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Nouveaux barbares. Nos peurs médiatiques sur l’échelle du temps

Je vous avoue bien que je ne me sens actuellement ni partir en pointe contre les terroristes, ni contre le FN. Je suis las des peurs officielles et médiatiques.

Vous savez ce que je pense des nouveaux barbares…

Mais je crois que notre système, comme Rome quand plus personne ne voulait monter au Limes endiguer l’envahisseur, préférant jouir soi dans une orgie et sombrer collectivement, se meurt surtout de lui-même et de sa médiocrité politique.

Tous les corps vivants ont des ennemis et sont attaqués sans relâche toute leur vie durant. Et cela ne se joue pas à dix assassinats spectacle, si injustes, lâches ou horribles soit-ils. Alors que notre prédation sur le pétrole là-bas, en a causé des millions. Que des centaines de milliers ici, tremblants devant leur télé, mourront, non des attentats mais bien de la pollution de leur voitures, des cancers faits maison de notre « civilisation » qui a transformé la nourriture en industrie et la culture en mal de vivre individuel. Si on ne nous dresse pas contre eux médiatiquement, c’est parce qu’ils rapportent encore assez.

J’ai de plus en plus de mal à accorder du crédit à leurs médias et à leurs sermons, paniques et autres. Et je suis sur que si notre temps n’est pas le dernier, on s’étonnera un jours que les humains de notre époque aient accepté la barbarie de l’industrie, qui coûte tant de vies, avec complaisance et délices.

Non pas que je minimise les dangers. Mais que je sais que j’appartiens à un peuple qui a une longue histoire. Un peuple souvent envahi. Par les celtes, les romains, les chrétiens, les germains, les arabes, les anglais, les allemands, les américains… Par Jésus, Clovis et Coca-Cola… Chacun nous ayant aussi apporté ses richesses et tous ces apports hostiles et prédateurs finissant digérés et magnifiés par le temps.

Un peuple belliqueux, mais contre lui-même le plus souvent, un peuple indépendant mais le plus souvent dominé —quoi qu’on se raconte— mais un peuple qui finissait par faire sien l’envahisseur. Une matrice politique faillible, mais une force culturelle incontestable.

Les peuples qui survivent sont ceux qui portent des valeurs fortes et fascinantes, utiles à la survie de sa couvée et de l’espèce. La France a rayonné grâce à la subtile contrainte Capétienne (famille d’immigrés orientaux, venus des bords de la Mer Noire disent leurs ADN), elle a brûlé et irradié le monde dans la flamme de la République qui a consumé et fait naître l’Europe dans l’Empire Napoléonien, avant que cette nouvelle Europe ne s’auto-détruise dans l’ouragan germain, n’éclate dans la boursouflure coloniale.

La Culture grecque a survécu et transmis à travers l’histoire. La pensée de l’indien dans l’espagnol latino. La culture juive a traversé les âges et tous les ouragans aussi, elle ne faiblit que dans sa défaillance soudaine à contrôler sa puissance. L’Inde ou la Chine ont noué un pacte avec l’éternité. L’Afrique n’a même pas besoin de dominer pour être demain le centre du monde. Peut-être même sera t-elle même à la fois francophone et musulmane. Pied de nez de l’histoire et ironie de nos fantasmes …

L’Islam est en expansion parce qu’au-delà de la violence que nous voyons par télé interposée, beaucoup d’humains y ont trouvé une force, capable de les faire survivre au colonialisme, au capitalisme, à l’Oncle Sam. L’autre force verte, l’écologie a plus d’outils, mais si elle est portée par des médiocres, des cupides, elle restera alors une idée vague. C’est ainsi. C’est même peut-être dommage.

Mais que penser de notre pays à bout de souffle ? De ces gens qui voient surtout dans le péril qui menace la Tunisie une gêne à modifier leurs vacances pour le Maroc. En se demandant si les musées seront sûrs là-bas… Que mérite ce peuple de consommateurs ? Qui à peur du reflet de sa bedaine dans le miroir, prêt à accepter tous les maîtres qui lui m’épargneront l’effort de se remettre en question. De se réinventer ?

J’en ai plus qu’assez de leurs cris en écho à ceux des médias dont ils se gavent.

Le péril FN ? Réaction de survie de la France pour les uns, fin de la France pour d’autres… Sans doute ni l’un ni l’autre, mais une réaction de douleur, de médiocrité et de lâcheté.

On peut contester le choix de nos compatriotes qui cèdent à une crise démocratique en ayant recours à une famille de chefs (Le Pen ne veut-il pas dire le chef en breton ?), en ayant recours à un parti sans culture démocratique sorti de toutes les frustrations mal digérées de l’histoire récente ? Des renoncements mal vécus au colonies et d’une revanche espérée sur ses enfants tout aussi déracinés, acculturés qu’eux devant les mêmes programmations télévisées ?

J’ai davantage mal de ce que nous ne proposions plus rien de collectif. Que les Français en soient réduits à chercher ce secours. Ce n’est pas faute d’avoir proposé depuis 30 ans.

De la marche des  Beurs, au mouvement social, des mouvements culturels récents aux alternatives concrètes, toutes les émergences, toutes les alternatives, toutes les énergies, toutes les jeunesses successives ont été impitoyablement cassées par les appareils et les calculs de ceux qui aujourd’hui crient au feu quand leurs privilèges et leurs palais brûlent. Ceux dont les médias font la morale, aux pauvres bougres paumés, qui n’ont eu qui qu’un local FN, qui qu’une mosquée pour leur servir une boisson chaude, les écouter et leur promettre peut-être même pas un espoir : juste écouter une plainte ou promettre une vengeance.

A bien y réfléchir, l’histoire du Moyen-Orient, ou de l’Afrique, ressemble sur ce point à la notre. Toutes les alternatives démocratiques y ont été méthodiquement cassées depuis 40 ans par Washington. Puis, ce fût le cas des régimes laïcs autoritaires, partis Baasistes depuis l’invasion de l’Irak pour des armes de destruction massives que l’on cherche encore puisque l’arme de destruction massive, on le voit aujourd’hui, c’était l’armée états-unienne, produisant le chaos que le voit partout de l’Afghanistan à la Libye.

L’histoire est longue. Qu’est-ce pour elle que la traversée des siècles obscurs même ? Quel était la vie de mes ancêtres dans la longue nuit où des âges barbares* ont succédé à la Pax Romana avant l’éblouissante lumière et la ferveur des cathédrales ? Ne suis-je pas, français, autant le fils des paysans qui tremblaient de peur, que des seigneurs guerriers dont les châteaux les dominaient autant qu’ils les protégeaient ? Avant d’être, peut-être, l’héritier des moines qui ont permis à l’héritage grec de venir faire éclore la Renaissance et Montaigne ?

