Les Agoras du Peuple Créatif, concertation de territoire avec le 6B et le 100 E.S.C et le Musée du Montparnase

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Les Agoras
sont une concertation des acteurs culturels du territoire du Grand Paris organisée en 2012

« Se réunir simplement pour échanger sans chichi, hors des formes habituelles de mise en scène du pouvoir, ou du savoir à la recherche d’invention nouvelles. »

L’idée des Agoras, voulues cet été dans le creuset de La Fabrique à Rêves du 6B s’est amplifié au CENT à la rentrée. Elle trouve ses racines au Musée du Montparnasse.

Nous explorons donc dans nos Agoras autant les richesses de notre culture populaire du Grand Paname et de ses frictions avec les logiques institutionnelles ou centraliste, que nous nous intéressons à ces idéologies qui soutendent l’action des pouvoirs, sans que leurs acteurs (élus, services, haute administration) ne pensent à en interroger les fondement et surtout la finalité réelle.

Ce bouillon d’idées qui pourrait servir, sans rupture avec les logiques de quartier, autant l’invention d’un nouvel imaginaire collectif, fondé sur la diversité des paroles (au pays du centralisme-parisien-roi !) que des politiques publiques qui prendraient réellement pour racines les besoins des citoyens et non celui des concepteurs d’infrastructures (je pense au Grand Paris que l’on prépare sans nous bien sur).

Pour en savoir plus suivre ce lien :

http://www.unpeuplecreatif.fr/spip.php?rubrique7

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Paris est un jardin

L’objet de mon article est de dire que de l’autre main, la politique de la ville consiste à prendre le contrôle ou à détruire toute les initiatives des lieux et des artistes parisiens qu’elle ne contrôle pas.

Comparons la culture à un jardin

Dans l’esprit Delanoïste, tout ce qui y pousse spontanément comme initiative artistique des parisiens et considéré comme mauvaise herbe et arraché impitoyablement (les caf’conç, les squats d’artistes, les arts de la rue, les lieux de petite taille etc..).

Il reste les quelques charmantes pâquerettes en pot que l’on veut bien montrer aux enfants des écoles (c’est ce dont parle votre réponse, l’action culturelle tant méprisée en haut). Vous me reconnaîtrez que la moitié de mon militantisme auprès de la ville, loin de nier l’importance de tout ce dont vous parlez consiste à plaider pour l’augmentation des budgets et plus de considération pour les élus à la culture des mairies d’arrondissement, véritables « sous-mairies » dans le système actuel.

Et puis il y a la politique paillette de la Mairie centrale… Là ne poussent que des fleurs destinée à la parfumerie de luxe et au marché de l’art. Dans un entre-soi ridicule on y renifle le narcisse sous serre qui ne sert qu’à l’ego et la promotion personnelle.

Je parle d’entre-soi, pas de privatisation du bien public. Il est évident par exemple que l’urgence pour les parisiens est d’avoir un immense hôtel de luxe LVMH plutôt que des d’habitations bon marché à la Samaritaine.

Il n’y a pas de place… nous dit la politique de la mairie, pour les lieux culturels libres auxquels je fais référence et qui sont fréquentés aussi par les enfants, les associations, les jeunes, les vieux, on y donne des baluches et des oeuvres vivantes qui ont de tout temps fait le succès de Paris. Cette culture populaire spontanée. Celle des enfants du Paradis, du Montmartre ou du Montparnasse des artistes, c’est le lien essentiel à la vie de quartier qui fait que le XXe est si agréable à vivre et le 7e si mortifère, que la Goutte d’Or est un quartier riche culturellement et le XVIe un « vaste désert d’hommes ». Ce Paris dont je parle dans votre arrondissement, c’est celui du Carrosse expulsé aujourd’hui même au prétexte classique de la sécurité celui de la Miroiterie menacée, du Théâtre de Fortune rasé au mépris de la loi-même qui interdit de raser un théâtre, du Goumen rasé vendredi dernier….

Alors le patrimoine… largement oeuvre des pouvoirs, fait partie de l’âme de la ville. L’industrie du luxe a sa part bien sur qui le nie ? Mais les parfumeurs et leurs relais municipaux en voulant faire de la ville un duty-free, en sacrifiant tout au tourisme et à la spéculation, ne rendent pas seulement la vie invivable aux parisiens. Ils tuent ce avec quoi ils font de l’argent.

« Les aigles d’Altaïr », les derniers indiens de Paris demandent d’urgence une politique. On a d’ailleurs l’élégance de vous la fournir gratuitement. Elle a été conçue au prix d’une mise en danger personnelle en ce qui me concerne et beaucoup d’autres aussi (que dire d’Hervé en grève de la faim, de Yabon et de Cathy qui ont des enfants en-bas âge et souffrent une expulsion), quand tant « d’experts » se payent de nos impôts pour détruire notre ville qu’ils ne connaissent et n’aiment même pas. Quand tant d’agents municipaux sont, faute d’une politique éclairée ou d’une formation (je pense aux jeunes papillons des cabinets qui ne sont pas malveillants forcéments mais n’ont que la vague conscience en poursuivant leur intérêt individuel de participer à une politique d’apartheid social).

Voilà pourquoi il faut laisser s’exprimer le tissu de la vie, de la ville : à côté de l’action municipale les parisiens ont leur place. C’est un enjeu culturel et démocratique essentiel. Si Bertrand Delanoë ne comprend pas culturellement la nécessité d’une rupture dans sa politique, d’un réveil, il peut comprendre politiquement que Paris est perdu pour la gauche. Yabon, figure de Paname, artiste expulsé aujourd’hui avec Cathy sa compagne actrice de la renaissance du Carnaval de Paris me disait aujourd’hui « ils croient que nous sommes leurs adversaires, ils nous traquent et nous expulsent, nous sommes juste des lanceurs d’alerte ».

