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« Moi, Président… Toi cocu. » De quoi nos vies ont-elles été privées ?

Si l’irruption d’un personnage public sensible aura été une bonne nouvelle pour nos libertés, la partie de bonneteau que le président a joué avec la parole politique est plutôt inquiétante. Mais nous, public de cette représentation politique ? 4 questions, pour voir si nous sommes aussi complices.

Nous nous sommes passionnés pour l’affaire DSK hier, le Gayetgate aujourd’hui, parce qu’une partie de notre liberté intime se joue sur le théâtre public : Où en sont les autres et leurs usages…? Donc, que puis-je me permettre ?
L’aventure Hollande met donc en lumière nos propres vies privées, définie la frontière des usages entre notre intimité et notre sphère publique.

Nous sommes d’autant plus à l’affut aujourd’hui des signes de changement, que nous savons déjà que notre culture de l’intime et du public s’est déplacé depuis Internet. Mais nous ne savons pas encore ce qui, dans nos usages médiatico-numériques, est impudique et ce qui ne l’est pas. Et si nous laissions à chacun sa première liberté, celle de fixer ses propres limites ?

Alors, peut-on balancer, comme le fait Closer sur la vie d’autrui ?

C’est beaucoup plus discutable. Mais là encore, il n’y a « balance » que parce qu’il y a vitrine publique. Donc une vie (et vue) publique qui peut être démontée si elle ne correspond pas à la réalité.

Une amour, de passage ou durable du chef de l’Etat n’est un sujet public que parce que notre culture politique lui impose un conjoint. C’est là, dans cette exigence de façade que réside un viol de son intimité et la trace d’une obscénité publique.

Ne demandons pas au chef de l’Etat de nous offrir une vitrine du couple et nous n’aurons pas à nous poser la question des coulisses. Renonçons à l’hypocrisie de vouloir imposer à un être humain (qui a droit à la présomption de sa sensibilité, de son histoire, de ses élans, de ses fantasmes, de ses complexités tout comme nous-même) une vie amoureuse publique et alors nous n’aurons pas à chercher à le démasquer.

Gagnons-nous quand François triomphe du président ?

Dans le Gayetgate François l’homme privé à triomphé de Hollande le chef d’Etat. Je pense que le choix d’un magazine people ne doit rien au hasard. Mais permet, innocemment, de tourner la page Valérie…

Reste que la question du corps du roi n’est pas neutre. Elle hante notre histoire. Sacré ou décapité, décapité surtout parce que sacré…  Dans cette mise à mort symbolique de la vie privée du prince —son intimité n’est plus tabou— nous lisons secrètement un signe de la mort d’une forme de la représentation politique. La mort aussi de notre propre personnage social et le triomphe de notre exigence intime… la vérité de la vie plutôt que la façade.

Qu’on me permette, au positif, d’y voir surtout un signe parmi d’autres de l’avènement d’un nouveau mode de relations politique ou demain nous pourrons redire la politique en intimité, comme sujet politique et pas seulement comme observateur d’une représentation politique.

Tromper ses électeurs, c’est sucer ou pas ?

Il a droit d’aimer, de se tromper, de tromper… Jusqu’à nous tromper nous aussi ? Jusqu’à celui de partir avec la caisse ? Là, la question devient politique. Et c’est alors le spectacle de l’intime de François qui se joue de nous pour nous faire tourner les yeux du virage politique du Président. Apprenons en revanche à être plus exigeant sur le travail que notre délégué. Car, dans le jeu de bonneteau avec nos consciences médiatique (regarde à droite un méchant Dieudonné, regarde à gauche une jolie Julie), c’est bien une bascule de politique économique qui a eu lieu, non ? Ou j’ai mal compris ?

Pour quelle représentation payons-nous avec l’argent de nos enfants ?

Celle du théâtre de boulevard d’un Feydeau en scooter, ou d’une personne à qui nous déléguons l’intérêt public ? Nous nous doutons bien qu’il se brosse les dents et autre tout comme nous. Est-ce un sujet ? Non. Alors apprenons à le considérer, à considérer les autres individus, comme nous-même, libres et sujets à la loi commune.

Cela nous permettra aussi de porter notre jugement sur ce qui mérite d’être jugé : leur action avec notre avenir, notre liberté, notre argent. En un mot avec nos enfants… Donc notre responsabilité à nous-même.

Car si nous persistions à demander au politique, plutôt qu’aux artistes, d’assurer le spectacle sur nos moeurs, il faudrait alors mieux faire appel aux Grimaldi qui s’y connaissent en mélange des genres. Et qui savent assurer avec des actrices une prospérité de casino.

Le contrat avec « Moi Président » était de représenter nos intérêts face à la finance. Pas de nous servir de miroir du « couple 2014 ». Encore moins de servir les intérêts financiers avec notre mandat…

Cette découcherie, politique n’était pas prévue dans notre Pacs de 5 ans… Mais alors ? Serions-nous trompés autant que trompeurs ? Ciel, mon mari !

© David Langlois-Mallet, Mes Parisiennes

https://mesparisiennes.wordpress.com/

Soutien (mérité) à l’auteur : https://www.leetchi.com/c/cagnotte-de-david-langlois-mallet

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Actu. Le pouvoir (et Dieudonné) nous prennent pour des quenelles…

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Avez-vous remarqué ? Alors que l’eau monte… On vous prend pour des quenelles. Tous en bateau ?