Ce qui me fait le plus de peine au fond, que les victoires extrémistes, c’est de savoir que ceux qui en pâtiront le plus ne sont pas ceux qui crient le plus fort au loup pour sauver leurs privilèges, alors qu’ils jouent chaque jour l’effondrement commun. Ceux-là, comme collabos sous l’Occupation, comme ces députés républicains munichois qui ont appelé Pétain avant de lui laisser porter le chapeau, sauront tourner leur veste dans le sens du vent in fine. C’est leur métier.

David Langlois-Mallet​

* Par parenthèse sur les barbares, je suis tombé par hasard sur des relations de Grégoire de Tours sur les tortures que certains seigneurs barbares se plaisaient à infliger aux populations civiles sous leur pouvoir, ce n’était pas de la tarte… (on peut lire ici http://remacle.org/bloodwolf/historiens/gregoire/index.htm ) mais je pense à l’immense travail accomplit par l’Eglise, puis par les humanistes contre l’Eglise, par la monarchie, puis par les république contre la monarchie pour sortir de ces violences et tendre à un état de droit. Je pense au monde de notre enfance et à ce qu’il est devenu depuis 30 ou 40 ans…

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Pétition : Droit de table, droit de cantine pour tous !

    « Nous demandons aux conseillers de Paris de se prononcer en faveur de l’ouverture avant l’hiver de cantines solidaires en libre accès à tous, au prix de la restauration collective dans tous les arrondissements . »

Pétition à signer ici : https://www.change.org/p/conseillers-de-paris-respect-du-droit-de-cantine-avant-l-hiver#

Signature :
(Votre signature engage le seul paragraphe ci-dessus. Mais je propose ci-dessous les réflexions qui sont les miennes. Elles ne préjugent pas des vôtres.)

Résumé. La Cantine des Pyrénées a été expulsée. Elle devait son succès à l’innovation qu’elle apporte à un besoin citoyen. Celui du partage convivial du repas à coût soutenable (4€) pour tous. Une nécessité pour tous ceux qui sont exclus du CDI et des tickets restaurants. Parce que le repas pris ensemble est une des conditions de notre humanité. Précisions.

Droit de table, droit de cantine pour tous

Le repas pris ensemble est une des conditions de notre humanité. Le droit de table est donc un fondement anthropologique de notre espèce humaine, doit compter dans un socle de besoins fondamentaux et donc des droits (avec les droits politiques, la liberté d’expression, le toit pour vivre, la base santé, la liberté, la sécurité, le mobilité…) du plancher en dessous duquel on n’a pas le droit de faire descendre les humains sans déshumaniser tout le corps social, mettre la société tout entière en danger.

Nous, oeuvrières, étudiants, créatifs précaires, porteurs de projets, retraitées, chômeurs,  artisanes, actifs peu rémunérés, artistes, bénévoles, CCD, associatives, précaires, petits commerçants, intermittentes, stagiaires, auto-entrepreneuses, indépendants sur la corde raide, parents isolés ou soutiens de famille, contrats aidés and co etc… « Non-CDI ». Citoyen-es hors du plein emploi, nous sommes un phénomène de société durable. Il nous faut donc, nous aussi, des conditions de vie et d’activité adaptées.

Derrière la diversité des étiquettes, nous sommes nombreux à partager une même expérience :

Nous vivons sur une économie fragile et nous sommes mis en difficulté par le fait que la plupart des solutions collectives existantes sont arrimées au statut de salarié.

  • C’est le cas par exemple du logement (qui reste la porte d’accès à une vie de famille par exemple).
  • C’est vrai à midi, les « non-CDI » ne peuvent pas s’appuyer ni sur la restauration collective, ni sur des tickets restaurants.

Le fait d’être ainsi privés de ce qui relève des droits collectifs normaux transforme nos vies en combat individuel qui relève de plus en plus de la course d’obstacles.

Ce statut, nous ne l’atteindrons pas, du fait des secteurs d’activité où nous sommes (culture, associations, vie intellectuelle…) et des projets que nous portons, comme du fait de sa simple raréfaction dans une économie largement dématérialisée où il tend à devenir de plus en plus l’exception (même dans des secteurs comme le social ou l’éducation).

… Une double peine inutile

Notre vie économique déjà difficile voisine souvent avec des investissements et des responsabilités dans des urgences peu ou non rémunérées (projets humains, culturels, citoyens…. par exemple). Nos projets et nos vies sont de fait poussés à individualisation, tant par la demande du marché que des institutions, que par la raréfaction des espaces et situations collectives. L’individualisme n’est pas forcément un problème, il peut même s’apparenter à une solution innovante à condition de ne pas se déshumaniser et de réinventer des formes de liens, de solidarités, de mode de consommation sur cette base (pensons par exemple au développement du « Co »… co-voiturage, des Amap, des collocations etc. qui ont toutes en commun de lier convivialité et solutions pratiques).

L’isolement est un fait, dans tous les milieux

Cette solitude urbaine touche tous les milieux et échappe totalement à l’approche administrative de la solidarité qui est celle des institutions et des politiques. Parce que ces dernières ont une approche déshumanisée et caricaturale de « leurs publics », mais surtout parce qu’elles ne répondent pas à des besoins humains de base, liens, échanges, convivialité, qui quand elles ont été pensées reposaient alors sur d’autres formes d’organisation sociale (famille, village, parti, syndicat, religion… aujourd’hui plus ou moins délaissés).

Une crise culturelle

C’est donc aussi en terme de vie culturelle qu’il faut répondre à la crise du lien, cet émiettement de masse des individus. Là encore, la conception glacée et institutionnelle de la culture ne répond pas non plus à ces besoins, qui de fait n’attire dans ses institutions qu’un public monochrome, stéréotypé et vieillit, évalué à 10% à peine des citoyens. Pas plus que le seul marché, les institutions ne savent produire que de la com’ de l’animation et des besoins, mais ni de la joie, ni de l’humanité, ni de sens, renvoyant dos à dos une droite productiviste ou néolibérale et une gauche institutionnelle (vieille et jeune mêlée).

Notre précarisation inutile est aussi préjudiciable, car elle se fait au détriment de notre santé mais aussi de ce que nous voulons apporter aux autres, dans une société en pleine crise et qui a donc plus qu’à une autre époque besoin d’échange, de lien, de solidarité, de culture, de nouvelles représentations pour ne pas sombrer.

