Archives pour la catégorie Mes Parisiennes

Mon espace de coeur. Celui des dames et de ma littérature spontanée. Mes Parisiennes.

Macron sur mon canapé

Après un agréable dîner, on n’a pas toujours envie de rentrer chez-soi. Il reste aux dames paresseuses, ou gourmandes, le dernier choix tranquille du canapé du salon ou celui, plus osé, de tenter, à l’oeillade et au charme, de s’ouvrir la couette du maître de maison. Voici l’instant nocturne où, le dernier verre à la main dans la pénombre, les paroles un peu confuses qui s’échappent des lèvres ressemblent parfois presque, déjà, à des baisers.

« Moi, ce qui me fait du bien chez Macron me déclara t-elle tout à trac, ranimant soudain à un vin joyeux la conversation des convives partis, c’est de sentir… une pensée ! » De mon côté, je sortis alors une couverture, histoire qu’elle ne prenne pas froid sur le canapé.

Langlois-Mallet

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Grand Paris. Dans ta soupe chinoise !

Dans ce petit chinois bon marché (que j’affectionne), ça parle cinéma entre deux nems. Deux filles parisiennes, des gros pulls, mais des bottes un peu chic, la banalité tranquille d’une moyenne bourgeoisie intello. Assez typiques du coin en fait.

Du ciné aux opportunités de boulot, des copains de Bordeaux à l’expo Sade, de Duras à Pôle Emploi « dont je me dis que d’autres en ont plus besoin que moi » il n’y a qu’un pas. Rien vraiment qui me tire de mon bouquin sauf quand je dois le lâcher pour ma soupe crevettes. Un échange placide de multiples signes de reconnaissance culturelle, long comme un jour de pluie avec leurs parents à Bordeaux. L’ennui.

Quand tout à coup, de la vie. Des exclamations : « L’horreur ! », « tu devineras jamais ?! » « J’étais déprimée en lisant ça dans le métro… » « Ôlala… » « La seule proposition que j’ai reçu de Pole Emploi, c’était pour entre professeur de technologie dans un lycée d’ingénieurs à Garges les Gonesses ! »

« Non mais, moi ! Tu te rends compte ! Pro…fe…sseur… de techno…lo…gie… Gar…ges… les Go…ne…sses. » « Moi !! Horrible ! Avec le CV que j’ai… Les études que j’ai faîtes. Ma spécialisation en cinéma… Tu imagines ? Ils font vraiment n’importe quoi ! Et le pire ? C’est qu’ils menacent de te radier si tu refuses trois fois ! Non… c’est pas possible. Je suis allée les voir ! »

« Non mais j’allucine ! »

« GARGES LES GONESSES ! MOI ! J’étais effondrée. Ôlala. Non mais tu imagines ? Je ne peux même pas. Tous les cas sociaux là-bas. L’enfer. Non. Tu imagines ? Dire qu’il y a des gens qui y sont pour de vrai !!! Les pôôvres »

Typique j’vous dis… Le Grand Paris, c’est pas gagné !

David Langlois-Mallet
Laisse béton, vis à la campagne !

Belleville, deux femmes dans un café

Un café à Belleville. Une femme très sexy mais sur laquelle tu ne miserais pas un cœur s’installe.

Soignée, des cuirs qui parlent d’argent, tous les geste sont cérébral, tout est sous contrôle, géré. Le gros sac Vuitton, en plus de l’autre, semble un outil de travail.

La porte des toilettes s’ouvre (enfin), sur une femme en désordre. Tout est pauvre, perdu, rien ne va. Elle s’installe à deux pas de la première, pose sa tête sur la table, son regard perdu comme un chien, dans le vague. C’est un instant avant de rejoindre les mains dans les poches, d’autres chinoises du pavé.

Deux destins dans un café. Pas un regard.

David Langlois-Mallet

Aux filles qui cherchent le bon danseur…

Franchement les filles qui écument les pistes de danse pour trouver le compagnon au bon déhanché, vous ne devriez peut-être pas négliger trop vite les réparateurs d’ordinateur !

Celui-là a une telle virtuosité dans la caresse des touches sensibles et dans les pizzicati de clavier que je suis plus tenté d’y voir la cause du sourire dévot et mal reposé de sa bien aimée que de la soupçonner dans la profondeur de sa conversation pixelisée.

Si l’on veut bien voir que le choix d’un homme reste celui du modèle de boulet (à vous écouter dire, mais que celles délivrées se plaignent encore plus). Ce chinois rondouillard possède à mon avis plus de talent matrimoniaux que nombre d’avantageux latinos.

Vu comme mon ordi clignait et couinait, gageons que si les Parisiens allumaient de tels arbres de Noël tous les soirs dans les lits de la vieille cité française, nombre de problèmes écologiques seraient en voie de résolution.

