pas dans nos contrées la majorité de l’espèce. Sans solidarité avec les hommes qui s’en réclament, ni avec celles en font parfois le prétexte d’une autre forme de bêtise ou de méchanceté dont pleurent les enfants.
L’heure est simplement venue de faire le tri je crois sur ce que nous transmettrons à nos filles et à nos fils et de ce qu’il nous reste à partager d’intéressant avec les femmes.

Amicalement ou Ami excitant comme vous voudrez !

David Langlois-Mallet

Sur la solitude des femmes… (et des hommes)

J’aimerai bien savoir à mon réveil, combien d’entre-vous Mesdames (je parle aux grandes pas aux minettes de 20 piges), tirent la couverture sur elles le soir en se déclarant à elles-mêmes qu’enfin la femme est libre, fait ce qu’elle veut de son corps, de son cul et de son destin ! Qu’elles attendent avec impatience le chant de la poule au matin pour reprendre le combat et traquer les dernières lignes de l’arrière-garde masculine qui se montre encore sur Facebook, et faire rendre gorge et merci au dernier phallus qui pointera le bout de son museau d’oppresseur !

Et combien appartiennent à la cohorte de celles qui écrasent une larmichette dans leur lit froid en se disant qu’elles sont épuisées de porter si lourd, et qu’un goût de latex de ci de là n’a jamais vraiment compensé toute cette solitude, qu’elles troqueraient bien contre une épaule un peu bourrue.

J’ai croisé pas mal de celles-ci et de celles-là, mais il me semble, qu’elle soit portée en étendard ou qu’elle serve de mouchoir, que la solitude reste l’aventure la mieux partagée des dames de 35 à 99 ans. Et que même s’il reste l’objet de beaucoup d’espoir et d’une foule infinie de reproches, le principal trait de la gente masculine est surtout d’avoir déserté, de traîner les pieds ou de se faire porter pale…

Sur ce, gentes dames, toniques suffragettes, romantiques prosacïque, tendres correspondantes et chères amies, je vous souhaite la bonne nuit !

(Suite)

Il y aurait eu de l’ironie dans mon post d’hier sur la solitude des femmes ? On a voulu voir (toujours votre manichéisme français), une éloge des hommes, voir du couple… Je pouffe.

D’abord, notre époque solitaire s’accommode aussi du couple. Une bonne part des gens en couples autour de nous, ne se sont-ils pas débrouillés pour être « célibataires ensemble » ?

Ensuite, les hommes sont tout autant solitaires que les femmes (je pense même que ce sont eux qui ont fait un pas en arrière, trouvant que le jeu n’en vaut plus la chandelle). Comment répondre aux exigences de princesses de ces hommes comme les autres que sont devenues les femmes ? Notons quand même que cette retraite s’opère en silence à côté du bruyant désert affectif féminin.

L’inégalité demeure jusque dans la division de cette société onaniste.Prenez le godemichet (les femmes aiment surtout rêver) est brandi comme hampe de l’étendard d’un renouveau de la libération sexuelle (à condition de le nommer en anglais), alors que les mâles (qui aiment surtout voir) ne parlent de leurs adresses internet ou autre que sous le sceau de l’amitié. Cela n’empêchera pas les femmes de faire beaucoup de bruit « avec ce sujet tabou », « dont personne ne parle » (alors qu’il est dans tous les féminins et transpire la banalité urbaine depuis 10 ans etc..).

Mais ce qui est intéressant, c’est que dans notre société, chacun se replie sur son particulier. Disons juste que les femmes, qui entretiennent un rapport « particulier » à la vérité dès que lors que le sujet touche à leur émotions, abusent trop clairement de cris que triomphe pour que l’on entende pas résonner les échos d’une terrible défaite.

Sinon, c’est sympa non, cette saison des kakis et des grenades ?

David Langlois-Mallet

Aux filles qui cherchent le bon danseur…

Franchement les filles qui écument les pistes de danse pour trouver le compagnon au bon déhanché, vous ne devriez peut-être pas négliger trop vite les réparateurs d’ordinateur !

