Archives du mot-clé Belleville

Paris pas sans Nous ! – La Bellevilloise dimanche 25

Paris, Pas Sans Nous !

Pour une mobilisation générale active
Rendez-vous le Dimanche 25 octobre de 17h à 20H
projection- débat  à La Bellevilloise
19-21 rue Boyer 75020
Entrée libre

« Paris, pas sans nous ! » fait suite au débat « Silence, on expulse ! » du 13 Septembre et à la rencontre des représentants d’une dizaine de groupes et initiatives civiques qui, un peu partout dans le nord-est parisien et aux environs, prennent la parole pour défendre leur cadre de vie contre des projets immobiliers imposés d’en haut, sans étude ni concertation préalable. (voir programme et présentation en pièce jointe)
A l’invitation de l’association Trajectoires participeront entre autres : le Collectif Ramponeau(20ème), Stopmonop( 10e, 11e), Stop Carrefour-Le quartier aux habitants (18e), Les indiens de Paname, PADAMOQ (20e), Collectif Dénoyez (20e), Les Amis de l’îlot Tourtilles-Belleville( 20e), Culture toi même, Petite Commune libre de l’Elysée Ménilmontant (20e), Collectif de  soutien aux expulsés u 1-3 villa de l’Ermitage (20e), Les empêcheurs de tourner en rond (Montreuil), Association pour la sauvegarde et la reconversion du groupe scolaire de Charenton…et vous?

Paris pas sans-nous

Publicités

Belleville. Les croques-morts de passage

Les croques-morts de la culture étaient de passage à Belleville. D’une main tu enterres le Paris vivant de W. Ronis et de l’autre tu graves son nom sur le marbre. Malin !

Autre exemple hier, le Carré Beaudoin attirait les touristes fashion de la mairie à Ménilmontant (avec tout le toutim de la liturgie culturelle ; arte, Télérama, Les Inrocks…). La bourgmestre du village est toute fière de voir monter les gens de Paris… Mais d’habitants, point. D’ailleurs presque tous leurs lieux ont été fermés ou expulsés alentour.

Langlois-Mallet

Paris. Comment Belleville se défend

Un courrier capital pour la défense du 48. Son contenu mérite qu’il soit publié intégralement sur Mes Parisiennes.

Paris, le 18 juin 2015

Mme Anne Hidalgo
Maire de Paris
Place de l’Hôtel de Ville75004 Paris

Copie à Mme Frédérique Calandra, Maire du 20e arrondissement

Objet : préservation du 48, rue Ramponeau, 75020 Paris.

Madame la Maire,

En 1989, deux associations du quartier de Belleville voyaient le jour, de manière concomitante et indépendante.

L’une, les Ateliers d’Artistes de Belleville, toujours active aujourd’hui, est née de la volonté des artistes bellevillois de sauvegarder les lieux de création mais aussi pour défendre une certaine idée de la ville où artistes côtoient artisans et commerçants dans un environnement cosmopolite et populaire. Les journées portes ouvertes qu’elle organise chaque année ont joué un rôle clé pour faire connaître Belleville et ses richesses et pour la préservation de son caractère faubourien et de son parcellaire si caractéristique, avec ses cours et arrières cours.

L’autre, La Bellevilleuse, dont les activités ont pris fin en 2006, s’est battue pendant dix-sept ans pour que la ville mette en œuvre une opération d’aménagement et de réhabilitation qui permette aux habitants du Bas-Belleville, et en particulier aux plus vulnérables d’entre eux, de vivre dans des conditions décentes tout en restant sur place si tel était leur souhait. Mais aussi pour défendre une certaine conception de la démocratie locale, celle où l’aménagement d’un quartier et les grandes décisions concernant son avenir sont décidés avec les habitants et non contre eux.

Partageant les mêmes idéaux, les Ateliers d’Artistes de Belleville et La Bellevilleuse ont fait bloc avec succès, face à la droite alors majoritaire à Paris, et avec le soutien, doit-on le rappeler, des élus de gauche, pour la préservation du quartier. Leur action a abouti à la sauvegarde de la Forge, à l’inscription du Bas-Belleville en Politique de la ville en 1995 (premier quartier parisien à bénéficier de ce dispositif !), à l’élaboration d’une Opération programmée d’Amélioration de l’Habitat à fort contenu social (là aussi une première à Paris !) et, in fine, à la conception d’un nouvel urbanisme « à visage humain » très éloigné des opérations de table rase qui prévalaient jusqu’alors à Paris et qui a fait depuis figure de modèle.

Leur action, doit-on également le rappeler, a très certainement fortement contribué au changement de majorité municipale dans le 20ème arrondissement en 1995.

La sauvegarde des activités artistiques, artisanales et commerciales a constitué une préoccupation constante des deux associations et c’est à ce titre que La Bellevilleuse s’est investie, en 2005, dans le groupe de travail mis en place par la SEMAEST pour le quartier Belleville-Amandiers dans le cadre de sa mission de préservation du tissu commercial et artisanal sur plusieurs sites parisiens.

