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La France, violente ou forte ?

La civilité de notre société repose sur l’idée que l’Etat est le seul détenteur de la force légitime. Si nous ne nous faisons plus justice nous-même (et croyez bien que les duels manquent parfois à mon âme mousquetaire). La contrepartie est d’une part que la justice fonctionne correctement.

Et d’autre part que cette force de l’Etat soit encadrée et elle même soumise à notre pression pour la civiliser. Voilà mon sujet qui est la suite du propos d’hier sur l’antisémitisme.

Aucune violence civile ni militaire ne peut-être comparée à la violence de la guerre de 14 et de ses millions de morts, civils sous l’uniforme. Un tel traumatisme, quasi un auto-génocide contre le peuple français, garde non seulement son besoin de réparation, mais nous oblige à être très vigilants envers nos politiques (à plus forte raison ceux dont la violence illégitime semble faire partie des ambiguïtés de la culture familiale).

Nous avons donc une réflexion à avoir sur cette violence légale qui a atteint toutes les familles dans des proportions inégalés. Des psy et des historiens m’ont confirmés que ces blessures étaient toujours vives aujourd’hui. Ne faudrait-il pas se pencher sur ces blessures des français-es plutôt que de nier les autres traumatismes qu’on été la colonisation et l’esclavage ?

Beaucoup de Français expriment aussi dans des votes de replis identitaires ce sentiment d’injustice d’avoir à multiplier les actes de contrition historiques, alors qu’en définitive leur plainte n’a été ni entendue, ni même formulée. Peut-être serait-il intéressant que citoyens qui s’identifient à l’histoire des victimes de la colonisation, considèrent qu’ils ont à faire à d’autre sortes de victimes de l’histoire, c’est à dire de l’Etat, plutôt qu’aux descendants de leurs anciens despotes. Cette fraternisation serait une voie plus intéressante que la compétition des communautés dans les souffrances ou le ressentiment.

La voix ouverte par la reconnaissance des crimes de Vichy envers les Juifs, apparaîtrait ainsi moins comme une injustice envers les autres qu’un chemin de concorde et d’humanité collective.

Les communautés humaines, surtout au sein d’une même citoyenneté, n’ont pas à être classées et hiérarchisées en fonction des violences subies.

La violence de l’Etat, elle, reste passible d’une analyse détaillée.

Si la boucherie de 14 n’a par son ampleur aucun équivalent à part la folie de gloire Napoléonnienne. Elle a été contrée par un certain pacifisme et par l’amitié Franco-Allemande, autre trace de la grandeur de De Gaulle, qu’il ne faudrait pas remettre en cause à la légère pour des histoire d’argent Mr Mélenchon.

Le crime envers les Juifs est inouï aussi, malgré son modèle dans l’anéantissement de tous les habitants de la Vendée (sans distinction d’opinion, d’âge ou de sexe et une douleur subsiste), puisqu’il s’agit de la volonté politique, rationnelle et organisée de faire disparaître une communauté humaine triée parmi les autres citoyens, enfants compris. N’importe quel pays se relèverait mal de cela.

La violence coloniale est celle qui subsiste le plus fortement de nos jours. Elle a aussi des racines très profondes dans l’histoire, dans la violence et le mépris que Paris, la Capitale, l’Etat, pas le peuple dansant des faubourgs, à manifesté à l’égard des provinces de France conquises.

Il y a en France cette hiérarchie tacite entre la noblesse Franque et ses descendants idéologiques dans l’appareil d’Etat, et des peuples et des cultures « inférieurs », serfs, paysans dominés, ou esclaves. Tout es question de graduation et de hiérarchie.
La violence de ce mépris, qui est souvent celui de la classe politique pour les gouvernés, est la plus active au quotidien contre les noirs et les maghrébins aujourd’hui. C’est eux qui vivent dangereusement et doivent serrer les fesses quand une voiture de police ralentit à leur hauteur, doivent subir les insultes quotidiennes de la presse et les menaces politiques à peine voilées si j’ose dire.

Œuvrer pour un État conscient et vertueux ce n’est pas l’affaiblir, ou affaiblir sa police ou son armée. Seul les anti-dreyfusards actuels croient que l’injustice protège l’institution. C’est au contraire la fonder sur des bases solides que de regarder lucidement ce que nous faire de notre force collective et les violences que nous nous refusons mutuellement pour être simplement fidèles à la 3ème injonction de notre devise Française. La plus oubliée.

David Langlois-Mallet

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Pamphlet. Honte à vous, élus de Paris ! Droit de table, droit de Cantine pour tous !

Bravo ! Que voilà un acte fondateur vraiment pour Madame Hidalgo et Monsieur Brossat ! Ce dimanche ils ont envoyé une compagnie de CRS contre un adversaire bien redoutable… Les Cantineuses et les Cantineux à Belleville qui n’ont que des gâteaux et des pizza pour se défendre.

Quel est leur crime à ceux-là, ces Cantineux ?

Détourner l’argent public ? Monter les identités les unes contre les autres comme on le voit tous les jours ? Non !

Ouvrir une Cantine !

Une cantine solidaire qui plus est ! Proposer non pas de la charité des bénévoles et de leurs pauvres de soupes populaires, mais le repas à chaud à tous, sans distinction. Riches ou pauvres mêlés, vieux et jeunes, habitants et passants, français ou étrangers, blancs ou noirs, laïcards ou dévots, instruits ou ignorants, chanceux ou sans-dents. Pour 4 euros, café compris !

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Croyez-le habitants du monde entier, ça c’est à Paris !

Ville schizophrène dont les élus ne peuvent sans trémolo dans la voix invoquer « La Commune » ou « La Révolution « (et sans rire !)… Mais ville qui chasse les parisiens et vide leurs lieux pour faire de la place aux milliardaires du parfum ou du foot. Cette municipalité, parmi mille exemples, qui après avoir abandonné des lieux symboliques de la vie parisienne, comme La Samaritaine, soutien (contre les assoc de sauvegarde de Paris) que l’on fasse de ce lieu symbolique un hôtel de luxe. Bref, qui soutien une privatisation de Paris qui ne dit pas son nom.

Sur la Samaritaine dans la vie de Paris, lire René Fallet
Sur la Samaritaine dans la vie de Paris, lire René Fallet

Ville qui pour crime de convivialité…

Ces Cantineux, ces gens -je ne partage pas leur dogmes politiques et de le gauchisme un peu daté de ce collectif-, mais je regarde le réel. Je ne les défends pas pour ce qu’ils sont, mais pour ce qu’ils font : Ils permettent aux autres de se retrouver, de sortir de l’isolement pour partager la table. Ca n’est rien ? C’est devenu immense dans une société du chacun pour soi, des portions une part pour les riches et des pâtes chaque jour pour les pauvres, de la solitude et de l’ennui pour tous face à son assiette ou son smartphone.

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Quand tous les humains sont captifs de leurs écrans, c’est être une ONG urbaine que de les réunir !

Ils font votre boulot Messieurs les élus, le boulot que vous devriez faire si vous intéressiez un peu à la société d’aujourd’hui et aux besoins des gens, plutôt qu’à votre paperasse ! Ce travail de solidarité de base, vous nous dites que le politique n’a pas les moyens de faire (belle excuse, vous avez juste d’autres priorités plus lucrative pour votre image), mais passons. Eux le font. Gratuitement.

Ils sont les inventeurs d’un service public nouveau et vieux comme l’humain à la fois : le partage de la soupe chaude ! Cette initiative par temps de crise, c’est la force de résilience de la solidarité parisienne. Ne pas avoir une politique de soutien aux alternatives citoyennes est déjà un déni de politiques publiques, les détruire systématiquement est un crime politique.

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Budget participatif, mon cul !

Et vous, pendant que vous les expulsez, vous vous vantez. De quoi ? « D’une innovation démocratique » (Anne Hidalgo)… autoriser les parisiens à choisir entre 5 ou 6 projets marchands que vous avez choisis pour eux (des fois qu’ils soient tebês). Mais quoi, vous n’êtes même pas capable de regarder et d’accueillir leurs actions, leurs propositions comment voulez-vous leur faire croire que vous vous intéressez à ce qu’ils pensent ? C’est quoi votre idée de la cité ? Une caserne pour demeurés que votre génie bienveillant administre ?