Ce que je dis la gauche l’a compris, les Verts l’ont compris, la droite populaire l’a compris. Il n’y a que la gauche caviar qui reste autiste à Paris aujourd’hui, je pense que même Bernard Arnaud pourrait le leur expliquer.

© David Langlois-Mallet, 28 mars 2012

* (Réponse à la tribune de Julien Bargeton dans Rue89)http://www.rue89.com/rue89-culture/2012/03/28/la-culture-paris-un-travail-de-dentelliere-230607Bravo pour cette tribune et merci pour cette réponse. Je salue l’homme courtois et de qualité qui n’a pas que le mépris à offrir au débat. C’est la première fois, je crois sous vos yeux, que le Paris de la culture officielle s’adresse au Paris populaire.

Mais sur le fond, un constat simple… de malentendu. Nous ne parlons pas de la même chose. « La municipalité a une politique culturelle de proximité » nous dit en substance cet article.

Hollande attention ! Delanoë est le nom de la punition culturelle infligée à Paris

Pas d’erreur sur la culture monsieur le candidat du « rêve français » !

Au meeting culture de vos supporters au Cirque d’hiver vous avez fait applaudir le nom de Delanoë « exemplaire » selon vous en matière de politique culturelle. Attention, c’est une grave confusion et un bien mauvais bateau qui associe à culture le nom de Delanoë. A la différence des armes de la ville, il coulerait à la première vague comme son « pari olympique » le fit en son temps.

Prenez le temps de vous informer auprès des meilleurs réseaux, le think tank Altaïr par exemple avec qui nous venons d’écrire une proposition complète, sur le sens qu’il y a ici à associer Delanoë et culture. Il y a assez de politiques culturelles socialistes exemplaires en France à mettre en valeur, en Rhône-Alpes, en Bretagne, ailleurs pour vous éviter une grave faute.

Une ville à péage

Faut-il vous apprendre que le lien entre les citoyen(ne)s de Paris et les lieux de culture de proximité a été détruit systématiquement onze ans durant par sa politique ? Même si certaines mairies d’arrondissement ont tenté sans moyens parfois de compenser ses erreurs, la mairie centrale, qui se prend par une vanité personnelle ridicule pour un ministère de la Culture bis en même temps qu’un office du tourisme, substitue à toutes les traces d’activité culturelle vivante, spontanée ou populaire qui sont pourtant l’essence de Paris et le rêve d’art de vivre que l’on vend aux touristes, un modèle de culture unique, policée, bobo, glacée, puant la distinction par l’argent et les compromis avec le marché de la mode ?

Bilan ? Une ville à péage, bradée au groupe de luxe LVMH où vivre simplement nécessite 3 000 euros par mois. Aujourd’hui, trois parmi les derniers lieux ressources (où l’on fait des rencontrent intéressantes en dehors du lien de l’argent) lancent des SOS.

  • la Ville de Paris expulse à Ménilmontant le squat du Carrosse (animé par deux figures du Paris underground, Yabon et Cathy Poulain) dont les artistes ont refusé de se soumettre à un chantage personnel : échanger un lieu collectif porteur de sens contre l’avantage d’un relogement personnel ;
  • la municipalité tente d’étouffer le Lavoir Moderne Parisien en créant à grand frais un lieu richement doté qui ouvrira aux agents immobilier le cœur du quartier populaire de Paris ;
  • elle menacerait même le musée du Montparnasse en soutenant une polémique sans fondement contre son remarquable directeur Jean Digne, qui revivifie chaque jour la culture vivante en tissant des liens entre les gens du monde francophone et ceux des quartiers populaires. On parle de menace sur sa subvention, est-ce vrai ?

Gentrification culturelle

Le cas de la Goutte d’Or mérite qu’on s’y arrête. Le dernier quartier populaire de Paris est l’exemple parfait de la gentrification culturelle. A Paris, cette mise aux normes bourgeoises de la ville qui évince petit à petit le peuple et laisse libre court à la spéculation immobilière se fait avec un cheval de Troie imparable : la culture.

La Goutte d’Or, c’est un quartier populaire d’aujourd’hui. C’est-à-dire que le peuple y vient des quatre coins du monde, comme on venait dans le Paris du XIXe siècle des quatre coins de France. La culture populaire parisienne ? C’est l’art de vivre ensemble des provinciaux et des étrangers. Sur un air de java ou de châbi, dans un slam ou de graf’, c’est le langage commun que les gens s’inventent pour échanger quand ils n’ont pas les mêmes origines.

C’est exactement ce mélange que pratique le Lavoir Moderne Parisien depuis trente ans. Les grands mafés de rue, les œuvres de Novarina ou un concert de reggae y sont également accessibles, au prix de l’apéro et avec la même décontraction. On peut y croiser des gamins à casquette et des bobos, des Blancs et des Noirs, des petites vieilles et des poètes, bref des amoureux de culture sans condition de revenus.

Esthétique froide de show-room

Non seulement Le Lavoir aux 500 événements culturels annuels reçoit un soutien dérisoire de la ville. A quoi peut-on comparer les 50 000 euros de subvention qu’il reçoit par an pour son travail de cohésion culturelle de quartier ? Certainement pas aux millions d’argent public qui arrosent le 104, paquebot bling-bling qui a échoué en naufrageant tous ces liens avec les acteurs du quartier et qui tente actuellement sa difficile remise à flots.

