France d’en-haut. Un repli sur le château ?

Je reviens sur le débat précédent : « vers quoi va t-on ? » ou, dit différemment « vers quoi vont-ils ? » (avec ce vote Macron sans adhésion).

Ce contraste est saisissant entre le passage en force très extrémiste de Macron, qui veut une sorte de libéralisme intégral – dans un pays où par nature il est très marginal et impopulaire – ne veut surtout pas entendre parler d’alliance, ni de compromis avec qui que ce soit. C’est tout ou rien, ça passe ou ça casse, « vous signez-là, maintenant tout de suite, ou l’on vous livre aux nazis qui arrivent avec leurs bottes cloutées et leurs bergers Allemands baveux »

Pour obtenir ça, ils ont joué à la France profonde pendant des mois la musique unique de « Marine la Douce candidate normale avec un doigt de Pernaud », versus « le Dustin Hoffmann des salles de marché, vivant son idylle façon The Graduate en Une de Paris Match »- histoire d’éliminer les autres- puis maintenant qu’ils ont eu ce qu’ils voulaient. Blam ! Retour de manivelle, on terrifie les gens au lance-flamme médiatique façon Oradour sur Glane.

Alors que la vérité est sûrement entre les deux. Le FN est un parti nationaliste, xénophobe, sans culture démocratique et inapte par pure bêtise à gouverner car… il ne comprend tout simplement pas ce qu’est la France (ce qui est déjà pas mal, sans aller raconter qu’ils mangent les petits enfants, parce que les histoires qui font peur, on le sait, servent justement à ne pas être crues.
D’autant moins malin, qu’à force d’être terrifiée, la France profonde finira par faire ce qu’elle a déjà fait, renvoyer sa peur à son tour à l’oligarchie, en utilisant le Pen comme lance-flamme pour leur cramer la gueule à tous, d’un coup.

Après le film de vampires, l’effeuillage

Macron passera tranquillou, s’il franchit demain le dernier obstacle, celui de la confrontation en tête à tête avec LA femme mûre… Quand « pour gagner, il faut se mettre à poil » dit-on, devient : « Déshabillez-vous jeune-homme ! »

On a souligné l’aspect freudien de cette finale entre le fils qui a épousé la mère et la fille qui a tué le père. On va voir avec intérêt ce que donne l’explication finale entre la mère et le fils, entre l’héritière des monstruosités du XXe siècle et des fantômes de Montretout, et l’héritier des monstruosités financières du XXIe et sa cohorte de spectres ventripotents de la commission Attali. Franchement ? Je crois que huit Français sur dix auraient voulu, et peut-être mérité, autre chose… non ?

Demain soir à la télé, la version française d’un des meilleurs films de tous les temps  :

https://www.youtube.com/watch?v=-3lKbMBab18&feature=youtu.be

Trêve de blagues, retour aux données de la question

Donc, pardonnez-moi de revenir à mon interrogation de tout à l’heure que j’ai sauvagement interrompu moi-même, je répète :

– Quand je vois que Macron est minoritaire en adhésion dans son propre électorat…

– Que seuls 20% des Français-es souhaitent vraiment sa victoire… Que les autres vont se faire tordre le bras et la conscience à cause de la présence de l’épouvantail à électeurs FN…

– Que l’on a mis ce parti au 2 tour exprès pour cela, comme Macron à la Une de tous les journaux de l’oligarchie pendant un an exprès pour cela…

– Que la majorité des Français-e ne pense pas vivre en démocratie et qu’on leur demande de mettre un des deux candidats les plus détestés au pouvoir, contre leurs convictions nom de la démocratie…

– Qu’un pays que l’on disait au bord de l’insurrection froide va élire le représentant chimiquement pur du système…

– Que les gens se posaient il y a encore deux semaine la question de ce qu’ils voulaient et qu’ils se demandent aujourd’hui ce qu’ils haïssent le moins, de la finance ou de l’extrême-droite…

– Que le seul ressort de ce vote est la peur du pire…

Par moment, on est submergé par une vague de connerie qui porte, par exemple, Sarko au pouvoir. Mais là, même pas de vague. On s’enfonce juste doucement dans le Macron, comme dans un sable mouvant minoritaire.

Quand on voit ce qu’on voit et qu’on entend ce qu’on entend, on a bien raison de penser ce que l’on pense, comme dirait mon pote Erwan… Et bien je vous avoue que je me demande vraiment comment cela peut tourner… Mais cela m’étonnerait que ce soit rond.

D’où ma question : A quoi joue l’oligarchie ?

Pas à façonner un replâtrage, un bricolage de majorité, ou une apparence d’adhésion dans un pays en jacquerie de toutes part. Non, juste à passer en force. Même à 20% des voix (et dans ces 20%, 20% seulement de convaincus !), c’est à dire ce 4% qui fonce pour prendre le château et nous emmener où ?

4%, plus 10% de petits épargnants et 5% qui cherchent un job, et 5% de moutons neu-neu du premier tour, qui entrainent 30% à la peur et au chantage du nazisme, cela peut faire gagner une élection, mais pour aller où le frisson de 20h passé ?