Le succès d’un lieu comme La Cantine des Pyrénées

Vient de ce qu’elle répondait à ces différents besoins de proximité, dans le mélange des milieux sociaux (la charité religieuse, la solidarité sociale, le bol de soupe tendu dans le froid, ou du colis emporté pour nourrir la famille est nécessaire à la survie) mais ne répond pas à l’autre besoin de partage et de convivialité… Ce besoin fondamental de faire sens avec les gens de son quartier, sous peine de voir une société se déshumaniser, dans l’indifférence et la violence, les replis identitaires…

La restauration collective, une responsabilité écologique

L’initiative citoyenne répond ici à une responsabilisation écologique qui devrait incomber aux institutions si nos élus étaient responsables ou un peu écologistes (ah bon ? Il y a des élus écolos ? Non, sérieux ?) Dans un contexte d’épuisement des ressources et de raréfaction des énergie, les territoires qui ont renoncé à leur autonomie alimentaire vont devenir très vulnérables. C’est le cas en particulier du Grand Paris où le ravitaillement 12 millions de personnes dépend essentiellement des importations puisque l’agriculture d’Ile de France a, à tord, été spécialisée dans la monoculture céréalière ou remplacée par des zones industrialisées à perte de vue.

Des chercheurs tirent déjà la sonnette d’alarme sur la dépendance totale de notre approvisionnement alimentaire au pétrole et des institutions conseillent aux territoires de préparer leur résilience. La restauration collective est une de leurs recommandations. A Paris on s’interroge. Le rôle du politique est-il de casser les dynamiques d’adaptation ou de réponse à la crise ?

L’initiative citoyenne relève des capacités de résilience d’un territoire.

La preuve par l’expérience

Ces phénomènes urbains massifs décrits ci-dessus, ont rencontré l’expérimentation citoyenne du Collectif La Cantine des Pyrénées (Paris XXe) répondait à ces besoins et servait le repas pour tous sans distinction à 4 euros à midi.  La Ville de Paris l’a fait expulser (honteusement). Par son succès, sa convivialité et son brassage des milieux sociaux cette initiative avait mis en lumière la nécessité vitale pour les habitants des quartiers d’une mise en oeuvre du droit de table et du droit de cantine qui l’accompagne.

Oeuvre collective, la Cantine est une mission d’initiative citoyenne mais d’intérêt public. Les Cantinières et les Cantiniers ont démontré sa faisabilité solidaire, bénévole, associative sans peser sur un financement public, sans noyer le poisson sous des études de faisabilité plus ou moins dirigées, sans dépendre de pressions ou de connivences partisanes*.

Crise économique ou crise du partage ?

La crise que nous traversons relève de tout les aspects nous l’avons vu.

  • Crise économique, ou plutôt une crise du partage puisque la France n’a jamais au cours de son histoire produit autant de richesses et autant de précarité en même temps. Mais on sait aussi qu’aujourd’hui l’explosion de la richesse échappe aux anciens cadres nationaux et n’a pas été mis en place au niveau européen. La mondialisation a créé, en surplomb des états de droit, une société d’hyper-riches (certains le sont plus que des états et me disait un ancien premier ministre, disposent de leur propre force armée….), échappant à l’impôt, reconstituant une aristocratie si puissante que la question de la démocratie peut de nouveau être posée dans termes anté-féodaux ceux des invasions barbares. Leur péril n’étant pas où l’on nous dit, chez les malheureux pionniers africains qui traversent les océans où y meurent.
  • Une crise écologique, à cette fracture démocratique ouverte par la richesse s’ajoutant la violente prédation subie par les territoires locaux (à Paris le tourisme intensif plutôt que soutenable et la spéculation immobilière).  Celle qui met en péril le vivant même, sous la triple pression sur la Planète bleue d’une population dirigée vers la consommation, de l’hyper-consommation des plus riches et de l’extraction des richesses au détriment même de nos propres descendants mêmes.

Ces crises, défaillance du système politique ?

Alors oui, le fait que ces initiatives utiles relevant de la pédagogie du partage, du désir de survie et de lien des habitants soit détruite par le politique pose question.

Le rôle de nos élus n’est-il pas de nous défendre ? Et à défaut de se montrer capable d’initiative de ne pas entraver celles qui sont à l’initiative des habitants eux-mêmes ? (cet évènement tombant dans le contexte d’une consultation à un « budget participatif » de la nouvelle maire, plus ou moins cocasse et décalé).

Cela renforce la critique d’institutions, comme de politiques autistes sur tout ce qui touche  aux initiatives de la société pour faire face à ses difficultés, ayant le soucis de leur propre protection plutôt que du service public. Et donne spectacle de cette violente mollesse bureaucratique, ne retrouvant de l’énergie que lorsqu’il s’agit de faire expulser les initiatives de solidarité.

On peine à comprendre pourquoi notre système politique apparait indifférent, autiste et paralysé. Est-ce par la recherche de l’intérêt privé touche la sphère publique ? Par la connivence, par la soumission selon les cas  sûrement ou surtout par l’incapacité de penser une situation nouvelle qui échappe entièrement aux formations stéréotypées dont elle est issue.

On ne tranchera pas ces interrogations ici. Et les réponses de la société s’orientent malheureusement plutôt vers des rejets beaucoup plus radicaux, sous forme de replis et de votes identitaires violents. Ultra-solutions qui auront pour effet d’aggraver les problèmes qu’ils dénoncent quand il fallait simplement se prendre en main favoriser toutes les initiatives… L’évolution humaine est encore balbutiante, n’est-ce pas ?

Le fait de demander aux élus parisiens de se prononcer individuellement est une approche positive de la politique. Elle vise à rétablir un lien entre les élus et la société d’aujourd’hui et à poser une cohérence entre la parole et les actes dont nous avons tous grand besoin pour affronter les temps qui viennent.

Voici ce que personnellement je mets derrière ma signature pour le droit de Table et Droit de cantine. Sans encore une fois préjuger de la diversité des opinions des signataires de cette présente pétition.

Fait à Paris, le 24 octobre 2014

David Langlois-Mallet, journaliste, expert en politiques culturelles et auteur…. qui a le sentiment de faire bénévolement le travail d’évaluation qu’un Conseil de Paris pourtant riches d’un budget je crois de 6 milliards ne fait pas (et ça l’énerve un peu…)

(*même si ce collectif a des opinions militantes affirmées, qui ne sont d’ailleurs pas issues de la même culture politique que la mienne, n’ayant aucune part à leur organisation autre que d’avoir apprécier en usager leur initiative).

Pour aller plus loin sur le problème à Paris

Le papier « Honte aux élus, droit de cantine, droit de table ! » cartonne avec plus de 233 visites heure. La polémique pourtant reste un petit aspect de mon travail sur le Grand-Paris, qui comporte surtout beaucoup d’enquêtes, de travaux, de propositions positives collectives, mais donc, puisque les élus -socialistes en particulier- bloquent et continuent de détruire les alternatives citoyennes, quelques prises de bec bien méritées. Un petit tour ?

