Crise de naissance d’une fédération ibérique ?

Le peu de sympathie pour l’indépendance catalane m’étonne. Sans insulter l’Espagne, peut-on essayer d’être plus nuancé sur la crise en cours ?

J’ai l’impression que les Français plaquent l’idée, très française, de l’Etat-nation sur les autres peuples, puis déroulent leurs dissertations convenues.

De fait, les commentateurs nous parlent surtout de la France à travers la Catalogne; il nous disent leur hostilité – surtout leur peur – d’un réveil des régionalismes chez-nous et de la transformation de réalités culturelles en mouvements nationaux.

Pour ma part, j’ai une sympathie très grande et sans calcul pour les mouvements d’autonomie. Très enthousiaste pour la cause de l’indépendance québécoise, chaud partisan de l’indépendance de l’Ecosse, je regarderais avec plaisir le jour ou la Wallonie rejoindrait l’Hexagone. Je ne serais nullement effrayé par des évolutions du cadre Français dans les régions.

Cette sympathie spontanée, je ne la plaque d’ailleurs pas sur le cas Catalan au détriment de l’Espagne, en estimant, avec un même a priori rigide, qu’un Etat-Nation Catalan va de soi.

Je crois que nous comprenons mal ce qui se joue entre la Castille, le pays Basque, la Catalogne, l’Andalousie, la Galice et le sombrero commun à ces peuples ibériques, l’Espagne. L’Espagne n’est pas une nation aussi rigide ou aboutie que la France. Elle reste une mosaïque de peuples en quête d’une forme étatique.

Il n’y a un risque d’explosion que parce que cette forme, ne s’est pas encore trouvée. Et chacun des acteurs du bras de fer, semble avoir pour objectif de permettre à l’autre camp de se renforcer.

De même que l’Espagne est à la fois unie par la monarchie et la République (fait difficile à admettre en France ou nous avons le réflexe idiot de nous mutiler à les opposer). Je la regarde, au travers de la crise en cours, comme ayant la possibilité d’aboutir à une synthèse originale. Une fédération de républiques ibériques indépendantes, unie par une monarchie ? C’est un peu ce que j’entends à travers les voix, beaucoup plus nuancées, qui nous parviennent de Catalogne.

Langlois-Mallet

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Le cinéma de crise de Macaigne

 

Si comme moi vous aimez les films, les livres, les chansons, les articles ou je ne sais quoi d’autre qui essaie de nous dire « où » nous en sommes… Je vous invite à mon tour à aller vous faire bousculer par «Pour le réconfort » Vous y verrez un film qui parle depuis ce « où » là, justement.

Moi j’y allais, cheminant avec deux interrogations en tête sur notre beau pays. Dans la première, je me demandais comment nous pouvions être à ce point désarmés, passifs, résignés, autant devant le coup de massue économique de Macron et de ses amis, que dans le renoncement aux libertés publiques. Un pays sans force, sans combat.

L’autre. Je songeais à cette France républicaine et à toutes les couleuvres qu’elle avale en rafale depuis qu’elle a perdu sa légitimité culturelle. La dernière étant la restauration d’une culture monarchiste au profit des actionnaires, ceci venant après la diversité culturelle ou le retour du religieux.
Bref, quelques questions banales sur ce moment… ou gravitent les enfants des immigrations. Mais c’est à une France du choc entre délaissés pathétiques et héritiers blasés qu’allait me convier le film.

L’action du film se passe dans l’Orléanais, comme une suite à «Tonnerre » ou l’acteur Macaigne explorait déjà, en Bourgogne, le pays réel de l’échec et du désespoir. C’est le portrait d’une France avariée, bloquée, confite en haines recuites, en solitude et en mal de vivre entre l’envie des uns et l’indifférence des autres , réglée au désespoir par le vieillissement de tous.

La caméra de Macaigne choisit comme champ de crise une France de village confrontée au retour – ou au passage – de deux héritiers, devenus globe-trotters du globish world et qui, après avoir mangé l’argent de papa, sont contraints de venir en vendre les restes, un château. Sur la propriété, poussent les rêves qui ne pèsent pas lourd d’une écolo amoureuse des arbres et de l’avenir, mais aussi le projet d’expansion d’une maison de retraite, seul horizon rentable d’un pays de vieux.