Mais encore, à coup d’audits qui ne montrent aucune erreur de gestion, pour ce petit pécule on lui fait-on une guerre comptable sans fin.

Que comprendre quand dans le même temps la Ville exige la tête d’Hervé Breuil, directeur de ce petit théâtre indépendant et figure emblématique du quartier, quand elle se prépare à investir des sommes considérable dans un projet concurrent juste au coin de la même rue avec une équipe privée qu’elle a choisie ? Simplement que la culture Delanoë doit être sous contrôle politique total, que les lieux de culture vivante ont presque tous disparu. Qu’il s’agit partout de substituer à la culture qui a toujours monté des quartiers de Paris un modèle unique de culture descendant de l’Hôtel de Ville, avec ses codes de distinction accessibles seulement aux bobos et son esthétique froide de show-room. Que cette politique culturelle fermée a pour effet de déstructurer la convivialité de quartier, de mettre la ville au normes de l’habitat et de la spéculation immobilière.

Car dans le même temps, où les besoins de logements sont vitaux, que fait-on des immenses espaces centraux comme celui de la Samaritaine ? Un hôtel de luxe géant face à la Seine. Ah, oui. Avec une crèche dans un coin pour que nul ne puisse rien dire.

L’art du Paris capitale

Alors que l’on fête la Commune, que le peuple en rouge manifeste à la Bastille, Paris n’a pas fini pas d’être punie pour ses Révolutions. En 1871, on a massacré les habitants des quartiers populaires femmes et enfants compris. La punition urbanistique est venue des gouvernements, puis des maires de droite qui ont rasé au fil du temps la moitié de la ville, déplacé honteusement en banlieue les vieux habitants amenant le désordre d’une surpopulation mal préparée.

La punition a été la mise en coupe réglée par les marchands et les promoteurs de l’autre côté. Les bouillons de culture populaire, les Halles (ventre de Paris), Montparnasse patrie des artistes du monde (900 ateliers rasés pour une tour de bureau) ont été systématiquement détruits, mis au pas, normalisés.

On a espéré de la venue de la gauche. La réponse est venue par une culture vitrifiée qui tombe de l’Hôtel de Ville sur les quartiers qui contribue depuis onze ans à détruire l’esprit de Paris, à repousser le populaire et à « gentrifier » l’espace urbain. L’art du Paris capitale méprise et détruit ainsi la culture issue des quartiers qui est pourtant, autant que le patrimoine ou le luxe, l’identité de Paris. C’est même son âme.

Alors quand on nous demande de croire, une fois encore, une clarification s’impose. A quoi se réfère monsieur Hollande votre rêve culturel français pour les cinq ans qui viennent ? A une politique d’émergences, de proximité vivante misant sur la créativité, la diversité et l’expression du peuple ou à la politique institutionnelle glacée et morte d’une ville à péage exemplaire ?

Langlois-Mallet

Hollande attention ! Delanoë est le nom de la punition culturelle infligée à Paris.

Résumé. Ville à péage, gentrification culturelle, esthétique froide de show-room… c’est l’art du Paris Capitale des années Delanoë. Nous croyons à un autre Paris, une ville populaire, conviviale, des fêtes ouvertes à tous, des concerts au café du coin, des squats qui accueillent les artistes émergents que l’institution ignore. Le Paris populaire mixte des cultures du monde, Paris populaire éternel, celui de la vraie vie !

Lire la tribune libre dans Rue89

Hollande attention ! Delanoë est le nom de la punition culturelle infligée à Paris.

Au Peuple plutôt qu’à la Marine

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La fête est une chose trop sérieuse pour être laissée aux militaires,

La démocratie une chose trop partagée pour être laissée aux seuls politiciens,
Paris une ville trop créative pour être laissée aux technocrates.

Au peuple plutôt que la Marine !

Savoir faisons par la présente à tous…
Sans-culottes et princesses du peuple des deux côtés du Périph, gueux-magnifiques et intello-précaires, Incroyables et merveilleuses, romantiques sensuelles et libertins sensibles, bretons et ruskof du Montparno, maudits-artistes et intermittentes-durables, Chats noirs et Bœufs sur le Toit, Gavroches de la Goutte d’Or et gisquettes de Belleville, refusnik de la pub et drilles joyeux, rebeux des boites et rebelles des bois, lecteurs de la Princesse de Clèves et lectrices de Rabelais, Pommes de Pin et théâtreux de Fortune, troubadours humanistes et teufeurs éveillés, créatifs au RSA, artisans de leur propre vie et chercheurs sur la paille, street-artistes et titis des Faubourgs et menu peuple pensant des chambres
de bonne, artistes de leur quotidien et aux amoureux
…ainsi qu’à toi et ta petite sœur !

Que le collectif « Au peuple plutôt qu’à la Marine »
demande officiellement l’attribution, d’une façon transparente et démocratique,
du ci-devant Hôtel de la Marine aux acteurs du Paris populaire festif et engagé.
Nous demandons au Ministère de la Culture, de la Région Île-de-France, de Paris Métropole et de la ville de Paris ainsi que des candidats démocrates
à la présidentielle d’officialiser leur soutien à cette démarche.

Nous leur donnons rendez-vous avec ceux qui veulent nous soutenir
Samedi 21 janvier à 10h
Place de la Concorde, au lieu du ci-devant Hôtel de la Marine.

L’histoire de la démocratie en France s’est écrite grâce à ce grand mélange
de provinciaux et d’étrangers qu’est Paris. Les marchands qui vendent aujourd’hui
Paris au nom de sa culture doivent en rendre un bout au peuple, à la jeunesse
et aux artistes qui poursuivent la grande aventure de son invention collective.
Alors que tous les lieux de culture alternative sont menacés ou ont été fermés
dans les quartiers, il est urgent d’ouvrir un lieu festif à tous les refusés du Paris dominant et de sa culture unique autant qu’il est sensé de mettre une maison du peuple
sur le lieu symbole de la Révolution Française.

