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Nouveaux barbares. Nos peurs médiatiques sur l’échelle du temps

Je vous avoue bien que je ne me sens actuellement ni partir en pointe contre les terroristes, ni contre le FN. Je suis las des peurs officielles et médiatiques.

Vous savez ce que je pense des nouveaux barbares…

Mais je crois que notre système, comme Rome quand plus personne ne voulait monter au Limes endiguer l’envahisseur, préférant jouir soi dans une orgie et sombrer collectivement, se meurt surtout de lui-même et de sa médiocrité politique.

Tous les corps vivants ont des ennemis et sont attaqués sans relâche toute leur vie durant. Et cela ne se joue pas à dix assassinats spectacle, si injustes, lâches ou horribles soit-ils. Alors que notre prédation sur le pétrole là-bas, en a causé des millions. Que des centaines de milliers ici, tremblants devant leur télé, mourront, non des attentats mais bien de la pollution de leur voitures, des cancers faits maison de notre « civilisation » qui a transformé la nourriture en industrie et la culture en mal de vivre individuel. Si on ne nous dresse pas contre eux médiatiquement, c’est parce qu’ils rapportent encore assez.

J’ai de plus en plus de mal à accorder du crédit à leurs médias et à leurs sermons, paniques et autres. Et je suis sur que si notre temps n’est pas le dernier, on s’étonnera un jours que les humains de notre époque aient accepté la barbarie de l’industrie, qui coûte tant de vies, avec complaisance et délices.

Non pas que je minimise les dangers. Mais que je sais que j’appartiens à un peuple qui a une longue histoire. Un peuple souvent envahi. Par les celtes, les romains, les chrétiens, les germains, les arabes, les anglais, les allemands, les américains… Par Jésus, Clovis et Coca-Cola… Chacun nous ayant aussi apporté ses richesses et tous ces apports hostiles et prédateurs finissant digérés et magnifiés par le temps.

Un peuple belliqueux, mais contre lui-même le plus souvent, un peuple indépendant mais le plus souvent dominé —quoi qu’on se raconte— mais un peuple qui finissait par faire sien l’envahisseur. Une matrice politique faillible, mais une force culturelle incontestable.

Les peuples qui survivent sont ceux qui portent des valeurs fortes et fascinantes, utiles à la survie de sa couvée et de l’espèce. La France a rayonné grâce à la subtile contrainte Capétienne (famille d’immigrés orientaux, venus des bords de la Mer Noire disent leurs ADN), elle a brûlé et irradié le monde dans la flamme de la République qui a consumé et fait naître l’Europe dans l’Empire Napoléonien, avant que cette nouvelle Europe ne s’auto-détruise dans l’ouragan germain, n’éclate dans la boursouflure coloniale.

La Culture grecque a survécu et transmis à travers l’histoire. La pensée de l’indien dans l’espagnol latino. La culture juive a traversé les âges et tous les ouragans aussi, elle ne faiblit que dans sa défaillance soudaine à contrôler sa puissance. L’Inde ou la Chine ont noué un pacte avec l’éternité. L’Afrique n’a même pas besoin de dominer pour être demain le centre du monde. Peut-être même sera t-elle même à la fois francophone et musulmane. Pied de nez de l’histoire et ironie de nos fantasmes …

L’Islam est en expansion parce qu’au-delà de la violence que nous voyons par télé interposée, beaucoup d’humains y ont trouvé une force, capable de les faire survivre au colonialisme, au capitalisme, à l’Oncle Sam. L’autre force verte, l’écologie a plus d’outils, mais si elle est portée par des médiocres, des cupides, elle restera alors une idée vague. C’est ainsi. C’est même peut-être dommage.

Mais que penser de notre pays à bout de souffle ? De ces gens qui voient surtout dans le péril qui menace la Tunisie une gêne à modifier leurs vacances pour le Maroc. En se demandant si les musées seront sûrs là-bas… Que mérite ce peuple de consommateurs ? Qui à peur du reflet de sa bedaine dans le miroir, prêt à accepter tous les maîtres qui lui m’épargneront l’effort de se remettre en question. De se réinventer ?

J’en ai plus qu’assez de leurs cris en écho à ceux des médias dont ils se gavent.

Le péril FN ? Réaction de survie de la France pour les uns, fin de la France pour d’autres… Sans doute ni l’un ni l’autre, mais une réaction de douleur, de médiocrité et de lâcheté.

On peut contester le choix de nos compatriotes qui cèdent à une crise démocratique en ayant recours à une famille de chefs (Le Pen ne veut-il pas dire le chef en breton ?), en ayant recours à un parti sans culture démocratique sorti de toutes les frustrations mal digérées de l’histoire récente ? Des renoncements mal vécus au colonies et d’une revanche espérée sur ses enfants tout aussi déracinés, acculturés qu’eux devant les mêmes programmations télévisées ?