Peut-être nulle part. Juste, avec la garde et l’huile bouillante du 49.3, s’y barricader  ?

Langlois-Mallet

Colère démographique

J’aime vraiment beaucoup Todd, son analyse du vote Macron est décapante et bienvenue. Ce sont les aisées, les inclus, les centre-ville, la carte du vote Hollande-2012, qui recoupe les terres de l’Ouest de tradition catholique autoritaire, bref « les Soumis » comme il l’a dit ailleurs qui nous mettent dans cette merde, par leur conformisme et leur égoïsme.

En face d’eux le vote FN recoupe les anciennes terres égalitaires à l’origine de la Révolution française, les terres de la souffrance et de la désindustrialisation, ceux qui ont l’habitude de dire merde à l’oligarchie dont l’égalitarisme est « perverti » (l’expression est de lui) aujourd’hui en identitarisme comme dans beaucoup de pays du monde.

Il n’a pas assez d’éloges pour Mélenchon et le fait qu’émerge en France une protestation, d’intello-précaires jeunes, qui échappe au rejet de l’étranger et à l’identitaire, qui est l’ordinaire des révoltes contre l’oligarchie dans le monde.

Cela renforce vraiment mon profond mépris de cette France d’égoïstes qui, sans conscience politique et qui depuis une semaine s’invente dans son théâtre mental un rôle de moraliste; après que leurs médias (et leur Hamon) aient réussit à contenir in extremis la révolte électorale de la France Insoumise.

Qui prennent prétexte de fraternité avec les immigrés (qu’ils laissent croupir en banlieue dans une parfaite indifférence et qu’ils matent quand ils se révoltent) pour excommunier la colère (récupérée et dénaturée par le FN) et mater la jacquerie des campagnes et des périphéries dont ils se foutent tout autant des souffrances.
Ceux qui se refusent à entendre que, plus qu’un vote « de nazis », c’est un vote de déracinés, arrachés aux campagnes, envoyés à l’abattoir en 14, puis jetés hors de l’usine, ceux qui n’ont plus que l’Etat et un vague croupion d’appartenance autour « d’une identité française » falsifiée. Gens plus à plaindre, abandonnés au FN comme d’autres, avec une histoire de déracinement semblable, envoyés du bled, aux tranchées, à l’usine, au chômage, puis laissés aux barbus enfin.

Ne comptez vraiment pas sur moi pour me mettre du côté du fouet des maitres de forge en chemisettes, gardiens de leur petit confort, et pour aller voter Macron en faisant passer cette hypocrisie pour une résistance, l’aider à saborder ce qui reste d’Etat et d’indépendance du pays !

Je tends l’oreille du côté des vendeurs de la boutique d’à-côté, qui me disaient qu’avec ces deux candidats épouvantables, il n’y avait plus qu’une voie la grève générale (je n’avais jamais imaginer entendre ça entre deux tours). Je regarde avec un amour de grand frère ceux qui filent au fond des champs et qui sont les mêmes dans les révoltes locale, les textes deu Comité Invisibles dans la poche. Et bien sur j’attends avec une extrême impatience de revoir émerger la France Insoumise aux Législatives (même si l’expérience apprend, qu’aucune continuité n’est acquise quand la victoire n’a pas réchauffé les coeurs.

Langlois-Malle

2e Tour. Panache blanc !

J’ai vraiment très envie d’arriver à une position commune avec les gens que j’aime et qui ont une conscience politique (ce pourquoi je m’obstine à chercher la juste position).

– Au positif : Il reste 5 jours pour faire plier Macron.
Dupont-Aignan à bien réussit avec Le Pen sur l’Euro et la scolarisation des enfants immigrés; Je pense que Mélenchon, qui a commencé ce soir sur TF1, doit continuer à peser de tout son poids de « faiseur de roi » sur cette élection et prendre la défense des Français menacés par les deux programmes fous. Macron doit lâcher son projet de durcir la loi El Komeri. Je pense que la question de la démocratie et de la souveraineté vis à vis des marchés financiers est la plus importante (Méluche, si tu m’entends… pèse !)

– Au positif toujours : la campagne des législatives est la seule qui compte et fixe la politique. J’espère que la FI va mener la sienne à grand bruit, en remobilisant les 7 millions un peu choqués ces jours-ci. L’espoir, le positif, les projets, les perspectives sont les seules choses qui combattent le FN et pour faire émerger tout cela, c’est directement la table de l’oligarchie qu’il faut désirer renverser. Donc, on doit tous faire beaucoup de bruit et ne pas laisser les autres se désespérer dans le jeu suicidaire, du pire et de son jumeau La politique ne doit plus être une torture !

– Si un futur-e président-e déjà détesté-e et délégitimé-e ne devait servir qu’à ça, cela ravirait les tenants de la VIe République (et les forcerait à la cohérence plutôt qu’à la déprime post-présidentielle). Donc haut-les-coeurs, replis sur la seule chose qui compte, l’Assemblée. Et pour la protéger du FN, oui, je suis prêt là, au vote de barrage. Marine le Pen peut penser ce qu’elle veut, elle ne gagnera jamais cette élection qui contient toute la vie quotidienne du pays où le FN est en effet très nocif et nous mène à une guerre civile.