(Et merde à Haussmann !)

Le Collectif d’animation : David Langlois-Mallet (Collectives Cultures), La Bâronne de Paname, Yabon Paname (Le Carosse), Carmelinda Bruni (Théâtre de Fortune), Hervé Breuil (Lavoir Moderne Parisien), Catherine Poulain (Carnaval de Paris), Michèle Faury (Life in the bar), Anastasia Koslov (Théâtre de Verre), Malika del Rocka.
Comité de soutien et de parrainage : Collectifs : Altaïr Think-thank culture-medias.
Premières personnalités : -Artistes : Jean Stark (Art Cloche) – Elus : André Gattolin (sénateur EELV), Martine Billard (Front de Gauche), Eva Joly, Corinne Rufet (CR EELV Président de la commission culture), Jean-Jacques Barey (culture PCF)…

Paris le 21, janvier 2012
Hôtel de la Marine, Contexte

Contexte

L’Hôtel de la Marine est situé sur un lieu symbole de la Révolution Française, la très fameuse place de la Concorde (où a été guillotiné Louis XVI le 21 janvier 1793). Il fait face à l’Assemblée Nationale.

Sarkozy a confié à Giscard d’Estaing la présidence d’une commission d’attribution de cet immense et magnifique palais de plus de 500 pièces. L’ancien président veut le réserver à la culture patrimoniale.

Les acteurs du luxe et de la mode se sont organisés en comité pour le revendiquer. La France, c’est le patrimoine, c’est le luxe bien sur. Mais voyez-vous, c’est aussi les cultures vivantes qui sont bien malmenées à Paris.

Juste retour des choses nous revendiquons ce lieu pour les marges artistiques et les acteurs de la culture populaire, d’en-bas, des petits-lieux, de proximité etc… Appelez comme vous voulez tout ce qui ne tombe pas d’en-haut, des institutions et du marché.

La pétition des uns : www.hotel-marine-paris.org

<http://www.hotel-marine-paris.org>

(patrimoine, vieille France)
La pétition des autres : http://www.la-royale.fr/ (luxe et mode)

Visitez votre futur lieu de culture populaire de Paris :

http://picasaweb.google.com/101442231671384701060/HOTELDELAMARINEEXTRAITBFM?feat=directlink

<http://picasaweb.google.com/1014422…>

Discours d’Eva Joly

Chers gueux-magnifiques, intello-précaires, incroyables et merveilleuses comme vous vous nommez joliment vous même !

J’ai souhaité récemment qu’un grand musée de la Révolution prenne la place de l’Hôtel de la Marine. L’histoire comme je la vois, n’est pas une fermeture sur un passé mythifiée, mais au contraire une source d’élargissement et d’inspiration. La connaissance du meilleur du lègue du passé je veux qu’elle nous donne l’envie d’inventer ensemble notre avenir. Sur le lieu symbole de la Révolution Française, je crois nécessaire de donner ce point d’appuis à l’énergie et au besoin de démocratie qui monte si fort actuellement du pays et déborde à mesure que les pouvoirs actuels essayent de le contenir ou de le réprimer.

J’entends et j’écoute avec grand intérêt votre souhait de voir ce lieu dédié à la culture vivante et populaire et je suis touchée à vos arguments. Oui, la démocratie culturelle est en effet à la base de toute politique. La Révolution Française doit autant aux cafés qu’aux encyclopédistes, aux artistes qu’aux orateurs, à la rue qu’aux salons. Elle est même le fruit de la rencontre des deux.

La Révolution Française est aussi le fruit très spécial de ce choc qui a toujours existé à Paris entre l’Etat et le peuple de la ville. Ce n’est pas pour rien que l’on a pu dire que Paris, ville des révolutions, était le grand champ de tension de l’histoire de France. Ce territoire disputé par les aristocrates et les sans-culottes, je sais que c’est aussi cette culture vivante qui résonne en vous. Parisiens des squats et des lieux de culture de quartier, amoureux de votre ville au point de mettre votre santé en danger pour défendre et ouvrir ces petits espaces de liberté qui sont comme autant de barricade culturelles face à la main mise de l’argent et de la spéculation sur la ville.

La culture populaire parisienne à laquelle vous faites référence, me parle particulièrement. Parce que Paris, loin d’être une capitale de parisiens que l’on caricature, est un carrefour de cultures du monde. Tous les accents de France et du monde qui y résonnent, toutes ces différences qui de tout temps y échangent font la singularité et la richesse de sa culture populaire, vive et rebelle, joyeuse, festive, pensante et politique. Nos élus en général et Corinne Rufet en particulier se trouvent à vos côté tout au long de l’année pour défendre et faire reconnaître le caractère d’utilité publique de vos espaces. Je pense particulièrement au Lavoir Moderne Parisien qui est le cœur vivant du quartier populaire de la Goutte d’Or, au Carrosse dans le XXe ou à l’aventure du Théâtre de Verre de Luis Pasina.

Je suis également très sensible à l’idée d’un échange entre des espaces qui sont marqué par une ségrégation de plus en plus forte au point qu’on a pu parler à Paris d’une apartheid urbaine. En tout cas d’un Paris à péage. Il est nécessaire que le Paris populaire ait des débouché dans les beaux quartiers. Et je dirais, il est nécessaire encore plus pour les riches que pour les pauvres. L’invention culturelle vient d’en-bas, l’académisme tombe d’en-haut. L’énergie de la mode, des mouvements culturels, vient de la rue pas de l’argent. Les plasticiens de demain exposent aujourd’hui dans les rues. Il n’y a qu’à ouvrir l’œil pour comprendre que le street-art par exemple s’épanoui dans les quartiers populaires ou qui ont gardé leur mixité et non pas dans les beaux-quartiers sous trop étroite surveillance.