J’ai davantage mal de ce que nous ne proposions plus rien de collectif. Que les Français en soient réduits à chercher ce secours. Ce n’est pas faute d’avoir proposé depuis 30 ans.

De la marche des  Beurs, au mouvement social, des mouvements culturels récents aux alternatives concrètes, toutes les émergences, toutes les alternatives, toutes les énergies, toutes les jeunesses successives ont été impitoyablement cassées par les appareils et les calculs de ceux qui aujourd’hui crient au feu quand leurs privilèges et leurs palais brûlent. Ceux dont les médias font la morale, aux pauvres bougres paumés, qui n’ont eu qui qu’un local FN, qui qu’une mosquée pour leur servir une boisson chaude, les écouter et leur promettre peut-être même pas un espoir : juste écouter une plainte ou promettre une vengeance.

A bien y réfléchir, l’histoire du Moyen-Orient, ou de l’Afrique, ressemble sur ce point à la notre. Toutes les alternatives démocratiques y ont été méthodiquement cassées depuis 40 ans par Washington. Puis, ce fût le cas des régimes laïcs autoritaires, partis Baasistes depuis l’invasion de l’Irak pour des armes de destruction massives que l’on cherche encore puisque l’arme de destruction massive, on le voit aujourd’hui, c’était l’armée états-unienne, produisant le chaos que le voit partout de l’Afghanistan à la Libye.

L’histoire est longue. Qu’est-ce pour elle que la traversée des siècles obscurs même ? Quel était la vie de mes ancêtres dans la longue nuit où des âges barbares* ont succédé à la Pax Romana avant l’éblouissante lumière et la ferveur des cathédrales ? Ne suis-je pas, français, autant le fils des paysans qui tremblaient de peur, que des seigneurs guerriers dont les châteaux les dominaient autant qu’ils les protégeaient ? Avant d’être, peut-être, l’héritier des moines qui ont permis à l’héritage grec de venir faire éclore la Renaissance et Montaigne ?

Ce qui me fait le plus de peine au fond, que les victoires extrémistes, c’est de savoir que ceux qui en pâtiront le plus ne sont pas ceux qui crient le plus fort au loup pour sauver leurs privilèges, alors qu’ils jouent chaque jour l’effondrement commun. Ceux-là, comme collabos sous l’Occupation, comme ces députés républicains munichois qui ont appelé Pétain avant de lui laisser porter le chapeau, sauront tourner leur veste dans le sens du vent in fine. C’est leur métier.

David Langlois-Mallet​

* Par parenthèse sur les barbares, je suis tombé par hasard sur des relations de Grégoire de Tours sur les tortures que certains seigneurs barbares se plaisaient à infliger aux populations civiles sous leur pouvoir, ce n’était pas de la tarte… (on peut lire ici http://remacle.org/bloodwolf/historiens/gregoire/index.htm ) mais je pense à l’immense travail accomplit par l’Eglise, puis par les humanistes contre l’Eglise, par la monarchie, puis par les république contre la monarchie pour sortir de ces violences et tendre à un état de droit. Je pense au monde de notre enfance et à ce qu’il est devenu depuis 30 ou 40 ans…

© Mesparisiennes.wordpress.com

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« Moi, Président… Toi cocu. » De quoi nos vies ont-elles été privées ?

Si l’irruption d’un personnage public sensible aura été une bonne nouvelle pour nos libertés, la partie de bonneteau que le président a joué avec la parole politique est plutôt inquiétante. Mais nous, public de cette représentation politique ? 4 questions, pour voir si nous sommes aussi complices.

Nous nous sommes passionnés pour l’affaire DSK hier, le Gayetgate aujourd’hui, parce qu’une partie de notre liberté intime se joue sur le théâtre public : Où en sont les autres et leurs usages…? Donc, que puis-je me permettre ?
L’aventure Hollande met donc en lumière nos propres vies privées, définie la frontière des usages entre notre intimité et notre sphère publique.

Nous sommes d’autant plus à l’affut aujourd’hui des signes de changement, que nous savons déjà que notre culture de l’intime et du public s’est déplacé depuis Internet. Mais nous ne savons pas encore ce qui, dans nos usages médiatico-numériques, est impudique et ce qui ne l’est pas. Et si nous laissions à chacun sa première liberté, celle de fixer ses propres limites ?

Alors, peut-on balancer, comme le fait Closer sur la vie d’autrui ?

