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Coup de gueule. Aux vieilles gauches qui m’emmerdent… Et celle qui pourrait me faire rêver

Deux gauches se déchirent et nous feraient presque oublier que nous seront demain les otages de leur manque d’imagination. Pourtant, il ne faut pas les confondre. Mais trouver le moyen de proposer du neuf.

Dehors la gauche des yuppies !

Celle des petits cadres ambitieux et des jeunes loups du marketing qui ont raté leur destin dans la promotion immobilière et la publicité et sont venus squatter en nombre l’espace public et la politique. Rentrez chez-vous petits énarques fièvreux, « phobiques administratifs » élus, fondés de pouvoir de la Finance qui n’ont jamais été élus et n’ont jamais milité. Restez dans vos familles héritiers divers, Papamadit et autres « femmes de »… Portez ailleurs votre soif de promotion sociale et votre besoin de reconnaissance. La plus vieille des gauche ? C’est d’abord celle de Valls

La gauche à la papa, ok, mais pour papa seulement
L’autre gauche qui m’endort est l’adversaire de la première. C’est la gauche à la papa. Bien sur on les aime bien nos retraités de la fonction publique, nos Filoche, mais de là à croire qu’ils peuvent parler en notre nom, écrire les programmes politiques et économiques seuls, nous dire ce que sera le XXIe siècle… stop.
Bien sur leurs engagements sont sincères, eux. Oui, ils aiment la veuve et l’orphelin, eux. Ils ont la solidarité dans les tripes et on en a besoin. Ils défendent les plus petits qu’eux et on ne les mettra pas dans le panier de ceux qui doivent partir, mais de ceux qui doivent un peu la boucler parfois et apprendre à écouter. Votre modèle à la papa du plein emploi, du salaire à vie derrière le même bureau, avec toutes ces petits mesquineries quotidiennes et le calendrier des photos de plage accroché au-dessus, n’est pas notre seul horizon du bonheur et de l’émancipation humaine. Le salariat est fait pour être dépassé, même dans Marx je crois bien. Et n’oubliez pas que si votre gauche à sombré, c’est d’abord du fait de sa réussite. La lutte pour le bonheur, réduite aux acquis salariaux a débouché sur une société de consommation. On n’en veut plus. La Terre n’en peut plus.

Les petits marquis de la gauche radicale
Une gauche qui me courre sur le haricot sérieux, c’est la gauche des élégances morales radicales et des petites pratiques. Les « je suis assez conservateurs dans les valeurs de ma famille, ma vie privée est under contrôle, ma vie économique c’est un sujet à part », mais plus radical que moi sur les minorités, les théories sans conséquences tu meures ! Raz le bol de votre égoïsme qui n’est qu’un parisianisme. De vos engagements destinés avant tout à vous assurer le confort moral, seul accessoire qu’il n’y a pas encore dans votre salon. Vos vies manquent de profondeur, votre engagement de racine, vous faites de la politique comme vous feriez de la peinture sur soie et surtout vous donnez des leçons à tout le monde. Merde. Plutôt que de faire les élégants, à l’heure où le FN est le premier parti de France, montrer votre capacité à redonner du sens politique. Les principes universels sont faits pour être partager, non pas pour servir de rente à des egos. Arrêtez de nous faire croire que vous seul vous positionnez tout là-bas, à la fine pointe d’une radicalité désirable (que vous vous épargnez en général de vivre). Donnez des exemples plutôt que des leçons, vous verrez, ça rend modeste.

Les scrogneugneux d’appareil
Pas non plus cette soi-disant gauche de vieux jeunes gens d’appareils. Formés à toutes les compromissions dès le plus jeune âge pour n’avoir l’oeil que sur le nombre d’élus et leurs rentrées dans les caisses du parti. Les stratèges toujours prêts à dégommer tout ce qui ne leur apporte pas de bénéfice tactique. Les squatteurs des postes et des assemblées politique. C’est la politique réduite au jeu institutionnel, dévitalisée par les professionnels de la profession qui entraine le dégout démocratique général dans le pays. Vous êtes les tues l’amour de ce pays, les croque-morts de la politique et en plus c’est à votre propre bénéfice. Le rêve ?

Nous sommes nombreux aussi je crois, même si nous n’avons pas besoin d’être au pouvoir, à vouloir une politique économique de la liberté qui ne soit pas une politique de l’égoïsme, du profit personnel et du chacun pour soi. Une politique collective qui soit aussi une politique de la créativité, de la formation toute la vie, des innovations, de l’éveil et de l’ouverture aux autres, de l’épanouissement solidaire, de la culture. Une politique des assemblées vivantes, de la parole de chacun, de la diversité et des postes partagés. Une politique de la fierté d’un service public performant et sûrs, mais une politique économique des complexités et des mutations et des richesses des individus.