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Et quel est votre idée de votre fonction ? Votre sens de l’intérêt général ? Votre soucis de l’autre ? De ceux qui n’ont pas vos moyens ? Vous les expulsez. C’est cela le socialisme ? C’est cela le communismes rejetons dégénérés de vos ancêtres politiques !

C’est à cause d’actes comme ceux-ci, de politiques comme vous Ian Brossat, que demain dans ce pays nous n’aurons le choix qu’entre l’extrême-droite et la droite, entre l’exclusion par la nation ou l’exclusion économique. Encore un certain libéralisme des start-up et des petites entreprises nous laisse au moins l’espoir de faire entendre l’innovation citoyenne, sociale ou culturelle.

Alors que votre municipalité qui se prosterne devant toutes les multinationales, tous ceux qui l’invitent à un cocktail, et laisse des enfants dormir dehors quand l’hiver vient dans presque tous ses arrondissements de Paris. Elle, engouffre 1 milliard pour célébrer votre goût de nouveaux riches dans le mauvais vert de sa Canopée, nouveau coup de poignard aux Halles, Ventre de Paris.

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Que vous reste t-il Socialistes de Jaurès à part vos tee-shirt et leur marchandising ? Vous avez renoncé à tout combat, à tout progrès de l’homme, au simple honneur de ceindre une écharpe tricolore. Seul les carrières vous intéressent, en comptant sur le balancier immuable de la Fortune qui ramène de l’impuissance de la Droite à votre propre laisser-aller, qu’on appelle plus «  »de gauche » » qu’avec des doubles guillemets.

https://boutique.parti-socialiste.fr/

Et vous Communistes que vous reste t-il de votre honneur et de l’esprit commun, si quand un de vos petits marquis a deux doigts de pouvoir, ils s’en sert pour faire le joli à New-York et fait expulser de la table, les partageux ? Est-ce parce que ces autres communistes n’appartiennent pas à votre Comité Central qu’on les chasse ? Et vous alors, que ne les avez-vous ouvertes ces cantines ? Où êtes-vous quand le peuple de Paris est précaire et isolé ? Est-ce tout ce qu’il vous reste de vos héros de la Résistance ? Croyez-vous que ces gens auraient vaincu le nazisme s’ils n’avaient pas eu le sens du mot solidarité ?

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Et vous Verts, qui grouillez lâchement dans les lieux de pouvoir au lieu de porter la parole d’une société dont vous êtes pourtant tout fraîchement issus ? Que vous reste t-il de René Dumont, du Larzac et des valeurs libertaires qui vous fondèrent ? Dans votre manque de fraternité entre vous mêmes, vous vous êtes trahis pour trois postes, avant de vous retourner contre tous les militants qui portaient vos valeurs. Vous qui nous annonciez un monde nouveau, vous ne rayez que les parquets. Quel est le bilan des Verts quand la Terre se réchauffe ? Les Vélib de Monsieur Decaux ?

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On ne peut vous remercier que d’une chose, vous rappelez chaque jours aux parisiens qui l’ont oublié de la Mairie est une institution dont le premier acte, sitôt crée à la Révolution fût de faire tirer sur les parisiens eux-mêmes. Qui sitôt restaurée sous Chirac a instauré le couvre-feu qui a tué l’âme nocturne et vagabonde de la nuit. Qui, dès que la «  »Gauche » » ne s’en est emparée est devenu ce coûteux Dysneyland réservé aux bobos et aux touristes, où toutes les initiatives culturelles des habitants ont été mises à l’écart.

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A l’inverse, dans une époque qui nous déshumanise chaque jour, les Cantineuses et les Cantineux nous rappellent au sens le plus profond de l’humanité : le partage du pain. Le partage de la table.

J’invite toutes les parigodes et tous les parigots qui ont encore un souffle d’âme et d’humain en eux à soutenir les Cantineuses et les Cantineux, à soutenir le droit de Cantine, le droit du pain, le droit de table pour tous !

David Langlois-Mallet

NB : Petite note aux amis socialistes qui me trouvent méchant
https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/10/08/petite-note-aux-amis-socialistes-qui-me-trouvent-mechant-et-autres-politiques/

NB II : Note sur la photo de couv’ un peu démago : j’assume ! (Ils ont raison d’ailleurs de bien se fringuer. Je sais que c’est l’argument le plus nul et le plus démago de l’article (mais je m’en fout !)
On a le droit d’avoir du fric, d’aimer le luxe et les belles choses (j’aime aussi) mais quand tu te fais élire en chantant avec des trémolo les chants de la Commune de Paris, le minimum, c’est de ne pas expulser les pauvres et ceux qui organisent la solidarité.
Après, le boulot fait, tu peux sortir ou bon te semble (dans les rades popu et aussi dans les soirées des défilés de mode, pas de soucis pour moi)

*(la Ville ne leur ont proposé qu’un gourbi sans fenêtre, vieille technique classique pour les disqualifier)

POUR ALLER PLUS LOIN, du même auteur.

Propositions positives :

Au Ministère de la Culture
http://www.unpeuplecreatif.fr/spip.php?article33

Au 1er Ministre, soutenez d’urgence la créativité
http://www.unpeuplecreatif.fr/spip.php?article2

Audition par le CESC (Parti Socialiste)
https://mesparisiennes.wordpress.com/2013/09/22/paris-culture-et-politique-audition-par-le-cesc-du-ps/

Les indiens de Paname
https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/03/10/appel-des-indien-nes-de-paname/

Travaux de recherche officiels

Rapport des politiques de fabriques, Région Ile de France
http://www.unpeuplecreatif.fr/spip.php?article7

Street-art. Rendez-sous passage du Désir (in Stadda, mag des arts de la rue)
http://www.unpeuplecreatif.fr/spip.php?article8

Prises de bec :

Hollande attention ! Delanoë est le nom de la punition culturelle infligée à Paris
http://rue89.nouvelobs.com/rue89-culture/2012/03/25/hollande-attention-delanoe-est-le-nom-de-la-punition-culturelle-infligee

Christohoe Girard l’expulseur expulsé
https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/03/27/girard-lexpulseur-expulse/

Paris est un jardin
https://mesparisiennes.wordpress.com/2012/03/28/paris-est-un-jardin/

Quelle Belleville forgeons-nous ?
https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/01/05/quelle-belleville-forgeons-nous-in-lami-du-xxe-mai-2013/

Pour en savoir plus sur la Cantine :

Nouvelle occupation : http://paris-luttes.info/nouvelle-occupation-suite-a-la
La Cantine, fin de vie d’un lieu alternatif
http://rue89.nouvelobs.com/2014/08/12/expulsion-cantine-pyrenees-fin-dun-lieu-vie-alternatif-254163
Anne Hidalgo prive d’assiette les Sans-dents
https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/10/01/paris-la-smart-city-dhidalgo-prive-dassiette-les-sans-dents/

Soutien à l’auteur :
https://www.leetchi.com/c/cagnotte-de-langlois-mallet

c Mesparisiennes.wordpress.com

https://mesparisiennes.wordpress.com/

Paris. Hidalgo prive d’assiette les sans-dents

Alors que la municipalité de Paris se vante de ses « innovations démocratiques » (datées), elle reste l’adversaire résolue des initiatives solidaires parisiennes. Si le budget participatif lancé ce 1er octobre sera virtuel, en revanche, la destruction d’alternatives existantes comme La Cantine des Pyrennées, est elle, bien réelle. Contraste ?

Qu’est-ce que la Cantine ?

Depuis 2013, cette passionnante expérience de solidarité locale servait le repas complet dans le XXe arrondissement pour 4€, à midi les jours de semaine à tous sans conditions. Elle répondait ainsi aux besoins de beaucoup de citoyens à l’asphyxie. Elle est aujourd’hui murée et la mairie ne répond pas.

La Cantine est un des exemples de ces solidarités locales parisiennes par temps de crises graves comme celle que nous traversons. Les citoyens s’adaptent et génèrent des initiatives associatives destinées à amortir la dureté économique et surtout à recréer ce lien de quartier dont les urbains, même aisés, crèvent sourdement.