C’est donc avec consternation qu’en tant que président(e)s ou anciens président(e)s des Ateliers d’Artistes de Belleville et de La Bellevilleuse, nous apprenons que la Ville de Paris envisage, qui plus est par le biais de la SEMAEST !, d’autoriser un projet hôtelier démesuré de 200 lits déposé par un promoteur privé, une opération qui aboutirait à défigurer et dénaturer la cour du 48-50, rue Ramponeau avec la démolition d’une des dernières métalleries parisiennes (l’entreprise Grésillon) et d’un atelier d’artiste…

La cour du 48-50 rue Ramponeau est un lieu emblématique fort, et à double titre. Elle y a vu d’une part la création de l’association des Ateliers d’Artistes de Belleville en 1989, dans l’atelier même dont la Ville envisage d’autoriser la démolition. Elle symbolise d’autre part la réhabilitation douce et la mixité fonctionnelle et sociale pour lesquelles nos associations ont lutté, cette cour abritant dans un bel équilibre logements privés en location, logements sociaux, logements d’insertion, ateliers d’artiste et artisanat.

C’est pour cela, devons-nous le préciser, que cette parcelle est, dans l’actuel PLU, « signalée pour son intérêt patrimonial, culturel et paysager » et qu’elle y bénéficie du statut d’ « espace libre protégé ».

La SEMAEST est devenue propriétaire des parcelles situées 37, rue Bisson et 48, rue Ramponeau en vertu du droit de préemption délégué par la ville de Paris dans le cadre d’une Convention Publique d’Aménagement dont l’objet était de « favoriser le maintien et l’extension de la diversité commerciale et des activités économiques de proximité » dans six quartiers parisiens, dont le quartier Belleville-Amandiers. En revendant des biens occupés à un promoteur privé et non à leurs occupants ou à la Foncière Paris Commerces, comme elle s’y engage sur son site internet (http://www.semaest.fr/nos-realisations/vital-quartier/), la SEMAEST nous semble contrevenir à la mission de pérennisation des activités en place qui lui a été confiée par la Ville de Paris et en vertu de laquelle elle est devenue propriétaire des biens préemptés.

Ce que la droite n’a pas réussi à faire de manière brutale, la gauche est-elle en train d’essayer de le réaliser de manière plus pernicieuse ?

Permettez-nous de nous interroger car ce projet des 37, rue Bisson et 48, rue Ramponeau intervient après ceux des 36, rue de Belleville et 18 bis-26, rue Dénoyez-10 rue de Belleville, opérations où la Ville a fait le choix, sans véritable concertation et contre l’avis des habitants, de démolir les parcelles concernées alors que d’autres approches permettant de construire une crèche et des logements sociaux tout en préservant le bâti faubourien du quartier et les ateliers d’artistes de la rue Dénoyez étaient possibles.

Nous ne souhaitons pas vous offenser, Madame la Maire, et espérons que vous rendrez nos craintes infondées en décidant de ne pas autoriser l’opération du 37, rue Bisson et 48, rue Ramponeau au sujet de laquelle quelque 2 500 personnes ont ces derniers jours exprimé leur opposition dans une pétition.

En espérant vous avoir convaincue de la nécessité d’abandonner ce projet, nous vous prions, Madame la Maire, de croire en l’expression de toute notre considération.

Les président(e)s Les président(e)s
des Ateliers d’Artistes de Belleville de La Bellevilleuse

Désnoyez. Comprendre les crises à Belleville : une autre logique est possible

L’émotion et les protestations soulevées par le risque de disparition de « la rue du graph », posent une nouvelle fois la question de la liberté d’expression culturelle à Paris. De même les pétitions, manifestations, protestations diverses au fil des luttes micro-locales semblables ces dernières années auxquelles la mairie a pris pour habitude d’opposer une fin de non recevoir.
Elles posent plus largement la question de la place des citoyens dans la ville, surtout quand l’institution communique abondamment sur « le participatif », et remettent en question des politiques publiques basées sur l’argument unilatéral d’autorité dont on peut se demander quelle en est la pertinence au temps d’Internet ainsi que la véritable facture à l’heure où l’apathie démocratique devient un problème pour la démocratie même. Peut-on encore se permettre le luxe que la vie politique soit régie par le mépris mutuel entre citoyens et élus, l’absence de concertation, de dialogue, de projets partagés ? Ces à ces questions et inquiétudes que la proposition ci-dessous propose de répondre.

IMG_9293

Polémique de « la rue du graph » : Une autre logique est possible 

Une parcelle du bas Belleville*1 (Paris XXe), nommons-là de son nom historique « La Courtille », est au cœur d’une polémique qui oppose des projets d’intérêt général portés par la Mairie de Paris (crèche de 50 berceaux et logements sociaux à destination de femmes isolées) que nul ne conteste, mais dont beaucoup de voix (artistes, habitants, visiteurs, médias…) s’indignent ou s’étonnent, refusent qu’ils se fassent au prix de la destruction d’une singularité culturelle devenue emblématique, voir d’intérêt touristique : une rue Désnoyer, dédiée de fait au graph, au street-art, à la figuration libre.