  • Peut-être une flexi-sécurité comme il existe dans les pays du Nord de l’Europe qui passent pour sociaux et ne connaissent pourtant pas le chômage ?

  • Peut-être un revenu citoyen qui tienne compte de la dématérialisation de l’économie et de toutes les richesses que nous produisons et qui ne sont pas rémunérées ?

  • Peut-être une taxe sur les flux financiers et l’actionnariat plutôt que des charges sur les salaires ?

  • Surtout un autre discours que l’augmentation de la croissance, de la consommation et des salaires !

    Une politique de l’économie soutenable car nous savons que dans les limites de la Terre, il ne sera pas possible que nous gagnions plus mais il est nécessaire que nous partagions, que nous nous limitions pour pouvoir investir le champ du vivre mieux.

Bisou,
David Langlois-Mallet

© Mesparsiennes.wordpress.com 2014

Ecologie : Qu’attendez-vous Mesdames ?

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Hier, à l’heure du pugnace duel médiatique des deux grandes dames, Nathalie Kosciusko-Morizet Ségolène Royal nous étions en débat (très consensuel celui-là) au Salon du livre de l’écologie avec deux autres anciennes ministres de l’écologie, Corinne Lepage et Delphine Batho qui additionnaient (adorablement) les constats d’impuissance et multipliaient les interrogations (sincères) sans être vraiment en mesure de renoncer à la cause première de leur impuissance politique.

Que pourraient-elles bien faire d’autres que d’attendre qu’UN premier ministre les rappelle pour un autre maroquin de la déception un de ces jours ?

Le Salon du livre d'écologie, dont j'étais le Monsieur Loyal cette année, se tient tous les ans. http://www.festival-livre-presse-ecologie.org/
Le Salon du livre d’écologie, dont j’étais le Monsieur Loyal cette année, se tient tous les ans.
http://www.festival-livre-presse-ecologie.org/

Curieusement d’anciennes ministres vertes aux débats de l’écologie… point

Dominique Voynet n’est plus en politique et son double et successeur Cécile Duflot, (à Ménilmontant dans sa circonscription pourtant…) se faisait très discrète. Son livre parle pour elle sur l’air peu convaincant du « on ne savait pas (mais c’était bien quand même !), vous ne le savez pas mais je suis quelqu’un de bien », bref très gentillet encore l’histoire de la petite fille de français moyens bombardée ministre dans une aventure qu’elle ne maîtrise pas (quasi une réfugié climatique quoi), mais rien qui corresponde de près ou de loin à la responsabilité politique dans une situation historique inédite de destruction financière de l’écosystème dont nos vies commencent à peine à vivre les conséquences.

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Cette image terne et triste de femme politique aux yeux battus contrastait fortement sur les piles de signatures avec l’éclatant « L’insoumise » de Delphine Batho, à la superbe omniprésente sur le salon plutôt fréquenté par les associatifs de l’écologie. Vacharde, une festivalière faisait remarquer que le ministère de l’écologie rendait écolo tous les politiques qui y passaient, alors que les écolos à l’inverse, sortaient des gouvernement en y ayant laissé l’écologie…

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Même portefeuille, mêmes cruelles limites

Mais comment peut-on croire et encore moins faire croire à une politique écologique possible, fait d’un simple ministre, quand l’axe central même de la politique unique est la croissance, le productivisme, l’ordre économique mondial ? Comment feindre de se condamner soi-même (contre quelques avantages je crois) au rôle de marionnette et se décevoir par la suite ?

Des stratégies globales ?

Autre son de cloche avec les actrices du premier rang des partis de gouvernement… Même résultat ?

Ségolène qui a en son temps tenté un des contournements les plus hardis du système, par la présidentielle, n’a t’elle pas été détruite par ces mêmes proches qui aujourd’hui les deux pieds dans le pouvoir et tout autant dans l’impuissance politique totale… sauf quand il s’agit de lui imposer des renoncements ? Au fait de son pouvoir personnel, elle ne fait que revenir à sa position, poste pour poste et même date pour date, vingt ans plus tôt. Même portefeuille, mêmes cruelles limites.

Nathalie Kosciusko-Morizet elle, ne vise pas un ministère, elle veut, ce qui est plus crédible, prendre le pouvoir de l’intérieur, sûre de sa force de volonté pour imposer ses choix ensuite. Avec toute ma sympathie et je l’avoue un peu plus parfois, là s’arrête notre point d’accord.