Propositions positives :

A la Ville de Paris (avec la section culture du PS)
http://rue89.nouvelobs.com/2008/01/22/la-section-culture-du-ps-interpelle-bertrand-delanoe

Au Ministère de la Culture
http://www.unpeuplecreatif.fr/spip.php?article33

Au 1er Ministre, soutenez d’urgence la créativité
http://www.unpeuplecreatif.fr/spip.php?article2

Audition par le CESC (Parti Socialiste)
https://mesparisiennes.wordpress.com/2013/09/22/paris-culture-et-politique-audition-par-le-cesc-du-ps/

Les indiens de Paname
https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/03/10/appel-des-indien-nes-de-paname/

Travaux de recherche officiels ou analyse de territoire

Rapport des politiques de fabriques, Région Ile de France
http://www.unpeuplecreatif.fr/spip.php?article7

Street-art. Rendez-sous passage du Désir (in Stadda, mag des arts de la rue)
http://www.unpeuplecreatif.fr/spip.php?article8

Paris est un jardin
https://mesparisiennes.wordpress.com/2012/03/28/paris-est-un-jardin/

Quelle Belleville forgeons-nous ?
https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/01/05/quelle-belleville-forgeons-nous-in-lami-du-xxe-mai-2013/

Prises de bec :

Hollande attention ! Delanoë est le nom de la punition culturelle infligée à Paris
http://rue89.nouvelobs.com/rue89-culture/2012/03/25/hollande-attention-delanoe-est-le-nom-de-la-punition-culturelle-infligee

Christohoe Girard l’expulseur expulsé
https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/03/27/girard-lexpulseur-expulse/

La culture populaire face au mur rose
https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/03/20/paris-xxe-la-culture-populaire-face-au-mur-rose/

France : un réveil colérique…

Entre colère sociale et crise politique… Quelle idée se faire de la situation actuelle en France Depuis quelques années déjà, nous vivons un réveil politique de la société civile, mais devant le mur que lui oppose la classe politique, il est de plus en plus désordonné, incohérent, colérique… Mais pourquoi donc ne sommes nous pas capables de bâtir une alternative politique ?

La toile de fond de la mondialisation, on la connait

Les esprits, déjà sous pression des différents dangers (épuisement de la planète, réchauffement climatique, industrialisation, course au rendement et déshumanisation de la vie, précarisation ou appauvrissement)… Mais toutes les initiatives locales ou citoyennes – qui sont comme les forces de résilience ou de survie de la société civile- se heurtent en France chaque jour à une fin de non recevoir d’un système aristocratique épuisé dans ses privilèges, sourd aux propositions, méprisant vis à vis de la société civile mais qui retrouve sa force quand il s’agit de lui rendre la vie dure.

L’Etat, conspiration ou incompétence ?

D’Etat protecteur, il apparaît pour beaucoup comme incompétent sans cesser d’être autoritaire, pour d’autres comme le complice d’un vaste hord-up sur le bien commun : La croissance de l’humanité n’a jamais produit autant de richesses, mais elles sont confisquées par le 1%. Ce retour vers le temps féodal s’accompagne pour la première fois (depuis la préhistoire ?) d’un sentiment de péril mortel pour l’espèce humaine. On l’annonce tranquillement à 50 ? 100 ans ? Mais aucune décision n’est prise. Pourtant chacun le constate autour de lui que le profit sans fin épuise la vie locale, effrite relations humaines, précarise. Non seulement nous nous appauvrissons dans cette culture du égoïste, mais surtout nous sommes plus solitaires que jamais, vaguement consolés par les seuls écrans… L’individualisme produit pourtant du bonheur, celui d’une très grande créativité dans tous les domaines. Mais quels sont ses relais ? Ses moyens de partage ?

Cette angoisse activée par un sentiment très vif de trahison des élites, prend toutes les formes possibles : multitudes des initiatives locales, mouvements citoyens de propositions républicaines sans débouchés ni relais, révoltes diverses de territoires ou de corporations (en banlieue ou en Bretagne que l’on fini par regarder avec compréhension), identitarismes divers (barbus, le Penisme, ligue juive ou black, etc.)  à chacun selon son « identité » fantasmés mais qui permet de se ternir chaud et prêt au combat contre… le voisin. Toutes colères différentes et semblables qui n’ont pas de déboucher positif et convergent vers la détestation des pouvoirs en place, voir un désir morbide de leur destruction.

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UMP-PS Une politique unique schizophrène

Car le centre de gravité majoritaire s’effrite (celui d’une France qui a un boulot et trouve normal de voter PS ou  UMP pour une politique unique. Présentée comme inéluctable du fait de nos engagements européens, elle oriente toutes les énergies humaines vers :

– une réelle maltraitance au travail (ou au chômage).
– une croissance des industries (que l’on nous dit pourtant écologiquement mortelle)
– et conjugue la peur que chacun a du chômage avec le soucis exclusif des profits financiers (bénéfice que l’on sait pourtant confisqués)

C’est cette politique unique, rocher battu par les vagues diverses d’une montée des colères… sans solutions ni débouché politique.

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La tentation autoritaire

La gauche révolutionnaire absente, perdue dans son histoire et son folklore (son corporatisme dans le cas du PC). C’est le mouvement nationaliste FN qui s’en tire le mieux pour catalyser une alternative dans les urnes (avec les risques que l’on sait ou que l’on oublie).

D’abord parce que le FN a été excommunié par « le Système », ce qui lui sert de brevet de moralité pour beaucoup de Français assaillis d’angoisses multiples, crise économique, mais surtout crise morale et culturelle. Vide des existences et des caddys, quand un rêve de consommation s’évanouit…

Si son approche autoritaire paraît totalement anacronique, sa proposition de replis sur l’Etat et la souveraineté est partagé très largement au-delà de sa famille. Beaucoup en oublient que l’extrême droite, c’est aussi la porte ouvertes données aux haines et aux vengeances, un potentiel de guerre civile contre des communautés, replis sur soi, une société policière etc.

Et nous ? Nous qui croyons encore à améliorer les choses plutôt que les casser

Comment ne pas être en colère de voir un pays comme la France une alternative positive ? Sans y perdre plus de temps que de raison, comment ne pas en vouloir de leur médiocrité à ceux qui nous proposaient un monde nouveau à bâtir et qui en l’ont troqué contre un ascenseur social privé pour les potes ?  L’écologie politique, EELV spécialement, qui sont pourtant sur le versent humaniste, au départ de ce mouvement de fond de réappropriation de la politique par la société civile.
Eux qui ont posé les premiers tant d’analyses nouvelles (René Dumont était moqué il y a 40 ans, tous les experts disent la même chose aujourd’hui) mais qui se sont depuis tellement fondus dans le système pour quelques ministères et avantages peu durables qu’ils ne portent plus rien d’audible, ni proposition, ni contestation crédible et nous laissent donc, nous qui croyons encore à améliorer les choses plutôt que les casser, nos propositions sur les bras, sans alternative devant la question qui nous tue : Sarko ou Le Pen… ?