Cette rue créative, si importante pour le développement de la société, nous appelle à une profonde réflexion sur l’espace public. En particulier à Paris, dont le pavé vit sous une loi martiale qui date du consul Bonaparte et par laquelle tout ce qui n’est pas autorisé par la Préfecture de police est interdit,. Les artistes payent un très lourd tribu à ce véritable régime d’exception policier qui les force au silence. Et quand les chanteurs des rues, les orgues, les faiseurs de harangue sont interdits, c’est notre liberté à tous qui recule. Si je suis élue, j’engagerai une profonde refonde législative avec les députés et sénateurs ELLV sur notre espace public et sa liberté qui est la première des démocratie culturelle à rendre au peuple.

Il est un autre domaine ou l’art et la démocratie font je crois bon ménage, ce sont les politiques culturelles. Ce secteur, loin d’être un vague creuset corporatiste est à mon sens à l’heure actuelle un lieu en pleine ébullition ou s’invente non seulement les politiques culturelles de demain, mais bien au delà ou se refonde le sens des politiques publiques. La culture n’est pas un secteur comme un autre parce que c’est ce qui fait sens et lien entre les humains. Dans un monde étouffé par la quête du profit où la pensée comptable et technocratique a fagocité la politique au point de lui retirer tout élan et toute aspiration à concevoir ensemble un avenir meilleur. Il nous faut plus que jamais nous connaître dans notre humanité et notre diversité. Nous rassembler autour des œuvres porteuse de sens pour pouvoir imaginer un avenir autre que celui des crises économiques et environnementales.

C’est parce que cet élan créatif de la culture est nécessaire autant que la connaissance du passé pour imaginer l’avenir que je crois que vous avez toute votre place à prendre également dans cette grande maison de la Fraternité que j’appelle de mes vœux sur la place où est tombée la tête d’un roi. Les 5440 m2 de l’Hôtel de la Marine sont assez vaste pour ne pas en faire un lieu de privilège et d’exclusion. Et ses 553 pièces doivent servir autant à la mémoire qu’à la rencontre, au débat citoyen qu’à la fête, à la réflexion sur les politiques publiques qu’à l’art vivant. Signe de mon soutien, je propose à un élément actif de cette démocratie culturelle, David Langlois-Mallet qui anime votre collectif, de se charger d’une proposition partagée.

Croyez chers ami-es à ma fraternelle affection.

« Au Peuple plutôt qu’à la Marine ! »

Discours (apocryphe) attribué à Eva Joly, France, début XXIe siècle
Discours de Jean-Luc Mélenchon (apocryphe, début XXIe siècle)

Parce que le peuple est chez-lui place de la Concorde, je salue votre initiative et vous apporte mon soutien et celui du Front de Gauche !

Notre histoire, l’histoire de France et notre culture a singulièrement partie liée avec celle de la démocratie et de la liberté. Sa page la plus symbolique s’est écrite ici même, jour pour jour, un 21 janvier à 10h22. Il y a 219 ans sur cette même place où un roi à perdu la tête pour que tous sachent, présent et avenir, que la féodalité était morte et appartenait aux poubelles de l’histoire humaine.

C’est cette féodalité, ce pouvoir du petit nombre sur les êtres, cet arrogant défi à l’humanité de la naissance et de l’argent que certains aujourd’hui essaient de restaurer. Car qu’est-ce qui est en jeu dans le diktat des agences de notation ci ce n’est de faire « softement » courber le dos au peuple ?

Alors oui ! il y a du sens à revendiquer votre place ici, à l’heure où une nouvelle aristocratie essaye de tourner la page de 200 ans de luttes patiente, acharnée de nos ancêtres pour un lent progrès social et démocratique, et aimerait faire retourner nos enfants au servage.

Il est salutaire de sortir des quartiers dits populaires, comme l’ont fait les sans-culottes et les femmes du peuple pour se rendre à Versailles, comme vous le faites en revendiquant ce lieu de patrimoine, pour rappeler qu’il n’y a qu’un seul territoire et que tous les citoyens ont le droit même droit à y vivre.

Oui, il est salutaire, à Paris encore plus qu’ailleurs, de refuser un apartheid de l’espace public qui a, insidieusement, petit à petit rongé le territoire découpant ses quartiers de riches ou de bobos où toutes les richesses sont retenues à ne plus savoir qu’en faire et quartiers de pauvres où même les services publics sont laissés à l’abandon.

Mais à y regarder de plus près, ce que nous dit la culture est encore plus fort et plus intéressant. Vous l’écrivez, David Langlois-Mallet, dans un des manifestes de démocratie culturelle : « du point de vue de la culture, la Goutte d’Or est un quartier riche et le XVIe un quartier pauvre ». Et oui ! Les riches sont parfois des précaires de l’humanité, de la culture et du lien social, et une médiation des artistes de la marge qui sont aussi les artistes du monde et de leur temps leur ferait en premier le plus grand bien en les ouvrant au monde plutôt que de les enfermer dans le beau monde qui est aussi un ghetto et qui sous les beaux tissus et les cocktails cache souvent sa vraie misère relationnelle et un certain racisme social. Oui, l’esthétique et le luxe, la culture patrimoniale comme le bling-bling, servent souvent de cache misère et ne sont rien sans humanité. La culture de distinction, en vogue chez nos petits marquis, qui vise à créer un rempart esthétique pour rester un entre-soi et qui in fine faire de la culture un outil d’exclusion n’est pas celle à laquelle nous nous référons.