7c54a4_54aef0ab059945c7bae536003e8eb50d.png_srz_p_442_667_75_22_0.50_1.20_0

78510905_o-630x225

La réponse ordinaire des institutions parisiennes face à ce type de mobilisation à la fois singulières (puisque liées à un quartier, voir une parcelle) et récurrentes (puisqu’elles se reproduisent sur le même modèle régulièrement) n’est pas satisfaisante puisqu’elle se solde à chaque fois par de micro-ruptures avec le tissu citoyen des quartiers concernés. Quelques soient les modalités d’un dialogue, totalement inexistant ou plus actif, le résultat reste invariable. La ville maintient son approche et passe outre l’opinion des citoyens concernés ou mobilisés, accentuant le sentiment de mépris et de fracture avec le politique dont les citoyens s’estiment à juste titre l’objet de la part de leurs élus.

<a href="http://« >Reportage de l’excellent Télé Bocal

Au positif

Cette situation nous interpelle en premier lieu la très grande vitalité créative de la société et singulièrement de la jeunesse du territoire francilien.

Il se passe dans les arts graphiques, ce qui a eu lieu pour la génération précédente dans les squats d’artistes. Faute d’ateliers, d’espaces dédiés, la jeunesse prend ce qu’on lui laisse, hier les friches, aujourd’hui la rue comme théâtre d’expression et ce faisant invente une nouvelle forme de dialogue éphémère avec son époque et un nouveau public qui se trouve de fait en dehors des politiques culturelles comme du marché de l’art, musées ou galeries.

Ce mouvement correspond à notre époque, un temps de mutation, de précarité aussi, où les besoins d’expression et la quête de signes nouveaux pour comprendre le monde et se comprendre soi-même sont immenses.

Mais il souligne aussi en creux le replis d’institutions qui (souvent du fait de fractures générationnelles, culturelles, sociales) ont renoncé à être à la racine de ces mouvements, encore moins à les accompagner. Voir s’arqueboutent, comme c’est le cas à Paris, sur le droit ou sur l’argument d’autorité pour les interdire de fait.

IMG_9400

La liberté d’expression artistique, crise récurrente pour la municipalité

D’apparence anodine, le conflit de la rue du graph, se trouve être l’écho, voir la réplique, d’innombrables micro-conflits et polémiques locales ayant trait à la présence des artistes à Paris et plus généralement à la liberté d’expression culturelle des parisiens, aux initiatives de solidarité locales. Initiatives qui se heurtent à une municipalité qui entend contrôler institutionnellement et être le vecteur unique de toutes les formes d’expression du territoire.

Conflits qui posent une question quasi de philo politique au conseil de Paris : Est-ce le rôle de l’institution de se placer en situation de monopole culturel, au détriment de l’expression culturelle du territoire ? N’y a t-il pas confusion entre le politique et culture, voir autre chose encore, d’autant plus s’il s’agit de déléguer plus ou moins les structures ou les contenus à des opérateurs privés inscrits dans des logiques de marché ? En clair, il s’agit de savoir si la culture vivante est l’expression des institutions, du marché ou de la société.

Pour ne parler que de cette parcelle de Belleville, les conflits de ce type, en particulier autour de La Forge (squat d’artiste autour duquel la mobilisation a permis de sauver des promoteurs la parcelle concernée, devenu depuis propriété de la Ville de Paris, puis concédé à un opérateur privé) ont été la trame quotidienne de l’histoire de ces dix dernières années. « La rue du graph » étant le fruit du dernier équilibre trouvé en l’institution et les artistes. Equilibre aujourd’hui rompu.

IMG_9691

(Lire à ce propos, in L’Ami du XXe) Quelle Belleville forgeons-nous ?
https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/01/05/quelle-belleville-forgeons-nous-in-lami-du-xxe-mai-2013/

Le fait que Paris soit devenue l’objet d’une très intense spéculation immobilière d’une part et de l’autre de politiques d’équipement volontaristes souvent appréciées, mais dont la mairie doit entendre qu’elles ne laissent plus de place à l’initiative locale, à la spontanéité. Pire que les formats voulus par la municipalité dans l’ensemble de ses interventions culturelles sont le reflet d’un conformisme plus que discutable de part ses liens endogames avec les industries privées d’une part et une destination quasiment auto-référente ou du moins caricaturale du milieu assez limité des bureaucrates qui l’animent à qui se l’adressent à eux-mêmes.

10305049_10152829038701775_7978352127042434154_n

IMG_9696

Une question de démocratie locale

Derrière la question culturelle, ce qui fait l’objet d’une contestation est l’absence de prise en compte de la vie locale, des usages et de l’existant dans les projets municipaux. Ce n’est pas la nature des projets de la ville qui est contestée, mais sa manière. Cette manière d’intervention brutale, s’inscrit dans une continuité et une histoire douloureuse, celle du quartier populaire objet d’une forte violence politique et urbanistiques au cours du XXème siècle (destruction de très nombreuses parcelles, constructions de cités, opérations de promotion, déshumanisation du cadre de vie etc.)