Ne voit-elle pas le poids des lobbys ? L’affaiblissement de l’Etat et de la volonté politique d’une manière large ? L’insuffisance du cadre national sur un problème de cette échelle ? Surtout peut-on impunément croître dans le Sarkozysme, ce noyau nucléaire de l’affairisme en politique, et changer quelque chose ensuite à ce système s’il nous choisi ?
La droite laisse émerger des personnalités d’une dimension présidentielle qui manque à gauche. Elle a la force de réussir son pari et sera demain ou après demain, première ministre ou présidente, seul poste où l’on peut décider d’une politique écologique. Mais quels seront alors ses appuis ? Que pourra t-elle changer ? Et surtout, dans une optique libérale, à quel inéquitable prix pour les plus fragiles ? Que serait une écologie qui ferait l’impasse sur la réduction des inégalités ? Se voit elle demander seulement aux super-riches qui seront ses grands électeurs, dont la surconsommation et la course au profit sont la cause de la destruction de l’équilibre même de la Planète de modérer leur soif d’or ?

J’ai beau être imaginatif, je ne vois pas ce que pourrait être une écologie d’en-haut, sans mouvement populaire. La seule idée de déposer un bulletin Sarkozy dans une urne pour espérer un changement écologique aurait, je te l’avoue Nathalie, de quoi me faire fuir moi-même jusqu’aux Indes !

Suivant avec sympathie (des déceptions et des sévérité inégales, plus forte selon leur degré d’engagement écolo) ces personnalités dont j’ai encouragé ou soutenu l’action en faveur de l’écologie à un moment ou à un autre, je ne peux qu’être frappé d’une chose : l’inefficacité de toutes leurs tentatives d’inflexion de la politique unique, celle de l’ordre économique dominant qui s’oppose fondamentalement et de plus en plus punitivement (c’est à dire avec l’appuis de la légalité) à une évolution de la société qui tient pourtant de la survie, de nombre d’entre-nous, mais de notre espèce tout entière à terme.

Alors pourquoi ne pas essayer l’alternative politique ?

Alors je trouverai pour ma part beaucoup plus crédible qu’un Front écologiste s’ouvre en France, qui regroupe toutes les personnes qui à un moment où à un autre veulent dépasser par le progrès cette politique unique, avant que ce ne soit le FN qui nous impose son alternative régressive.

La principale faiblesse de tous les politiques que j’ai vu ces jours-ci au salon semble être de ne pas se croire en l’audace et de ne plus oser renverser la fatalité. D’être incapable d’imaginer de résister, de se penser même en dehors d’une place (la plus au chaud possible) que leur donne le système. L’esprit de la Résistance semble bien mort chez eux, chez elles. A moins que tout le système n’attendent finalement plus qu’un sommeil létal, celui des banques ou du FN pour se donner le droit de réagir ? Je ne sais pas.

Des exemples de volonté collective ?

Le FN montre pourtant, qu’un parti parti de rien et sans appuis dans le jeu de bascule des pouvoir de droite à gauche, peut devenir le premier parti de France pour peu qu’il soit fidèle à une stratégie, celle d’une expression forte et clivante.

Plus positivement, l’exemple local de Grenoble montre qu’une alliance des écologistes et de la gauche libre déclenche la possibilité d’un nouvel espace politique. Les gens sont avant tout dégoûtés par le système actuel où les élus ne servent qu’à accompagner l’injustice et la violence de l’ordre économique mondial.
Une telle alternative grenobloise était possible ailleurs, à Paris en particulier ou l’arrivisme de nombreux Verts plus désireux de promotion sociale personnelle que d’un changement politique alliée aux stratégies d’un PC conduit par un jeune homme sénile, à eu raison de toute alternative. Où l’on voit que cette position forte, novatrice et rassembleuse confiée au seul génie des artificiers du Parti de gauche et de leurs déclamation du XXème siècle pouvait acquérir rapidement la puissance de tir d’un pistolet à bouchon.

Entre l’autoritarisme identitaire et les multinationales y a un boulevard démocratique en France. Ma question est : qu’attendez-vous Mesdames ?

David Langlois-Mallet

c Mesparisiennes.wordpress.com 2014

Le dernier mouton de Paris se fait casser la gueule

Voilà l’ami Atlan sérieusement amoché… Un grand coup pour l’artiste (mais aussi) un petit coup contre notre humanité.

Pourtant, il ne demandait pas la lune. Il bêlait juste sur son vélo. C’est pas grand chose sa petite performance (qui nous susurre peut-être en creux, que nous ne sommes plus que des moutons). On peut aimer ou non, comme tout expression de rue, mais on doit défendre ce droit à l’originalité, à la liberté d’expression.