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Les « sans-dents » de Madame Hidalgo…

Qui rencontre t-on à la Cantine ? Des retraités pauvres ou non, mais surtout seuls, des oeuvrières et créatifs impécunieux, étudiants, chômeurs, personnels des ONG, petits salaires, parents isolés, enseignants, originaux des rues, artistes, journalistes… Des sans tickets-restau… Bref, tous ceux pour qui Paris est devenu depuis 15 ans une ville spéculative où il est difficile de s’accrocher, avec souvent une solitude urbaine plus lourde à porter que les difficultés.
Ce populo de Paris qui ne consomme pas assez, cette vie de quartier solidaire et tenace pourtant… est devenu la bête noire de la mairie Delanoïste, tout ce qu’elle cherche depuis 15 ans (tournant le dos à l’histoire culturelle et à l’identité populaire de la ville), c’est les chasser en banlieue.

… Ceux qui font tache dans le grand Disneyland patrimonial

La municipalité «  »socialiste » » n’a eut de cesse de le municipaliser ou de d’expulser les expériences qui ne s’inscrivaient pas dans son esthétique un peu parvenue : ses cafés bobos aux décors tabac, ses salons de thé flashy, ses espaces culturels mornes comme des pharmacies et glaçantes comme des funérariums. Où l’on est sur que d’une chose : il ne s’y passera rien. Pas d’attroupement de plus de deux personnes… Pas de contestation !

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Au même moment, la ville se vante de son budget « participatif » ?

Comment dans le même temps ne pas s’irriter de voir la municipalité se décerner à elle-même des brevets « d’innovation démocratique » avec le lacement de son Budget participatif ? Ce 5% du budget, argent de poche, sur des projets déjà pré-décidés (gageons que les réseaux fonctionnent ici…). De qui se moque-t-on ? Merci au passage à ses alliés Verts qui ont popularisé cette gadgétisation du politique et délaissé les vraies alternatives citoyennes dont leur mouvement et eux-mêmes étaient pourtant issus…

Il y a donc deux logiques confrontées à la mondialisation. Celle des parisiens eux-mêmes qui se prennent en main, prennent sur leur santé et leur temps pour sauver l’essentiel, organiser la subsistance et l’autre, celle de la Mairie de « la smart city » (comme ils disent) qui leur propose de voter pour faire diversion…. Savoir s’ils veulent des plantes roses sur les murs ou plus de nouvelles pissotières vertes ?

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Paris contre les parisiens ?

Alors oui, la centaine de bénévoles qui animaient à tour de rôle la Cantine des Pyrénées occupaient « sans titre » un restaurant pour les « sans-ticket-restau ». Mais, inventeurs d’une nouvelle forme de service public « performant » et « innovant », n’était ce pas à la mairie de fournir les locaux dans son pléthorique parc vide ou sous employé (juste à côté de la Cantine le Carré de Beaudouin est un grand désert blanc comme l’affectionne le Delanoïsme) ou au moins de payer loyer au propriétaire pour une oeuvre d’utilité publique ?

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Crise de l’urbanité parisienne

Oui, les Cantineuses et les Cantineux se réclament d’une culture militante un peu datée, décalée pour la plupart des convives. Mais qui prouve sa solidarité en actes. Ce qui est de loin préférables à une institution barricadée dans ses privilèges désuets, mais surtout dans le mépris, choquant en période de restriction, de ses petits marquis d’ancien régime.

Marianne

La municipalité parisienne ? Il faudra d’ailleurs y réfléchir un jour ! Historiquement elle a toujours, depuis la Révolution Française, fait la guerre au Paris Villages, celui des quartiers, au point de les avoir presque tous détruits aujourd’hui. Mais à l’heure des grandes crises de quoi aurons-nous le plus besoin si ce n’est de solidarité locale ?

C’est à cette échelle, Madame le maire, qu’il faudrait des budgets participatifs et d’initiative citoyenne, pas sur des cartes forcées (à quel siècle vivez-vous ?) ! Madame Hidalgo vos conseillers sont en retard de plusieurs lunes, même de ce qui se fait dans nombre de territoire socialistes… Informez-vous. Sortez du mépris de la Capitale !

La Cantine, la solidarité locale ? Ailleurs, dans des territoires où les élus réfléchissent, on appelle cela, bien précieux, de la résilience territoriale. A Paris on le détruit.

Paris était déjà sous Delanoë une municipalité narcissique, agence de com de soi-même, incapable de connaitre sa ville au point de ne pas en comprendre les besoins actuels de ses citoyens et leurs initiatives.
Est-ce ton rôle Anne Hidalgo d’y ajouter l’indignité de les détruire ?

David Langlois-Mallet

Manifestation pour La Cantine et le droit de solidarité et d’alternative à Paris
Samedi 4 octobre devant la Cantine.

La Cantine, 331 rue des Pyrénées, 75020 Paris (murée)
Contact : contact.cantine.des.pyrenees@gmail.com

Liens : http://paris-luttes.info/manifestation-de-soutien-a-la-1627

c Mes Parisiennes 2014 mesparisiennes.wordpress.com

https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/03/18/soutien-a-lauteur/

Paris. L’os de la Fraternité et la boucherie municipale

J’ai vraiment une reconnaissance intime à NKM. De m’avoir sorti de ma déprime de gauche. Ce n’est pas dans mon cas un passage à droite, plutôt un pas de côté sur le clivage droite-gauche, une prise d’autonomie. Ce piège Mitterrandien où j’ai été enfermé avec beaucoup d’autres depuis tant d’années : être amené à faire confiance à des gens qui font l’inverse une fois au pouvoir : L’enfer des espoirs. J’ai le sentiment que c’est ce qui est en train de craquer avec les européennes.

Probablement que pour d’autres comme pour moi, un nouvel espace politique s’ouvre. La version parigode de que l’on a appelé le Parti invisible ?
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Je parle hier au soir dans un lieu libre (sous condition) avec de jeunes parisiens : « pas d’endroits où se rencontrer », « pas d’endroit où l’on ait le droit d’être ensemble », de sortir de la solitude et des écrans. « Pas le droit de faire ensemble… (de la musique) », le couvre-feu sur les lieux… Le petit rade qu’ils avaient trouvé, fermé pour cause de concerts.  Et ces derniers confettis de liberté où l’on a parfois des autorisations ponctuelles de se retrouver et qui sont tenus par quelques résistants un peu blanchis. Des jeunes profondément de gauche, en rage contre ce PS de courtisans et de petits marquis qui préfèrent vendre la ville au tourisme et au multinationales. Une colère profonde dans le fond de cette ville.

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Reconnaître que nous aurions gagné au changement de majorité ne m’arrangeait pas, mais c’était de la simple honnêteté intellectuelle. Nous aurions même gagné à simplement à rebattre les cartes. Et la gauche aurait aussi gagné à ce que le PS parisien revienne se nettoyer au contact de la réalité.

Je n’ai eu aucun regret au demeurant de leur reconduction. Ce mélange corrompu d’une communication à base des idéaux des gens (parfumé aux cendres de Jaurès) et du profit personnel d’une technocratie sans âme que l’on appelle « la gauche » à Paris occupe le Château ? Qu’ils le garde !

Ils désignent symboliquement Paris, ils s’auto-désignent, comme un repère égoïste des privilèges dans une France en colère et des banlieues tout autour où les gens sont laissés à l’abandon : Pas assez parisiens pour avoir droit aux bulles de Champagne, ou simplement à des services publics décents. Pas assez « français » pour avoir droit au port du bonnet rouge et à se saouler à la potion d’oubli de Marine ? Dommage, faire évoluer la question culturelle, se serait aussi solder la question coloniale et nous éviter en France cette fracture sournoise et ses violences.

En tout cas les privilégiés qui fabriquent du désespoir chez ceux qui croyaient en eux pour améliorer leur sort et de la rage chez les autres… Amusez-vous bien.

Libre expression PS

La vente à la découpe de Paris continue

Je suis pour donner sa chance à chaque personne qui prend une responsabilité, surtout si c’est une femme dans un système d’hommes. Anne Hidalgo a rajeuni et féminisé ses équipes, dégraissé un peu la courtisanerie de cabinet. Dont acte. Mais le passé Delanoïste dont elle est issue est partout. Le scandale Molitor (patrimoine vendu à un 5***** qui propose désormais l’accès à la piscine à 3000€ l’année). Le scandale Samaritaine (où la ville après avoir abandonné un trésor de culture vivante combat la justice pour soutenir LVMH dans sa transformation en 5****) marquent ses débuts.