Cette action urbaine du XXe siècle — de droite ou de gauche — imposée du Paris-Capitale, niant les Paris-villages, nous dit en creux une certaine impuissance institutionnelle. La Mairie de Paris, pour être récente (1977) comme institution, est une institution qui ne s’est pas trouvée. De par son gigantisme et sa centralisation notamment, elle s’inscrit dans la duplication d’une politique de l’Etat davantage que comme une véritable mairie, par nature fortement liée à ses citoyens et irriguée de leurs propositions, tout en restant capable d’y faire prévaloir un intérêt général.

A l’heure où l’on fait de plus en plus appel à la responsabilité locale ou individuelle, où l’on met en avant « la participation », voir la démocratie locale, n’est-il pas temps pour un autre type de relation entre la ville et les citoyens, ne serait-ce que pour contrer les phénomènes d’isolement urbain, de replis sur soi, d’indifférence, de replis identitaires et des tensions qui les accompagnent ?

IMG_9181

IMG_9399

IMG_9277

Propositions

Dépasser ces tensions, suppose une intervention différente, visant à donner aux institutions comme à toutes les personnes intéressées (artistes, habitants, usagers, professionnels, chercheurs…) les outils et le temps de la réflexion en considérant plus finement les logiques à l’oeuvre sur ce territoire du bas Belleville, appréhendé non comme un simple réceptacle vide de politiques publiques, mais au contraire dans sa singularité et sa diversité.

Ancien journaliste (Politis, Nova, L’Huma hebdo, Rue89, Cassandre, Communes de France…), spécialisé dans les cultures populaires parisiennes et les politiques culturelles. Expert de la Région Île-de-France pour les politiques d’ateliers d’artistes. Auteur des propositions adressées à la ville de Paris par de la commission culture du PS, animateur de réseaux de réflexion sur les politiques culturelles (Altaïr, Un Peuple Créatif, Le 6B, Le CENT), bon connaisseur de l’histoire locale, j’avais déjà été sollicité par la Mairie de Paris comme médiateur dans une précédente étape du conflit de la Forge, le squat d’artiste présent dans la parcelle. Il se trouve que je suis par ailleurs habitant du quartier en question. Mon point de vue pourrait donc être fondé à ces titres divers, ce n’est pourtant pas lui que je souhaite mettre en avant.

IMG_9292

La nécessité d’une enquête de territoire

Ma proposition vise à saisir l’occasion d’une mobilisation citoyenne pour entamer un autre type d’échange, plus large, entre population et élus.

Personne ne contestant sérieusement sur le fond, ni la nécessité des investissements publics (ici une crèche et des logements sociaux à destination de femmes isolées en difficulté), ni non plus l’intérêt culturel que représente la dynamique des arts de rue, en particulier du graphe.

Il apparaît que les dynamiques de quartier qui portent ces expressions culturelles et de protestations restent ignorées ou mal comprises des décideurs politiques. Elles demandent souvent que soit prises en compte les singularités d’un espace urbain que les politiques publiques autant que la centralisation économique tendent à banaliser, à normaliser et à vider de son sens par des aménagements réalisés souvent au mépris de ses usages ou de ses fonctions de vie quotidienne.

C’est pourquoi il apparaît nécessaire de reprendre à la base le dialogue en s’intéresser plus finement au quartier concerné, à son identité, ses dynamiques, d’identifier ses zones de forces et ses potentiels à partir des acteurs concernés, ses habitants, ses artistes, ses commerçants, ses usagers, ses élus, acteurs institutionnels etc… de recueillir l’expertise de chacun, au service de la réflexion de tous.

IMG_9442

Mise à contribution de l’intelligence de territoire

Surtout il s’agit de mettre en œuvre l’intelligence du territoire. Loin d’être de simples sujets stupides de leur vie quotidienne et des objets passifs des politiques locales, les gens qui habitent ou fréquentent quotidiennement un quartier son reliés à lui par un ensemble de liens, d’émotions, de relations, d’affects, de sentiments, qui construisent leur propre pensée de la ville à partir de leur expérience. Habitants à la fois d’un village et de la Capitale, ils ont un regard tout autant singulier et co-élaboré.

Dans le cas de la Courtille de Belleville, la ressource locale est très grande. Fruit d’une existence intense, mouvementée (histoire contemporaine riche, conflits d’urbanisation, suractivité culturelle, diversité des parcours de l’immigration…), les témoignages, avis et réflexions enracinés dans l’expérience que l’on peut y recueillir sont nombreux et affûtés sur les questions urbaines.

<a href="http://Paris, ses fauxbourgs et ses environs où se trouve le détail des villages, châteaux, grands chemins pavez et autres, des hauteurs, bois, vignes, terres et prez, levez géométriquement / par le Sr Roussel
Paris, ses fauxbourgs et ses environs où se trouve le détail des villages, châteaux, grands chemins pavez et autres, des hauteurs, bois, vignes, terres et prez, levez géométriquement / par le Sr Roussel
Source: gallica.bnf.fr
 » title= »Plan Roussel »>

Belleville, du vignoble au graph, et demain ?

C’est cette expérience et cet usage du quartier que je propose d’interroger. Mené sous forme d’entretiens ouverts, individuels et collectifs et doublé d’un travail documentaire2. L’enquête fera émerger les principales lignes de force d’un territoire depuis son parcellaire hérité des vignes, jusqu’aux différentes mutations de sa vocation culturelle (guinguettes, music-hall, chanson, cinéma, arts plastiques), de sa vocation de quartier populaire, en passant par l’inventaire de ses atouts d’aujourd’hui et de leur destination.