Non seulement la culture populaire est une culture du partage, de la mixité et de l’intelligence. Elle l’a toujours été, des guinguettes et des cafés des encyclopédistes au Montmartre des cabarets ou du Montparnasse des artistes du monde au St Germain des Près de Sartre et de Vian, mais elle est aussi une culture d’intégration et de citoyenneté. Il y a une profonde intelligence populaire, celle de Gavroche et des grisettes, qui pitié n’a rien à voir avec la démagogie et le populisme qui sont en revanche bien à leur place sur TF1.

Vous tenez pour certains d’entre-vous des lieux qui sont vitaux pour le vivre ensemble, mais qui sont aussi gravement menacés dans leur existence même. Il est honteux pour la République que de tels lieux d’utilité publique soit en péril. Et je veux demain un Etat, qui — comme aujourd’hui les élus et militants du Front de Gauche qui comme Martine Billard ou Jean-Jacques Barrey vous soutiennent au quotidien— un Etat qui fasse son travail dans ce domaine en soutenant tous les lieux de culture « populaire » « émergents » « d’en-bas » « de proximité » qui sont de précieux relais de la démocratie culturelle. Je pense en premier lieu au Lavoir Moderne Parisien où Hervé Breuil mène depuis plus de 20 ans un travail remarquable de culture pour tous au cœur de la Goutte d’Or. Mais tout autant à l’aventure du Théâtre de Verre de Luis Pasina, qui comme Yabon du Carrosse poursuit, de squat et performance, la saga d’un Paris rebelle et insoumis.
Mais je pense aussi, Carmelinda Bruni, à des lieux comme le Théâtre de Fortune qui a été rasé. Honteuse capitulation des pouvoir publics devant un puissant promoteur, contre la loi même qui veut que l’on ne puisse depuis la Libération détruire un théâtre !

Avec gravité, je voudrais vous dire aussi quelque chose. Quand nombre d’entre-nos compatriotes souffrent par temps de crise, quand le retour la langue des mots de l’exclusion et de la haine fait des ravages, les artistes comme les politiques ont leur rôle à jouer pour refuser les inégalités. La culture tisse des liens invisibles entre les personnes. Elle est plus que nécessaire par temps de crise. Je connais les gens parmi vous, comme la Bâronne d’Paname, qui
par la magie de la musique et de la danse, réunissent les corps et les destins de toutes origines sur la piste. Ce rôle n’est pas seulement festif et chaleureux, il est essentiel à la démocratie. Plus la souffrance économique est réelle et plus il est vital de ne pas céder à l’entre-soi ou à la déprime et de se retrouver. Je sais que vous même vous faites partie de ce peuple que vous faites danser et que vous partagez dans votre vie les mêmes difficultés et c’est aussi pourquoi je vous témoigne ma confiance.

Loin de ces élans de partage et de chaleur humaine, dans l’entre-soi feutré des petits arrangements sur le dos de la chose publique, Monsieur Sarkozy a nommé son prédécesseur Valéry Giscard d’Estaing président de la commission en charge de définir l’avenir de l’Hôtel de la Marine. Un avenir qui serait tout tracé. Celui du patrimoine, voir du luxe.

Je souhaite moi en face de ces tristes sires qui veulent confisquer les biens nationaux aux profit des privilégiés, que cet Hôtel de la Marine soit un lieu tenu par des artistes qui ont le sens du partage, du lien chaleureux et festif et de la convivialité. Le goût aussi de nous éclairer et de nous donner à penser et à connaître notre humanité et à l’approfondir d’une façon qui nous surprenne, nous touche, nous émeuve. Par ce pouvoir qu’a l’art de nous renvoyer à nous même pour nous rendre plus fraternels.

Cette fraternité est le sens vrai de la politique telle qu’elle nous anime au Front de Gauche. Je salue donc votre initiative et dit avec vous :

« Au peuple plutôt qu’à la Marine ! »

Mes Parisiennes. Ma petite amoureuse

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Ma petite amoureuses de quand j’avais 20 ans

Elle dansait, balancée sur ses hanches, « Embrasse-moi idiot ! » dans les soirée de l’Ecole de Médecine.
C’était la grâce ma petite amoureuse de quand j’avais 20 ans.

Je l’ai mise dans un taxi, éprise. Elle m’a reprise au bout d’un train. Bien accrochés l’un à l’autre, pour ne pas couler. Rue Ballu.
Ma petite amoureuse de quand j’avais 20 ans.

Je la promenais, belle, fier, à mon bras. Dans les resto du samedi. Les cafés de Paris.

Par elle, j’étais un homme. Chacun cherche son chat !

Je la guettait, parfaite, à la sortie de la douche. La buée dans son studio me masquait ma richesse.

Elle était déesse. C’était parfait.
Ma petite amoureuse de quand j’avais 20 ans.

Pour l’amour, elle faisait la chatte. Fallait miauler longtemps…

Pour la laper. Et parfois savoir se l’accrocher…
Ma petite amoureuse de quand j’avais 20 ans.

Elle distribuait mes tracts. Me faisait jouer aux bandits qui attaquent la banque (et violent la caissière)…

Moi je dirigeais, hardi, ou suivait béat.
Ma petite amoureuse de quand j’avais 20 ans.

On trainait à la biblio, on s’agitait au lit ou on trainait nos guêtres dans la rue et les bars d’un Paris qu’on avait pas. C’était nous les plus riches, on ne le savait pas.