Voir le reportage d’Aline Chambras pour Arte Radio ici :

http://download.arteradio.com/static/player/export.html?ids=615809

Pour tout dire, ces individus qui ne veulent pas marcher la tête basse vers le prochain métro et le turbin sans entrain, nous font du bien.

D’autres y ont vu une insulte à leurs croyances, à leur identité et lui ont cassé le nez

Je ne veux pas rajouter, lui non plus je crois, à tous ces doigts qui souvent d’en-haut, pointent une religion plutôt qu’une autre. On peut le faire avec chacun des identitarismes à la con qui tiennent lieu de culture aux esprits que la mondialisation à déboussolé : je constate juste que ce qui se cache dans les replis des âmes en quête d’une consolation, puis d’une vengeance collective, se joue contre notre paix à tous.

Voilà, j’avoue que j’aurais préféré me moquer qu’il prenne enfin soin de nous pour une fois (en se faisant refaire le museau). Mais ce sera pour une prochaine fois. Là, je suis juste un peu triste de cette montée des ligues de tout bord et de la violence qui fait que les imbéciles sont tous plus frères que les artistes ne le seront jamais.

David Langlois-Mallet

c Mes Parisiennes 2014 mesparisiennes.wordpress.com

« Elle est où l’alternative ? », réponse à Manuel Valls

L’objection de Manuel Valls touche pile dans ce qui m’intéresse en ce moment : Oui, quelle est notre alternative pour remplacer la politique unique, celle qui de Sarkozy à Hollande considère que la seule voie passe par dégradation de notre quotidien; alors même que nos richesses produites ont explosé ces 30 dernières années comme jamais ?

Il y a une réponse simple, une réponse vraiment de gauche. On commence par protéger les plus faibles et un service public de qualité. Au besoin, on mets les super riches (le fameux 1% qui possède plus de 50% vous savez) à contribution. Car on a les moyens de vivre tous bien dans ce pays et largement, ce que l’on appelle « la crise », n’est pas un manque d’argent, c’est juste un déséquilibre de la répartition des richesses.

Il y a une réponse de type souverainiste portée à droite de l’UMP et parfois à gauche du PS. On refuse l’idée que nous serions tributaires des banques et cette dette imaginaire que nous n’avons pas contracté, nous la dénonçons. Au besoin nous sortons de l’Euro pour cela. Bref, par l’affirmation d’une force, nous politisons internationalement la question.

Il y a une réponse libérale de terrain. Les entrepreneurs, les porteurs d’initiatives, les artisans, les indépendants, les commerçants… Portent beaucoup trop lourd de charge pour chaque emploi. Il est absurde d’implorer l’emploi et de le taxer en même temps. La protection sociale ne doit plus se financer sur le travail.

Il y a une réponse Larrouturienne disons. Partageons le travail et acceptons que l’humanité est en marche vers une société où la libre activité, les loisirs, prennent plus de place.

Il y a une réponse écolo, avec l’épuisement des ressources et la crise environnementale, ce qui est en jeu est une mutation de notre type d’économie. Il faut produire différemment, consommer plus sobrement. Il faut s’engager rapidement dans une économie du partage.

Et enfin, je dirais qu’il y a une réponse qui est celle des milieux créatifs (artistes, oeuvriers, lieux de culture de proximité etc…) que j’ai tenté de formaliser au sein d’Un Peuple Créatif et qui est parente des deux précédentes. Elle dit que notre crise est une crise humaine, une crise des valeurs et de l’être dans ses relations aux autres et que pour y répondre la cité doit faire de la place à l’ensemble des propositions de culture vivante, elles ont à nous proposer mieux, que la culture de consommation dans laquelle nous sommes englués et qui est la base de la dépression collective que nous traversons.

Je ne crois pas trop aux réponses uniques et les systèmes ont faits les preuves, chacun, de leurs limites. Il me semble que de vrais responsables politiques piocheraient un peu dans toutes ces propositions là de manière à parvenir à un équilibre. Qu’ils le feraient en mettant en marche l’ensemble du tissu social. Pas en paradant devant le Medef, qui ne représente que les très gros intérêts et la part la moins intéressante et la plus égoïste des l’entreprises.

Mais nous sommes sûrement majoritaire aujourd’hui à être certain que la réponse n’est pas de sacrifiés nos vies et nos liens au Dieu croissance. Car il détruit l’avenir de nos enfants, nous fait un quotidien misérable et ne profite qu’à quelques super-riches dont la puissance et l’impact des intérêts sur les états est une menace pour la démocratie et la liberté même de l’humanité.