Il semble que ces éléments issus d’une telle approche intégrée devrait être en mesure de répondre à différentes questions :

° Quelle place pour le street-art dans le bas Belleville et quelles pistes pour sa place dans la Capitale ?
° Quelles ressources culturelles dans le quartier, pour quel usage et à quelles fins ?
° Quels dynamiques et quels potentiels d’épanouissement pour la vie locale, convivialité, cohésion urbaine, culture, développement économique etc.
° Quelles conséquences pour les politiques de la ville, en particulier culturelles, à l’heure du Grand Paris ?

Belleville, le 1er mai 2015

David Langlois-Mallet
langlois.mallet@gmail.com

© mesparisiennes.wordpress.com

IMG_9495

Lire sur cette question :

Stradda
Arts de la rue, rendez-vous passage du désir

https://mesparisiennes.wordpress.com/2013/12/20/quete-de-sens-rendez-vous-passage-du-desir/

Région Île-de-France
Rapport : De l’atelier logement à l’atelier bureau, politiques d’ateliers d’artistes

http://www.cnap.fr/sites/default/files/article/26849_59_rapportateliersdartistes.pdf

Plus généralement

Lettre ouverte au 1er Ministre

https://mesparisiennes.wordpress.com/2013/03/10/cher-jean-marc-ayrault-soutenez-durgence-la-creativite/

Paris, culture et politique. Audition par le CESC du Parti Socialiste
https://mesparisiennes.wordpress.com/2013/09/22/paris-culture-et-politique-audition-par-le-cesc-du-ps/

Un Peuple créatif

https://mesparisiennes.wordpress.com/2012/03/24/un-peuple-creatif-propositions-collectives-pour-le-ministere-de-la-culture/

Conseil de Paris. Voeu Graph rue Dénoyez de NKM

Séance du Conseil de Paris des 26, 27 et 28 mai 2015

IMG_9293

Vœu déposé par Nathalie Kosciusko-Morizet, Atanase Perifan, Nathalie Fanfant, Fadila Mehal, Céline Boulay-Esperonnier, Stéphane Capliez, Grégoire Chertok, François-David Cravenne, Catherine Dumas, Danièle Giazzi, Thierry Hodent et l’ensemble des élus du groupe UMP et du groupe UDI-Modem

Considérant que la parcelle du bas Belleville, de son nom historique « La Courtille », est au cœur d’une polémique qui oppose des projets portés par la Mairie de Paris (crèche de 50 berceaux et logements sociaux à destination de femmes isolées) à de nombreuses voix (artistes, habitants, visiteurs, médias…) qui s’indignent ou s’étonnent que le projet puisse autoriser la destruction d’une singularité culturelle devenue emblématique, d’intérêt touristique : une rue Dénoyer, dédiée de fait au graph, au street-art, à la figuration libre ;

Considérant l’émotion et les protestations soulevées par le risque de disparition de « la rue du graph »

Considérant les pétitions, manifestations, protestations diverses auxquelles la mairie a opposé une fin de non-recevoir ;

Considérant que cette situation nous interpelle et nous donne à voir la très grande vitalité créative de la société et singulièrement de la jeunesse du territoire francilien ;

Considérant que ce mouvement correspond à notre époque, un temps de mutation où les besoins d’expression et la quête de signes nouveaux pour comprendre le monde et se comprendre soi-même sont immenses ;

Considérant qu’il souligne aussi en creux le repli des politiques culturelles sur elles-mêmes qui (souvent du fait de fractures générationnelles, culturelles, sociales) ont renoncé à être à la racine de ces mouvements, encore moins à les accompagner ;

Considérant que la Mairie de Paris prône de faire de plus en plus appel à la responsabilité locale ou individuelle, de mettre en avant « la participation », la démocratie locale ;

Considérant que les artistes du quartier n’ont pas été suffisamment écoutés par l’exécutif central alors qu’ils ont œuvré dans le quartier pendant de nombreuses années ;

Nathalie Kosciusko-Morizet, Atanase Perifan, Nathalie Fanfant, Fadila Mehal, Céline Boulay-Esperonnier, Stéphane Capliez, Grégoire Chertok, François-David Cravenne, Catherine Dumas, Danièle Giazzi, Thierry Hodent et l’ensemble des élus du groupe UMP et du groupe UDI-Modem émettent le vœu que :

1 / Pour dépasser les tensions qui existe entre les artistes, les associations et les lieux et surtout appréhender l’avenir du quartier, les outils et le temps de la réflexion soient donnés aux habitants eux-mêmes en considérant plus finement les logiques culturelles et artistiques à l’œuvre sur ce territoire ;

2 / la mairie de Paris nomme comme médiateur David Langlois-Mallet, journaliste spécialisé et expert en politiques de la culture (politis, nova mag, communes de France, région ile de France, altaïr, un peuple créatif), et habitant de la parcelle concernée, afin de réaliser une enquête de territoire dont le but serait de reprendre à la base le dialogue en s’intéressant au quartier concerné, son identité, ses dynamiques, d’identifier ses zones de forces et ses potentiels à partir des acteurs concernés (habitants, artistes, commerçants, usagers, élus, acteurs institutionnels etc…)

3 / Le cahier des charges pour l’enquête prenne – par exemple – en compte les questions

Quelle place pour le street-art dans le bas Belleville et quelles pistes pour sa place dans

Quelles ressources culturelles dans le quartier, pour quel usage et à quelles fins ?