Si son mandat se construit ainsi dans les ruines luxueuses de l’intérêt commun, il y a fort à parier qu’elle aura autant de mal à se maintenir à l’Hôtel de Ville qu’Hollande à qui sont sort est lié à l’Elysée. Au gré de la désormais imprévisible évolution de la situation politique nationale, je ne serais pas surpris qu’une coalition émerge autour des enjeux d’écologie urbaine. Car ce sont les Verts qui sont en position centrale. Pas le PS qui n’est majoritaire qu’en siège (et de très peu). On verra bien.

Marianne

Pour moi, reconnaître dans l’urne la trahison de « la gauche » oligarque, ne m’a pas rendu de droite. Nathalie ne m’a rien demandé, ni moi à elle. Si je siégeais au conseil de Paris, je serais aux non inscrits, mais je pense qu’il serait plus positif de faire avancer les choses avec l’opposition, a fortiori avec une personnalité qui s’est impliqué sur la liberté d’expression, non ?

Interstices dans les deux partis oligarques

Ce n’est pas la peine de me parler de « croire » ou ne « pas croire » en elle, la politique locale n’est pas de l’ordre des mythes qui agitent une présidentielle, elle est de l’ordre des propositions concrètes et des faits observables : comme l’est le fait que « la gauche » a vendu Paris aux multinationales.

Faits observables tout autant que Chirac et la droite avaient vendu les faubourgs pour démolition aux promoteurs (personne sur ce sujet n’a plus de mémoire que moi). Ce pourquoi je ne « crois » pas en la droite, mais j’ai fait avancer avec une personne précise et singulière (qui se trouve être de droite), un ensemble des propositions pour libérer l’expression et le lien humain dans la ville. Je peux « croire » que je contribue au fil des échanges à faire avancer sa position, mais ceci ne dépend pas de moi. Ce qui a avancé concrètement, ce sont des propositions, donc l’intérêt général.

Elles sont le fruit de mon travail de toutes ces années (détourné plusieurs fois par la municipalité avec des procédés qui ne l’honore pas), mais c’est surtout l’expression du besoin des habitants mais aussi de l’expertise citoyenne des gens interviewés au fil des années qui font concrètement la culture libre à Paris en particulier en ouvrant ou tenant des lieux. Cette matière vivante singulière, multiple, est je crois plus intéressant que d’imposer aux habitants de Paris une culture industrielle, uniforme, qui est fille des besoins des multinationales, de vos carrières et de l’autisme de votre technostructure.

Je ne suis pas devenu de droite pour autant. Si être de droite (dans ce contexte) signifie à gauche favoriser des intérêts privés contre l’intérêt général. C’est vous à la mairie qui l’êtes depuis bien longtemps. Mais je me suis en tout cas totalement libéré d’une discipline : le fait qu’avoir des idées de gauche (si gauche ici signifie intérêt général plutôt que l’égoïsme), signifie voter au 2e tour pour des gens qui feront l’inverse de ce pour quoi ils sont élus.

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Je n’ai pas changé en votant à l’inverse du balancier, mais j’ai beaucoup gagné en liberté et j’ai juste pu voir des gens de la ville qui votent à droite pour garder l’âme d’hier, celle du patrimoine et d’une vie quotidienne que le fric fout dehors. comme d’autres gens votent à gauche en espérant que l’âme nouvelle de la jeunesse et de la création puisse naître. J’ai pu mesurer que si la question de la liberté et de l’égalité séparait les camps, ce besoin d’âme, nommé parfois différemment, les réunis.

Ce pourquoi au final l’expérience parisienne m’apprend que les français on soif d’abord de fraternité. Et que celle-ci est détruite par l’oligarchie et la technocratie mêlée.

Autre chose que Paris m’a appris, c’est que le peuple est composé du mélange de toutes les cultures. Que l’on vit donc très bien ensemble quand l’urbanisme est à taille humaine et que les endroits pour la culture commune (espace public, cafés, petits lieux de culture sont libres d’expression et ouvert à tous). Le cadre identitaire (FN, religions etc) est donc une impasse. Sauf à définir notre identité par le multiple et le divers, ce qui revient simplement au message fondamental de la France : nous sommes une communauté politique, dont la base est la fraternité.

C’est cet « os » du bien commun qui est atteint aujourd’hui et je crois que c’est aussi ce qui se réveille.

Fraternellement à vous,

David Langlois-Mallet

 

© Mes Parisiennes 2014 http://mesparisiennes.wordpress.fr

A NaKoMo, sur notre Renaissance culturelle (Nathalie Kosciusko-Morizet)

Chère Nathalie,

« C’est d’amoureux de Paris à amoureuse de Paris que je t’écris… »

Je blague, celle-là, je l’ai faite. Il y a 6 ans : (Cf. Lettre ouverte à Bertrand Delanoe par la Section Culture du PS). Et les esprits malins ne me croient pas que l’on puisse encore parler avec une politique de culture et encore moins « de l’ame » de la ville sans arrières pensées. C’est le cas et notre sujet.

L’Ame de Paris qui fout le camp

  • Meme les touristes ne reconnaissent plus Paris : l’âme  » fout le camp », au meme rythme que le peuple, chassée par les marchands. Comme le chantent Ferré ou Souchon, c’est frappant à St Germain des Près et dans tout le centre de Paris. Comme reporter, à Politis, Nova, j’ai aussi été le porteur d’une très bonne nouvelle : « cette ame renait aussi » ailleurs, dans l’Est parisien, dans le Grand Paris, plus facilement dans les quartiers où l’urbanisme permet le mélange des milieux sociaux et la diversité des origines. Paris est un moteur culturel basé sur les différences. Surtout dans les quartiers où il y a encore un peuple de Paris. Prenons soin des humbles, les quartiers pauvres sont les quartiers riches culturellement. Alors que dans les quartiers riches, on peut crever de misère humaine.

L’Ame de Paris qui vient

  • Nathalie, une Renaissance culturelle est à l’oeuvre sourdement, elle est portée par tout un peuple parisien d’artistes, d’artisans, de créateurs, par les habitants eux-memes à l’oeuvre. Ce mouvement « oeuvrier », cette démocratisation de la création, ne fait pas de madame Toulemonde une Camille Claudel, ni de Monsieur Machin un Rimbaud (le génie, c’est bizarre). La floraison des expressions et des initiatives personnelles est juste la réponse que notre société apporte à une époque, annoncée heureuse, et devenue subitement inquiétante. Les gens savent que la consommation ne tient pas sa promesse, laisse sa dette, financière et écologique et qu’il faut d’urgence créer de nouveaux liens. Que des initiatives culturelles au proche répondent à la crise humaine que nous traversons, au besoin de base de l’humanité depuis la nuit des temps : du sens et des liens. En clair, en France, nous ne sommes pas condamnés à la nostalgie (et au vote nostalgique) ou au commerce de souvenirs !

Un frein politique à l’expression culturelle

  • Comme reporter, j’ai constaté que cette culture qui pousse hors des lieux officiels, d’abord parce que toute une génération est tenue à l’écart des responsabilité et des reconnaissances du fait de notre gérontocratie politique male extremement figée dans ses gouts aussi. Mais les interdictions diverses, normes et lois, ont durement pénalisée depuis une dizaine d’années l’expression. Les PV tombent systématiquement sur les artistes de rue à Paris. Les bars sont fermé arbitrairement et toute la jeune scène chanson qui avait poussé là il y a une dizaine d’année s’est tue depuis la Loi Voynet. Normé, aseptisé, quadrillé, controlé… Paris n’est plus une fete.

Les innovations culturelles nécessitent une autre attitude des politiques

  • Les collectifs d’artistes ont été une invention géniale ! Elle préfigure d’autres évolutions d’une société qui se précarise (co-voiturage, colocation… co…). Si elles sont accompagnées au lieu d’etre pénalisées, ces dynamiques annoncent la bascule vers une société de la liberté créative individuelle mais aussi de la coopération solidaire. Car ce faisant, les collectifs culturels ont réinventé de la ville. Tout cela heurte les vieilles logiques technocratiques, comme les habitudes féodales de notre culture politique. Nous avons besoin de responsables jeunes, qui s’ils entrent dans un squat ne se demandent pas d’abord si c’est légal, mais à quoi cela sert, ce que cela produit comme usage collectif, voir comme  ressources pour le quartier, peuvent etre comme invention de service public innovant ?