J’ajouterais que si nous avons un grief particulier vis à vis de la gauche, ce sera de ne s’être jamais donné les moyens d’essayer autre chose que la doxa des experts libéraux (qui en général émargent par ailleurs auprès des gros intérêts) et d’avoir inversé la promesse politique. Elus pour donner la priorité aux citoyens, ils auront, avec les pleins pouvoirs, fait de la politique le jeu des intérêts privés.

Et pour faire réponse à un ami Vert qui demandait : « pourquoi en vouloir aux Verts ? » Et bien tout simplement parce qu’étant conscients, porteurs d’analyses nouvelles et de propositions tout aussi nouvelles, ils ont préféré quelque postes inutiles (ou plutôt utiles qu’à eux-mêmes) au lieu de se faire porteur d’une alternative. Et qu’ils ont donc plus de responsabilité que les autres au fait qu’aujourd’hui, la société française n’identifie comme alternative possible à la politique unique, que le Front National et court donc, en plus de la crise économique, le risque d’une dérive autoritaire et d’une violence identitaire.

Car, oui Manuel Valls, la question est bonne : « Quelle alternative ? » Effectivement, c’est cela le tourment de la société française, l’alternative existe mais aucune force politique ne s’est donné les moyens de l’incarner et les socialistes au pouvoir se sont bien gardé d’encourager, ou de soutenir, ne serait-ce que par des expérimentation, les forces sociales, culturelles, humaines qui ont concourues à les mettre au pouvoir. C’est votre très grave faute, celle qui fait que vos propres électeurs souhaitent aujourd’hui votre défaite « dans tous les cas de figure ».

David Langlois-Mallet

Pour mémoire :

Propositions collective à Jean-Marc Ayrault https://mesparisiennes.wordpress.com/tag/ayrault/

Campagne Hollande, Altaïr, texte collectif Un Peuple Créatif http://www.unpeuplecreatif.fr/spip.php?article33

c Mes Parisiennes, 2014

Idées. Clitoris, culture, politique et Renaissance ???

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Résumé. La réinvention de notre art d’aimer est une question politique. La sexualité étant valeur centrale du système individualiste et d’une culture masculine épuisée. La « découverte » du clitoris et l’intérêt nouveau pour le plaisir des femmes n’est pas qu’une question féministe. Elle participe d’un mouvement culturel qui se pose la question du lien. (Cet article part d’une controverse au sujet d’un article de Slate sur la sexualité « mécanique » des femmes).

La culture des femmes, pour un homme, c’est précisément de réintroduire le lien, les émotions, l’affect, la complexité, la singularité… en un mot la relation dans le monde mécanisé, rationalisé et devenu vide de sens d’une culture masculine triomphante mais en crise comme jamais.

J’ai donc du mal à comprendre que comme dans cet article, des femmes se valorisent de l’espoir de prouver qu’elles sont des machines, simple mécaniques capables elles aussi de jouir sous Viagra. Ô triomphe !

Ce féminisme mécanique ne serait que cette égalité par le bas ?

Derrière cette idée « nous sommes comme les hommes », il y a tout un féminisme très réducteur (qui a mon humble avis a pris les hommes comme « étalon » de la libération des femmes, comme les premiers esclaves libres mettaient un casque colonial). Bien sur, on sait depuis Renaud, que comme Madame Thatcher, les femmes peuvent être « aussi » des hommes. Sûrement en se mutilant, mais elles le peuvent. Avec un peu d’effort, elles finiront par nous prouver qu’elles peuvent défiler au pas, éventrer l’adversaire ou aller vomir leur trop plein de bière après avoir gueulé au match et bourrer de coup de coup de rangers les pauvres étrangers croisés sur leur chemin. Le jour où les femmes seront aussi cons que les hommes, on sera tous bien avancé.

Il est évident que comme êtres humaines, les droits sont égaux avec les êtres humains. Je n’arrive même pas à comprendre comment le pouvoir politique peut tolérer l’inégalité des salaires entre les sexes. Je ne conçois même pas dans les couples qu’il puisse encore exister des inégalités dans le partage des tâches ménagères ou la participation au loyer ou la part prise au soin des enfants. Mon propos part du principe que ces égalités là par exemple sont considérées comme une base indiscutable dans une relation juste normale.

Autre avertissement (en note de bas de page*) quand je réponds ici à l’article sur le « viagra* » ou le « clitoris », la question qui m’intéresse c’est celle qui est cachée derrière : quelle idée avons nous de la différence des sexes ? Quelle relation et quel art d’aimer pouvons-nous réinventer ? Là encore on suppose l’âge du voyeurisme dépassé et que le lecteur et la lectrice, même jeune journaliste, ont acquis une familiarité technique et érotique avec l’animal en question, histoire de pouvoir y penser autrement qu’en état de choc (pruderie ou excitation) brouillent également l’analyse.