Le film, tourné sur le vif, sans moyen, sans équipe, avec des acteurs improvisant en partie leur rôle, un auteur écrivant tout en tenant la caméscope, nous prend à la gorge dans une saisissante catharsis française ou aristocrates et sans-culottes, se jettent au visage les haines que nous voyons chaque jour autour de nous, tout en buvant (trop) de coups ensemble.

France vertige de vide et de solitude… Des larmes au pied des croix muettes et des appels désespérés à un Papa absent. Et ce sentiment, très bien exprimé par l’auteur, que nous ne savons plus ou nous sommes, de nos rêves, des promesses de bonheur de nos parents ou des prophéties de malheur pour nos enfants, de notre mal réel ou supposé à voir se faner les choses, mais que nous approchons, comme cette histoire d’une sorte de dénouement.

Je ne dirais pas que c’est agréable, même si l’on y rit, c’est juste nécessaire. Si vous avez soif du temps, courrez-y, vous respirerez mieux après ces étouffés. Mais n’y amenez pas votre copine japonaise juste après qu’elle ait vu Amélie Poulain, de crainte qu’elle ne soit hospitalisée d’urgence pour le fameux Syndrome de Paris. Celui où l’on soigne à St Anne, les victimes de la trop forte dissonance entre sa réalité et le rêve français. Celui pour lequel nous devrions tous consulter d’urgence.

Langlois-Mallet

Bienvenue dans la France brutale…

Voyez-vous, si le commentaire politique « à l’ancienne » se trouve démagnétisé depuis l’élection de Macron, c’est que nous sommes en face d’un pouvoir dont la porte de sortie n’est plus le débat démocratique, mais au contraire la fuite vers le durcissement autoritaire. Un pouvoir pour lequel la société n’est pas un partenaire mais un « soumis », sinon plus un adversaire, mais un ennemi.

Il y a pour l’expliquer un contexte français, où la part des citoyens la plus âpre au gain, celle à la mentalité la plus étroite, a pu fusionner avec les gros intérêts dans un moment électoral confus.

Et il y a un contexte international. La crise des ressources et le temps qui se rétrécit vers l’abîme écologique pousse le monde vers les dérives totalitaires, qui ne sont que la manifestation dans l’Etat du triomphe de l’égoïsme dans la cité.

France. Le silence d’avant orages

Une chose me frappe depuis l’élection de Macron, c’est le vide, l’effet de sidération et d’abattement qui s’est emparé de la parole politique, nos meilleurs commentateurs Facebook compris. Personne n’a plus rien à dire et malheur à ceux dont le métier ou la raison sociale est de parler. Un épuisement que le grand orgasme, l’orgie de mots, de l’année présidentielle, ne suffit à expliquer.

Politiquement, le plus frappant c’est que ce vide touche en premier lieu les vainqueurs. La parole d’un roi déjà bunkerisé derrière des sondages catastrophiques, en est réduite à insulter ses sujets. Sa cour hésite entre se cacher ou étaler à l’Assemblée son ridicule.

Dans le même élan, ce qui servait de droite est démagnétisé, tué par le bonheur de voir son fantasme au pouvoir (« Macron, c’est moi en mieux » (Sarko dixit), mais… sans y être soi-même. Prouvant que le plus grand malheur de l’Homme reste de voir ses rêves se réaliser.

Ce qui se faisait appeler la gauche ressemble, au PS à un asile (en vente); tout contre lequel les écolo-hamonistes ont fondé leur hôpital de jour, destiné à soigner les grands brulés idéologiques à l’écologie sans songer à guérir les plus fous, les infirmiers, de leur appétit de pouvoir (qui n’a plus que leurs patients comme objet).

Le FN blessé à mort par le miroir de sa propre nullité se soignera en immolant le Philippot émissaire, coupable d’avoir mangé du couscous, et qui pour tourner le dos à une évolution souverainiste qui lui demande de penser plutôt que de haïr, revient à ses fondamentaux de la violence et du chef. Pour y survivre ou y mourir ?

Tout le monde voit facilement – ne serait-ce qu’à la violence des éditorialistes du régime – que la France Insoumise échappe au constat, grâce à un dynamisme parlementaire qui oblige le pouvoir – comme dans les meilleures dictatures assiégées – à couper les retransmissions télé du parlement sur F3. Mais encore notera t-on l’effet de démobilisation de cette délégation par défaut. Qui croit que la politique par délégation renaîtra ?