Le blocage des politiques Delanoe

  • Il ne me serait pas venu à l’idée il y a deux mois d’en parler avec un-e élu-e de droite, vous avez tellement de problemes urgents en tete… « La propreté » et « une insécurité » un peu imaginaire, qui est plutot la peur en fait. Comme un problème… Culturel ? La prospectiviste que tu es m’a fait changer d’avis (pour le dialogue). Ancré dans cette idée très française, d’une sorte de barrière infranchissable, entre droite et gauche, j’ai ces années, un peu tout tenté pour alerter loyalement ma supposée « famille » (je n’aime pas cette idée d’appartenance) sur les richesses, les précarités et les interdits qui pèsent sur le vivre ensemble. Je m’y suis épuisé, sans avoir fait bouger davantage les choses et le sort des expériences que je voulais défendre. Pire, elles ont continuer à etre détruite par l’équipe municipale de Delanoe (Cf article Quelle Belleville forgeons-nous ? Très partagé à l’étranger).

Une société à l’asphyxie

  • Sans libre concurrence, la politique ne bouge pas il faut croire. Il y a urgence à ne pas attendre que les choses deviennent d’hypothétiques armes politiques pour un hypothétique grand soir quelconque. Notre société survit moralement, elle parait bien désespérée enfermée entre une droite Rolex assez rebutante qui donne l’exemple de la cupidité et une gauche caviar démotivante. Les portes de sorties n’étant ouvertes ni du coté de l’initiative créative ni  des solidarités nouvelles, les régressions sont tentantes dans un identitarisme, une victimisation, une vindicte.

Je n’associe personne sans son avis à notre échange très personnel, mais pour dire que j’ai un peu tout essayé pour plaider la cause de ces deux ames, celle qui fout le camp et celle qui peine à naitre :

  1. -J’ai proposé les pistes au sein du think-thank Altair et d’Un Peuple Créatif. Meme indifférence de nos énarques.
  2. Nous écrit une lettre collective à Ayrault. Pas meme d’accusé de reception, malgré quelques signataires remarquables.
  • Je crois correct de vous donner une chance de dialogue et de ne pas me prendre de médiateur, pour porte-parole.

Simple citoyen, n’ayant pas accepté d’entrer dans un jeu politique trop biaisé. Je ne suis pas tenu à simuler ce grand conflit fraternel du bien contre le mal, de la gauche contre la droite, aboutissant immanquablement depuis Mitterrand à une victoire du bien… pour mal faire. Hollande triomphe ainsi du dragon Sarkozy (ouf et merci !), mais pour mieux chasser le rom cause de tous nos maux et célébrer le Medef, dans les intérets duquel est notre salut fraternel. Le conflit de classe reviendra bientot plus durement. Mais le conflit est aussi tout simplement dans la pensée humaine qui peine à se trouver des raison de continuer son aventure. Mais là, assez pratiquement, mon but est de sauver, voir de développer les dynamiques créatives dont notre société à besoin pour ne pas craquer.

  • Typiquement, un collectif comme celui de La Cantine des Pyrénées, qui mele engagement (à rebours des tiens, t’inquiète (;-) me parait porteur. Servir le repas au quartier pour 4 euros. Et permettre le lien de quartier autour de la table. J’adhère à fond !

Ma proposition est simple :

Tu as publié tes priorités pour Paris. Il manque ce que nous nous sommes dits sur la culture. Je te propose une transformation. Changer la 8e proposition qui n’apporte pas grand chose et surtout établit un lien un peu malsain entre pauvreté dans l’espace public et délinquance. Je sais que pour la droite, l’idée sous-jacente vise les voleurs de sac à main. Mais ce genre d’imprécisions est facteur d’abus en tous genres. Y compris par la suite contre de braves clodos qui fument une clope. Je te propose d’y substituer une proposition d’initiative citoyenne celle-là :

8. Soutien à la Renaissance culturelle de Paris

  • -Pérénisation des lieux Inclassables menacés* et ouverture d’oeuvrières ou atelières, lieux d’expérimentation en autogestion associative.
  • -Dépénalisation de l’art et des petits métiers sur l’espace public.
  • -Levée des interdictions pesant sur les cafés culturels.
  • Ces mesures me feraient entrer dans l’idée qu’une Nouvelle Energie pour Paris est possible, et pourtant ne se limitent pas reconnaitre et encourager l’initiative économique, mais aussi l’initiative non marchande. C’est un peu le tiers secteur, dans l’interstice entre le marché et l’administration, car l’etre humain n’est pas qu’un calcul d’intéret personnel, il est d’abord animé par le besoin de donner un sens à sa vie. Nous en avons parlé déjà, la société parisiennes a besoin d’allier culture et économie sociale et solidaire dans des projets de quartier. Il nous faut à terme de véritables « Atelieres » ou « Oeuvrières » dans Paris. Lieux ressources portées par le mouvement associatif qui tienne compte des besoins de solidarité d’une société créative précarisée : ateliers de création et de réparation, Amap, café enfants et ainés, cantine solidaire, lieux ouverts où chacun puisse monter des fetes. Le Carré Beaudouin (Paris XXe), lieu culturel vide la plupart du temps pourrait tout à fait etre un projet pilote.

Sur mon soutien dans cette élection

  • J’ai tout dit sur la tristesse que m’inspire le Delanoisme et son imaginaire de duty-free. (cf. mon audition récente à sa demande), rencontre sans suite, comme toujours, je fais partie des gens qui désespèrent que quelque chose puisse changer dans leur mépris pour tout ce dont je parle, mais qui sont résolus à voter, car l’abstention ne sert qu’à reconduire le passé, c’est à dire laisser pourrir et se dégrader la situation politique.
  • Ce pourquoi tu le sais, j’ai voté vraiment à gauche (PG) au premier tour. Je n’ai rien d’un futur UMPiste. Je voterais écolo aux Européennes. Car je crois que les alternatives qui poussent dans la société ont besoin d’etre portées politiquement (c’est peut-etre mur à Grenoble, ça ne l’est pas à Paris). Je ne demande pas à une femme culturellement de droite non plus de se renier. Il y  aura surement des tensions et des oppositions si le dialogue se poursuit. Je pense juste qu’une personnalité parfaitement atypique comme toi peut soutenir ces émergences et une culture populaire et permettre l’expression des diversités sans préjugés. C’est peut-etre une illusion de ma part, mais je pense qu’une personne publique ayant un aussi grand potentiel personnel est capable de se projeter dans des enjeux qui ne lui sont pas familiers. Ton enjeu ne me semble pas la Rolex, mais l’espace au-dessus.

Une maire de Paris

  • La Cité c’est aussi un imaginaire et Paris se confond dans ses figures tutélaires féminines. Ste Geneviève pour sa protection ou Louise Michel pour son émancipation. C’est la ville qui quand elle prend le drapeau avec Delacroix, incarne la rencontre d’une civilisation particulière et d’un message universel. Sa légende parle de la barque d’Isis et Rabelais ne nous a -il pas dit qu’on l’appelait Lutèce en raison des cuisses des dames du lieu… Le choix d’une personne n’est pas forcément un rejet d’une autre. Anne Hidalgo n’a rien d’indigne. Simplement je ne vis pas comme elle au pays d’Amélie Poulain et je crois que l’on a davantage besoin en Hollandie, d’une Candy Crush dans ton style. Je crois aux insoumises pour bouger les murs. Enfin un élu est aussi une représentation collective vers le monde, je pense que tu es aussi Nathalie cette image où peut se réfléchir la ville Lumière.

A la veille de temps difficiles…

  • Ma conviction surtout, que nous allons vivre des temps durs mais stimulants et qu’ils faudra sortir des cases, des conformismes et des étiquettes. Que nous aurons besoin de solidarité, de différences. D’articuler des alternatives de terrain, des alternatives politiques ou à défaut des alternances, articuler les plus fragiles ou les plus méprisés de la société comme les biffins (qui je te l’ai dit ont tout un projet d’économie du recyclage que les pouvoirs publics devraient favoriser au lieu de pénaliser, ce qui nous coute de l’argent et du fait de l’incinération des cancers). Et que nous aurons besoin aussi de personnalités de grandes dimension, d’où qu’elles viennent. J’aurais bien sur bien aimé que tu sois écolo de gauche, plutot qu’écolo de droite. Cela m’aurait moins compliqué la vie avec mes ami-es. Mais à la réflexion… C’est très bien comme ça !