Celui-là a une telle virtuosité dans la caresse des touches sensibles et dans les pizzicati de clavier que je suis plus tenté d’y voir la cause du sourire dévot et mal reposé de sa bien aimée que de la soupçonner dans la profondeur de sa conversation pixelisée.

Si l’on veut bien voir que le choix d’un homme reste celui du modèle de boulet (à vous écouter dire, mais que celles délivrées se plaignent encore plus). Ce chinois rondouillard possède à mon avis plus de talent matrimoniaux que nombre d’avantageux latinos.

Vu comme mon ordi clignait et couinait, gageons que si les Parisiens allumaient de tels arbres de Noël tous les soirs dans les lits de la vieille cité française, nombre de problèmes écologiques seraient en voie de résolution.

David Langlois-Mallet

Mes Parisiennes 2014

Cougar ou Lolita : l’art d’aimer reste une rébellion

Cougar et lionceaux… Les amours des femmes mûres font sujet de société et effet de mode. Puisque nous sommes tous en rayon dans notre société de consommation sexuelle, même un segment négligé du marché, la ménagère de + de 40 ans, doit avoir son plan marketing, (site de rencontre dédié et vente d’objets de plaisir à la clef…).

Il est peu probable que se trouver « repositionnées » dans le marché sexuel grâce à ce concept, suffise à redonner le sourire à nos urbaines célibataires sorties du soucis des couches. Je vois tous les jours bien plus de mélancolie ou de vraie tristesse dans notre génération -plus vive chez les femmes qui se sont sûrement plus fait avoir à une libération sexuelle construite sur un modèle séquencé et quantitatif (masculin)– que de libertinage joyeux, d’épanouissement émotionnel ou de communication vraie.

Il n’est ni judicieux ni utile de revenir au XIXe siècle pour autant (comme nous y invite les identitaires de tout poils), mais je pense qu’il faudra bien reposer la question du bonheur ensemble et pas seulement celle de la libération sexuelle. Car ce concept émancipateur, construit sur un modèle masculin, semble à l’usage plus orienté vers la satisfaction masculine… Mais surtout vers le désenchantement et l’insatisfaction générale. Si tout le monde, hommes et femmes, mêlés fait ce qu’il veut de son cul depuis lurette, cela ne débouche pas sur grand chose de plus qu’une mélancolie de files d’attentes aux caisses. Car derrière le corps, il y a l’âme qui garde intact son besoin de réponses, d’élan et d’émerveillement.

Plutôt que de savoir si un concept marketing est libérateur ou aliénant, dérangeant ou politiquement correct, affirmons que dans une civilisation amoureuse qui reste à inventer, les femmes mûres seraient sûrement le pivot de la société et non ses invendus. Parce qu’on ne naît pas homme, mais qu’on le devient dans l’amour des femmes, que l’on sait les dégâts et l’insatisfaction que provoque l’idée fausse que les mâles « savent », il semble sage de mettre notre éducation d’homme le plus tôt possible entre leurs mains habiles, leurs bouches gourmandes et de confier notre apprentissage à la douce chaleur leurs cuisses. Et ce remède à proportion de ce que l’on est jeune mâle.

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Les bons auteurs de notre vieille Europe, comme Stephen Vizinczey et son fameux « Eloge des femmes mûres », autant qu’une dame du temps jadis, Aliénor d’Aquitaine -connue pour l’affirmation de ses amours au mépris du scandale autant que pour l’art d’aimer de sa cours- me donneraient je crois raison si j’écris que les femmes d’automne tiennent deux fois les clefs du jeu amoureux. D’une part par une culture « féminine », une culture du soucis de l’autre, un art de la relation que les hommes de tous âges ont à apprendre auprès des dames et d’autre part la connaissance, le recul et le vrai goût des choses que donne à tous l’expérience et la conscience de l’instant qui l’accompagne.