Le clitoris comme sujet culturel

Donc la « découverte » récente du clitoris, signe de l’importance nouvelle donnée au plaisir féminin, participe à faire exploser notre culture dominante (masculine) qui tendait à réduire la sexualité à la pénétration.
Le clitoris, seul organe dans l’espèce humaine qui n’a comme fonction QUE (j’ai pas dit queue) le plaisir, nous oblige à penser une sexualité féminine plus complexe que celle de l’homme. Androgyne en quelque sorte, la femme jouissant « comme une femme » et « comme un homme ». Si d’autre part tout le corps de la femme est une zone érogène, si les émotions jouent un rôle central, alors NOUS, hommes et femmes, avons des choses à découvrir ensemble.

Mais la question qui m’intéresse dans cet article, c’est la définition de nous-même.
C’est à dire de l’idée qui préside à notre relation. La rédactrice a l’air de dire : « youpi, nous sommes des machines ! » sous entendu « comme les hommes ». C’est donc le règne des mécaniques, mécaniques jouissantes sous comprimés, mécaniques souriantes sous antidépresseur et actives au boulot sous drogues diverses ? Que veut-on prouver ? Le pouvoir des drogues sur le cerveau ?

Si dans notre culture effectivement la sexualité masculine s’est appauvrit culturellement au point de se réduire à une mécanique, qui gomme le lien (prostitution, pornographie, consommation etc.) à, fait de la femme un trou vide de sens. Cela n’est pas sans lien avec toute notre société dans l’impasse relationnelle et dans la crise affective (L’ultra moderne solitude de Souchon, vous avez sûrement déjà senti la larmichette).

Plus la crise affective individuelle et forte, plus nous surinvestissons dans le sexe et l’argent dans une fuite en avant qui fini par tout détruire autour de nous (le film Le Loup de Wall-Street et excellent à cet égard. Quelle belle énergie vitale séduisante du héros toujours camé ! Il ruine les gens pour s’enrichir dans la course folle des bourses (tient « les bourses » on revient au sexe) qui ruine la planète et hypothèquent l’avenir de notre espèce sur Terre. Ça te parlera je suis sûr Naïk comme écolo !

Je laisse à d’autres le soin de prôner l’abstinence comme retour au temps des cathédrales* ou la consommation sexuelle comme épanouissement dans le grand supermarché. Je me contente de penser pour ma part que la réinvention de notre art d’aimer est aussi une question politique.

Qu’elle participe d’un ensemble de phénomènes culturels, qui tendent à redonner sens à la relation, à ceux qui nous entourent, comme une réaction naturelle de notre société à sa déshumanisation et à la course au plus d’argent comme condition imaginaire d’un bonheur toujours inaccessible qui ronge nos vies aussi sûrement qu’il détruit la planète.

La sexualité, valeur centrale du système individualiste. On ne s’étonnera pas qu’une Renaissance soit aussi ici à l’oeuvre.

© David Langlois-Mallet

Lmicromonde.wordpress.com/
facebook.com/langlois.mallet.paris

Note : * Le Viagra, je trouve que c’est un peu une régression (sans préjuger de l’avenir) mais en tout cas comme horizon du plaisir de la maturité, c’est pauvret. A 20 ans, ton rapport à toi-même et aux femmes tient dans ta queue et c’est assez normal. A 30, la sexualité s’est élargie, à 40 la relation, les émotions, l’érotisme prennent plus de place etc… et tu n’appelles déjà plus sexe la même chose. J’imagine qu’à 50 et 60 le phénomène s’amplifie à mesure que la pénétration exclusive régresse. Beaucoup d’autres choses ont place dans la vie. Je suppose que la vie même prend plus de sens à mesure que la mort s’approche et il est probablement pathologique d’avoir à 60 ans une sexualité de 20, c’est à dire assez pauvre.

Note :** Pour rire un peu avec le retour de Néandertal qui nous guette dans le même temps ajoutons, m’a dit une amie féministe, un mouvement catho en Espagne qui voudrait interdire la masturbation, cause d’un génocide de spermatozoïdes, mais notez là encore l’inégalité, les femmes ne tuent pas d’ovules en se caressant… L’ancienne domination masculine n’a t-elle même plus le droit d’asile ?
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Squat : Que sont nos amis devenus ? (in Politis 2007)

Comme naguère ses quartiers populaires, Paris perd ses enclaves culturelles. Les squats fondent cet été comme neige au soleil.