L’alternance faute d’alternative

  • Ma simple conviction de démocrate des vertus de l’alternance et du refus des pleins pouvoir à un seul parti qui peut si peu… suffiraient. La qualité surprenante de notre échange. Tes projets de zones franches culturelles, ton désir de recoudre la blessure du Périph. Ton écoute (près de deux heures portable éteint, en pleine campagne, j’avoue… pour une parisienne). Ta simplicité m’a impacté, à rebours des images médiatiques de « tueuse » ou de « blonde du métro ». Admirateur de Montaigne, je crois aux rencontres, aux gens et aux filles magiques croisées dans les bars.
  • C’est un peu mon Pari, Nakomo pour ce vote qui vient. J’aime mieux passer pour un naif, le garçon a qui tu as fait boire un filtre magique (sic) que de me résigner à la déprime ambiante et à l’idée que rien ne va, ni ne peut évoluer. Si tu veux bien entendre à certains de tes potes que la société parisienne va de la Cour à la cour des Miracles et que la poésie vibre plus fort en bas qu’en haut, aujourd’hui comme au temps de Villon, si tu veux bien entendre l’inquiétude de mes amis de Ménilmontant qui redoutent que les petits poulbots de l’Est aient moins à la cantine que les Triplés de l’Ouest. Certains enfants de Paname valent-ils moins que d’autres ? (Cries-moi que non s’il te plait).

Moi, je veux bien croire au risque d’inventer ensemble !

Amicalement à toi,

David Langlois-Mallet

© Mes Parisiennes 2014

Liste des poumons culturels de quartier menacés actuellement : Le Lavoir Moderne, Le Théatre de Verre, Le Jardin d’Alice, Confluences, La Cantine des Pyrénées, La Miroiterie, Les Vignoles, Le Grand Ecran, La Générale…

(Comme vous l’avez deviné mon ordi a un petit problème de clavier….)

Municipales. Impact d’irresponsabilité et alternatives responsables

Ainsi bien peu de choses auront été épargnées à notre génération… Mais commençons par les bonnes nouvelles.

Le printemps politique de Grenoble

Bonne nouvelle, à gauche, la voie est ouverte là où la responsabilité collective triomphe des calculs égoistes. A Grenoble, l’Ecologie alternative arrive en tete. C’est le cas dans de nombreuses villes qui ont réalisé cet accord (Dieppe 45%, Lannion, Poitiers, Rennes…) Qu’est-ce que cela veut dire ? Que l’on sort à gauche de la déprime politique par la coopération. Quand des groupes d’individus mettent de coté leurs différence au profit d’un résultat commun et non quand ils s’écrasent comme partout par intéret egoiste derrière un PS féodal. A méditer.

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Sinon le fond de l’air en France est plutot frais…

Nous avions déjà la mise en sursis de notre environnement, le boulet de la dette au pied, la pression du chomage ou de la précarité, un système de protection social, tissé dans la Résistance, leg de la dernière génération responsable aujourd’hui laissé au hasard.

La fraternité à gauche n’est plus meme un souvenir, c’est juste un logo investit de pouvoirs magiques… Pour combien de temps ? Nous trainons une politique féodale usée jusqu’à la corde. Papa PS, sans idées, sans imaginaire ne veut pas lacher la télécommande… Bloquée dans la nostalgie d’une France des années 60. Elle nous entraine vers le gouffre. On connait son somnifère : technocratie, opacité, calculs politiciens, manque de sens de l’intéret général, pouvoir aux vieux males dominants, blancs, bourgeois, normalisation culturelle, interdiction de toute nature, phobie sécuritaire, autosatisfaction, pouvoir de parade etc…

Les conséquences sont une dépression collective, un pays sans joie, sans espoir, qui s’enfonce dans l’hiver. Dans un hiver d’autant plus profond que n’y rodent plus que les fantomes d’une société de consommation qui a uniformisé et atomisé les vies et les imaginaires, et qui dans les centres commerciaux ne tiendra pas ses promesses, mais réclamera ses crédits à des vies privées d’ame.

Y'en a marre

Entre chiens et loups, les fantomes ressurgissent. Il y a le désespoir et son chaos identitaire. Se réfugier près des barbus ou aller se plaindre à la famille Le Pen, c’est selon. Le malheur des replis autoritaires, c’est que l’on sait comment on entre chercher de la chaleur, on ne sait pas comment on en sort…

Sortir du Mitterrandisme

Le Mitterrandisme c’est quoi ? C’est installer la gauche au pouvoir au prix d’un renoncement à son action. C’est une violence psychique à tous ceux qui investissent des idéaux en politique. Ces ces élus qui jouent des places au premiers tour avec le PS et partent dans des campagnes vide de sens. C’est se résigner à voter socialiste au 2eme tour et recevoir e; Celle qui prend tous les pouvoir pour dire ensuite qu’elle ne peut rien faire et surtout nous empecher de faire en sacrifiant les alternatives de terrain. C’est celle pour qui la politique se résume à obtenir des bonnes notes de Bruxelles et des satisfecit du MEDEF. C’est le vote à gauche et en retour la punition d’une politique de droite. Celle qui chasse les Roms et les intermittents, celle qui au final fait monter partout le FN pour casser la droite républicaine. Odieuse et dangereuse manière de faire la politique du pire !

Des alternatives ou des alternances ? Les deux mon Général !

La droite n’en a pas fini avec son linge sale. Elle barbote encore dans la piscine de Takiedine et la Rolex attitude de ses Ténardiers d’hier. Mais à y regarder de plus près, elle est plus proche d’une sortie du tunnel que la gauche gestionnaire. Il y a une droite sociale et humaniste, plus Modem qu’UMP, plus gaulliste que libérale qui n’a pas les mains sales et en profite pour faire le ménage dans son camp. Juppé à Bordeaux, Bayrou à Pau, ou NKM à Paris qui a nettoyé les écuries d’Augias d’un coup en sont les porteurs.

La gauche gestionnaire, elle va payer très cher dans les années qui viennent son manque de courage et de responsabilité. La faillite de ce système politique se mesure au taux de particules fines dans l’air (Mais pour quel monde élevons-nous nos enfants ?). A des élus qui, comme le président de la Région IDF nous dit qu’en 12 ans, ils n’ont pas eu le temps de s’organiser… Pour l’achat de bus non toxiques. Nous ne saurions trop conseiller aux écologistes de tirer les leçons des compromissions autant que du succès des alternatives.

En sortir ? Par où ?

La droite humaniste s’en sortira par le sens de la responsabilité. La confiance à des personnalités hors cadre, dévouées à l’intéret général. C’est le grand retour du gaullisme social qui s’annonce. La leçon est qu’à droite, on sort de la déprime par la responsabilité individuelle.

Demain, le salut des humanistes passera de mon point de vue par la capacité à combiner deux cultures de l’agir responsable. Celle de l’initiative, de la confiance à celle (ou celui) en situation de faire l’alternance. Et celle de l’action collective respectueuse des différences. Les alternatives locales et les nouvelles héroines devront apprendre à coopérer dans le sens du bien commun.

Repérez ces germes près de chez-vous (ou en vous), il y a urgence !

David Langlois-Mallet @ Mesparisiennes.wordpress.fr

S.O.S. mon petit médias indé a vraiment besoin de votre aide pour faire vivre sa petite musique… C’est pas une blague !
https://www.leetchi.com/c/cagnotte-de-langlois-mallet

Paris XXe. LA CULTURE POPULAIRE FACE AU MUR ROSE

David Langlois-Mallet, journaliste spécialisé, nous livre son témoignage sur le 20e des années Delanoë-Calendra (Article pour La Gazette du 20e).

