Grèves. Soutenons le Service Public

Pouvez-vous m’expliquer comment on peut en France (grand pays riche, ou juste pays normal peu importe) en être venu à l’idée à peu près générale et fataliste que les trains coûtent trop chers pour que les voies soient entretenues; comme de croire normal ou acceptable que les oiseaux disparaissent plutôt que d’interdire de répandre du poison ?

Croire qu’il est normal d’accepter que les personnels hospitaliers se trouvent en tension insupportable et qu’il y ait des « déserts médicaux » (c’est à dire des endroit où l’Etat se donne le droit à la paresse de ne pas investir pour le minimum de santé des gens); On pourrait rajouter que les profs soient mal payés et les écoles et collèges surchargés, que l’Université craque; que le nombre de juges soit celui des années 1850 alors que la population a doublé ? Que des milliers de gens dorment dans la rue ou dans les bois ? Et même que la police de terrain soit au bord du burn-out ? Ou que l’armée ne puisse pas garantir d’assurer une mission d’ampleur qui aurait à advenir ?

C’est à dire que l’ensemble d’un fonctionnement juste normal soit remis en question ? Au nom de quoi ?

Accepterait-on que l’avion du président Macron n’ait pas d’essence pour une visite officielle ? Que les députés ne soient plus payés et que l’on ne paye plus pour leurs obsèques ?

Acceptez-vous que vos fenêtre n’ait pas de vitres ? Votre appartement pas d’eau ? Dormez-vous à même le sol ? A partir de quand êtes-vous prêts à sortir en culotte en hiver ?

Accepterait-on que le 1% de plus riches ne participe plus à l’impôt et à la solidarité nationale et se considère comme une classe à part qui n’aurait plus de comptes à rendre à tout ce qui est commun et sur lequel il fonde sa richesse ? Je crois bien que c’est ce dernier point que l’on accepte.. au travers de toutes les « impossibilités » que l’on nous présente de le taxer au nom des « contraintes économiques internationales », « du Marché », de « l’Union monétaire » ou de la « concurrence libre. »

J’aime beaucoup l’Europe et comme tout le monde je trouve beaucoup plus intelligent de faire des projets avec les pays voisins que de se faire la guerre. Mais il est grand tant de redevenir un peuple politique, c’est à dire un pays indépendant tant les deux sont liés; si l’on veut que l’on puisse réexister et poser à nouveau ces questions de base.

Il est peut-être temps aussi de dire à ce jeune sur-diplomé qu’il ne dirige plus un fond d’investissement pour faire gagner plus à quelques hyper-riches, mais a été élu pour faire marcher un pays.

Et puis aussi d’aller en manif jeudi !

Langlois-Mallet

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Le Service Public n’est pas un gros mot. C’est l’honneur de ce pays et un peu de notre force à tou-te-s.   (Si la journée peut servir à affirmer ce message…)

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Petite note sur notre déprime politique post-Macron / « Ovaires-dose »

J’aurais plein de trucs à vous écrire sur la dépression politique que nous sommes nombreux à ressentir, depuis de grand flash de la Présidentielle (qui dit drogue, dit descente). Je vois beaucoup de gens touchés, des gens bien souvent, à hauteur de ce qu’ils mettent d’eux-mêmes dans le mot : « politique ».

Mais en fait je suis toujours moi-même en partie trop dedans pour vraiment me remettre au boulot d’analyse et d’écriture, qui par ailleurs devrait aussi se donner pour objectif de proposer. La mienne, c’est une « déprime qu’à du bol », comme Souchon les mélancolisent si bien. Cela change et ce n’est que justice. Elle s’identifie dans l’observation du vol des gibbons aux longs bras, libres, dans les cimes des dernières forêts primaires (pour combien de temps ?) et le va-et-vient du toucan préhistorique vers la cache où il nourrit ses petits.