– Sur la question devenue secondaire donc (puisque c’est sur, nous aurons un chef de l’Etat abominable).
L’objectif me parait rester qu’il, qu’elle soit mal élu-e. Enfouit sous les blancs, les nuls, les abstentions… Délégitimé avant de sortir de l’oeuf. Réduit à l’impuissance comme Hollande.

– S’agissant des bulletins, je plaide pour le blanc.
Manière de dire que l’on tenait à cette élection, mais que les deux protagonistes sont les pires possibles.

– Je redis aussi que je respecte les voteurs de Macron, s’ils le font avec lucidité.
Une démarche consciente en crachant sur ce bulletin qui représente à la plus forte dose un concentré de létalité pour la démocratie et la souveraineté politique du peuple en raison de sa concentration anormalement élevées en nanos-particules oligarchique E666 et ECAC40.

Enfin, je vais continuer à me moquer des moutons-Macron – qui sont en général les cons qui nous ont mis dans cette situation, par leur dépolitisation et leur indifférence au bien public – ou des salauds, qui espèrent tirer le cynique bénéfice de ne pas avoir à se justifier de leur politique, de par la présence du FN au 2e tour.
Comme le disait Todd « le vote Macron est un rituel de soumission, » cela me fait beaucoup rire d’imaginer la tête de ceux-là, qui se croient investis de la grâce depuis qu’ils votent En Marche… Rions, puisque ses gens sont appelé à nous faire beaucoup pleurer.

Langlois-Mallet

Mélenchon. 7 millions ! Quoi… Allo !

La déception est chez-moi bien moins forte que la reconnaissance !

Merci, merci, merci à Méluche et à l’équipe de la France Insoumise d’avoir quitté le confort et le ronron du petit FG pour nous prouver que la Fraternité est puissante dans ce pays !

Oui, il y a aussi beaucoup de cons et quelques salauds. Beaucoup de gogos qui mordent au marketing et votent pour ne pas prendre de risque – alors que continuer comme cela est le plus grand qu’ils prennent, les bênets ! Beaucoup d’égoïstes aussi qui votent pour que rien ne bouge et tant pis pour les autres (sans se rendre compte que le bateau Terre que nous coulons, est le même pour tous, excepté pour une oligarchie qui se fend la poire au champagne au Fouquet’s ou à la Coupole). Beaucoup aussi de colère aveugle et surtout bête.

Mais 7 millions quoi. Allo… ! Encre sympathique de l’écologie, du social, de la démocratie, de la culture vivante, de l’amour fraternel du pays, jamais nous ne sommes passés comme cela au révélateur. Regardons-nous et reconnaissons-nous !

Notre joie est le plus joli pied de nez aux quelques calculateurs d’appareils qui nous ont planté. Ceux qui ont planté le pays, l’ont ancré dans la soumission au CAC40. Ceux, qui pour se racheter des airs de pureté, couronnant une vie politiques de petites lâchetés, ô pas grand chose, ont provoqué la survenue de Marine Le Pen, à notre vraie place, au 2e tour. Ils voulaient leur conscience tranquille, ils se condamnent à administrer une punition collective. Tartuffes qui maintenant ont mis leurs étoles pour administrer la morale…

Car la vraie victoire sur le FN est celle de la dynamique, car la politique, c’est avant tout de la dynamique. Elle appartient à Mélenchon et à la France Insoumise, un peu aussi soyons honnête aux candidats souverainistes de tous bords qui ont ringardisé le nationalisme. La demande d’indépendance, n’est pas la peur, c’est le courage. Merci !

Car il est où le vrai combat contre le FN ?

Hier, avant, Marine Le Pen était le nom de la révolte, du rejet du système. Il n’y avait que deux France possibles, déprimantes, on mangeait, peu ou prou, à la gamelle du pouvoir, ou l’on allait aboyer sa peur contre l’honneur de ceux qui ont un nom difficile à prononcer. Clinton ou Trump. Les autres étaient inaudibles, trop mouillés dans les frondes de théâtre.

Aujourd’hui, après la France Insoumise, l’espace d’une révolte intelligente est posée. Une révolte consciente mûre, solidaire, responsable devant les générations à venir, elle viendra ou ne viendra pas, mais elle existe et se connait. Une France de la jeunesse d’ailleurs, celle qui a placé Méluche en tête à plus de 30% ! Quand le vote des plus riches plaçait Macron en tête et que le Pen dupait la France des moins éduqués…

La politique, c’est un espace de l’esprit collectif, de l’imaginaire que l’on se donne ensemble, bien avant d’être des places dans les institutions et des leviers de pouvoirs qui n’actionnent (on le voit avec Hollande, que si l’on est crédible). Marine le Pen peut-elle obtenir le grand fauteuil ? Visiblement pas. Mais pire pour le FN, même si elle l’obtenait, ce serait en représentante d’un courant de pensée mort-né, usé. Qui a montré toutes ses limites, d’une révolte pour les nuls dans cette finale des nuls. Celle de deux formes de marketing politique, celui des puissants qui vont prouver que la pub pouvait acheter même L’Elysée et celui de le marketing de peur, de la misère morale et mentale, du FN.