Le-PS-à-tous-pouvoirs a abandonné la lutte contre la misère ? Il nous balade en chasse au harpon au clown qui a mal tourné, Dieudonné. Il a abandonné la lutte pour l’égalité des noirs, des descendants de colonisés ? Il nous occupe avec l’interdiction de la prostitution (visible). Il abandonne la Retraite, la Sécu, demain l’hôpital et les droits sociaux de deux siècles d’efforts de ses ancêtres ? Il nous occupe avec des débats sans fin sur les mariages, qui de toutes les façons (homo ou hétéro) finissent en quenouille dans une société individualisée. En déroute d’idées et de valeurs le Gouvernement n’a plus que la Pensée Unique pour se donner une identité. C’est à dire le silence velouté de la pensée dans la langue des agences de com’… Touchez vite, ça porte bonheur !

Et les réprouvés ? Ils filent du mauvais coton
Tous les réprouvés, tous les rejetés, tous les pas dans les clous, pas dans les normes, les colériques, les qui s’aiment pas, les qui s’aiment trop, les souffrants, les énervés, les adorateurs de l’oignon privé d’église, les contrôlé de l’Urssaf ou de la RATP, les qui ont pas vendu leurs idée ou leur dessin, les voileurs de femme, les qui ont raté les cours de sciences-humaines, les théoriciens d’un complot des voisins, les génies admirés de leur seule vieille maman… Victimes sans parole et bourreaux en quête d’avenir mêlés, trouvent dans l’excommunication un précieux réconfort : « Le système nous en veut et Dieudonné crucifié pour nous a cherché à nous racheter. » Car il y a mama extrême-droite et ses copains, qui viendra leur dire : vous n’êtes pas seuls, vous êtes victimes d’un complot… Suivez mon regard, nous ne sommes pas antisémites bien sur, mais…

Et nous là dedans ?
Quand je dis ce nous familier, je veux dire ceux qui donnent un sens au mot respect. Dans la République ou l’amour du prochain, dans la fête ou la vie de famille, dans l’écologie ou l’amitié, dans les luttes ou dans l’expression artistique. Ceux qui se disent aussi parfois antillais sans se prendre pour une victime de la Torah, arabes sans se croire obligé de se déguiser, vieille France comme moi sans aller pleurnicher son « identité ». Tous juifs, musulmans, chrétiens ou agnostiques et athés qui avons souvent plus de potes partout ailleurs que dans notre supposée « communauté », famille que l’on aime bien par ailleurs… mais bon.

Et bien on regarde le match derrière les écrans, la tête noyée dans des débats idiots, coupant des cheveux en quatre pour découvrir notre limite avec nos amis… Sommés de prendre parti pour des dingues ou des escrocs, des fous dangereux ou des maffieux. Bref pour des intérêts fabriqués à partir de vrais gens. Dans le même temps, loin des yeux je me préoccupe que l’on mette sur la paille discrètement le seul médias qui puisse révéler les scandales, Médiapart (je n’y ait pas d’action, je précise).

Alors qu’on a bien envie de dire que l’on a autre chose de mieux à faire et que sans vous commander… l’eau monte ! Et que si vous avez dans les premières et l’équipage des canots de sauvetage, nous, dans la cale ou les cabines de seconde, voyez-vous, on n’est même pas vraiment certain d’avoir des gilets.
© David Langlois-Mallet
https://mesparisiennes.wordpress.com/

Edito. Dieudonné ou Médiapart ? Bonsoir Messieurs les censeurs !

Où je m’inquiète plus que l’on musèle Médiapart que des millions de cons s’expriment…

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Crucifiez Dieudonné si vous voulez, mais ce sera sans moi. Je n’ai aucun intérêt pour le bonhomme (jamais vu ses spectacles et je trouve son concept de quenelle antisémite répugnant, je n’en mange plus depuis §;-)

Ce n’est pas en empêchant l’expression que l’on fera taire la bêtise et le racisme. Au contraire quand elle vient d’un pouvoir discrédité partout (de Cahuzac, aux chiffres du chômage, de la destruction de la retraite à la tentative d’interdiction de Médiapart), cela ne fait qu’accréditer l’idée que l’antiracisme un instrument de pouvoir et non une valeur civique et humaine.

Ce vernis de politiquement correct que vous mettez partout serait plus crédible si dans le même temps vous ne tolériez pas que des femmes et des enfants puissent dormir dans la rue. Si vous refusiez la pauvreté, au lieu de démanteler la Sécu.

C’est comme pour la prostitution. Vous voulez l’hygiène de nos rues pour le tourisme et la spéculation sur les quartiers qui résistent grâce à leur mal-famence. Pas vraiment lutter contre le trafic d’être humaines qui continuera (sur le net, dans les caves) ni lutter contre des réseaux de marchands de chair humaine que vous pourriez démanteler simplement… en appliquant les lois existantes.

Votre société PS ressemble bien plus à une hypocrisie anglo-saxonne qu’à une vertu républicaine Messieurs, Mesdames !

David Langlois-Mallet

Cliché David Langlois-Mallet oeuvre de BauBô MmHm

(Cliquez sur l’image pour le lien au site de l’artiste)