Alors on condamnera si vous voulez un coup « les jacqueries » ou « les casseurs de banlieue », les violences de tel groupe identitaire ou de ses concurrents, bien sur. Mais à condition de le mettre en regard de la vraie responsabilité, celle d’une oligarchie, qui confisque sans compétence et sans morale publique, le pouvoir politique, bloque les initiative et renonce à toute vraie réforme, non pas celle qui consiste à prendre aux pauvres gens le peu qu’ils ont, mais celle qui voudrait remettre en cause de leur propre fonctionnement.

Et nous ? Nous qui sommes peut-être les plus nombreux, à croire que le monde ne s’améliore pas par un recours au chef, par la course à toujours plus d’argent, mais par la multitude des petites initiatives patientes, respectueuses, locales mais aussi soucieuses des autres.
Comment pouvons-nous ne pas avoir d’alternative ?

Nous aussi en colère !

David Langlois-Mallet

c Mes Parisiennes 2014 https://mesparisiennes.wordpress.com/

France. A gauche d’une terre brûlée

Mes remarques de ces jours derniers note, ne sont même plus une critique des Verts, du FG ou du PS. C’est plutôt une constations des mécanismes politiques plus ou moins conscients ou assumés (après nous le déluge) qui ont permis au FN de s’installer comme seul parti de la contestation en face des olygarques.

Rôle qui aurait paru baroque il y a peu.

– Mais en fait le Melenchonisme comme nostalgisme politique (du monde du travail dans une société instable et individualiste, de l’Amerique Bolivarienne dans l’Europe de Candy Crush ou de la Guerre Froide à l’époque d’Erasmus).

– L’écologie politique réduite à un club de gentils technocrates endogames à vélo.

– Et le PS qui « approuve mais qui regrette », comme dit si bien la chanson… Et culmine dans son culte de l’impuissance au seul moment historique où il a (encore) tous les pouvoirs.

-Sans même parler d’un PC réduit, un peu comme l’Eglise hier, à sauver son patrimoine immobilier plutôt qu’à être un mouvement vivant.

De mon point de vue ces vingt dernières années, les seules forces d’invention misant sur l’humain sans exclusion (si l’on identifie ainsi l’idée que l’on a appelé « de gauche », celle qu’un monde peut-être meilleur en se changeant), ont été portées par des personnes et non des mouvements politiques, ceux qui ont été actifs dans des collectifs, dans la culture indé, alternative, locale comme on voudra bien l’appeler…

Les utopies collectives (et donc les inventions sur la façon de se relier aux autres et de faire société ensemble) ont été vécues ou testées dans les squats (non Delanoisés), les arts de la rue (non transformé en festival Mr le maire), les bars culturels, dans ce que l’on pourrait appeler un mouvement créatif oeuvrier, s’il n’était pas resté à un stade assez individualisé. S’il avait coagulé localement, ce qu’il n’a pu, faute de lieux.

Si le ton parfois assez raide de certains de mes post peut froisser -j’en suis par avance ravi- cela vient d’un fait très simple. C’est que j’ai été témoin que toutes ces alternatives ont été mis au pas, tués ou éteintes par des pouvoirs de gauche.

Ils se retournent désormais vers une terre qu’ils ont constamment brulé. Et n’y trouvent plus rien pour se nourrir ou se consoler.

David Langlois-Mallet

 

Paris. Culture populaire et Delanoïsme. Chronique d’un désamour #2

Suite des petites chroniques des lieux de culture populaire de Paris sous le Delanoïsme. Où un maire de gauche qui faisait sa campagne en squat se transforme en gentrifieur. Parues dans Politis 2000-2007.

Squat. Jardon dans la Savane…

Mais aussi oasis dans le désert, point d’eau dans la jungle urbaine. Fête libre en marge des multiplexes à bière. C’est un petit lieu bien charmant, le Chardon et pour te dire, pratique aussi. Tu peux y organiser de grandes fêtes avec plein d’amis d’amis… à prix d’ami s’entend, ou à prix militant… Quand la ville te taxe de partout où te réfugier pour t’esbaudir quand tu n’as pas un rond, sinon dans un de ces squats libres ? Où fuir la musique commerciale aussi ?

On aimerait te signaler ce Chardon au son joyeux d’un  » bon plan dans la savane « , festif et léger. Dommage. C’est un peu dans l’urgence. Leurs jours sont plus que comptés, squat il sont et expulsés seront. Mus, son animateur, confie vraiment amer son ressentiment contre l’édile du XXe, Charzat, qui ne l’a pas soutenu et n’a pas souhaité faire jouer son droit de préemption. Mais est-ce au niveau de l’arrondissement que cela se décide ?

En tout cas, au lieu d’une info pour aller t’égayer et te culturer, tu en as pourtant bien besoin ma chérie, nous t’annonçons qu’une belle opération immobilière est en vue. Un squat qu’on expulse, c’est aussi ton annonce de fête qu’on transforme en nécro. Autant t’le dire : nous ne nous laisserons pas transformer en page  » carnet  » ou  » immo  » du Figaro !

Le Chardon dans la Savane 20, rue la Duée 75020 Paris (jusqu’au 14 juillet ?)

Squat Dehors les gueux !

Le collectif d’assos de précaires No Vox, qui occupe depuis le Forum Social de novembre le Point P au bord du Canal St Martin doit faire face à une assignation en justice. Le propriétaire, la Mairie de Paris, qui s’était engagé à loger ailleurs leur projet de Centre Social « à l’italienne », semble finalement préférer la politique du coup de balais et souhaite sans relogement, délais, ni trêve, l’expulsion des gueux qui retardent ses projets pour ce lieu.

Jean-Claude Amara de Droits Devant ! !, une des assos occupantes qui a eu à faire face à la violence physique des vigiles privés du futur opérateur culturel « Usine Ephémère », dénonce avec virulence cette nouvelle orientation « clientéliste » de la politique municipale et parle de « miasmes Tibériens ». « Outre l’opacité de l’attribution du lieu à un projet bobo, dit-il, Delanoë indique clairement aux « sans » qu’ils n’appartiennent pas la ville, que leur place est sur le trottoir. Le nettoyage élitique de Paris se poursuit ». A mi-mandat, la rupture semble consommée entre la mairie de gauche plurielle et les mouvements sociaux.

Contact : Droits Devants ! !