C’est beaucoup plus discutable. Mais là encore, il n’y a « balance » que parce qu’il y a vitrine publique. Donc une vie (et vue) publique qui peut être démontée si elle ne correspond pas à la réalité.

Une amour, de passage ou durable du chef de l’Etat n’est un sujet public que parce que notre culture politique lui impose un conjoint. C’est là, dans cette exigence de façade que réside un viol de son intimité et la trace d’une obscénité publique.

Ne demandons pas au chef de l’Etat de nous offrir une vitrine du couple et nous n’aurons pas à nous poser la question des coulisses. Renonçons à l’hypocrisie de vouloir imposer à un être humain (qui a droit à la présomption de sa sensibilité, de son histoire, de ses élans, de ses fantasmes, de ses complexités tout comme nous-même) une vie amoureuse publique et alors nous n’aurons pas à chercher à le démasquer.

Gagnons-nous quand François triomphe du président ?

Dans le Gayetgate François l’homme privé à triomphé de Hollande le chef d’Etat. Je pense que le choix d’un magazine people ne doit rien au hasard. Mais permet, innocemment, de tourner la page Valérie…

Reste que la question du corps du roi n’est pas neutre. Elle hante notre histoire. Sacré ou décapité, décapité surtout parce que sacré…  Dans cette mise à mort symbolique de la vie privée du prince —son intimité n’est plus tabou— nous lisons secrètement un signe de la mort d’une forme de la représentation politique. La mort aussi de notre propre personnage social et le triomphe de notre exigence intime… la vérité de la vie plutôt que la façade.

Qu’on me permette, au positif, d’y voir surtout un signe parmi d’autres de l’avènement d’un nouveau mode de relations politique ou demain nous pourrons redire la politique en intimité, comme sujet politique et pas seulement comme observateur d’une représentation politique.

Tromper ses électeurs, c’est sucer ou pas ?

Il a droit d’aimer, de se tromper, de tromper… Jusqu’à nous tromper nous aussi ? Jusqu’à celui de partir avec la caisse ? Là, la question devient politique. Et c’est alors le spectacle de l’intime de François qui se joue de nous pour nous faire tourner les yeux du virage politique du Président. Apprenons en revanche à être plus exigeant sur le travail que notre délégué. Car, dans le jeu de bonneteau avec nos consciences médiatique (regarde à droite un méchant Dieudonné, regarde à gauche une jolie Julie), c’est bien une bascule de politique économique qui a eu lieu, non ? Ou j’ai mal compris ?

Pour quelle représentation payons-nous avec l’argent de nos enfants ?

Celle du théâtre de boulevard d’un Feydeau en scooter, ou d’une personne à qui nous déléguons l’intérêt public ? Nous nous doutons bien qu’il se brosse les dents et autre tout comme nous. Est-ce un sujet ? Non. Alors apprenons à le considérer, à considérer les autres individus, comme nous-même, libres et sujets à la loi commune.

Cela nous permettra aussi de porter notre jugement sur ce qui mérite d’être jugé : leur action avec notre avenir, notre liberté, notre argent. En un mot avec nos enfants… Donc notre responsabilité à nous-même.

Car si nous persistions à demander au politique, plutôt qu’aux artistes, d’assurer le spectacle sur nos moeurs, il faudrait alors mieux faire appel aux Grimaldi qui s’y connaissent en mélange des genres. Et qui savent assurer avec des actrices une prospérité de casino.

Le contrat avec « Moi Président » était de représenter nos intérêts face à la finance. Pas de nous servir de miroir du « couple 2014 ». Encore moins de servir les intérêts financiers avec notre mandat…

Cette découcherie, politique n’était pas prévue dans notre Pacs de 5 ans… Mais alors ? Serions-nous trompés autant que trompeurs ? Ciel, mon mari !

© David Langlois-Mallet, Mes Parisiennes

https://mesparisiennes.wordpress.com/

Soutien (mérité) à l’auteur : https://www.leetchi.com/c/cagnotte-de-david-langlois-mallet

Actu. Le pouvoir (et Dieudonné) nous prennent pour des quenelles…

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Avez-vous remarqué ? Alors que l’eau monte… On vous prend pour des quenelles. Tous en bateau ?

Le-PS-à-tous-pouvoirs a abandonné la lutte contre la misère ? Il nous balade en chasse au harpon au clown qui a mal tourné, Dieudonné. Il a abandonné la lutte pour l’égalité des noirs, des descendants de colonisés ? Il nous occupe avec l’interdiction de la prostitution (visible). Il abandonne la Retraite, la Sécu, demain l’hôpital et les droits sociaux de deux siècles d’efforts de ses ancêtres ? Il nous occupe avec des débats sans fin sur les mariages, qui de toutes les façons (homo ou hétéro) finissent en quenouille dans une société individualisée. En déroute d’idées et de valeurs le Gouvernement n’a plus que la Pensée Unique pour se donner une identité. C’est à dire le silence velouté de la pensée dans la langue des agences de com’… Touchez vite, ça porte bonheur !