Quand j’ai commencé mes reportages pour le journal Politis et Radio Nova, « Bellevillemontant » était un Eldorado culturel. Les soirs, je n’avais qu’à me laisser glisser dans les hasards des rues et suivre un air de musique qui s’échappait d’un café, ou rejoindre une ambiance vivante autour d’un petit lieu du quartier. Les 3 Arts, ses petits concerts et ses parties de go, les 3 Chapeaux et son comptoir chantant, la Miroit’ ouverte à la rue, les folies du Carrosse, Le Théâtre de Fortune et ses spectacles à deux ronds, La Forge alors vivante, La Maison des Métallos en ébullition, Le chaleureux Pataquès, le Goumen Bis et ses baluches, La Flèche d’Or si vivante et popu…

Enfant de l’Ile-de-la-Cité, naguère populaire, avalée par les marchands depuis les années 1980, j’avais redécouvert dans le 20e le goût de Paris. Pas celui de la « capitale », des monuments et des défilés de mode, mais celui que je croyais éteint de la vie populaire, des liens chaleureux de quartier, des concerts pour un demi de bière et des fêtes en squat sans un sou en poche. C’était en fait le Paris vivant, éternel j’espère, celui du peuple et des artistes mêlés. Celui qu’ils vendent aux touristes, mais qu’ils ont détruit à Montparnasse, étripé aux Halles, acheté mètre après mètre à Montmartre… Il fleurissait là sur nos deux mamelons de Belleville et de Ménilmontant. Nez au vent et carnet de note en poche, je me croyais l’oiseau d’un printemps, chantre d’une renaissance où toute une génération en mutation portait ses œuvres. Mais de carnet de naissance, mes pages devenaient nécrologie… Que s’est-il passé dans les années Delanoë-Calendra ?

On votait sécuritaire plutôt que convivial. Le 11-Septembre avait été le prétexte à une montée folle de peur médiatique. Sarkozy jouait du menton à l’Intérieur et les lois se durcissaient partout. Mais plus surprenant, plus incompréhensible, la gauche pour qui j’avais voté, Bertrand Delanoë pour qui nous étions allés agiter des clefs sous les fenêtres de l’Hôtel de Ville, menaient ce mouvement de destruction des lieux de culture vivante à mesure que ses liens devenaient plus étroits avec les grands groupes. La culture à Paris, ce n’était plus la chanson qui sort d’un café ? Plus la fête spontanée entre voisins ? C’était le tourisme de masse et les expos « culture » de la ville consacrées aux parfumeurs ou à la consommation de la nostalgie. Et c’était la gauche qui faisait ça… ?

Le choc de cette trahison, ce mitterrandisme municipal, je l’ai pris en plein cœur. J’ai depuis interviewé des centaines d’artistes, de patrons de lieux, essayé de comprendre le mécanisme de cette violence faite à la ville. Comment Paris, et singulièrement notre 20e, fonctionne de tout temps comme une fabrique de culture. Une culture commune, fondée sur le lien entre gens qui n’ont pas la même culture justement, une fabrique d’intégration et de respect. Pour moi, dont une partie de la famille avait viré Front national, c’était une découverte très forte : la culture populaire était non seulement LES réponses aussi multiples que les gens, que leurs œuvres à la solitude, au vide créé par la société de consommation, à la peur sécuritaire, mais encore notre alternative à la montée des identitarismes. Notre fabrique positive pour cette période où chacun se replie sur sa tribu et son hiver. Le rôle du politique pouvait-il être de la démolir ou d’aseptiser les initiatives de la société ?

Quel sens cela a-t-il d’avoir des murs si propres dans des lieux si vides comme le Carré Beaudoin ? Ils privent dans le même temps une jeunesse du droit de réinvente ses formes d’expression, expulsent en décembre Le Block (19e), ruche artistique où tous les murs étaient peints, comme si l’avant-garde s’inspirait aujourd’hui des civilisations traditionnelles. Et alors ? On s’apprête à expulser La Cantine des Pyrénées, qui sert le repas convivial à tout le quartier pour 4€, permet le lien social et fait le boulot que ne savent faire ni le privé, ni le public. Et alors ?

J’ai un peu tout essayé depuis pour informer, alerter, proposer aux politiques* autre chose que la destruction de notre écosystème. Malgré des tonnes d’écrits, des dizaines de débats, des propositions souvent cosignées par le Parti socialiste lui-même, je n’ai jamais pu faire bouger le mur rose du mépris de l’Hôtel de Ville. Je ne souhaite qu’une chose, que ces élections nous délivrent de cet étouffement.

David LANGLOIS-MALLET
*Blog : mesparisiennes.wordpress.com

Pacte d’Alternative pour le XXe des Sans-Etiquette (maquette)

Citoyen-nes, non candidats mais actifs dans le XXe, nous proposons de sortir de la déprime et de la fatalité politique.

Electrices et électeurs, nous nous sentons souvent piégés et découragés par le fonctionnement politique qui ne sert qu’à reproduire de l’identique : memes tetes et meme manque d’imagination, meme déconnection des réalités vivantes.

Nous vous proposons de rompre avec le fatalisme et le fonctionnement politique actuel qui nous amène à nous retrouver avec les memes personnes, menant les memes politiques à chaque fois quoi que nous fassions : que nous décidions de nous impliquer sans pouvoir obtenir de changement ou que nous nous abstenions ce qui fait toujours le jeu de l’équipe en place et du statu quo.Voici notre proposition pour sortir de la déprime politique. Elle consiste en trois actions :

  1. – Une mise en avant des projets innovants du XXe
  2. La construction d’une alternative politique
  3. Un pacte commun, unissant citoyen-nes et politiques

– Alternatives et innovations citoyennes
Les porteurs de projets associatifs s’épuisent ou s’exaspèrent face au mur rose que leur oppose le mépris de l’actuelle mairie. Nous accueillons dans notre pacte les projets construits, venus de personnes connues pour leur engagement dans la cité. Nous intégrons et portons les propositions ci-joint dans la campagne.

  • – Des jurys citoyens pour l’attribution des logements sociaux dans la transparence
  • Une vraie recyclerie pour les biffins (projet à définir par eux, par exemple chapiteau Amap et biffe dans le Square Séverine)
  • Une franchise pour les arts dans l’espace public
  • Vide-greniers gratuits trimestriels
  • Pérénisation des lieux d’expression menacés (Vignoles, Cantine, Confluences, retour de la Forge, Carrosse)
  • Bourse à l’emploi de proximité et réaffectation des boutiques vides
  • La restitution du Carré Beaudouin comme maison des arts vivants et des projets (cantine solidaire de quartier (comme pérénisation de la Cantine Solidaire s’ils le souhaitent), amap, café pour des bambins et des anciens, ateliers collectifs d’art, d’artisanat et de réparations, écrivain public, cours du soir et lieu de fete ouvert à tous ceux qui le souhaitent le soir et n’ont pas la place chez-eux etc…)

2- Renouvelement de l’équipe municipale

  • Nous proposons aux candidats républicains qui veulent incarner une alternative au pouvoir en place. Qu’ils s’engagent à se appeler à voter pour celui ou celle d’entre eux qui sera la ou le mieux placé au deuxièmetour pour battre l’équipe sortante.

3- Un rendez-vous commun à tous organisé par les Sans-Etiquette

  • Nous donnons rendez-vous à toutes celles et à tous ceux qui se sentent concernés par la démarche dès le lundi soir suivant les élections. (Adresse et horaires à préciser par le Collectif des Sans-Etiquette). Pour signer ensemble un pacte d’alternance et d’alternative qui permette le changement politique dans l’arrondissement et fasse de notre XXe un arrondissement pilote en matière d’innovations..

Avertissement : (Ce texte est une base de travail évolutive pour le collectif des Sans-Etiquette mais on peut librement s’en inspirer ailleurs).

David Langlois-Mallet © Mes Parisiennes 2014

Paris. Tellement envie de « respirer un autre air »

Bon, bonne niouze, il semble que je me suis dégoté un boulot pour après les élections (;-)  Si vous saviez comme j’ai hâte de finir cette séquence de vie de militantisme d’alerte sur Paris et la Culture… ça m’aura coûté mes boulots, mes apparts et par ricochets de belles amoures. Et collé une tonne de problèmes sur le dos. J’en ai raz la casquette. J’y aurais même perdu le goût de prendre le temps de sortir dans les spectacles et autres événements que je défends… C’est dire !

J’aurais réussi, ou non à faire bouger ce putain de truc de politique culturelle municipale à la … (mais pourquoi diable et comment me suis-je mis ça dans la tête il y a quelques années ?) Si j’avais su qu’il s’agissait, pour une question aussi évidente d’intérêt général, de tenir un siège, je me serais au moins organisé pour tenir dans des conditions acceptables (sacs de riz et réserve d’eau potable).

Franchement, je vous déconseille pour votre santé de prendre une profession où l’on vous confie les problèmes collectif si vous avez comme moi tendance à prendre les choses à coeur. On est pris entre des citoyens qui ont leur vie privée comme les autruches ont leur sable et qui se font plumer un à un et des politiques qui pour garder leur confort disent « Osons » pour « ne rien faire ».