Goutte d’Or Coupure d’air pour le poumon culturel

Autre abcès de tension entre les services culturels de la ville et les petits lieux de culture populaire, dans le quartier de la Goutte d’Or. Cet entrelacs de rues populeuses et multicolores à deux pas de Montmartre, abrite un petit trésor culturel : le Lavoir Moderne et l’Olympic, salle de spectacle et bar. Ces petits lieux se distinguent par une programmation artistique des plus exigeantes et une implication unique dans un quartier dépourvu d’équipements culturels. L’association Procréart qui les administre bénéficiait jusque là d’un soutien municipal. Une subvention en passe de ne pas être reconduite. La mairie ayant choisi de s’aligner sur le ministère de la Culture, après que celui-ci lui ait supprimé la sienne. Si la gestion de l’association en redressement judiciaire semble mis en cause par les institutions, qu’en est-il de l’appréciation de son rôle culturel ? Son animateur Hervé Breuil, aimerait aussi que les actes pèsent dans la balance : « lorsque nous organisons un repas de rue en pleine canicule et que nous distribuons 6000 repas gratuits, les institutions nous mettent des bâtons dans les roues au nom de la circulation des voitures… » dit-il. Le LMP annonce la tenue d’une assemblée extraordinaire de ses usagers le 26 janvier à partir de 19h.

Lavoir Moderne Parisien

Paris. Petite mémoire d’une résistance joyeuse à la culture Delanoë


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Petite balade guidée dans trois lieux de culture populaire sous Delanoë 1er. A l’usage de ceux qui doutent que la lutte pour l’espace et pour le contrôle des liens est continue à Paris (des soldats versaillais à l’assaut de la Commune à la bourgeoisie rose à l’assaut des faubourgs) ces quelques articles parus dans l’excellent Politis au début de ce siècle. Mémoire de la résistance joyeuse à la créativité parisienne à la culture duty free de la Mairie de Paris.

Paris : La Goutte d’Or qui fait déborder le vase

Grandes manoeuvres contre un quartier populaire. Au pied de Montmartre, la Goutte d’Or est le quartier où l’Africain pose ses valises en arrivant à Paris, faisant de l’ancienne terre à vigne, le lieu le plus coloré de Paname. Avec la session des magasins Tati à Virgin’s Megastore, c’est toute la physionomie d’un quartier jusque là, laissé à l’abandon par sa mairie qui change. Sus à la spéculation, y’a du fric à faire, mon bourgeois !

Parfois, le grand nettoyage prends des formes surprenantes, ainsi le Lavoir Moderne Parisien, la salle de concert du quartier, se trouve pris dans le collimateur. La Préfecture de Police, prétextant de la sempiternelle… « Sécurité » a réduit sa jauge de 200 à 100 personnes, condamnant ce petit lieu pourtant essentiel à l’émergence d’une jeune scène, avec ses 500 représentations annuelles pour 35000 entrées. Hervé Breuil, gérant aussi de l’Olympic, le bar caf-conc’ voisin est pareillement menacé paraphrase Victor Hugo « Ouvrons des lieux de culture et nous fermerons les ghettos ! ».

La pétition qui circule repose en clair le problème des cultures dans la ville, de cet urbanisme spéculatif, accompagné d’un nettoyage à la matraque : « Nous nous efforçons, avec le soutien des artistes, d’humaniser une urbanisation qui génère des zones sensibles (…). Dans ce secteur de 22000 habitants, l’investissement dans l’équipement public est déficient depuis des décennies. Une véritable ségrégation est en marche; la Police Urbaine de Proximité tant promise est remplacée par les compagnies de CRS ». Les rassemblements se succèdent amalgamants les mécontentements de plus en plus perceptibles des milieux de la culture populaire, notamment les nombreux lieux menacés par la Préfecture dans l’indifférence quasi totale de la nouvelle mairie.

Décidément, à la Goutte, la colère pourrait, avant l’or, couler à flot. Reprenant l’acte qui n’a pas fini d’être joué entre les caf’conc et leurs amis et des pouvoir publics, hostiles ou méfiants, mais toujours aussi ignorants des cultures populaires de la ville. La Goutte d’Or qui fait déborder le vase ?

David Langlois-Mallet, in Politis 2004

Lavoir Moderne Parisien Olympic Café

20, rue Léon 75018 Paris

PS : Un des très rare lieu encore vivant (en lutte actuellement) : www.rueleon.net

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Squat

C’est l’amour à la plage !

Puisqu’on y est, autant que ce soit l’été. Nous voilà déjà en vacances avec un nouveau petit lieu au bord de l’Ourcq. Il est fait pour aimer, pour rêvasser, expérimenter, créer, jardiner, faire des crêpes. Un lieu d’enfance et d’en face pour réunir les habitants et les passants du XIXe et soutenir les indiens Mapuche. Les mercredis et dimanches l’espace ouvre son atelier on y peint, coût papote et bricole. Il y a bien sur des fêtes et une pétition à signer pour soutenir la demande d’eau et d’électricité que font les animateurs et habitants. « La Maison de la Plage », c’est son nom retiens le, participera au Festival Résistances et Alternatives de Paris qui se concocte pour apparaître du 13 avril au 5 mai. A cette ocasion, il faut noter la journée du 21 avril. A 15 h animation musicale, 16 h débat « comment se réapproprier son environnement immédiat ? », 19 h « La Poule Égorgée », création théâtrale de Luís Pasina. On annonce aussi une expo sur le thème de la friche urbaine et de son histoire récente à Paname. Quand l’histoire se fait temporaire : vive l’été !

David Langlois-Mallet
Politis

La Maison de la Plage, in Politis 2004

4-6, rue de Colmar Paris XIXe

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Théâtre

De profondis

Quelle protection pour le théâtre vivant ? Rien que la loi de la jungle, qu’elle soit libérale ou institutionnelle. Si tu ne joues pas la milliardième version de l’Avare (ou autre oeuvre au programme des collèges) et si tu as survécu au marché sans aide, on t’aura par la loi. Le petit Théâtre 347 était un lieu d’expérimentation remarquablement intéressant. Nous avons le regret de vous annoncer son décès le 2 juin dans l’indifférence la plus totale de la mairie-de-Paris-de-gauche. Pire celle-ci est directement cause du décès, ayant installée une autre association, aux projets d’ailleurs très honorables, dans les locaux. Comme si la capitale et singulièrement Pigalle, avait trop de lieux de culture pour qu’on s’intéresse à leur sort !

Comme si la direction de la Culture, qui subventionne tous les évènements déjà médiatisés et tous les peintres à l’huile de retour des bords de mer, n’avait pas les moyens. Comme si la Mairie qui prétend ne pas connaître son parc immobilier vide dont elle dispose, ne pouvait penser au relogement de cette équipe de Wax qui, sans aide, a fait émerger en un an près de 200 créations, dont les artistes sombrent avec elle ! Au secours on flotte dans l’indifférence, on coule dans le mépris à Paris !