Quelles dynamiques et quels potentiels d’épanouissement pour la vie artistique locale, convivialité, cohésion urbaine, culture, développement économique etc.

Quelles conséquences pour la politique de la ville, en particulier culturelle, à l’heure du Grand Paris ?

4 / L’enquête se déroule à la rentrée 2015, les résultats soient restitués localement avant la fin de l’année et servent de base à un projet culturel et artistique local, un projet non-institutionnel et qui permette de préserver la diversité artistique libre et indépendante qui a fait l’âme du quartier.

IMG_9293

Paris. Quand je croise un juif à rouflaquettes…

J’ai envie de lui dire je t’aime…

Quand je croise un juif à rouflaquettes, un musulman en djellaba, un moine dominicain en sandalettes, un dragon chinois qui pétarade devant un magasin, une petite nana le crâne ras en camionneur, une autre qui fait son marché en corset et talons haut, un petit fashionista asiat dans ses poses, une putain sous son parapluie, le joli sourire de mon voisin tibétain, les petits rebeu qui vendent des boulettes et à côté le soldat et la soldate, Famas sur le bide, en faction.

Bref, ceux que j’ai croisés hier dans ma rue.

Restez-vous mêmes, divers dans vos délires, ne cherchez jamais à les rendre l’uniforme de tous, mais surtout ne vous détestez pas. Dites-vous même votre amitié pour essayer et comme il est doux, même sous la pluie, de se croiser à Belleville !

David Langlois-Mallet

Mes Parisiennes 2015

Grand Paris. Dans ta soupe chinoise !

Dans ce petit chinois bon marché (que j’affectionne), ça parle cinéma entre deux nems. Deux filles parisiennes, des gros pulls, mais des bottes un peu chic, la banalité tranquille d’une moyenne bourgeoisie intello. Assez typiques du coin en fait.

Du ciné aux opportunités de boulot, des copains de Bordeaux à l’expo Sade, de Duras à Pôle Emploi « dont je me dis que d’autres en ont plus besoin que moi » il n’y a qu’un pas. Rien vraiment qui me tire de mon bouquin sauf quand je dois le lâcher pour ma soupe crevettes. Un échange placide de multiples signes de reconnaissance culturelle, long comme un jour de pluie avec leurs parents à Bordeaux. L’ennui.

Quand tout à coup, de la vie. Des exclamations : « L’horreur ! », « tu devineras jamais ?! » « J’étais déprimée en lisant ça dans le métro… » « Ôlala… » « La seule proposition que j’ai reçu de Pole Emploi, c’était pour entre professeur de technologie dans un lycée d’ingénieurs à Garges les Gonesses ! »

« Non mais, moi ! Tu te rends compte ! Pro…fe…sseur… de techno…lo…gie… Gar…ges… les Go…ne…sses. » « Moi !! Horrible ! Avec le CV que j’ai… Les études que j’ai faîtes. Ma spécialisation en cinéma… Tu imagines ? Ils font vraiment n’importe quoi ! Et le pire ? C’est qu’ils menacent de te radier si tu refuses trois fois ! Non… c’est pas possible. Je suis allée les voir ! »

« Non mais j’allucine ! »

« GARGES LES GONESSES ! MOI ! J’étais effondrée. Ôlala. Non mais tu imagines ? Je ne peux même pas. Tous les cas sociaux là-bas. L’enfer. Non. Tu imagines ? Dire qu’il y a des gens qui y sont pour de vrai !!! Les pôôvres »

Typique j’vous dis… Le Grand Paris, c’est pas gagné !

David Langlois-Mallet
Laisse béton, vis à la campagne !

Belleville, deux femmes dans un café

Un café à Belleville. Une femme très sexy mais sur laquelle tu ne miserais pas un cœur s’installe.

Soignée, des cuirs qui parlent d’argent, tous les geste sont cérébral, tout est sous contrôle, géré. Le gros sac Vuitton, en plus de l’autre, semble un outil de travail.

La porte des toilettes s’ouvre (enfin), sur une femme en désordre. Tout est pauvre, perdu, rien ne va. Elle s’installe à deux pas de la première, pose sa tête sur la table, son regard perdu comme un chien, dans le vague. C’est un instant avant de rejoindre les mains dans les poches, d’autres chinoises du pavé.

Deux destins dans un café. Pas un regard.

David Langlois-Mallet

Belleville : Velasco-Meller, artistes de plain pied

« Il est mort pour nous sauver, ce simplet sur sa monture, car son fils qu’il chevauchait et les bombes qu’il trimbalait, lui ont pété à la figure ».