Alors tout ce monde, au balcon, en est réduit à regarder la rue. Les Français guettent, complices, la révolte, en espérant surtout que ce soit les autres qui la fasse…

Si elles aiment entendre râler à leur place le Mélenchon, on ne voit pas les masses françaises prêtes à lui confier le pouvoir, tant du moins que ne sera pas résolut le hiatus – un gouffre – entre un pays de petits épargnants rêvant de la propriété d’un pavillon et le tonitruant leader maximo rêvant d’un combat historique contre le Kapital.

A moins que le rapprochement ne viennent de l’élargissement de ce gouffre justement, dans un monde de tornades, de tremblements de terre, de cyclones, où chaque décret de commercialisation des pesticides tueurs du vivant propage le cancer de chacun, où le shérif des petits blancs déboussolés par la mort du XXe siècle se prépare à re-pulvériser atomiquement l’Asie alors que l’Orient vomit le chaos mortel que son pays y à semé; on peut penser que, combat politique et défense du pavillon en meulière, tendent irrésistiblement à « converger….»

Langlois-Mallet

France. Zone de brouillage politique

J’ai des amis souverainistes qui sont lucides sur le rôle et la mission de l’Etat, l’indépendance nationale, le partage des richesses du travail. En général, ils sont complètements plombés culturellement par une définition très étroite de la France. Catho ou Jules Ferry ce qui revient au même. Une conception monolithe qui explose sur le réel du monde moderne et n’y a surtout aucune prise.

De l’autre, j’ai des amis ouverts au monde, à sa multiplicité et ses changements, à l’aise dans la diversité des attitudes et des cultures. En général ils ont mieux intégré la question écolo que les premiers. Mais qui dès qu’il s’agit de la France, ils ont le niveau de réflexion d’un poids sauteur de Pif Gadget. Ils ne comprennent rien à l’histoire, quand les premiers ont tendance à y vivre en rêve. Ils ont des positions dogmatiques héritées d’une histoire libertaire ou bolchevique qui n’a aucune racine dans leur quotidien et croient à tous les horizons qu’on leur vendra pourvu qu’il soit marqué « sans frontières » sur la boite.

J’avais bien aimé la dernière campagne de Mélenchon parce qu’il proposait une synthèse intéressante d’une société ouverte, partageuse dans un pays indépendant et écolo. Mais je crois que les français n’ont pas le courage pour la dimension de combat (et donc d’aventure) dans l’affrontement à l’argent qu’il sous-entendait.

En tout cas je vois tous mes ami-es, ceux qui croyaient au ciel et ceux qui n’y croyaient pas, pulvérisés politiquement et moralement façon puzzle par l’OPA de l’argent fou sur l’Etat. On sait pourtant que le hold-up institutionnel ne s’est fait qu’à la faveur de BFM et par le vide ouvert dans la contestation par ces demeurés du FN, que ce sont des lapins comme Christophe Barbier qui servent de chiens de garde au jeune roitelet du Cac40 et qu’il n’y a pas 15% de la population pour le soutenir…

Il serait peut-être temps de se parler en ouvrant les fenêtres dans ce beau pays dépressif ?

Langlois-Mallet

Si vous faites partie des gens qui disent : « terrorisme = accueil des réfugiés… »

Si vous faites partie des gens qui disent :  » terrorisme = accueil des réfugiés  » si vous aviez la gentillesse de quitter mon FB de vous même… merci.
J’en ai par dessus la tête de lire les supremacistes blancs qui se réveillent dans certain-e à chaque attentat. Comme si se trouver un méchant parfait était le seul moyen de se légitimer comme « bon », voir par la suite comme violent.

J’ai honte pour tous mes compatriotes qui amalgament les populations de nombreux pays avec une poignée de monstres. Je trouve pathétique de se découvrir une conscience quand des touristes blancs sont tués et de n’en avoir aucune quand des dizaines de milliers meurent à Mossoul (enfants sciemment exterminés compris), des centaines de milliers au Yémen et je ne sais combien en Irak tout entier (des millions) depuis que les USA ont décidé d’y semer le chaos.