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L’asimétrie de nos amours assure notre éveil culturel

Une troisième raison tient au charme des amours asimétriques entre adultes consentants, de tous âges et de tous milieux. La relation amoureuse reste un voyage à l’étranger et les amours inégales ne font qu’exalter le caractère culturel même de l’amour : Une dissidence à la société, une rébellion faite à deux, une échappée belle, une complicité d’évasion écrite à quatre mains pour deux corps à l’encre inavouable…

Et si le baiser a été décrit comme un pont jeté entre deux âmes, il reste autant une barricade érigée en pleine rue. A savourer à belle dents, avant que l’on ne soit impitoyablement repris par la patrouille. Car quoi qu’on en pense, le jugement autour de nous, s’il est parfois plus envieux que religieux comme jadis, reste cruel… « Camarade de rébellion… ne dit pas « toujours », ne dis pas « jamais ».. chante la chanson.

Je vous en souhaite de belles avant qu’arrive ce fameux dernier regard que vous vous échangerez tous les deux. Qu’il soit au moins plein d’insolence et de gratitude, comme celui que les complices s’adressent, au moment où on les sépare, menottes au dos :

« On les a bien eu, hein… dis ? »

David Langlois-Mallet, 2014 c Mesparisiennes.wordpress.com 

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De la déesse à la femme machine

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Vous me sortirez difficilement de la tête que le besoin de domination, les guerres et la dépradation économique du monde (bref, nos soucis) ont leur même source dans la difficulté du genre mâle à se lier aux femmes.

Vous avez peut-être vu le très beau texte d’Ama , mi témoignage, mi protestation, contre la pression du genre mâle. Aucun de nous n’a cette expérience du monde et l’une des clefs est sûrement que les femmes prennent la parole davantage au sujet de leurs vies.

Je crois que c’est Françoise Héritier qui disait l’autre jour que nos ancêtres mâles du néolithique se sont posé de la question de savoir pourquoi les femmes font des filles et que les hommes ne font pas de garçons. Et qu’ils l’avaient résolu à leur manière en découvrant les conséquences de l’acte sexuel : C’était eux, les hommes, qui mettaient les bébés dans les femmes.

Je ne crois pas trahir l’anthropologue si je dis que la culture masculine pense les femmes en « machines » et ne parvient pas de fait à entrer en relation aussi totalement et facilement que le font les femmes qui (au milieux de leurs multiples défauts), ont une culture de l’autre. Une culture de l’empathie. Qui n’est probablement pas sans lien, avec des millénaires de soins aux autres, aux enfants en particulier.

Je ne suis pas en train de dire que votre petit copain met un jeton dans le juke-box pour avoir du plaisir, ou descend dans votre moteur émotionnel avec ses clefs de 12 quand ça coince… Quoique.

Mais qu’au minimum, il y a dans la prise de distance de la culture masculine avec ses émotions, un facteur de fracture avec le réel des relations. La question du plaisir féminin prenant sa place là. L’inversion de la quête sexuelle « les femmes servent à nous faire jouir (en réalité à détendre l’excès d’angoisse, plus qu’à jouir vraiment) » devenant donnons le plus de plaisir à nos compagnes est un préalable à un début de rencontre, c’est à dire de prise d’intérêt pour les autres (et pas seulement de « sens du collectif » ou « de l’intérêt général », cher à notre culture sportive ou politique.

Etant entendu, si vous me suivez ma pensée, que cette culture du lien est ce qui manque le plus à notre société en crise… du lien.

David Langlois-Mallet

Mes Parisiennes. Le… tire-bouchon

Je l’avais croisé dans l’escalier de cet appartement, où je passais quelques jours…

Le genre de jolie brune à laquelle je ne résiste guère.
Élancée, assez classique, souriante et respirant l’aisance de l’esprit.

Scotché, l’esprit emparfumé par l’échange magique, spontané et subtilement profond qui nous avait lié dans cet escalier ;

-bonjour !
-bonjour…

Je ne tenais plus en place, attendant le soir, heure où ma déesse du dessous ne pouvait manquer d’être présente.

Attendre de la recroiser par hasard ? Cela ne m’effleurait même pas. A 20h, je me saisis donc d’une bouteille de bon aloi, vérifiais mes clefs après mon col de chemise et tirais la porte. Gambadant à l’étage en dessous avec ma petite bouteille à la main.

-Ding-dông !

La sonnette était aussi joyeuse que moi, j’entendais,  craquant sur le plancher, son petit pas menu. Je l’imaginais. Qui sait ? Peut-être était-elle aussi impatiente !? (on peut rêver, non ?) Ou alors elle serait surprise ?