Restera t’il un bon petit squat d’artistes parigots ouvert quand Bertrand Delanoë se représentera devant ses électeurs ? On vous dit ça car l’on aurait aimé, vous rencarder tout au long de votre été parisien de bons petits plans parigots et squattards, vous inviter à festoyer dans sur des terrains non tarifés, où l’art et la vie peuvent encore surprendre, où les sourires n’ont rien à vendre… On vous dit ça aussi parce que, pour les élections municipales de 2001, le futur maire du Palais faisait campagne dans les lieux alternatifs : il y avait de l’espoir ! C’était le temps où le secrétaire d’Etat à la culture, Michel Duffour, célébrait les Nouveaux territoires de l’art, on ne comptait plus les ouvertures de petits poumons culturels dans les quartiers. Cinq ans plus tard, on ne compte que quelques survivants… à l’échelle de la ville ! Il est vrai que le vent a vite tourné en mairie. La culture de quartier a du s’effacer devant la communication de la capitale. Les petits lieux ont été négligés au profit de grands évènements attrape-touristes (Nuit Blanche, Paris Plage…) avant que l’énergie municipale ne soit engagé dans la folie des grandeurs d’une candidature aux Jeux Olympiques. Avec qui plus est, le retour sur investissement que l’on connaît. Bien fait.

Mais lorsqu’on se retourne vers nos quartiers, que reste t-il de nos amours ? Eventré, le Théâtre de Fortune n’est ouvert qu’à madame la pluie. Alter-Nation dors sous les parpaings et Ogénie et ses peintres n’existent que dans le souvenir. La Maison Républicaine est redevenue un bar à hôtesses, Blanche a perdu ses artistes. Bouclée, la Maison de la plage n’accueillera plus les gamins de La Villette… tant et tant de bâtit et de jardins solidaires, les parcelles d’un Paris des gens d’ici, rasées, comme naguère la Cour des Miracles sous les bottes du lieutenant La Reynie, le Lutèce médiéval, sous les coups d’Haussmann, les faubourgs sous ceux des soldats de Thiers et le Paris-villages de Brassens sous les promotteurs de Pompidou et Chirac…

Comme autant de vaines barricades dressées par un esprit communard, on voit le Paris populaire perdre ses derniers bastions, devant l’avancée inexorable, d’une autre ville, propre et marchande, celle de la Capitale. Ne voyez nulle nostalgie passéiste, dans ce rappel au mouvement de l’histoire. Ce n’est pas « le bon vieux temps », ce qui « fout le camp », c’est juste votre été, celui des bons plans des gueux magnifiques bloqués à Paname. Car même les lieux que l’on a aimé ce printemps (la cerfvolante, le Vent d’Hôm, le Théâtre de Verre…), ferment pour raisons administratives ou judiciaires. Dès cet été. Attrapez les donc par les cheveux, tapez l’incruste dans leurs fêtes imprévues d’adieu, déhanchez-vous sur leurs chants du cygne, c’est ce que le Pantruche squattard vous donnera de meilleur. Pour le reste, Prince, pardon. Mais cet été a Paname, ta tournée des grands ducs se fait au son des de profondis…

Morpionibus !

David Langlois-Mallet

Spécial squats

Ouvert ou fermé ?

Paris 1er

Rendez-vous en 2008…

Chez Robert, Electron libre, c’est le navire amiral de la flotte squattarde. A deux pas du Louvre, ses ateliers d’artistes ouverts à tous les vents et surtout à tous les publics, en ont fait un symbole. Le comptage d’un fonctionnaire — trop zélé au goût de ses supérieurs —  en a fait le troisième centre d’art contemporain le plus visité de France. La victoire des deux Delanoë aux élections municipales de 2001 (Bertrand le maire et Gaspard, le squateur), a aboutit à son rachat par la mairie. Résultat des courses : L’électron libre est fermé depuis mars 2005 pour des travaux de mise aux normes qui tardent à venir (jusqu’en2008 ?). Un exemple à suivre ou la trace du collier ?

Chez Robert, Electron libre, 59 rue de Rivoli, 75001 Paris. www.59rivoli.org

Paris 1er

Fermé de l’intérieur

« C’est entièrement fermé ! » se flatte Julien, président de l’association qui occupe un magnifique immeuble historique, l’ancienne ambassade d’Andorre en France. La Tour, est l’un des rares squats légalisés par la Mairie. Il le doit à son efficace et bien introduit président, qui ne parle que « normes », « légalité » et réalisme économique, mais surtout au fait qu’il se limite très étroitement à quelques ateliers réservés, sans risque vers le public ou engagement de quartier, excepté des cours de dessin dans 5 écoles BCBG. Pas cher payé pour loger les petits copains et… pour cracher sur les autres squatteurs de Paris ! Espace privé donc… surtout de vie !