Ces 7 millions disent aux uns que nous n’acceptons pas la destruction de la planète et 9 millions de pauvres, la médiocrité générale du monde qu’ils vendent, et aux autres qu’affirmer cela, avec culture et intelligence, c’est cela la France, pas d’opposer les gens entre eux pour qu’ils se détruisent. Qu’affirmer tout cela est notre fierté !

Merci encore Mélenchon !

Ne sois pas déçu, même si tu es épuisé. Il n’y a pas de Grand Soir, même pas pour l’Elysée, pas de but ultime à atteindre dans l’histoire. Juste des gens qui a un moment se responsabilisent, ouvrent une voie, posent un acte fort, le payent au prix fort souvent aussi. Cela pour que d’autres aient sentis en eux une fierté et sentent le besoin ensuite de se demander ce qu’ils vont, peuvent ou doivent en faire.

C’est ce que tu as fait, c’est ce qu’ils ont commencé déjà.
Bravo et merci.

Langlois-Mallet

Par parenthèse, une pétition a été lancé en ce sens. Je vous mets le lien en-dessous. J’ai signé.
https://secure.avaaz.org/fr/petition/M_JL_Melenchon_et_toute_lequipe_de_campagne_de_la_France_Insoumise_Un_enorme_MERCI/?aaAnVbb

Premier Tour. Où l’on reparle du drapeau blanc… §;-)

Bon ? On se la fait cette p’tite n’alyse de cette soirée d’élections… ?

Nous, nous étions chaleureusement au Lou Pascalou (par parenthèse, j’ai oublié ma sacoche là-bas…). On a vu comme vous le système exulter dans l’agitation des petits drapeaux Made in Taïwan distribués à la hâte. L’étudiant en commerce à la chemise (blanche forcément, ouverte forcément) dire qu’il vivait une expérience « trop forte » et la journaliste-précaire en extase qui semblait ne pas vouloir retirer la main de… Bref, c’est la fête !

Le petit épargnant qui ne veut pas voir baisser ses actions, même si sa fille fait un cancer, même si sa femme est dépressive, même si son fils est perdu entre les écrans et quelques potions pour oublier, a voté. Majestueux. La démocratie représentative, c’est son règne, non ? Pas question de prendre le moindre risque en voyant le cours des actions familiales indexées sur l’Euro baisser ! Macron est son prophète. Les initiales du télévangéliste brillent dans les directs devant la maison mère de son mouvement. Brigitte sert des louches. Tout brille, tout sent le botox, l’artifice de com’, la notoriété marketing, le media-planning. Peu importe. Ça Marche !

Une sorte d’Airwick politique…

Voilà. Ce sont ces 20 % de clients des promos d’hyper qui vont faire la loi, parce qu’à partir d’un certain nombre de couv » de magazine. Ben, ils achètent. En face, la bêtise et la médiocrité de l’adversaire idéal-adoré, le FN, offre une sorte d’assurance-vie au système. Quel pied d’avoir des méchants si stupides et repoussants ! De quoi être les bons, les winners jusqu’au bout de la nuit…

En attendant le système se relance. Même s’ils sont désormais tous regroupés sur l’iceberg. Les pingouins ministrables ont de plus en plus chaud… Et, à voir les têtes déconfites de certains, il n’y en aura pas pour tout le monde. La disparition du bipartisme de la politique unique, pour le monopartisme à un coût… Vraiment dommage que la torpille Méluche soit passée si près !

La gauche annule la gauche

Comme prévu, l’opposition s’est annulée. La gauche pour se réinventer devait en appeler au peuple. C’est ce qu’à sût faire Méluche. Rajoutez ses qualités personnelles et une équipe qui mouille le maillot et vous aurez le succès de la France Insoumise. Merci à eux pour cette campagne. Mémorable. Mais c’était sans compter sur transformation qui faisait l’impasse (pouvait-il en être autrement ?) sur son encadrement. Le clergé de la gauche menait campagne parallèle. Non plus pour gagner, mais au moins pour faire perdre. Et prouver qu’il faut passer pour lui. Par les réunions interminables, les faux accords sur les programmes (qui valident en fait les distributions de postes et de circo), bref la bonne tambouille. Celle qui fait qu’au nom (de la main) sur le coeur de la gauche, on assure surtout à ses gamins la bonne place dans la compétition et au conjoint, le petit confort sans quoi la vie perd sa saveur. La gauche, il y en a qui en vive, merde !

Donc pas de deuxième tour Méluche Macron qui aurait valu cher. Je reste orphelin du débat de 2e tour ! Comme le vieux prof se serait gentiment offert le jeune trader, qui saisit les opportunités professionnelle (l’Elysée…) sans conscience. Car la suite est écrite. Il l’a dit lui-même « je ne resterai pas en politique » Ce qu’il faut en comprendre ? Limpide.