« Morts de faim et révoltés, aujourd’hui nous sommes bien tristes, qui va donc nous bombarder, afin de nous empêcher de devenir terroristes ? »

L’image épique qui accompagne ce poème satyrique de Raoul Velasco est digne du meilleur de l’esprit multiséculaire des fêtes de Toussaint et du rictus enflammé du dieu citrouille.

Cette pensée des morts, qu’une jeune femme Kristin Meller, est entrain de la graver dans le bois, représente un cavalier d’épouvante : l’oncle Sam et sa monture sont deux squelettes de la C.I.A. Les postérieures de l’animal, deux tours qui explosent, quand de ses pattes avant, jaillissent des fusées tomahawk. Dans sous sa hennissante, barbe intégriste, la poudre d’anthrax et le beurre de cacahouète coulent à flots.

Tandis qu’un petit Mickey à tête de mort tient sous les projecteurs le clap du tournage sur lequel on lit « Ben Laden *»… Cet envers du décors délirant et burlesque des cauchemars vrais que nous sert la télé, est une des spécialités de l’Atelier Velasco & Melle, fruits d’une tradition mexicaine, les « Calaveras ». Ces cadavres représentés pour châtier nos mœurs en riant, dans une tradition pamphlétaire, syncrétisme de nos danses macabres du XIVe siècle et des fêtes des morts précolombiennes.

Kristin Meller et Raoul Velasco, nos deux satiristes, sont des artistes qui ont « pignon sur la rue des Cascades » à Belleville. Il sont riverains de la rue de Casque d’Or, sans que rien d’anecdotique n’entre dans leur rapport au quartier. C’est même tout leur art au quotidien qui est relié aux habitants des petites rues de ces hauteurs populaires d’un Paris pas encore dévalé et avalé par le flots des con-sommateurs.

Deux étrangers, que la providence a semés là en 88, elle blonde britannique, lui mexicain au profil d’indien, deux citoyens qui voient leur Paris comme une « bouffée d’oxygène extraordinaire ». Portrait du cœur pour une capitale si polluée, mais qui ne surprendra que ceux qui n’ont pas rencontrée La Ville, ici la Belleville. « Il y a ici une forme d’acuité des habitants impossible en Angleterre. Ils s’intéressent à ce que nous faisons c’est merveilleux ! » dit-elle.

Une connivence avec ces regards populaires quotidiens qu’ils ont choisis de préférence à celui des galeristes et des experts « le regard a été trop réservé aux élites, c’est ce qui fait tomber l’art dans la propriété ».

Ils entendent que l’universalité du métier se travaille en atelier et parle de manière privilégié au quartier. Raoul clame sa vocation « On refuse le mythe de l’artiste incompris, la combine de ce psychodrame ! Je veux l’artiste qui s’intègre, qui a son mot à dire dans l’urbanisation et la rue, qui va avec des phénomènes comme : squats, art sur les murs…». Cet artiste en pas de porte, il le vit polémiste et antipopuliste, disputant l’espace publique et la rue aux cols blancs en même temps qu’artisan qui tire sa raison d’être d’échanges modestes.

Leur galerie ? Elle n’en jette pas, mais inverse doucement les logiques qui font de l’art un supermarché des snobs. Par exemple les artistes invités, choisis sur le sens de leur démarche, prennent possession de l’échoppe qu’ils s’engagent à faire vivre intensément durant un week-end, par une création publique, festive ou didactique. En échange de la participation symbolique (150F/j) qu’elle demande, la Maison fait de l’artiste l’unique bénéficiaire de ce qu’il vend ! Révolutionnaire, non ?

David Langlois-Mallet

Jusqu’au 11 novembre, de 15h à 20h, exposition collective « Calaveras », (gravure en vente* à 500 f ). Atelier d’initiation à la gravure sur bois en taille d’épargne (se renseigner).

Atelier Velasco et Meller – Association pour l’estampe et pour l’art populaire, 49, rue des cascades 75020 Paris – Tél. : 01 47 97 05 35 et <mel.vel@wanadoo.fr>

Paris. Hidalgo prive d’assiette les sans-dents

Alors que la municipalité de Paris se vante de ses « innovations démocratiques » (datées), elle reste l’adversaire résolue des initiatives solidaires parisiennes. Si le budget participatif lancé ce 1er octobre sera virtuel, en revanche, la destruction d’alternatives existantes comme La Cantine des Pyrennées, est elle, bien réelle. Contraste ?

Qu’est-ce que la Cantine ?

Depuis 2013, cette passionnante expérience de solidarité locale servait le repas complet dans le XXe arrondissement pour 4€, à midi les jours de semaine à tous sans conditions. Elle répondait ainsi aux besoins de beaucoup de citoyens à l’asphyxie. Elle est aujourd’hui murée et la mairie ne répond pas.

La Cantine est un des exemples de ces solidarités locales parisiennes par temps de crises graves comme celle que nous traversons. Les citoyens s’adaptent et génèrent des initiatives associatives destinées à amortir la dureté économique et surtout à recréer ce lien de quartier dont les urbains, même aisés, crèvent sourdement.