J’en profite pour redonner le prima à la vraie vie, réinventer ma famille, lancer ma petite boîte comme tout le monde. Cultiver son jardin, le reconstruire aussi. Et remettre en question jusqu’à l’usage des réseaux sociaux et à plat les usages de la critique engagée. A quoi servent, si ce n’est à me fragiliser, ces 20 dernières années d’engagement frénétique où toutes les causes défendues ont été perdues, démocratie politique, intégration, précarité de la jeunesse, cultures populaires, politiques culturelles… Paris ! Et surtout écologie, devant ce gouffre ? Peut-être au fond juste à me fabriquer un regard.

Je vois aussi les bénéfices que les Français tirent du deal que leur fait Napoléon IV : plus de monarchisme, moins de social. C’est à dire comme un peu tous les régimes autocratiques du monde, je vous redonne de l’identitaire si vous laissez l’hyper-classe jouir en paix de l’épuisement du monde. A la sauce Française cela donne en creux une nouvelle devise, Macroniste : Autoritarisme, Ruisselementisme, Individualisme.

Je vois la vexation supplémentaire que cela représente pour la France républicaine, celle issue de la IIIe République et de ses mythes scolaires, et qui encaisse les nombreuses claques du moment, au risque de l’aigreur (du FN à Valls). Une France culturellement bloquée sur un logiciel unique confondant politique et culture, se croyant par essence vouée à être ennemie de tous les particularismes, de toutes les diversités, se sentant rongée, menacée par eux (en premier lieu par l’Islam) et en même temps aspirée avec délice sous perfusion létale d’une seule, l’Anglo-sphère.

Ovaires-dose

La séquence que nous vivons a été décrite par un chercheur comme celle de la « révolte des privilégiés », comme Macron publie « Révolutions » pour mieux de couper la tête aux cheminots et aux infirmières. Comme dans le quinquennat Hollande, le débat sur l’effritement politique et social se trouve enseveli sous les brouhaha des magnifiques progrès des mœurs globales, sorte nouvelle religion contre laquelle il ne fait pas bon ouvrir le bec.

Sa traduction ici, avec la révolte des actrices d’Hollywood contre les producteurs avec qui elles montent à l’hôtel se déshabillent à 4h du matin pour avoir le rôle puis qu’elles accusent de viol (je sais, je pousse un peu le bouchon en sens inverse), ne me donnant pas réellement idée de la pierre de touche sur laquelle on peut refonder le bonheur entre les sexes et une civilisation amoureuse.

Il y a longtemps que je dénonce ici le jeu actuel des sexes, vain et méchant, et que je me suis rangé des voitures amoureuses pour appeler au débat-amoureux ; jusque là je me serais volontiers décrit comme féministe, mais disons qu’il y « ovaires-dose ». Il s’agit de faire ramper les hommes, plus que de les faire s’élever et dans ce que nous voyons, finalement ce sont les femmes qui s’abaissent.

Je reste bien persuadé de l’enjeu d’une transformation de la violence inhérente aux hommes, mais selon moi c’est une expérience culturelle amoureuse, dans la découverte du plaisir féminin (qui n’est pas plus une fin que le plaisir masculin, juste un médium de la rencontre). Pas dans l’insulte, la culpabilisation des hommes, la violence symbolique ou des lois consacrant le primat d’un sexe sur l’autre. Pas dans l’instauration d’une nouvelle religion de la déesse mère-victime ou de ce qui est peut-être le comble, la négation « patriarcale » de la violence que les femmes portent aussi… Oui, la rencontre de l’autre est une expérience violente et difficile. Mais pour les hommes aussi, que croyez-vous ?

Bref, l’époque incite au pas de côté. Les gens font les expériences qu’ils veulent dans ce que l’on appelle démocratie et c’est peut-être à cause des conséquences de leurs choix et de ce que leur fait vivre la société qu’ils fabriquent, entre désastre écologique, insécurité économique et violence individualiste de gens solitaires (ah les filles et leur chat !), que les dictatures ont le vent en poupe et que cela s’annonce pain bénit pour les sectes de tout poil.

Quand la déprime est collective, le bonheur est sûrement individuel. Mais, faute de connections faisant sens, c’est à dire de lieux ou débattre ensemble de la culture ou réinventer la politique, c’est une fuite dans laquelle on sera tous bien vite rattrapés…

Langlois-Mallet

Rats-Lib’ : Se faufiler partout à Paris !