L’usine France a trouvé repreneur, le plan social se prépare

Macron, récupère une boîte mal en point. Comme Bernard Arnaud, Tapie ou n’importe quel autre. Passer les flonflons du bal, sa mission est de dégraisser. Et la graisse, c’est vous. D’une manière ou d’une autre. Il va donc planter la boîte France. Mais pas de soucis, c’est ce que les actionnaires qui l’ont mis là demandent. A lui le parachute doré. Les stock option. Puis il délocalise. Les « ouvriers-électeurs » se démerderont comme ils peuvent. C’est la loi du marché… Et comme le plan social aura été impopulaire, il restera juste à le délocaliser. L’exfiltrer vers des conférences bien payées. Un poste en vue dans une institution internationale. Ou un paradis fiscal.

Ouvrant la porte à un électorat plus que jamais en colère (saine ou aveugle) pour gérer le désastre, écologique, économique etc.

Alors voilà. On est là. Il y a les législatives qui viennent et l’on va se battre. N’oubliez pas que les Hamon, les Duflot et tutti viennent de vous planter gravement pour leurs petites carrières. Avec de pseudo prétextes vertueux. Un mot là-dessus ? Sur l’espèce de plan bisounours hallucinant que nous a fait la campagne Hamon ?

J’ouvre une grosse parenthèse donc…

Ils n’ont pas considéré l’intérêt général, mais leur besoin. Celui de se refaire une virginité. Cela fait depuis la fac, depuis le MJS et l’UNEF-ID qu’ils trempent dans des magouilles et des petits arrangements avec pour but de ménager leur accès au pouvoir. Et puis, comme ce sont quand même des gens conscients, au fond d’eux monte une marée de nausée. Quel monde offre t-il à leurs enfants ? Je suis certain que Hamon n’est pas un personnage haïssable. Qu’il couche ses enfants le soir, comme il l’a un peu mis en scène, et qu’il veut sincèrement être (aussi) un héros pour eux. Alors voilà, cette campagne, c’était l’occas de la pureté. Le PS était grillé et il fallait se refaire une virginité, ce qui tombait pile avec ce besoin de vivre autre chose. Un truc comme le revenu universel par exemple. Mais attention, un truc de gentils. Sans adversaire au bout. Sans argent pris comme le méchant Mélenchon (qui fait peur tout de même) au 1% des milliardaires. Idem, une écologie sans méchants, sans être l’adversaire de l’industrie chimique ou nucléaire.

L’Ile aux enfants, paradis pour Casimir du FN ?

Les complices de cette Ile aux enfants, pour les post-ados qui refusent de grandir, c’était bien sur les cadres Verts. Usés jusqu’à la corde par les compromis, les arrangements et dont le manque de scrupules personnels s’étale à chaque remaniement ministériel. C’est d’ailleurs ironique de voir, pour moi et mes copains (qui le portions à l’époque, il y a 20 ans) que les mêmes Verts avaient tué ce le « revenu d’autonomie » quand leur jeunesse le portait… Comme les anciens MJS, apprentis attachés parlementaires eux, les Hamon and co, enviaient, fascinés à l’époque, nos « utopies » eux pour qui la politique se limitait à la quête « des postes » et « des places » (au nom de Jaurès oeuf corse).

Voilà. On est victime de tout ça ce soir. De ses histoires. De ce besoin de pureté qui amène le pire. Bref, on perd et les pires sont en lice pour le 2e tour avec une question dégueulasse sur toutes les lèvres « qu’est-ce qu’il vaut mieux voir à l’Elysée du petit trader, ou de l’héritière du manoir fantôme, plein des peurs et des fantasmes de l’extrême-droite qui ont dû la terroriser enfant ? ».

Libéralisme sécuritaire, ou autoritarisme libéral ? Ben… Et si j’ai piscine…?

Le pire de cette réponse ? C’est que la différence n’est pas énorme. En tout cas qu’elle se réduit. Le culte du profit des actionnaires de Macron le jeune, ne peut se maintenir, vu la misère qu’il crée partout, qu’en durcissant de plus en plus la répression. Le cool-power mondial, le sera de moins en moins.

Quand à l’héritière des brutes, elle ne peut remettre en question ni cette quête folle du profit qui détruit toute vie locale, réelle, ni penser un avenir écologique ou solidaire. Plus de fric pour les mêmes égal forcément plus de répression pour tous (et inversement).

Alors ? Ben… Un président détestable, il nous attend, ce n’est pas la fin du monde. A condition de s’y soustraire mentalement. Ensuite, de mener la bataille pour la dernière redoute, même si elle sera peut-être perdue, elle n’est pas vaine : les législatives qui sont la bataille pour le choix du gouvernement (celle qui compte en fait). Et puis voilà, reprendre ou ne pas lâcher les autres, celles du quotidien : du quartier, du travail, de la rue, de la vie… Elles ne sont pas tout, comme le croient les autonomes, les anars, elles sont aussi.

On repart juste beaucoup plus forts (merci encore à Méluche !) mais toujours aussi défaits (vive la Commune enfant !). Merci à Méluche aussi (et combien) de ne pas s’être rallié à Macron. Merci pour le référendum. Je voterais blanc, comme mon bulletin de deuxième tour. Et je vois les mauvaises langues dire que cela ne déplait pas à mon côté vieille France… Eh ouai !