Je suis monté la quitter sans drame. Elle m’a embrassé sans charme.
Ma petite amoureuse de quand j’avais 20 ans.

Puis elle est venue sous mon zinc. Trouver sa place sous les gargouilles.

Lutin de ma vie. Témoins de mes chagrins, comptables de mes amantes.

Fidèle et lointaine. J’ai regardé ses amours, elle a accompagné les miennes.
Elle reste soeur, mon amie, ma confidentes, mon chat. Je reste son Maloux, son pote, son grand frère.

J’aime son copain, son enfant, sa vie de femme. Un peu comme un frangin.
Ma grande amie de maintenant.

© David Langlois-Mallet

La section culture du PS interpelle Bertrand Delanoë

Texte intégral cliquez sur ce lien

IMG_2189_1La vie quotidienne des Parisiens est fortement perturbée par la flambée immobilière, le phénomène de “ gentrification” -l’embourgeoisement de la ville. Il transforme ses quartiers soit en “ musée-galerie-marchande” (pour le centre), soit en quartiers cossus (pour les faubourgs et même pour les arrondissements populaires).

Cette situation frappe une ville qui ne s’était pas encore relevée de la guerre sociale que la droite a livré constamment aux “ parigots” . C’est aujourd’hui le terreau populaire de la culture qui est atteint. Dans une société qui se tourne toujours plus vers les écrans et tend vers la déshumanisation, les cultures vivantes jouent un rôle de premier plan pour vivre ensemble.

Lire le chapitres suivant en cliquant sur le lien :

“ Un art de vivre parisien répond à cette époque de mutation”

“ A l’aune des cultures de proximité, le XVIe est un quartier pauvre”

Salles de quartier, bars cultures, squats d’artistes doivent être soutenus

Squat : Que sont nos amis devenus ? (in Politis 2007)

Comme naguère ses quartiers populaires, Paris perd ses enclaves culturelles. Les squats fondent cet été comme neige au soleil.

Restera t’il un bon petit squat d’artistes parigots ouvert quand Bertrand Delanoë se représentera devant ses électeurs ? On vous dit ça car l’on aurait aimé, vous rencarder tout au long de votre été parisien de bons petits plans parigots et squattards, vous inviter à festoyer dans sur des terrains non tarifés, où l’art et la vie peuvent encore surprendre, où les sourires n’ont rien à vendre… On vous dit ça aussi parce que, pour les élections municipales de 2001, le futur maire du Palais faisait campagne dans les lieux alternatifs : il y avait de l’espoir ! C’était le temps où le secrétaire d’Etat à la culture, Michel Duffour, célébrait les Nouveaux territoires de l’art, on ne comptait plus les ouvertures de petits poumons culturels dans les quartiers. Cinq ans plus tard, on ne compte que quelques survivants… à l’échelle de la ville ! Il est vrai que le vent a vite tourné en mairie. La culture de quartier a du s’effacer devant la communication de la capitale. Les petits lieux ont été négligés au profit de grands évènements attrape-touristes (Nuit Blanche, Paris Plage…) avant que l’énergie municipale ne soit engagé dans la folie des grandeurs d’une candidature aux Jeux Olympiques. Avec qui plus est, le retour sur investissement que l’on connaît. Bien fait.

Mais lorsqu’on se retourne vers nos quartiers, que reste t-il de nos amours ? Eventré, le Théâtre de Fortune n’est ouvert qu’à madame la pluie. Alter-Nation dors sous les parpaings et Ogénie et ses peintres n’existent que dans le souvenir. La Maison Républicaine est redevenue un bar à hôtesses, Blanche a perdu ses artistes. Bouclée, la Maison de la plage n’accueillera plus les gamins de La Villette… tant et tant de bâtit et de jardins solidaires, les parcelles d’un Paris des gens d’ici, rasées, comme naguère la Cour des Miracles sous les bottes du lieutenant La Reynie, le Lutèce médiéval, sous les coups d’Haussmann, les faubourgs sous ceux des soldats de Thiers et le Paris-villages de Brassens sous les promotteurs de Pompidou et Chirac…

Comme autant de vaines barricades dressées par un esprit communard, on voit le Paris populaire perdre ses derniers bastions, devant l’avancée inexorable, d’une autre ville, propre et marchande, celle de la Capitale. Ne voyez nulle nostalgie passéiste, dans ce rappel au mouvement de l’histoire. Ce n’est pas « le bon vieux temps », ce qui « fout le camp », c’est juste votre été, celui des bons plans des gueux magnifiques bloqués à Paname. Car même les lieux que l’on a aimé ce printemps (la cerfvolante, le Vent d’Hôm, le Théâtre de Verre…), ferment pour raisons administratives ou judiciaires. Dès cet été. Attrapez les donc par les cheveux, tapez l’incruste dans leurs fêtes imprévues d’adieu, déhanchez-vous sur leurs chants du cygne, c’est ce que le Pantruche squattard vous donnera de meilleur. Pour le reste, Prince, pardon. Mais cet été a Paname, ta tournée des grands ducs se fait au son des de profondis…

Morpionibus !

David Langlois-Mallet

Spécial squats

Ouvert ou fermé ?

Paris 1er

Rendez-vous en 2008…

Chez Robert, Electron libre, c’est le navire amiral de la flotte squattarde. A deux pas du Louvre, ses ateliers d’artistes ouverts à tous les vents et surtout à tous les publics, en ont fait un symbole. Le comptage d’un fonctionnaire — trop zélé au goût de ses supérieurs —  en a fait le troisième centre d’art contemporain le plus visité de France. La victoire des deux Delanoë aux élections municipales de 2001 (Bertrand le maire et Gaspard, le squateur), a aboutit à son rachat par la mairie. Résultat des courses : L’électron libre est fermé depuis mars 2005 pour des travaux de mise aux normes qui tardent à venir (jusqu’en2008 ?). Un exemple à suivre ou la trace du collier ?