Plus de vélos, pas de voitures. Paris misera demain sur l’attelage de rats.
Inquiets de voir leur carrosse se transformer en citrouille, les barons de l’exécutif de la majorité municipale, menacés par l’avalanche de mauvaise nouvelles (dettes, magouilles dans les PV, abandon des vacances pour les enfants pauvres et divers autres projets foireux…), ont eu recours à Jargon.2.0 une agence de communication spécialisée dans « les nouveaux usages de la ville partagée pour tous, innovante de demain et connectée up to cool ».
– L’idée de l’agence, fondée par un ancien du MJS, est tellement simple que l’on s’étonne que la ville n’ait pas déboursé plus tôt les 45 millions d’euros nécessaires à la réflexion des créatifs et media-planeurs. Partant du constat que les Parisiens n’ont plus droits ni aux vélos, ni aux voitures pour se déplacer, il était tant d’innover dans l’utilisation des ressources naturelles de la Capitale en lançant le premier service de carrosse avec attelage de rats.
– Rat-Lib, c’est le nom du futur équipement municipal envisage de séduire d’abord les touristes qui, explique sans nov-langue le premier adjoint Bruno Fayard :« sont le seul vrai enjeu pour Paris, les habitants on s’en branle », mais serait ouvert aussi aux parisiens les plus chanceux, moyennant un abonnement par QR code avec reconnaissance des empreintes digitales.
– L’appel d’offre en cours d’élaboration ciblerait les compagnies privées spécialiste du low-cost afin de garantir l’inconfort et les retards auxquels les clients (on ne parle plus d’usagers) ont droit. il s’agit aussi d’asseoir en parallèle le succès du futur dispositif premium avec attelage de chinchillas (disponible uniquement, à la demande expresse de la maire du VIIe Rachida Daté, entre les 7e et 8e arrondissements).
– Seul obstacle sérieux sur la voie de Rats-Lib’ des élu.e.s de la majorité elle-même au Conseil de Paris qui dénoncent dans un communiqué la référence implicite « au conte patriarcal, aliénant et dégradant pour l’image de la femme » de Cendrillon. Ils menacent de ne pas voter le projet si la campagne de communication ne s’inscrit pas dans la lutte pas contre les stéréotypes genrés. Par exemple en montant un homme, ou la rigueur un trans, essayant une chaussure à talons, taille 32.
– « Politiquement, l’attaque est fine » note sous couvert d’anonymat un élu de l’opposition perplexe, « Anne Hidalgo pourrait faire de l’invasion de rats un argument d’une nouvelle candidature en 2020 et même en cas de défaite, un départ de l’Hôtel de Ville en citrouille attelée risquerait d’en faire la deuxième maire la plus regrettée à égalité avec notre Jean Tiberi. »
– Plutôt qu’une droite moribonde, le coup politique vise à contrer la montée en puissance à Paris de LREM. Le parti du président a bien senti le vent du boulet et réfléchit à sa réaction, probablement au travers d’un décret imposant une libéralisation des cadences des attelages (on parle de 18h sur 24h, sans jour de pause) . Ce qui aurait pour effet de rendre ce mode de transport très dangereux et donc de voir les Parisiens se tourner en masse vers l’assurance privée.
– On le voit, le projet de réconcilier les nouveaux usages et les rats doit encore s’affranchir de bien des préjugés.
Langlois-Mallet

2017. 200 000 J’aime

200 000 j’aime cette année, merci les Ami-es ! C’est sympa.

J’ai fait pourtant mon possible pour contrarier tout le monde avec une ligne éditoriale qui ne puisse satisfaire personne (excepté moi ce qui est déjà beaucoup de concessions).

Ainsi cette page a ressemblé à un objet volant identifiable comme écolo mais souverainiste; social et partisan de la libre entreprise; vieille France, mais antinationaliste et soutien aux réfugiés; pro-parité, égalité et féminin, mais stop-matriarcat délirant; soutien aux francophonies et très allergique à l’emprise culturelle de l’anglosphère; pour les diversités culturelles issues de l’histoire mais au sein de la République une et indivisible; pour l’art lyrique et des squats d’artistes; méfiant du parlementariste, mais pour l’extension des pouvoirs des parlements; favorable aux crypto-monnaies mais allergique au CAC40; engagé follement au côté (ce qui reste) de l’âme du Paris populaire et en immersion dans les marchés de Thaïlande; chaud partisan de l’Europe, mais en résistance face à l’UE.