Langlois-Mallet

Fabulette. Le Jour J

La chose avait mis du temps à se décanter et puis, une nuit dans son lit, il s’était levé en sursaut : Mélenchon !
Une évidence !

A partir de cet instant, le mois qu’il restait avant l’élection devint un refrain le jour, une comptine pour ses enfants, un mantra sous la douche, une berceuse le soir… Mé-len-chon.

Il avait saturé le répondeur de sa grand-mère sourde et les réseaux sociaux aussi autistiquement penchés sur leur candidat que lui, appris à écrire les fameuses syllabes à sa petite nièce de 6 mois, retourné son carnet d’adresse en tout sens à la recherche de la moindre brebis non encore prêchée, mis des autocollants sur son réfrigérateur, s’était brouillé méthodiquement avec tous les (traitres) Hamonistes de sa connaissance, collé des affiches dans tout son quartier, rompu avec sa maitresse Macroniste, fait la chasse à tous ceux qui écrivaient avec un A, bu le coup avec tous les pochtrons des environs pour les convaincre de miser sur le rouge Mélenchon, Mélenchon, Mélenchon…
Mélenchon était devenu un personnage familier, une sorte de colocataire qui habitait moins chez lui que dans sa tête (ce qui était plus pratique pour discuter ou s’endormir ensemble).

Mais enfin le jour J était arrivé

Cheminant dès potron-minet vers le bureau de vote, il se répétait… Mélenchon, Mélenchon, Mélenchon, Mets l’enchon, Mets l’enchon, Mets l’enchon… Il se demandait ce que pouvait bien être un enchon d’ailleurs. L’idée lui venait que c’était une sorte de calamar. Mais pas de toute, l’enchon allait dans l’urne et lui allait l’y mettre.

Il entra le premier dans l’école du quartier. Les policiers chargés de monter la garde n’étaient même pas arrivés. Les petits papiers blancs, avec les noms en noirs des candidats, au garde à vous, attendaient sagement sa main. Il prit un plaisir certain à les cueillir un à un. Jusqu’à ce qu’apparaisse : Mélenchon !

Tirer le rideau de l’isoloir, comme s’il s’agissait de faire un test médical, lui fit en revanche une curieuse impression. Voilà un mois qu’il clamait à la création entière Mélenchon. Et au moment de faire juste ce qu’il disait, il fallait se cacher ? Il plia sagement le bulletin, le glissa dans l’enveloppe. Et l’ouvrit. Trois ou quatre fois de crainte que le bulletin d’un autre se soit glissé. Puis ce fût l’instant triomphal. On proclamait son nom et lui laissait choir la foudre jupitérienne de sa décision. « A voté ! »

Il fût presque surpris en sortant de ne pas avoir entendu « A voté Mélenchon » L’air était frais et la sérénité du devoir accompli. Tout en marchant, la petite voix de sa conscience chantonnait toujours : « Mets l’enchon, Mets l’enchon ». Et les affiches électorales fièrement sur les murs répondaient : « Mélenchon, Mélenchon » Il se répétait en regardant les grosses lettres, Mélenchon, Mélenchon… Lui l’avait mis. Un peu comme quand gamin, il décochait à la dernière minutes des prolongations cette fameuse volée dans la lucarne gauche du gardien, celle qui faisait gagner la Coupe du Monde à son équipe, celle que les télés passeraient des années durant…

Il regardait avec complicité ce petit papier blanc dans ses mains qui lui renvoyait aussi les lettres de la victoire : Mélenchon. Un peu comme un bulletin gagnant de loto collectif… Mais le sien. SON bulletin de vote. Ce petit papier aussi répétait en Helvetica noires ce qu’il voulait entendre : Mélenchon, Mél…

Ce… Ce… Bulletin ! Ce bulletin ???? Mais… Mais… Qu’avait-il donc mis dans l’urne ? Mais, mais… l’enchon… de quelle espèce ?

Langlois-Mallet

2017, Révolte paradoxale à la Française

C’est chouette, on a la possibilité de réentrer dans l’histoire, après ces décennies déprimantes. Je me demande comment on appellerait ce moment, plus tard… La libération citoyenne, la libération populaire ou un truc dans le genre.
Ce qui m’aimante le plus, c’est la conscience que plusieurs digues sautent en même temps.

– Celle d’une révolte démocratique contre les cadres politiques d’abord, avec l’abattage systématique de tous leurs candidats depuis quelques mois, de Duflot à Valls, de Hollande à Sarko. Un phénomène où je vois un mouvement bien plus profond que l’humeur dégagiste du moment; une remise en cause de l’aristocratie républicaine qui s’est coulée dans les palais et dans les privilèges déjà injustifiés de l’ancienne noblesse. Pour elle, qui parle au nom du peuple souverain sans en être, le référendum bafoué aura été l’erreur de trop. Tout un système politique à refondre, un contrat social à revoir… Je ne vais pas redire ici que le sujet qui s’agite dans les tripes de la société, ce n’est pas l’abolition du président (pour ressusciter le parlementarisme ??) mais l’émergence d’un vrai espace politique citoyen autonome et parallèle, à l’Assemblée et au président (et puis zut, tiens, je l’ai redit).