Et les réprouvés ? Ils filent du mauvais coton
Tous les réprouvés, tous les rejetés, tous les pas dans les clous, pas dans les normes, les colériques, les qui s’aiment pas, les qui s’aiment trop, les souffrants, les énervés, les adorateurs de l’oignon privé d’église, les contrôlé de l’Urssaf ou de la RATP, les qui ont pas vendu leurs idée ou leur dessin, les voileurs de femme, les qui ont raté les cours de sciences-humaines, les théoriciens d’un complot des voisins, les génies admirés de leur seule vieille maman… Victimes sans parole et bourreaux en quête d’avenir mêlés, trouvent dans l’excommunication un précieux réconfort : « Le système nous en veut et Dieudonné crucifié pour nous a cherché à nous racheter. » Car il y a mama extrême-droite et ses copains, qui viendra leur dire : vous n’êtes pas seuls, vous êtes victimes d’un complot… Suivez mon regard, nous ne sommes pas antisémites bien sur, mais…

Et nous là dedans ?
Quand je dis ce nous familier, je veux dire ceux qui donnent un sens au mot respect. Dans la République ou l’amour du prochain, dans la fête ou la vie de famille, dans l’écologie ou l’amitié, dans les luttes ou dans l’expression artistique. Ceux qui se disent aussi parfois antillais sans se prendre pour une victime de la Torah, arabes sans se croire obligé de se déguiser, vieille France comme moi sans aller pleurnicher son « identité ». Tous juifs, musulmans, chrétiens ou agnostiques et athés qui avons souvent plus de potes partout ailleurs que dans notre supposée « communauté », famille que l’on aime bien par ailleurs… mais bon.

Et bien on regarde le match derrière les écrans, la tête noyée dans des débats idiots, coupant des cheveux en quatre pour découvrir notre limite avec nos amis… Sommés de prendre parti pour des dingues ou des escrocs, des fous dangereux ou des maffieux. Bref pour des intérêts fabriqués à partir de vrais gens. Dans le même temps, loin des yeux je me préoccupe que l’on mette sur la paille discrètement le seul médias qui puisse révéler les scandales, Médiapart (je n’y ait pas d’action, je précise).

Alors qu’on a bien envie de dire que l’on a autre chose de mieux à faire et que sans vous commander… l’eau monte ! Et que si vous avez dans les premières et l’équipage des canots de sauvetage, nous, dans la cale ou les cabines de seconde, voyez-vous, on n’est même pas vraiment certain d’avoir des gilets.
© David Langlois-Mallet
https://mesparisiennes.wordpress.com/

Edito. Dieudonné ou Médiapart ? Bonsoir Messieurs les censeurs !

Où je m’inquiète plus que l’on musèle Médiapart que des millions de cons s’expriment…

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Crucifiez Dieudonné si vous voulez, mais ce sera sans moi. Je n’ai aucun intérêt pour le bonhomme (jamais vu ses spectacles et je trouve son concept de quenelle antisémite répugnant, je n’en mange plus depuis §;-)

Ce n’est pas en empêchant l’expression que l’on fera taire la bêtise et le racisme. Au contraire quand elle vient d’un pouvoir discrédité partout (de Cahuzac, aux chiffres du chômage, de la destruction de la retraite à la tentative d’interdiction de Médiapart), cela ne fait qu’accréditer l’idée que l’antiracisme un instrument de pouvoir et non une valeur civique et humaine.

Ce vernis de politiquement correct que vous mettez partout serait plus crédible si dans le même temps vous ne tolériez pas que des femmes et des enfants puissent dormir dans la rue. Si vous refusiez la pauvreté, au lieu de démanteler la Sécu.

C’est comme pour la prostitution. Vous voulez l’hygiène de nos rues pour le tourisme et la spéculation sur les quartiers qui résistent grâce à leur mal-famence. Pas vraiment lutter contre le trafic d’être humaines qui continuera (sur le net, dans les caves) ni lutter contre des réseaux de marchands de chair humaine que vous pourriez démanteler simplement… en appliquant les lois existantes.

Votre société PS ressemble bien plus à une hypocrisie anglo-saxonne qu’à une vertu républicaine Messieurs, Mesdames !

David Langlois-Mallet

Cliché David Langlois-Mallet oeuvre de BauBô MmHm

(Cliquez sur l’image pour le lien au site de l’artiste)