Le tout dans une humeur apparemment joviale et primesautière, mais en mode hérisson, qui fasse qu’on ne puisse pas trop le prendre en main même si l’on veut le caresser dans le sens du mauvais poil. Bref, comme le disait Oscar, refusant obstinément de faire partie d’un club qui m’accepterait comme membre.

Elle continuera sûrement à ressembler à ça, si je continue, car vous l’avez vu ces derniers temps, je décroche doucement au profit de la vie réelle.

Bienvenue donc ou adieu.

Langlois-Mallet

Nec variatur

NKM quitte la politique. Luc m’interpelle sur cette aventure (qui aura fait pas mal de remous).

https://www.francetvinfo.fr/politique/nathalie-kosciusko-morizet-quitte-la-politique-pour-rejoindre-l-entreprise-capgemini_2597728.html

Oui, j’ai vu passer l’info Luc. Nec variatur. J’ai eu l’occasion de lui redire récemment toute mon affection. Notre bout de route plus culturelle que politique était sans doute à sa place dans l’opposition (car j’aurais sûrement été très vite en porte à faux dans l’action sociale, dans un milieu de droite, qui plus est libéral). Mais sur la culture je suis certain qu’elle aurait rendu à Paris son énergie créative et que j’aurais su faire en sorte que ce soit avec ce qui reste debout d’un Paris populaire.

Après c’est une expérience pour moi qui a été très destructrice, libératrice et très forte. Dans le sens où ça a coupé le cordon avec le cadre de « la gauche » et donc beaucoup de gens qui raisonnent en bien/mal, nous/eux blabla…

A partir de Nakomo, j’ai pleinement pu être moi-même politiquement, c’est à dire vraiment indépendant, y compris du jugement d’autrui. C’est à dire être nul part en effet en terme d’orga, mais ouvrir sa gueule quand même et rendre compte à sa conscience, avec la seule limite de ses propres moyens et de sa propre intelligence. Cela ne fait rien d’une carrière, mais permet de respirer à haute-voix et de penser par soi-même, chose impossible quand on est dans une « famille ».

Cela me donne l’occasion de saluer Déborah Münzer, une sacrée personnalité elle aussi et une jeune nana très courageuse.

C’était marrant en tout cas cette même campagne où les Meluchiens me proposaient une tête de liste à Paris aussi. Franchement j’aurais été à l’aise avec eux politiquement, mais très malheureux dans leur carcan.

Clash en Macronie orientale

L’ironie qui veut que des esprits très indépendants disparaissent des radars en Macronie mérite qu’on s’y arrête. Cela confirme de mon point de vue le fait qu’une majorité de Français demandent moins de politique et plus de monarchie. Ce qui est par ailleurs logique du point de vue de la force de l’Etat -qui est la moitié de tout en France- et absolument respectable du point de vue du choix de son intérêt par la société, mais qui reste personnellement inacceptable pour moi, dans le cadre d’une religion libérale au moment de l’effondrement écologique.

Cet état de faits rend un peu inutile socialement des vies comme la mienne où l’on s’est surtout posé les questions des contre-pouvoirs démocratiques, de la politique autrement et des marges culturelles et de l’expression libre delà société. Toutes choses qui au temps des haines, des clashs et des conflits agonistiques n’aimantent pas les consciences.

J’ai souvent pensé, pour nous (les Chiche ! les gens de culture indé etc), à cette génération de mon grand maître Montaigne qui était née dans l’espoir de la Renaissance et qui a vécu la descente dans les guerres de religion.

La politique ne sera pas pour moi, mais je reste un vrai Poulbot parisien, ravi d’envoyer des boules de neige à l’occasion. Et suis touché par le fait qu’il en soit de même pour de brillantes planètes solitaires comme Nathalie, que pour des astéroïdes comme votre serviteur.