David Langlois-Mallet

Mes Parisiennes 2014

Vivons-nous vraiment le meilleur ensemble ?

Le meilleur de ce nous sommes capables seul avec nous même, entre amours, entre amis, entre citoyens, entre français et entre terriens ?

J’aimerais bien que mon esprit aille chaque jour intensément à l’instant.

Savoir trouver le chemin qui mène à l’essentiel du partage avec ceux qui sont autour de moi.

Avoir le don de tonifier les amitiés vers le sentiment intense d’être vivants ensemble, chance éphémère et qui ne reviendra plus.

J’aimerais que la ville s’offre autour de nous comme un jeu enthousiasmant, territoire d’enfance, de plaisir et de découvertes. J’ai envie de jouer au ballon-prisonnier sur les pelouse, de faire la cour aux dames sous les lampions et à la nuit tombée des spectacles plein l’esprit.

J’aimerais être fier d’appartenir à une œuvre collective, me dire que notre labeur prépare la paix, entretien la nature, enrichie l’avenir, travail au bonheur de l’enfance, au repos des vieux.

J’aimerais être sur une planète où l’effort général tend à être moins cons ensemble, plutôt qu’à chercher le moyen de dépouiller son voisin.

David Langlois-Mallet

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Minute Blonde, temps médiévaux

Une Parisienne un peu spéciale ce dimanche. Où l’on retrouve Valls parmi les croissants, Consigny, une mendiante et des financiers la beauté des femmes, filles… Mes Parisiennes.

Je me réveille joliment entouré de blondes, en fleurs ou en boutons, à l’âge des premières nuits blanches ou à celui où les cheveux redoutent la lune.

Par les quais ensoleillés, je vais chercher des croissants cendrés et dégote de mini financiers parfumés à la vanille. Un petit bonhomme en sablé pour la petite rousse -oh pardon !- la bonde vénitienne. Nous nous amusons avec la jolie boulangère de ses poses de danseuses pour la capture d’un croissant. Les terrasses sont pleines déjà, les cafés noirs.

Quelque part, au banc de la ville paisible, un enfant est mort et dans les décombres d’une maison, gît aussi le corps de sa mère. La nouvelle qui ronronne ailleurs trouble ici le petit déjeuner et envoie une convive au front médiatique. Une mort là bas, un croissant de libre ici.

Tandis que coulent les douches des retardataires et que certaines mèches se défrisent des étreintes, je jette un œil aux réseaux. Un petit mec à la mode de Neuilly insulte une femme ministre parce que sa peau est trop dorée : « un vieux mâle ne serait-il pas plus compétent ? » demande, pour je ne sait quel sucre d’orge, le petit Consigny à son papa. Minute blonde.

Naguère, les jeunes élites étaient chargées de la cohésion, elles rongent aujourd’hui la fracture pour se nourrir. On a pas idée de la haine dorée qui monte derrière le mur de l’argent…

Du salon, monte le verbe dur de Manuel Valls. Premier des socialistes, il siffle la fin de la recrée rose dans la blancheur éclatante d’une chemise de bord de mer. Gageons que la farce de la révolte ne sera pas jouée. Le PS de Mitterrand est au pouvoir une machine à éteindre la colère ou l’action, encore plus la révolte. Il se transforme en machine à espoir quand les élections demandent que se lèvent les mots, les émotions. Puis il revient à sa vérité immobile. Le mot du chef pour dire qu’on ne fait rien s’appelle « la synthèse ».

Un peu plus tard sous terre, un chant déchire le métro. Une voix lumineuse de jeune fille, à la fois mélodie et cri de l’âme. Je ne vois pas la chanteuse mais je suis saisi. Personne ne parle sa langue mais tous comprennent sa suplique immortelle.

C’est une voix qui, malgré sa fraîcheur est vieille comme l’humanité. Elle implore le don nourricier. Exhorte au nom de la souffrance qui nous fait tous semblables et à genoux à pencher nos vies vers la sienne, non pour la changer, juste pour l’autoriser à vivre encore cette journée.

Cri de secours, psalmodie mystique, complainte ravissante et blessante à la fois, elle vient d’un petit tas en guenille, voûté à l’équerre, les moignons des pieds enturbannés de chaussettes en grosse laine militaire et qui progresse lentement parmi la rame.

Quand l’ordre classique de notre monde tombe en poussière, soleil foulé par des barbares à chemises blanches. Un rappel à l’essentiel de notre humanité.

Un être de contes de fées ou de cauchemars médiévaux, qui peut tomber à chaque secousse des rails et pourtant maintien le fil aérien de sa supplique enfantine, familière, qui béni et donne alentour la protection du malheur qu’il ne connaît pas lui-même contre un peu d’attention pour cet autre que soi.

David Langlois-Mallet

Mes Parisiennes 2014