Par ailleurs lire des gens qui, parce qu’ils se présentent comme « blancs » se croient immunisés contre la barbarie… c’est vraiment à pleurer devant l’ignorance et la bêtise.

Demandez aux populations exterminées des Amériques, d’Oceanie, pour ne rien dire des millions de morts des camps nazi et du colonialisme. Faites les comptes encore aujourd’hui de ces violences que nous semons dans le monde. Vous verrez que, pour abjectes et ignobles que soient les terroristes, ils n’en sont pas moins que des bricoleurs de l’horreur.

Ces merdeux ne prospèrent et ne recommenceront que grâce à l’énorme publicité médiatique que leur font les peureux. Ceux qui imaginent le monde comme un parc d’attraction sans vouloir voir la violence qui en est le prix tant qu’elle ne gêne pas l’illusion bisounours.

Après, si tout un pan de notre civilisation blanche décadente a besoin – après que nous soyons probablement la seule civilisation à être revenue du rêve de domination (il y a fallu 14-18, Le nazisme et la décolonisation) – de se retrouver une raison de vivre, une force, je peux l’entendre. Mais ce n’est sûrement pas dans cette bassesse anti-Islam, anti-musulmans, anti-étranger qu’elle se trouve.

Si l’on veut être héroïque, il faut d’abord avoir le courage d’être juste. Ce qui passe davantage par la lucidité vis à vis de nous-mêmes que par la construction d’un « mal » idéal. Laissez cela aux films américains dont vous êtes repus je vous en prie, petits « français ».

Langlois-Mallet

Quel hommage à Simone Veil ?

Je n’aime pas trop participer aux hommages universels -surtout quand les lieux communs de Facebook se doublent de ceux de l’Etat- je trouve qu’il se dégage quelque chose de gluant quand tout le monde est du même avis et que les autorités en profitent pour faire sonner les cuivres. Chacun renforçant sa propre estime de soi à l’estime collective et inversement. Les valeurs actives de la vie de la personne que l »on porte aux nues, ou que l’on panthéonise, comptant au final moins que le plaisir de l’encens.

Je ne rajouterais pas ma couche de lieux communs sur l’avortement ou sur l’Europe à l’hommage mérite à la personne Simone Veil. Parce que ces totems de la libertè individuelle et de l’universel politique sont en crise et qu’il ne sert à rien de renforcer les pouvoirs qui s’y appuient, mais plutôt d’en amorcer la critique. Surtout, le temps de l’hommage n’est pas celui de l’inventaire.

Le plus bel hommage serait par contre si ce moment et cette vie pouvait servir à nous faire bouger collectivement. Sur notre rapport aux Juifs de France et par ricochet à ceux qu’on ne se représente pas comme le groupe majoritaire, ou la « norme » du français. Ce serait un grand pas pour nous et un bel hommage si nous le devions à Simone Veil.

Les Juifs font partie de la France, sauf erreur, depuis le IIe siècle. C’est à dire avant Clovis, son baptême, et ses Francs même. Que des jeunes filles françaises de 16 ans comme elle aient pu être déportées – c’est à dire qu’il y ait eu un consentement muet pour se laisser trier, comme une main publique active pour les trier – relève de l’innommable.

Comme parisien, on passe chaque jour devant des plaques d’écoles, de collèges ou de lycées portant la listes d’enfants de 4 à 17 qui ont été offert aux barbares, juste parce que le nom de Juif faisait que les autres ne se sentaient pas assez proches d’eux pour les protéger de leur empathie. Je ne peux les voir sans envie de pleurer. Parce que ces enfants étaient les nôtres ou sous notre protection. Mais aussi parce que nous, nos ancêtres, n’ont pas su les regarder comme tels.

Comme la France est complexe, elle est aussi contradictoire. Elle est, dit-on, le pays où le plus de Juifs ont été sauvés par la population. Sans doute parce que nous avons aussi une culture de fraternité universelle.

Dans ce combat incessant entre un nécessaire sentiment d’unité (pensons aux Protestants ou à la Vendée) et d’appartenance et un regard fraternel sur l’autre; qui fonde la valeur humaine, il nous appartient de faire évoluer cette idée d’un nous Français « simple », pour aller vers un nous Français composé et complexe.

Des parties du nous ont subi un stress incroyable. On parle ici des Juifs, on aurait pu parler de la colonisation ou d’une immigration récente.