Langlois-Mallet

Réponse à E.

Pauvre petit pays, 5e puissance du monde, qui tire une part énorme de sa puissance non de son sol, mais de celui de ces pays qu’il a colonisés… Qui a participé à à peu près toutes les guerres (comme la magnifique en Libye) qui ont pour effet de produire des réfugiés. Qui prend sa part largement du réchauffement du monde qui pousse à l’exode rural etc.

Il n’a évidemment pas de quoi assumer ses responsabilités en retour. 10 000 réfugiés dans un pays de 65 millions d’âmes, c’est certes bien impossible. Quand d’autres en accueillent des millions et sont à peine plus nombreux.

Investir massivement pour que ces gens puissent rester au pays, ce n’est pas très intéressant bien sûr.

Et là-dessus tu as le petit blanc, repu, qui se sent assiégé dans son pavillon de banlieue. Et qui bien sûr n’est pas capable de se poser la question de la richesse. Ben oui, 82% de l’argent produit dans le monde finit dans la poche de 42 personnes… Mais c’est trop compliqué pour lui de faire un lien entre la misère qui monte (et qui n’est agréable pour personne, mais d’abord pas pour ceux qui la vivent je crois, pas pour ceux qui ont le cul collé dans leur canapé) et l’accaparement.

Il ne fait pas le lien entre le fait qu’il soit écrasé d’impôts et de taxes et le fait que ceux qui devraient les payer sans le sentir ne le font pas. Il préfère maudire les pauvres. Moi je maudis plutôt la bêtise humaine…

Mais bonne année E. ! Bonne santé à toute ta famille et soyez préservés du malheur des autres dont vous vous moquez.

Langlois-Mallet

Ceci est une réponse à E. (vous avez sûrement des E. autour de vous), qui m’écrit :

C’est quand même révoltant et triste pour ce petit peuple français !! A qui on impose toute cette misère au quotidien et le sentiment d’être déposé de son propre pays !
Et si il a le malheur de se plaindre ou se rebeller un peu !! Ceux la même qui l’ont abonné à ce triste sort ! le traiter systématiquement de raciste !!

Bonne année David Langlois-Mallet !

La tristitude de la gauche culturelle

« La tristitude, c’est quand tu marches pied-nu sur un tout petit Légo… quand ta femme fait de l’échangisme un peu sans toi, quand des jeunes t’appellent Monsieur pour la première fois » nous apprend la chanson.
 
En version politique, la tristitude de la gauche, c’est quand il te faut reconnaitre qu’Elisabeth Lévy a raison ou si tu veux quand une leçon de liberté te vient de droite. « Et ça fait mal, mal, mal… » à certain-es.
 
C’est un peu ce que je ressens à la lecture de certains copains effarés. « Mais comment tu peux être d’accord avec une tribune signée par Elisabeth Lévy » (personne ne citera Catherine Millet aussi signataire), parce que se définir dans ce clivage, c’est avoir des totems, des prêt à penser. Des bons automatiques, des méchants automatiques. C’est endormir volontairement une partie de son cerveau pour le mettre en pilote automatique sur des autoroutes de la pensée, ou plutôt sur une ligne de chemin de fer qui arrive toujours au mêmes endroits aux mêmes heures.
 
« Mais comment tu peux être d’accord avec une tribune signée par Elisabeth Lévy »… Je ne peux vous dire l’effroi que suscite en moi cet argument au degré zéro de la pensée. Un vertige intellectuel. Qui se double souvent d’un vertige amical ton copain étant soudain à se demander de quel côté tu aurais été dans la prise du Palais de la Moneda et toi comment tu aimer peux à ce point aimer des cons.
 
Le réflexe est si surpuissant pour cette gauche identitaire, qu’elle peut voter PS pendant 30 ans pour avoir une politique de droite, tant qu’il y a du rose sur les affiches, l’esprit dort en paix. Et qu’elle avalerait de la mort au rats, s’il était écrit « lutte contre l’injustice », ou « combat progressiste » sur le paquet.
 