Une poussée sociale inespérée

– Une poussée sociale et une parole de gauche très forte se manifeste (Méluche, Arthaud, Poutou, Hamon, voire Cheminade) avec en face d’elle, le quasi candidat unique du système (du parti de la presse et de l’argent, ou de l’appelez-le comme vous voudrez), fabriqué de com’ jusqu’à la caricature. On laisse aux libéraux la «  »gauche » » de com’ et ses thèmes sociétaux et on revient sur le fond, le social, le partage. C’est l’irruption des thèmes du réel, du quotidien de la majorité des gens, dans un débat politique dont ils sont poliment exclus en général. Prime à Mélenchon et à ses réunions publiques en forme d’éducation populaire, en prise avec les réalités du travail, du logement, de la santé ou de l’éducation.

Le salut souverainiste

– Enfin comme réclamé sur cette page, à corps et à cri (et à contre-courant), la révolte indépendantiste. Si la révolte de la société française n’a pas lieu comme annoncé par le FN, c’est grâce à la puissance de tir souverainiste (Re-Méluche il couvre plusieurs cases, d’où son succès, Dupont-Aignan, Asselineau) qui conduit le nationalisme à la panne sèche.
Il s’agit d’abord pour eux de rappeler que la politique se décide ensemble et ici, c’est l’héritage même de la République. Alors que le nationalisme repose sur une confusion entre politique et culture, c’est une inflation émotionnelle qui n’a plus lieu d’être quand on redonne du sens au collectif et à la politique (et pas quand on crire FN-Nazi).

Le retour de la France

Cette révolte d’une certaine identité française, est l’autre aspect de ce qui se joue. Beaucoup de gens se souviennent qu’être Français cela peut et doit être autre chose que ce que nous subissons depuis lurette dans cette direction libérale. C’est une fierté, une parole forte et indépendante dans le monde, une remise de l’argent et de notre propre intérêt même à leur juste place et la priorité donnée à un élan émancipateur, portant des valeurs fortes et universelles, quelque chose d’arrogant peut-être, comme Surcouf ou Cyrano, mais tant mieux. Toutes choses qui dans la deuxième moitié du XXe siècle ont pu être parfois plus sensibles à droite qu’à gauche, sous le vocable de gaullisme, mais à condition de se souvenir que la Résistance regroupait des gens de partout, des communistes aux royalistes.

Une élection à portée mondiale

Ce qui est en jeu ici, est en effet une question monde. Partout la crise d’opposition au système libéral se fait par le nationalisme (et l’on voit avec Trump en fait qu’il s’agit plus d’un prolongement). La France peut-elle porter une alternative ? Montrer une autre voie ? Pour cela elle est donc obligée à la fois de puiser dans ses fondamentaux et de régler ses propres crises.

Là encore, merci à Jean-Luc Mélenchon de s’être affranchi —au moins dans le verbe, on verra peut-être (ou pas) dans l’action — du corset de fer de cette gauche des cadres (individualiste et paresseuse, internationaliste inconséquente, moraliste et inerte) et d’avoir su comprendre la nature de ces mouvements de fond du corps social pour camper solidement à leur carrefour.

La revanche du référendum

Si quelque chose de très fort bouge dans les jours qui viennent, c’est que cette greffe de plusieurs révoltes dans un nom aura pris, malgré le tir de barrage du système, comme effectivement pendant la campagne du Référendum, que Mélenchon aura su l’incarner.

– Preuve que, contrairement à ce que disent les éditorialistes, il y a bien un thème dominant à cette campagne : la souveraineté populaire et le match retour de la saloperie que les cadres politiques nous ont fait en s’asseyant sur le vote du peuple souverain.

– Preuve aussi du lien indissociable qu’il y a en France entre un peuple et un homme dans les moments de crise et de dénouement. Que s’il ne saurait être lui-même, ni la politique, ni la République, ni la démocratie, il leur est indispensable.

– Preuve donc à contrario de l’inanité de la proposition phare du candidat phare de l’élection 2017, la suppression de la « monarchie présidentielle » alors qu’il lui devra tout… Même si ce ne sera pas la première fois qu’un mouvement dépasse celui qui le porte, ce n’est pas le moindre paradoxe de notre élection paradoxale !

Langlois-Mallet

Présidentielle. Une 2017 « prévisible » nationalisme v/s Libéralisme ou une « explosive » sous effet Méluche ?

Si je devais résumer le débat français à des amis étrangers, ou proches un peu décrochés, je dirais que, comme un peu partout dans le monde, les politiques de droite et de gauche ayant convergé vers une politique unique, l’axe de gravitation se déplace de façon prévisible vers une opposition entre nationalisme et libéralisme (la décrépitude des anciennes formes étant incarnées par Fillon et Hamon auquel se substitue la nouvelle opposition par l’axe Macron/ Le Pen).
 