Ce besoin de respirer ricoche de mes bronches parisiennes à ces affaires de pollution.

C’est frappant, le nuage rose de l’impuissance qui t’empêche de respirer : « on a pas eu le temps de s’organiser… » (pour acheter des bus propres) explique sans rigoler le président de la région depuis 12 ans ou plus… Pour les conflits, les calculs, la stratégie bidon pour rester en place, monter à celle du copain… ils le trouvent.

Ils n’ont pas le temps… surtout peur de vexer les autruches qui ne veulent pas lâcher leur style de vie quand vous et vos proches perdez 6 mois de vie. Imaginez tout de même que c’est pareil pour le nucléaire. Des gens nous le disent, c’est obsolète, attention, ça peut craquer ici ou là. En cas de pic dans ce domaine, c’est pas 6 mois de pris, c’est six mois de reste à vivre…

Je ne saurais trop conseiller aux copains Verts de sortir du 4×4 diesel du pouvoir maintenant. Tant qu’il en est tant. Le double jeu à des limites et si ça pète vraiment les gens sortirons avec des haches fous contre des gens qui ont promis, occupé le pouvoir tout en disant ne rien pouvoir…

Mais bon, vous voyez les choses comme vous voulez.

Moi, je vais d’ici début avril la rendre un bilan un peu propre de cette aventure de médiation de territoire et aussi me faire un peu plaisir… (;-) Désir de vivre autre chose…

David Langlois-Mallet
c Mesparisiennes.wordpress.com

Appel des Indien-nes de Paname à la dernière barricade !

Comme les indiens d’Amazonie, d’Afrique ou de Notre-Dame des Landes, nous devons résister à la marchandisation globale qui pourrit nos vies et nous chasse de notre territoire. La richesse de Paris, ce ne sont pas les bois précieux, le pétrole ou les hectare de nature. C’est l’imaginaire, la Culture, les idées, un art de vivre ensemble de musique au café du coin ou au coin de la rue. C’est de tout temps des fêtes et des chansons, une indépendance d’expression, une liberté politique. La spéculation ici, c’est le détournement et la vente de l’image de Paris et la destruction de sa réalité. La prostitution généralisée de son âme, au profit d’un tourisme global et celle de son M2 d’habitation aux spéculateurs.

Les lieux de culture indépendants du politique et des marchands sont nos oasis.
C’est avec un toit individuel, la condition collective de notre maintien dans la ville. Les lieux de culture indépendants (des politiques de sélection des pouvoirs) assurent le renouvellement des expressions, face aux conformismes et la solidarité face aux copinages. Ils sont à la base de nos riches projets culturels et de nos économiques précaires. Ils sont la condition du lien social ou affectif en ville. une condition du bonheur.
Ces lieux populaires de fabriques de culture sont une ressource de base de l’humanité, c’est la veillée, c’est le coin du feu, qui permettent d’échanger des signes et de créer des liens. Le sens et l’humain ? C’est justement ce qui est d’abord en crise aujourd’hui dans un monde industrialisé, américanisé, quadrillé et normé par l’argent et des politiques publiques où les individus sont renvoyés à leur solitude et à leurs « problèmes individuels. », plutôt que de se voir proposer des solutions collectives. C’est ce qui nous permet à l’artisanat de nos vies, de faire ville ensemble, plutôt que de laisser les agences de pub industrialiser nos imaginaires et nos usages.

A Paris, la mairie « socialiste » nous a confisqué en 12 ans la plupart des espaces collectifs dédiés à l’expression citoyenne. Détruits simplement (comme la plupart des lieux alternatifs, squats etc..), réduits au silence culturel (comme les cafés-concerts ou les arts de la rue), ou absorbés dans sa politique d’image (104, Maison des Métallos, La Forge de Belleville, Le Musée du Montparnasse, fausse politique des squats etc…). Le Delanoïsme fait ainsi descendre sur nous sa culture officielle, seule expression admise.

La Mairie, au lieu d’être un outil au service des parisien-nes, n’est que l’instrument de la Capitale qui joue contre une ville populaire qu’elle méprise gravement. Le Delanoïsme a poursuivit en cela, par d’autres moyens (et à vélib’), que le vieux rêve Haussmannien, Versaillais, Pétainiste, Pompidolien ou chiraquien : raser le vieux Paris, faire tomber les barricades de la Commune, réduire le Montparnasse cosmopolite des artistes à une Tour de bureaux, extirper le ventre des Halles, donner la Samaritaine aujourd’hui, La Poste du Louvre et l’Hôtel Dieu demain à des hôtels de luxe, des émirs ou des aristocrates du parfum, remplacer les librairies par des chaînes de magasins.

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Carte réalisée par Anne Clerval pour son livre : Paris sans le Peuple. Editions La Découverte.

Le Lavoir Moderne Parisien est le lieu le plus symbolique du quartier populaire le plus parisien parce que le plus divers, le plus décrié par la Capitale parce que le moins identitaire. Le plus intéressant parce qu’il nous jette aussi à la tête notre passé colonial que nous refusons de penser et pose de l’intérieur la question du Paris populaire, celle que l’on a administrativement mis derrière la barrière du Périph et caricaturé « en banlieue » pour délégitimer et reléguer celles et ceux qui y vivent.

Après des années de manoeuvres inégales la municipalité a mis à genoux l’association qui faisait du Lavoir Moderne une conjonction vivante de la rue et de l’exigence artistique. Où grands auteur-es et petits prix faisaient bon ménage. Le promoteur qui a racheté les lieux envisage de le raser bientôt. Cette semaine devrait être la dernière. Celle d’une remise de clefs symbolique au Ministère de la Culture qui en vertu de l’ordonnance de 45 a le devoir d’interdire la destruction d’un théâtre.
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Cette destruction coïncidant avec le temps très court des municipales, où les deux grands partis de la noblesse (PS et UMP) échangent (ou non) leurs sièges (et très provisoirement descendent dans la rue plutôt que dans les conseils d’administration). En absence d’alternative électorale structurée et cohérente (Verts et FG n’ayant pas fait alliance et ne nous proposant que des solutions marginalisées ou dépendantes, otage l’un d’un imaginaire national, l’autre de ses intérêts au Gouvernement), chacun-e de nous doit se sentir libre de faire jouer, au mieux de sa conscience, sa petite part de responsabilité collective, de pouvoir de vote et expression, du moins au moins mal de ce qu’il croit.
Même si les politiques des directions deux grands partis sont in-fine les mêmes, il ne faut pas céder à la déespérance, à l’abdication. Une volonté claire peut beaucoup et des tas de failles jouent (personnalités, situations, évènements, courants etc…). Plutôt qu’elles se jouent de nous, c’est à nous à nous jouer d’elles dans le bon sens du terme. A nous de montrer que l’on peut faire de la politique dans le sens de l’intérêt général. Peut-être justement en n’entrant pas en politique pour avoir une influence sur elle ? En nous situant en lanceurs d’alerte mais aussi en co-élaborateurs de ce qui manque le plus, le sens à l’intérieur des politiques. Par exemple une vraie politique culturelle qui garantisse l’indépendance de l’expression culturelle et artistique vis à vis du politique et la liberté dans l’espace public.

Mais nous avons collectivement le choix et le devoir de nous prendre en main pour renverser la vapeur et nous réapproprier ce qui nous concerne :  des lieux de libre expression culturelle, des centres sociaux autogérés par les habitants (comme la Cantine des Pyrénées Paris XXe qui propose le repas de midi pour tous à 4€). Par l’occupation ? Par la création d’une structure d’économie solidaire ? Par un bras de fer avec les politiciens pour récupérer du foncier ?

Au minimum par la maîtrise de notre information et la critique de nos outils de réflexion. Ou au pire pour simplement pour assumer notre défaite le 14 février, et d’être la génération qui rend les clefs d’une longue histoire parisienne de fierté et d’indépendance. A nous de voir.

Les indien-nes de Paname se donnent donc rendez-vous à la dernière barricade :

Rendez-vous mardi 11 février 2014 à 19h au Lavoir Moderne 18, rue Léon, 75018 Paris, pour une Agora d’urgence.

Evènement Facebook : https://www.facebook.com/events/813650331983541/

David Langlois-Mallet, Collectif Les Indiens de Paname