Ex Théâtre 347

David Langlois-Mallet, in Politis 2004

Que Nous souhaiter ? Un 2014 en forme « de guide du routard » dans notre crise du lien

« Bonne année ! » « Beaucoup de bonheur » bien sur… c’est bien… Mais comment ? Dans un monde aux rituels devenus vides de sens, je me permet de vous glisser, entre une réflexion de Noël et des voeux plus réfléchis, une ou deux pistes. C’est un peu mon guide du routard de la quête du sens en 2014. Avec cette image légèrement impudique qui évoque le Jardin d’Eden, un jardin d’Eden menacé, un certain dépouillement mais pas sans perspectives, cela fera pour les voeux que je vous souhaite et vous pouvez peut-être y piocher une ou deux idées utiles. Et comme vous savez que je me démerde souvent assez maladroitement de ma vie (mais je perds du temps dans le soucis du collectif), vous ne serez guère offensé s’ils vous inspirent. Notez, je commence par les constats… Donc si vous êtes de bonne humeur lisez tout, si vous êtes sous bonheur en comprimés… Ben… la fin suffira !

Foi et foie gras
A la messe de minuit l’autre soir à Neuilly (si, si… moi à Neuilly, il faut d’ailleurs que je vous finisse le récit promis), j’étais frappé par le vide de nos anciens rituels alors que le sens de la vie lui reste là, à côté et nous fait des grands signes dans les yeux ou les cris des enfants. Ohé !… Célébrer l’espoir du retour du soleil, du printemps, devait mettre nos ancêtres en transe sous la hutte. Le culte de la naissance de l’enfant roi devait propulser, au temps des cathédrales, l’énergie de fêtes sublimes débordantes de couleurs, d’enthousiasme et d’espoir populaire… Mais nous les regardons comme des barbares, alors que nous sommes si ternes et bien moches.

Le Dieu consommation aussi fatigue
Dans les églises chauffées mais sans chaleur, où s’assemblent par formalisme et sans entrain des coeurs secs et des vies lasses, il n’y a aujourd’hui pas plus d’enthousiasme que derrière les caddy de Noël dans les temples de la consommation de ce Dieu « Croissance et Consommation » auquel on ne croit plus non plus, mais dont on continue le rituel du foie gras (en pensant au diable surpoids). Adorer la Vierge, même par formalisme, fourrer la dinde, même de batterie. La maman et la putain, les hommes n’évoluent guère qui séparent le monde et les femmes…

L’angoisse du Dieu écran

L’enfance, l’amour, la substance de la vie est toujours la même autour de nous, mais nos outils pour la penser ensemble et la partager nous tombent des mains d’ennui. Nous sommes à une époque étrange de gens de loisirs préoccupés, instables devant nos écrans multiples. On compte les rares manifestations de joie collective auxquelles nous avons participé : une fête réussie ? Une victoire en sport ? Mais quelles grandes manifestations du bonheur et de la chance unique (et passagère…) d’être là ensemble… Vivant-es !

Dans notre société critique et lucide, la religion nous apparait comme une mascarade, mais nous souffrons de crise de foi, la politique une supercherie mais nous dépérissons de l’absence de perspective, la famille un champ de mines alors que nous avons soif de liens et le couple un risque alors que nous n’avons rien à perdre que notre petite vie que nous perdons de toutes les façons à la gagner, dans des emplois auxquels nous ne croyons plus, ou à galérer dans l’administration de la précarité. Selon.

Petits bonheurs en tête à tête

Nous nous voyons de moins en moins ensemble avec à tout ça, mais surtout le plus souvent en tête à tête. La culture de masse rencontre ici l’individualisme. Le modèle typique du temps, ce sont les sites de rencontres. La rencontre matrimoniale relevait du choix social, la rencontre romantique de l’accident social, mais du social, de l’élection au milieu des autres. Elle est devenue l’objet d’un choix individuel programmé sur catalogue. Ce n’est ni bien ni mal moralement, cela donne même de très jolies rencontres (deux des plus marquantes de ma vie en ce qui me concerne), je pointe juste dans une tentative de réduction de plus en plus grandes de nos vies à nos objectifs conscients et prévisibles. Comme notre cuisine, tout est efficace, mais… la saveur ? N’est-on pas sur le point de perdre le principal quand on perd ce qu’il y a « autour » ?

Mon but n’était pas de vous déprimer !

Cela débouche sur un monde où il est très facile de faire des rencontres et relativement impossible de savoir quoi faire ensemble dans la durée. « Le difficile, visait juste Paul Valéry, n’est pas de trouver, mais de s’ajouter à ce que l’on trouve ». Et on déteste le difficile à notre époque !Bien sur, je force le trait, on connait tous un couple qui a l’air heureux non ? Bon, allez, deux (moi trois parce que je connais beaucoup de monde ! §;-)

On peut même trouver quelques élus qui n’inspirent pas de mépris ou de méfiance. Et aussi on a tous quelques amis qui ont un travail vraiment utile dans lequel ils ont l’air épanouis… Mais comme tout cela se donne dans un monde où notre plaisir sait qu’il a détourné les yeux du massacre des enfants syriens, où l’on sait que notre portable est alimenté à une centrale atomiques qui mets nos enfants en sursis, que notre pensée renonce à imaginer le clonage transgénique des aliments industriels que nous servons à notre table. Quand même l’interdiction pèse sur les semences du potager de village où se réfugie notre imaginaire… Avouer que ce n’est pas franchement les anges de Bach qui s’élancent au ciel de nos pensées… Mais cela donne toujours un peu d’élan sous les voutes d’une église.

J’avais dit un truc positif  pour 2014 !

En France on aura du mal, je ne peux pas vous le cacher, à échapper au spectre de notre grand suicide collectif de 1914. Nous sommes marqués plus que nous le pensons, dans la chair et les névroses de nos familles, par cet imaginaire du déclin et de l’échec (ce pourquoi les immigrés nous seraient si utiles d’ailleurs, car ils ont la fraîcheur républicaine et des rêves neufs, si nous ne fermions pas la porte avec les restes de notre rêve colonial). On y reviendra ailleurs. Donc du positif, disais-je…

Je vois de trois pistes pour ma part :

L’artisanat de nos vies

Il se développe. Quitte à être individualisés, au moins soyons nous-même. Rejoignons le mouvement de l’individualisme créatif. Faisons oeuvre à partir de votre vie. Nous sommes la première génération active auprès de ses enfants (c’est déjà pas mal à côté des parents qui se contentaient de grands mots et de télé).  Je vous souhaite de réussir à ajoutez ce que vous êtes au monde, soyez-vous même, fabriquez vos vies à la main. Portez du sens. Ce n’est en général pas terrible, je parle d’expérience, mais on fait toujours un peu mieux le coup d’après. De loin en loin, d’effort en effort, les choses qui ont vraiment du sens pour vous finissent par ressembler à quelque chose. Et il me semble que le premier terme de toute satisfaction, commence toujours par se réapproprier ses propres pensées. A ne pas les laisser à la télé, aux écrans ou à des choses vide de sens pour ce (et ceux et celles !) à qui et à quoi on tient vraiment.