Chez Robert, Electron libre, 59 rue de Rivoli, 75001 Paris. www.59rivoli.org

Paris 1er

Fermé de l’intérieur

« C’est entièrement fermé ! » se flatte Julien, président de l’association qui occupe un magnifique immeuble historique, l’ancienne ambassade d’Andorre en France. La Tour, est l’un des rares squats légalisés par la Mairie. Il le doit à son efficace et bien introduit président, qui ne parle que « normes », « légalité » et réalisme économique, mais surtout au fait qu’il se limite très étroitement à quelques ateliers réservés, sans risque vers le public ou engagement de quartier, excepté des cours de dessin dans 5 écoles BCBG. Pas cher payé pour loger les petits copains et… pour cracher sur les autres squatteurs de Paris ! Espace privé donc… surtout de vie !

La Tour. Le Laboratoire de la Création

111, rue Saint-Honoré, 75001 Paris. Tél. : 01 40 26 18 95

Et le site : www.laboratoiredelacreation.org

Paris 2e

Bon Vent !

De l’ambition artistique, un quartier emblématique mais très difficile pour les occupations, le pari de Vent d’Ôhm était alléchant. S’en sont suivi quelques mémorables expositions et fêtes sauvages, à deux pas du gratin de la bijouterie mondiale. Mais la justice n’a bien sur pas suivi, les artistes plient bagage. Rien donc de programmé cet été, mais… restons malins et fureteurs, les fêtes d’adieux sont les plus belles ! Départ prévu le 27 juillet.

Squat Vent d’Ôhm

10, rue Volney, 75002 Paris

www.ventdohm.tk

Paris 10

Haut, bas, fragile

Ambition artistique et ouverture sur le quartier. Le Théâtre de Verre reste fidèle à sa vocation avec un programme des plus fournis (performances d’artistes toulousains, japonais, africains… soirée a thème gastronomique, ateliers d’alphabétisation gratuits, de danse etc…vernissages). Mais seulement, jusqu’au 15 août, date prévue par la justice pour sa fermeture. La mairie de quartier n’était pourtant pas indifférente, mais que fait la mairie centrale ? Ou plutôt qu’a a faire la mairie de Paris d’une action de quartier ? Il ne lui en coûterait, dit-on pour sauver ce qui est peut-être le lieu de culture alternative le plus vivant de Paris, que… le prix d’un lampadaire par mois.

Théâtre de Verre, 25/27, rue de l’Echiquier 75010 Paris. Tél. : 01 47 70 58 25

www.theatredeverre.org

Paris 11

Avec légèreté

Pas facile de tenter un lieu d’habitation pour femmes et enfants, qui soit aussi un lieu ouvert aux luttes et aux mouvements, un espace de gratuité (atelier vélo, informatique, langue). Pari réussi pour la Serre-Volante, mais la vraie difficulté, restait d’affronter le droit à la propriété. La Serre-Volante a fermé ses portes le 15 juillet, avec une dernière fête d’adieu… pour rembourser ses amendes.

La Serre-Volante, 52, rue Sevran, 75011 Paris.

Paris 11

Piano l’été

Pas de grands projets sous le soleil d’été, pour ce labo d’alternatives, mais la poursuites des ateliers de quartier : capoeira ou sculpture, danse… Même si une surprise n’est pas exclue d’ici-là, rendez-vous en septembre pour le festival.

La Petite Roquette

6, rue Saint-Maur, 75011 Paris

Contact : breakerz@free.fr

Paris 18

Bât son plein

Ça bouge bien dans ce jeune petit lieu inspiré des Macaq (ces squatards des Batignolles, expulsés, mais toujours actifs hors les murs). Donc priorité à la vie de quartier. Repas tous les jeudis, scène ouverte, diffusion de cours métrages et ateliers de sculpture, de danse… On peut même participer au ménage et au bricolage certains dimanches. Le bonheur quoi.

La Villa Joie

61, rue Ganerron, 75018 Paris

Contact : nathan@macaq.org

Paris 19e

Repos Général

Tranquille, mais pas sauvée du procès que lui mène l’Education Nationale, dont elle squatte un bien désaffecté, la Général se prépare un été en pente douce, entre expos plus ou moins imprévues et farniente spontanée. Ce collectif de création, l’un des plus dynamique, dans le domaine des arts plastiques (on y trouve aussi des concerts z’engagés et débat gay et lesbiens) reste l’objet de polémiques virulentes. On lui reproche son côté arty-branché, voir un académisme déguisé en précarité-hype. Mérite bien le risque d’une petite visite par une aprèm de balade.

La Générale

10-14, rue du Général Lassalle, 75019 Paris

www.lagenerale.org

(Petit encadré du bas et photo)

14 Juillet

Les clowns ont défilés !

A l’appel de la Brigade des Clowns, rejoint par un collectif d’association de sans, une centaine de clowns a paradé pour se réapproprier le 14 juillet, en contrepoint du défilé militaire. Se revendiquant de l’esprit des sans-culottes, ils ont mis en boîte, armes de dérisions massives à la main, « les militaires et les mercenaires de la République françafricaine, (qui) ont défilé devant l’accidenté vasculaire cérébral, qui croit encore qu’il est toujours le chef des armées ». C’est pas joli, joli, de se moquer de tous ces simples d’esprit !

Contact : http://www.brigadeclowns.org

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e-crits intimes et chuchotements au monde

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