Le loquet tourna, la porte délourda…

Mon plus grand sourire rencontra le regard étonné d’un individu mâle de près de deux mètres, une quarantaine d’années et d’une carrure adaptée à l’encadrement de la porte.

Je devais paraître petit. Un peu tassé avec ma bouteille, probablement rétrécie elle aussi à la main.
Je toussotait sans quitter l’individu des yeux. Nez à nez. Étonnés mutuellement.
Une forme de communication subtile (quoique discrète), disons d’évaluation…

C’est lui qui rompit le silence le premier après un immense sourire subtil, celui de l’homme d’expérience, celui à qui on ne la fait pas : « ah, ah… Ah, ah.. me lança t-il, je devine ! Je devine… »

Mon expression n’était pas si joyeuse.

« Le tire-bouchon ! Hein, c’est ça ! Hein ? Le tire-bouchon » dit il en se précipitant en cuisine ».

« Mmhh.. Oui. Opinais-je… Le… Oui… Tire-bouchon »…

David Langlois-Mallet

Haïku. L’Amour au rayon

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L’Amour au rayon farces et attrapes

  • « J’ai croisé l’Amour au rayon « farces et attrapes ». Je t’en ai ramené un gros, gros paquet. Je t’ai allumé. Tu m’as mis l’feu. Ô Toi ! On à beaucoup, beaucoup rit ensemble. On s’est bien amusé… Puis ça nous a pété à la gueule. »
  • L’Amour au rayon cathé

  • – « Toi, tu avais croisé l’amour au cathé. Tu es entrée nue dans le baptistère à bulles, un calice de champagne à la main et un sourire aux lèvres. Nus, nous avons communié. Nus, nous avons joui. D’autres se sont dévêtus. Nus nous avons été crucifiés. »

    L’Amour au rayon jeu

    – « J’avais trouvé l’amour au rayon jeu. Pour toi, il était au rayon tue. J’ai avancé mon roi. Pris ta tour solitaire. J’ai été bien vite ton âme damé. Toi, ma Dame, moi ton pion. Puis j’ai fait le cheval fou… J’ai gagné ! Je t’ai perdu. »

    L’Amour au rayon psy

    – « Tu avais trouvé l’amour au rayon psy, moi, sur-moi enfin, sur toi surtout. Tu m’as pris la tête et as enjambé le balcon. J’ai pris tes fesses à mon cou, tes désirs pour idéalité et tes déserts pour mes réalités. J’ai trop fait sauter tes balconnets, ton divan a rompu. Tu as quitté ton psy. J’ai dû en prendre un. Mon divan reste dans ta cave et ta clef dans ma poche. »

    L’Amour au rayon soufflerie

    –  « Tu avais trouvé l’amour au rayon poussière. Moi, au rayon soufflerie.

    J’ai fait voler tes principes et ta culotte dans la nuit de mai; avec les milles fragrances de ton cœur tendre, intègre bonne sœur épanouie sous mes lèvres, tu t’es envolé plus haut que tous tes duvets, que tes angelots en poils de martre.

    Tu t’es cachée Bergère parmi les moutons de dessous ton lit, je suis revenu loup te faire hululer avec mes anges de dessous la lune.

    Ta robe à flotté au bleu ciel de mes désirs, et tu t’y es accrochée des deux mains inondant la République de reproches que je laissais vriller, confiant dans les pouvoirs de mes zéphyrs, sur et sous, ta chair humide.

    Je t’ai traîné dans Rome, Colombe de plomb ! Boudeuse, ne dit pas non, dans mes bras tu fus Trévise sous la Sixtine, émue.

    Crème et poussière légère Chantilly, tu voulais le fouet. Je l’ai cassé, tu as rompu.

    Tu as séché tes plâtres et tes faux-marbres, séché mon âme, séché mes nuits, remis le tic-tac aux pendules et le pouvoir aux aiguilles.
    Tu avais raison, nous ne sommes que poussières.
    Je n’avais pas tort, vivre n’est qu’un souffle. »

David Langlois-Mallet