Comme le disait un éditorialiste ce matin, on ne comprend rien aux Juifs de France si l’on n’intègre pas que ces familles se demandent chaque jour si « cela ne va pas recommencer » pour leurs enfants.

A défaut d’avoir su faire notre, en 42, ces enfants de l’histoire. Il faut aussi faire notre cette angoisse de certains d’entre-nous pour pouvoir la dépasser. C’est avec elle et avec eux, et non contre, que nous retrouverons force et fierté.

La vie de Simone Veil se place là. Dans ce dépassement de la souffrance dans l’oeuvre politique. Elle a toute sa place au Panthéon des grandes françaises.

Langlois-Mallet

Quel est le message des Législatives ?

Selon moi, le fait marquant, c’est que 50% des Français ont choisi de laisser faire. Laisser filer Macron en roue libre pour détruire la vieille classe politique. Il y a de la colère, du fatalisme, la volonté de donner une chance, du manque d’intérêt pour un parlement sans pouvoir et qui sera absent des grands choix, comme la loi travail.

Comme force d’explosion de la vieille politique, on attendait Le Pen (annoncée à 30% il y a un an), puis Mélenchon et finalement, la destruction des partis issus de la Révolution française a bien eu lieu, mais par un curieux mélange du fait monarchique et de l’oligarchie financière. Manière de rappeler que la France doit être comprise que comme un cocktail (molotov) de monarchistes et de républicains, mais aussi comme un pays révolté et patrimonial, souhaitant sourdement le retour de la guillotine, mais pas prêts à voter pour des partis faisant courir un risque à leur compte en banque… Beaucoup de leçon à intégrer pour les opposants des deux bords ?

Assez bizarrement, le PS est détruit (pour un crime de libéralisme et de double langage), par ceux-là même d’En Marche qui promettent de faire bien pire… C’est aussi la mécanique de l’alternance qui est brisée au détriment de la droite cette fois. Et c’est tout aussi grave pour eux.

16% seulement de soutien lui promettent 400 députés…

Mais une écrasante majorité des Français s’installe dans le rejet et attend son heure. L’opposition, mais même le simple débat, ne se passera pas à l’Assemblée (33% se partageront les 150 autres, et 51% n’en auront tout simplement pas de voix institutionnelle). Les Français ont acté que cela ne servait à rien, mais ailleurs. Dans la rue ? Nous verrons. Mais clairement la prochaine St Barthélemy n’est pas celle du PS comme ce soir, elle sera pour les parricides du jour, qui seront les immolés de demain.

Cela donne envie de prendre date et de ne pas se lamenter

Le succès de Ruffin est à ce titre très prometteur. Une fois passé l’épreuve de cette élection, où la France Insoumise se devait logiquement d’affronter le PS et son reste de croupion Vert inutile pour montrer que la page de la trahison hollandaise était bien tournée. Demain, la FI sera forcée de constater qu’un fonctionnement centraliste et autoritaire n’aboutit qu’à une explosion et une multiplication de petites chapelles écolos battues d’avance, mais affirmant leur existence.

Je pense que l’avenir est ouvert, sur ce champ de ruine des autoritaires (symbolisé par le naufrage des arrogances PS), pour des voix singulières, originales, diverses, sans lesquelles l’écologie politique n’a pas de sens. Mais à condition qu’elles aient tiré toutes les leçons de l’échec total et lamentable des Verts et des stratégies d’intérêt personnel menées au nom de l’intérêt supérieur de tous. Il leur faudra intégrer l’apport immense de Mélenchon, qui aura tenter de réconcilier le fait majoritaire et une politique alternative, la France et l’écologie, le principe individuel et monarchique de la présidentielle, avec les valeurs collectives portées la gauche. Tout le défi de la France en somme…

Langlois-Mallet

Politique. Une élection assez simple

Quand tu vois ton pays qui fait entrer le cheval de Troie dans ses remparts en chantant, que fais-tu ?

« La colère n’est pas bonne conseillère. » Le vieil adage ne ment pas pour résumer la situation politique en France. Un pays à juste titre en colère contre sa classe politique uniforme – mêmes valeurs culturelles soixante-huitardes, même politique économique libérale – faute de s’entendre, a accouché d’un monstre : Le Macronisme.