En ce moment, la globalisation anglo-saxonne lui fait bouffer sa morale puritaine, faite d’une fausse image que l’on se donne et d’une hypocrite pornographie que l’on cache, et elle l’avale d’un trait comme un médicament parce qu’il y avait écrit « féminisme » sur le flacon.
 
On part d’un point juste : le viol est un crime. On continue par un très discutable, les femmes sont des victimes. On poursuit sa route le désir des hommes est coupable. Et l’on arrive au n’importe quoi : « Un baiser, un regard, un mot sont des viols qui doivent être poursuivis » Et l’on te fabrique une société bien horrible, de la défiance, de la guerre de tous contre tous. Une société de frustrés, aigris et solitaires, fouillant leur mémoire pour voir s’ils peuvent accéder à la seule dignité, à la seule zone de confort moral face au Big Brother médiatique celle de « victime. »
 
– Ne pensez pas qu’il y ait une vraie réflexion sur les attitudes, les comportements se cachent juste. C’est l’hiver médiatique, on s’emmitouflent dans sa doudoune féministe, mais le porc reste porc (voir chronique précédente sur les hommes metoo).
 
– Ne pensez pas qu’il y a un vrai débat ouvert sur l’art d’aimer, la complexité du désir de l’autre et la richesse pour soi-même de son plaisir, la liberté sexuelle et amoureuse. Juste un onanisme honteux après la messe médiatique et sa grande blanlerie morale et sa menace du bâton juridique.
 
– Ne pensez pas que les femmes expriment ou satisfont mieux leur désirs. Elles sont juste invitées, quand la quête angoissée de se demander quand et où elles ont rencontré leur nouvelle identité de victimes les laisserait en repos, à traquer le « sexisme » à tout propos chez l’autre et à censurer toute expression masculine ou tout dispositif collectif (les urinoirs dans les Toilettes Messieurs, est-ce du sexisme ?)
 
Comment fabriquer des monstuosités avec de de justes causes au moment du passage à la généralisation, à la systématisation ? Au moment où l’on arrête de penser pour se mouler à une idée ou à un mot, à se conformer à l’avis des copains moutons en se persuadant que l’on est une minorité en lutte, ou pire parfois pour juste se composer une image collective qui fait bien… Une contradiction mortelle qui traverse justement toute l’histoire de la Gauche.
 
Langlois-Mallet

Pathétiques

Franchement si j’éditais le Guide : « Où vomir en 2017-18 », je choisirais sans hésiter les hommes qui se la jouent Metoo, féministe et autre sur Internet. Quel ramassis de lâches et parfois d’ordures !

Tous ceux qui ont passé toute leur vie à nous prouver que les femmes étaient pour eux de la viande avec des trous se la racontent subitement, s’inventent dans l’urgence le héros bricolé qu’ils n’ont même pas rêvé d’être dans la vie.

Tu as de tout. Du gros nombril macho qui n’a jamais laissé sa femme placer un seul mot en public, au cavaleur de seconde division pour qui tremper sa mouillette représente l’alpha et l’oméga de l’existence, du vrai porc de base qui se la joue label bio en allant jusqu’aux hommes-victimes, bousillés dans leur vie par des nanas timbrées, et qui en redemandent en mode « je culpabilise d’être atteint du syndrome de Stockholm », en passant par tous les démissionnaires de la relation, et les abonnés absent de la paternité et, chef d’oeuvre de l’art, celui qui fouettait sa femme pour des infidélités imaginaires et qui joue les consciences morales sur les pages virtuelles à la grande admiration de ses condisciples.

Franchement, vous me dégoutez Messieurs. Allez porter ailleurs vos convictions sans racines et votre morale sans oeuvre, vos gestes sans altérité et vos mots qui sonnent creux. Il y aura toujours quelques alouettes pour votre miroir aux dindes. Et qu’importe, puisqu’il ne s’agit au fond que de fourrer… à la mode du jour.

Langlois-Mallet

Bonne année 2561 (;-)

Je sais qu’au fil du temps, les « Bonne année » sonnent de plus en plus comme un « bonne chance. »

Il nous faut être heureux, car le malheur n’a pas de sens. Heureux, même avec la conscience que la vie compte à rebours. Que le pouvoir reste le bal des hypocrites et des complices. Et d’autres douleurs que je n’ose écrire.