10577063_546412842154572_2589241273302722081_n

Les « sans-dents » de Madame Hidalgo…

Qui rencontre t-on à la Cantine ? Des retraités pauvres ou non, mais surtout seuls, des oeuvrières et créatifs impécunieux, étudiants, chômeurs, personnels des ONG, petits salaires, parents isolés, enseignants, originaux des rues, artistes, journalistes… Des sans tickets-restau… Bref, tous ceux pour qui Paris est devenu depuis 15 ans une ville spéculative où il est difficile de s’accrocher, avec souvent une solitude urbaine plus lourde à porter que les difficultés.
Ce populo de Paris qui ne consomme pas assez, cette vie de quartier solidaire et tenace pourtant… est devenu la bête noire de la mairie Delanoïste, tout ce qu’elle cherche depuis 15 ans (tournant le dos à l’histoire culturelle et à l’identité populaire de la ville), c’est les chasser en banlieue.

… Ceux qui font tache dans le grand Disneyland patrimonial

La municipalité «  »socialiste » » n’a eut de cesse de le municipaliser ou de d’expulser les expériences qui ne s’inscrivaient pas dans son esthétique un peu parvenue : ses cafés bobos aux décors tabac, ses salons de thé flashy, ses espaces culturels mornes comme des pharmacies et glaçantes comme des funérariums. Où l’on est sur que d’une chose : il ne s’y passera rien. Pas d’attroupement de plus de deux personnes… Pas de contestation !

10604494_567182180077638_4621278003286204289_o-30fd6-fd36c

Au même moment, la ville se vante de son budget « participatif » ?

Comment dans le même temps ne pas s’irriter de voir la municipalité se décerner à elle-même des brevets « d’innovation démocratique » avec le lacement de son Budget participatif ? Ce 5% du budget, argent de poche, sur des projets déjà pré-décidés (gageons que les réseaux fonctionnent ici…). De qui se moque-t-on ? Merci au passage à ses alliés Verts qui ont popularisé cette gadgétisation du politique et délaissé les vraies alternatives citoyennes dont leur mouvement et eux-mêmes étaient pourtant issus…

Il y a donc deux logiques confrontées à la mondialisation. Celle des parisiens eux-mêmes qui se prennent en main, prennent sur leur santé et leur temps pour sauver l’essentiel, organiser la subsistance et l’autre, celle de la Mairie de « la smart city » (comme ils disent) qui leur propose de voter pour faire diversion…. Savoir s’ils veulent des plantes roses sur les murs ou plus de nouvelles pissotières vertes ?

palnparis2

Paris contre les parisiens ?

Alors oui, la centaine de bénévoles qui animaient à tour de rôle la Cantine des Pyrénées occupaient « sans titre » un restaurant pour les « sans-ticket-restau ». Mais, inventeurs d’une nouvelle forme de service public « performant » et « innovant », n’était ce pas à la mairie de fournir les locaux dans son pléthorique parc vide ou sous employé (juste à côté de la Cantine le Carré de Beaudouin est un grand désert blanc comme l’affectionne le Delanoïsme) ou au moins de payer loyer au propriétaire pour une oeuvre d’utilité publique ?

imgres

Crise de l’urbanité parisienne

Oui, les Cantineuses et les Cantineux se réclament d’une culture militante un peu datée, décalée pour la plupart des convives. Mais qui prouve sa solidarité en actes. Ce qui est de loin préférables à une institution barricadée dans ses privilèges désuets, mais surtout dans le mépris, choquant en période de restriction, de ses petits marquis d’ancien régime.

Marianne

La municipalité parisienne ? Il faudra d’ailleurs y réfléchir un jour ! Historiquement elle a toujours, depuis la Révolution Française, fait la guerre au Paris Villages, celui des quartiers, au point de les avoir presque tous détruits aujourd’hui. Mais à l’heure des grandes crises de quoi aurons-nous le plus besoin si ce n’est de solidarité locale ?

C’est à cette échelle, Madame le maire, qu’il faudrait des budgets participatifs et d’initiative citoyenne, pas sur des cartes forcées (à quel siècle vivez-vous ?) ! Madame Hidalgo vos conseillers sont en retard de plusieurs lunes, même de ce qui se fait dans nombre de territoire socialistes… Informez-vous. Sortez du mépris de la Capitale !

La Cantine, la solidarité locale ? Ailleurs, dans des territoires où les élus réfléchissent, on appelle cela, bien précieux, de la résilience territoriale. A Paris on le détruit.

Paris était déjà sous Delanoë une municipalité narcissique, agence de com de soi-même, incapable de connaitre sa ville au point de ne pas en comprendre les besoins actuels de ses citoyens et leurs initiatives.
Est-ce ton rôle Anne Hidalgo d’y ajouter l’indignité de les détruire ?

David Langlois-Mallet

Manifestation pour La Cantine et le droit de solidarité et d’alternative à Paris
Samedi 4 octobre devant la Cantine.

La Cantine, 331 rue des Pyrénées, 75020 Paris (murée)
Contact : contact.cantine.des.pyrenees@gmail.com

Liens : http://paris-luttes.info/manifestation-de-soutien-a-la-1627

c Mes Parisiennes 2014 mesparisiennes.wordpress.com

https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/03/18/soutien-a-lauteur/