La Tour. Le Laboratoire de la Création

111, rue Saint-Honoré, 75001 Paris. Tél. : 01 40 26 18 95

Et le site : www.laboratoiredelacreation.org

Paris 2e

Bon Vent !

De l’ambition artistique, un quartier emblématique mais très difficile pour les occupations, le pari de Vent d’Ôhm était alléchant. S’en sont suivi quelques mémorables expositions et fêtes sauvages, à deux pas du gratin de la bijouterie mondiale. Mais la justice n’a bien sur pas suivi, les artistes plient bagage. Rien donc de programmé cet été, mais… restons malins et fureteurs, les fêtes d’adieux sont les plus belles ! Départ prévu le 27 juillet.

Squat Vent d’Ôhm

10, rue Volney, 75002 Paris

www.ventdohm.tk

Paris 10

Haut, bas, fragile

Ambition artistique et ouverture sur le quartier. Le Théâtre de Verre reste fidèle à sa vocation avec un programme des plus fournis (performances d’artistes toulousains, japonais, africains… soirée a thème gastronomique, ateliers d’alphabétisation gratuits, de danse etc…vernissages). Mais seulement, jusqu’au 15 août, date prévue par la justice pour sa fermeture. La mairie de quartier n’était pourtant pas indifférente, mais que fait la mairie centrale ? Ou plutôt qu’a a faire la mairie de Paris d’une action de quartier ? Il ne lui en coûterait, dit-on pour sauver ce qui est peut-être le lieu de culture alternative le plus vivant de Paris, que… le prix d’un lampadaire par mois.

Théâtre de Verre, 25/27, rue de l’Echiquier 75010 Paris. Tél. : 01 47 70 58 25

www.theatredeverre.org

Paris 11

Avec légèreté

Pas facile de tenter un lieu d’habitation pour femmes et enfants, qui soit aussi un lieu ouvert aux luttes et aux mouvements, un espace de gratuité (atelier vélo, informatique, langue). Pari réussi pour la Serre-Volante, mais la vraie difficulté, restait d’affronter le droit à la propriété. La Serre-Volante a fermé ses portes le 15 juillet, avec une dernière fête d’adieu… pour rembourser ses amendes.

La Serre-Volante, 52, rue Sevran, 75011 Paris.

Paris 11

Piano l’été

Pas de grands projets sous le soleil d’été, pour ce labo d’alternatives, mais la poursuites des ateliers de quartier : capoeira ou sculpture, danse… Même si une surprise n’est pas exclue d’ici-là, rendez-vous en septembre pour le festival.

La Petite Roquette

6, rue Saint-Maur, 75011 Paris

Contact : breakerz@free.fr

Paris 18

Bât son plein

Ça bouge bien dans ce jeune petit lieu inspiré des Macaq (ces squatards des Batignolles, expulsés, mais toujours actifs hors les murs). Donc priorité à la vie de quartier. Repas tous les jeudis, scène ouverte, diffusion de cours métrages et ateliers de sculpture, de danse… On peut même participer au ménage et au bricolage certains dimanches. Le bonheur quoi.

La Villa Joie

61, rue Ganerron, 75018 Paris

Contact : nathan@macaq.org

Paris 19e

Repos Général

Tranquille, mais pas sauvée du procès que lui mène l’Education Nationale, dont elle squatte un bien désaffecté, la Général se prépare un été en pente douce, entre expos plus ou moins imprévues et farniente spontanée. Ce collectif de création, l’un des plus dynamique, dans le domaine des arts plastiques (on y trouve aussi des concerts z’engagés et débat gay et lesbiens) reste l’objet de polémiques virulentes. On lui reproche son côté arty-branché, voir un académisme déguisé en précarité-hype. Mérite bien le risque d’une petite visite par une aprèm de balade.

La Générale

10-14, rue du Général Lassalle, 75019 Paris

www.lagenerale.org

(Petit encadré du bas et photo)

14 Juillet

Les clowns ont défilés !

A l’appel de la Brigade des Clowns, rejoint par un collectif d’association de sans, une centaine de clowns a paradé pour se réapproprier le 14 juillet, en contrepoint du défilé militaire. Se revendiquant de l’esprit des sans-culottes, ils ont mis en boîte, armes de dérisions massives à la main, « les militaires et les mercenaires de la République françafricaine, (qui) ont défilé devant l’accidenté vasculaire cérébral, qui croit encore qu’il est toujours le chef des armées ». C’est pas joli, joli, de se moquer de tous ces simples d’esprit !

Contact : http://www.brigadeclowns.org