Le choix des liens et le tissage patient
Je reste frappé par le nombre de gens chouettes dans une société qui se renvoie une aussi hideuse image d’elle-même. C’est sûrement que (nous !!!) les gens chouettes, n’avons plus trop prise sur la marche du monde et l’image des choses, comme la représentation politique par exemple. On ne changera pas ça en un jour et même peut-être pas du tout. Mais si l’on peut refaire société ensemble, je suis convaincu que ce serait un bon pas de refaire des cabarets, des fêtes, des tablées, des salons, des soirées de conversation sur le monde… D’où mon insistance à défendre une culture vivante, celle que nous fabriquons nous-mêmes, celles où nous sommes acteurs, celle où il y a temps de partage collectif et pas seulement consommation individualisé.
Il ne faut pas trop demander aux autres, mais la mise en liens de gens de qualité reste la meilleure société.

Du courage ! Du vrai !

Je pense qu’il faut aussi se demander un peu plus à nous mêmes en 2014. La vie nous parait difficile parfois, mais ce n’est pas grand chose dans l’histoire humaine. Imaginer ce que pèsent nos petits inconforts, comparé au temps où l’on avait peur des bêtes fauves dans les grottes, ou l’on tremblait dans sa hutte que le seigneur pillard du voisinage se souvienne de nous, où nos vies étaient réduite à la maladie prochaine et où tous nos liens affectifs étaient en sursis. Comme ces gens là, nos ancêtres, vivaient intensément et accordaient du prix à chaque instant volé ensemble à la mort !

Ce qui est angoissant aujourd’hui, c’est moins l’avenir qu’un deuil. On nous avait dit que la vie serait facile. Nos grands parents avaient connu la guerre et ils nous avaient promis qu’elle ne reviendrait pas. Nos parents ont fait la foire en 68, tout dépensé (et continuent à le faire en se réservant les dernières retraites après avoir brûlé les héritages) en nous disant que de toutes les façons l’avenir serait facile. Autant dire que « Moi d’abord ! » devient « Après Moi, le déluge ! ». Nous ne nous attendions pas à vivre cela, encore moins ce que l’on sent qui vient. Nous sommes nés d’un monde en progrès et nous vivons un monde qui tombe en ruine.

Les écuries d’Augias

A vrai dire, notre monde resterait acceptable mais ils nous demanderait des efforts collectifs, que nous ne savons plus faire, et pour lesquels nos leaders nous divisent au lieu de nous organiser, trop occupés à sauver leur part de gâteau ou leur gilet de sauvetage dans notre paquebot qui tangue. La question n’est pas seulement nous mêmes, ce sont nos enfants. Pas des enfants imaginaires, ce qu’ils vont vivre réellement dans 10 ou 20 ans. Sans Sécu demain, sans guerres encore pour combien de temps ?

Tenus à l’écart du champ social et politique, nous sommes des générations qui avons énormément investit sur l’enfance. Avec un objectif, ne pas reproduire ce que nous avions vécu. Des générations qui ont beaucoup pris sur elles-mêmes, investit dans la psychologie ou le dépassement de soi. Rien ou très peu qui prépare à une prise en main des collectifs. Ça risque pourtant d’être urgent de se responsabiliser là aussi car que pèsent toutes ces petites harmonies privées quand le tout s’effondre ?

Se sentir solidaire des précaires ou des riches ?

Je crois que la principale erreur de nos société développées a été de ne pas se solidariser avec les pays pauvres par le passé. De rester dans la compassion, le cynisme, la mythologie révolutionnaire, ou l’indifférence selon… Les rêves de toute notre société ont été orientés vers le plus de richesse. Les rêves… La culture encore ! Pendant que le partage se réduisait et que nos efforts nous profitaient de moins en moins, créant des fortunes qui, plus riches que des états aujourd’hui, sont en situation de recréer les grandes féodalité et leurs nouveaux serfs. Une féodalité sans la transcendance. Des invasions barbares qui ne sont pas celle du migrant venu apporter ses forces à la construction de nos villes. Mais celles des OPA inamicales sur nos institutions, nos économies, nos villes (on le voit très bien à Paris comme dans toutes les zones touristiques), et pire peut être, leurs OPA sur nos imaginaires.

Réenchantons ensemble !
Nos imaginaires, nos pensées, notre temps, nous en avons besoin pour réenchanter nos vies, nos amours (il en est question abondamment sur LMicromonde), nos quartiers (aussi) et nos moments collectifs.

En bref ? Je nous souhaite en 2014, des liens, des oeuvres, du courage !

Des liens réenchantés, des oeuvres qui ressemblent au meilleur de vous même et du courage… (si possible collectif !). Voilà, je ne sais pas toujours pourquoi je vous raconte toutes mes conneries, mais je préfère toujours me faire confiance et vous les dire, que de me taire. Ou tout simplement je vous fais confiance à vous… pour faire le tri, va savoir !

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Allez, la bise sous le gui !

© David Langlois-Mallet
lmicromonde.wordpress.com

Mort de Clément Méric : L’extrême-droite, un art martial négatif

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C’est la mise en mouvement de la lumière qui fait reculer les ténèbres, pas la fascination morbide de la nuit sale et sans fond de notre genre humain. (Suite de la mise en ligne de mes écrits divers) :

http://debats.terrafemina.com/societe/4097-agression-de-clement-meric-fait-divers-ou-de-societe/57545-clement-ce-nest-pas-la-nuit-cest-notre-absence-de-reves

Les Agoras du Peuple Créatif, concertation de territoire avec le 6B et le 100 E.S.C et le Musée du Montparnase

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Les Agoras
sont une concertation des acteurs culturels du territoire du Grand Paris organisée en 2012

« Se réunir simplement pour échanger sans chichi, hors des formes habituelles de mise en scène du pouvoir, ou du savoir à la recherche d’invention nouvelles. »

L’idée des Agoras, voulues cet été dans le creuset de La Fabrique à Rêves du 6B s’est amplifié au CENT à la rentrée. Elle trouve ses racines au Musée du Montparnasse.

Nous explorons donc dans nos Agoras autant les richesses de notre culture populaire du Grand Paname et de ses frictions avec les logiques institutionnelles ou centraliste, que nous nous intéressons à ces idéologies qui soutendent l’action des pouvoirs, sans que leurs acteurs (élus, services, haute administration) ne pensent à en interroger les fondement et surtout la finalité réelle.

Ce bouillon d’idées qui pourrait servir, sans rupture avec les logiques de quartier, autant l’invention d’un nouvel imaginaire collectif, fondé sur la diversité des paroles (au pays du centralisme-parisien-roi !) que des politiques publiques qui prendraient réellement pour racines les besoins des citoyens et non celui des concepteurs d’infrastructures (je pense au Grand Paris que l’on prépare sans nous bien sur).

Pour en savoir plus suivre ce lien :

http://www.unpeuplecreatif.fr/spip.php?rubrique7