Mais la singularité française s’exprime dans ce concert global, avec Mélenchon, qui disjoncte le débat en posant d’autres catégories entre le national et le global (comme par exemple la prise d’impôt sur les exilés fiscaux), posant par avance la critique que le nouvel axe libéralisme – nationalisme aboutira aussi à la même politique donc à la même déception (puisque le libéralisme ne peut se maintenir qu’en durcissant sa politique répressive et que le nationalisme laissera de côté la question de l’hyper-classe globale, qui continuera à pomper et la possibilité de vie de la planète et le budget des états, dont la dégradation des conditions de vie).
 
Fragmentation
 
Cet effet Méluche opère donc sur l’axe Macron-Le Pen, le même effet que Le Pen sur l’axe droite-gauche, un éclatement. La France passe ainsi très vite du bi-partisme à la tripartition de sa vie politique, puis aujourd’hui à un jeu d’au moins cinq familles antagonistes, c’est à dire à une pluralité dans un système électoral majoritaire, conçu au contraire pour construire des majorités claires.
 
D’où je déduis qu’il n’y aura probablement pas de vainqueur à la présidentielle. Car quel que soit formellement le gagnant, il sera dès le soir de son élection minoritaire dans l’opinion, et ne pourra pas trouver de majorité au parlement. Nous allons vers un blocage, car ce qui est contesté n’est pas seulement la politique unique du social-libéralisme, mais l’idée même d’une politique unique. Ce n’est pas l’élection du président qui a vécu, c’est le système majoritaire qui est en état d’obsolescence programmé.
 
Mise à mort non du président, mais du fait majoritaire
 
C’est à mon avis tout l’enjeu de la sorte de ligue qui se fait de partout dans le rejet du social libéralisme. Non pas tellement qu’il y ait un projet commun entre contestataires de droite, de gauche, d’extrême-droite, de l’écologie, des laïcs, de croyants (encore moins des amalgames possibles pour répondre au débat du matin). Mais simplement que la mise à mort de la politique unique est la condition d’expression et d’existence pour des sensibilités très diverses.
 
La politique unique (dure aux faibles sur le plan économique, extérieure à l’hyper-classe sur le plan fiscal, individualiste sur le plan des valeurs, moralement élastique sur les pratiques, mais donneuse de leçons sur le plan du verbe) n’étant plus le compromis acceptable pour vivre ensemble. Là encore, je ne pense pas qu’une autre famille fasse concensus demain, que ce soit les néo-religieux, ou les laicards, les nationalistes ou les écolos… Mais plutôt qu’il faut aller à l’assemblée vers un système de négociation de politiques à géométries variables, où les alliances se composent et se décomposent en fonction des grands sujets : économie ouverte ou protectrice, morale individualisée ou commune etc.
 
Ce pourquoi la question n’est pas de supprimer la fonction du président de la République comme le croit les Méluchiens, mais de la faire évoluer et surtout de faire évoluer l’Assemblée Nationale et le fonctionnement même de la politique pour redonner place à la complexité face au simplifications, à la négociation face au rapports de force, aux citoyen-nes face à l’élu etc.
 
La politique française ainsi n’est pas un simple copié-collé de la politique globale, la deuxième manche de la bataille Trump-Clinton, mais une aventure passionnante à usage du monde et des dauphins.
 
Langlois-Mallet

Franchement ?

Je n’ai pas d’intérêt particulier chez l’un plus que l’autre. Je me tiens à distance des factions, des partis, des groupes de pouvoir divers pour lesquels je n’ai pas grand goût ni estime (je parle de la médiocrité de leur production collective, après il y a des gens que j’aime).
J’ai d’ailleurs assez fait la gueule que la candidature de rupture nécessaire soit celle de cette vieille ganache de Méluche (j’aurais adoré qu’une nana nouvelle et décapante émerge). Mais je fais avec la réalité. Et la réalité, c’est que le meilleur candidat est Mélenchon, tous ses défauts pris en compte.
Hamon est sympathique et je suis même plus proche de lui sur certains thèmes, comme la nécessité du revenu universel. Mais ce n’est pas lui faire injure que de constater que ce n’est pas son heure.
Ni du point de vue de la gauche, qui doit se réinventer en tournant cette calamiteuse page PS ouverte par Mitterrand, de dissociation du discours et des actes, de la morale et de l’action.
Ni du point de vue de la France qui demande une personnalité capable d’une transformation, d’une transmutation inédite, susceptible de rassembler des familles antagonistes comme jamais. Ce qui n’entre pas dans le cursus ni les compétences d’un aimable bureaucrate d’appareil.
Ni au plan international. Ou il faut quelqu’un qui puisse aller porter l’interet universel écologique en même temps que la parole de la France dans la cour de Trump et de Poutine. Car telle est la réalité des rapports de force, loin des petits équilibre de courant entre députés Verts et Hamonistes…
Hamon à tout l’avenir pour lui, et tout intérêt à s’inscrire dans cet avenir comme celui qui capable de faire passer l’intérêt collectif avant le sien. Il serait sage qu’il rejoigne la meilleure campagne, celle en tout cas d’un Mélenchon dont l’heure est venue.
Langlois-Mallet