Dans l’épisode précédent, on se souvient les médias ont su capter la révolte et détruire une à une les candidatures pour imposer leur président :

– Fillon ? Une proie, ringarde à pleurer, disqualifié par ses comportements d’un autre âge.
– Les « petits » candidats ? Un à un, ridiculisés.
– Mélenchon, excommunié pour des soupçons imaginaires.
– Le Pen, trop facile à tuer comme « nazie » médiatique, quand il s’agit juste d’une incapacité crasse.
– Il n’y avait guère que Hamon qui n’a pas eu besoin des médias pour se tuer tout seul dans son allégorie du principe de Peter.

Les candidats étaient partis pour une lutte politique, l’élection 2017 leur aura appris que le match se joue désormais d’abord contre les éditorialistes du CAC40.

Paradoxe

Au final nous voilà avec un pays qui, pour rejeter, une politique se retrouve à la plébisciter. Qui, par rejet de Hollande et de Sarkozy, vient de prendre le pire des deux, sous une enveloppe il est vrai plus séduisante. Un pays qui au fond veut le changement, mais sans changer lui-même. Qui dans une rage de Caliban brise juste le miroir que lui renvoie la classe politique, avant de se couper avec ses éclats de verre macroniens.

Vous ne vouliez pas de la loi El Khomeri ? Vous voterez pour, puissance 10. Vous faisiez barrage au racisme ? Vous aurez la président qui fait des blagues Trumpistes sur les noyés. Vous vouliez les libertés publiques ? Vous aurez l’inscription des lois d’exception dans le Droit commun.

C’est que, juste avant, lors des primaires, les digues avaient sauté. Les candidatures de synthèses des partis centraux avaient été balayées, laissant croire à une possible déconstruction de la politique unique par ses marges. C’est l’inverse qui s’est passé. La candidature de synthèse, produit du même nom, a aspiré les deux anciens axes politiques, qui du coup n’ont plus rien de crédible à opposer au jeune pouvoir qui représente finalement leur rêve aboutit.

Exit le PS, exit les Rep, pour qui voter alors ?

La recomposition se recompose donc en se décomposant… en lutte fratricide entre les courants, laissés à droite et à gauche, du grand parti unique présidentiel. La logique voudrait que les partis de synthèse soient mieux placés que les partis extérieurs dans cette course.

A droite, verra t-on le FN des Le Pen remplacé par un grand môle des souverainistes regroupant les Dupont-Aignan, les Philippot et la droite des Rép communier dans une nostalgique culturelle ?

Côté écolo-gauche c’est une élection au couteau pour savoir à qui ira le couvre-chef de l’opposant majeur. La recomposition se fera t-elle autour d’une gauche de compromission (recyclant les Duflot, les Hamon et toute la clique des années Hollande, penchant un coup frondeur, votant un coup soumis) ou autour d’une ligne claire mais forcément affaiblie dans une recomposition autour de la France Insoumise de Mélenchon. C’est ce que vote vote doit décider.

Pour moi, le choix est donc simple

J’opte pour la ligne claire. Pour ne pas nourrir ce qui nous détruit depuis tant d’années, cette disjonction entre les paroles et les actes qui a fait tant de mal à la vie publique et à l’intérêt général. Je voterais donc au premier et au deuxième tour pour la France Insoumise (dans mon village de Belleville c’est la batailleuse et un peu scout Danielle Simonnet).

Un vote de raison pour le seul parti qui a été capable de tracer un lien entre la seule question valable, absente partout ailleurs, celle d’une mutation écologique totale, véritable question de survie collective, et les fondamentaux de la nation française, son indépendance à l’égard de l’argent et des grandes puissances.

Pas que je pense que la FI ait un fonctionnement démocratique impeccable. Pas que je pense qu’elle ne s’illusionne pas à vouloir normaliser et caporaliser toutes les différences, pas que je pense qu’elle puisse gagner seule sans une profonde transformation de son rapport à tous ses alliés potentiels.

Juste par ce que je comprends que la logique politique impose à gauche ce moment de clarification. J’opte donc pour la ligne claire en vous invitant à faire de même, mais aussi à prendre date pour les diversités qui devront émerger demain (et la FI devra l’accepter ou perdre toujours), dans un contexte macronien il est vrai très difficile et démocratiquement putride.

Bon courage les Ami-es !

Langlois-Mallet

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