Vous êtes là, ne vivez qu’un temps finalement très bref dans un chaos d’astéroïdes. Et même si nul ne s’en souvient, le bonheur résonne comme notre protestation, notre espoir, notre pied de nez, notre œuvre.

Notre vrai métier, n’oubliez pas, c’est de vivre !

Joyeux ! Joyeux donc 2561 ou 2018, comme il vous plaira. Ne renoncez pas à y être vous même, heureux !

David Langlois-Mallet

Sur l’acide anglo-saxon qui nous ronge et la misère de nos Républicanistes

Leurs barricades identitaires ne protègent en fait que la culture invasive de l’Oncle Sam.

Le dinais hier en face d’une personne délicieuse. Ses parents avaient fui le Laos et les bombes américaines il y a quelques décennies. Car j’ai appris à cette occasion que l’Oncle Sam, non content de faire pleuvoir la destruction sur le Vietnam, avait aspergé le pays voisin de millions (270) de tonnes de bombes… pour s’entrainer.

Je crois que dans leur courte histoire ce pays Etasunien qui n’est géographiquement menacé par personne, n’aura été en en paix que trois ans… Les USA sont une déclaration de guerre au monde permanente et tout azimut; sur le lot combien de justes causes ?

Vous pouvez ajouter à cela la destruction quasi complète des populations natives, à la manière d’autres ango-saxons en Australie par exemple.

Et je suis certain que l’on considérera un jour un troisième aspect, la disparition des cultures du monde, sous le même angle d’un cannibalisme anglo-saxon. Bref, une espèce invasive.

De ce point de vue, l’effacement de la culture française est impressionnant et pas seulement le jour des obsèques de Johnny quand une pâle imitation régionale d’Elwis Presley, se retrouve propulsé au rang des gloires culturelles nationales, voir parfois en nouveau Victor Hugo. C’est que le mal est profond et l’identité troublée.

Victimes d’abord de nous-mêmes

La faute à nous-même aussi à mon avis. Ce pour quoi il est très difficile d’articuler une résistance. C’est que le Français qui prétend défendre la France est habitué par réflexe jacobin à le faire contre la diversité culturelle.

Ces grands ignorants de leur propre histoire (puisqu’ils ne l’étudient qu’à partir de Valmy), ne savent pas que la culture française a été dynamique, inventive, riche et universelle, tant qu’elle a justement été un creuset de diversités. C’est parce que les provinces de l’Ancien Régime ne partageaient pas la même culture que Paris, Paris avait quelque chose à dire d’universel. C’était une matrice. La culture Française n’est pas celle d’une nation, mais celle d’un Empire de peuples divers.

Depuis que la Capitale n’est que le nombril s’admirant soi-même d’un pays dévasté et asséché par l’uniforme. La France n’a plus rien à dire au monde. C’est une boursouflure d’ego. Vide de substance culturelle et hyper centralisée, elle a été absorbée comme une figue par la culture Coca-Cola, l’autre culture uniforme plus grosse et plus puissante qu’elle.

Ainsi nos républicanistes pâlichons incarnent la défaite qu’ils prétendent combattre. Ils s’arment contre l’Islam, les musulmans, ou plus généralement l’Afrique. Craignant de voir détruite la barricade américaine qu’ils défendent, mais à laquelle ils donnent abusivement le nom de France.

Sans comprendre que, si le salut de l’Etat Français passe par la centralisation, il en va à l’opposée de la culture française dont l’avenir repose uniquement sur la Francophonie et les diversités.

Notre déprime Française n’est pas l’immigration, enfant métis de notre expansion, pas même dans l’absolu dans l’acide anglo-saxon qui nous ronge tout, (culture et moeurs). Mais elle est dans le fait qu’il est plus facile aux enfants de Jules Ferry de se fondre dans l’uniforme kitch de Johnny que d’accepter que l’Etat ne soit pas la Culture.

Langlois-Mallet

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e-crits intimes et chuchotements au monde

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