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Pamphlet. Honte à vous, élus de Paris ! Droit de table, droit de Cantine pour tous !

Bravo ! Que voilà un acte fondateur vraiment pour Madame Hidalgo et Monsieur Brossat ! Ce dimanche ils ont envoyé une compagnie de CRS contre un adversaire bien redoutable… Les Cantineuses et les Cantineux à Belleville qui n’ont que des gâteaux et des pizza pour se défendre.

Quel est leur crime à ceux-là, ces Cantineux ?

Détourner l’argent public ? Monter les identités les unes contre les autres comme on le voit tous les jours ? Non !

Ouvrir une Cantine !

Une cantine solidaire qui plus est ! Proposer non pas de la charité des bénévoles et de leurs pauvres de soupes populaires, mais le repas à chaud à tous, sans distinction. Riches ou pauvres mêlés, vieux et jeunes, habitants et passants, français ou étrangers, blancs ou noirs, laïcards ou dévots, instruits ou ignorants, chanceux ou sans-dents. Pour 4 euros, café compris !

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Croyez-le habitants du monde entier, ça c’est à Paris !

Ville schizophrène dont les élus ne peuvent sans trémolo dans la voix invoquer « La Commune » ou « La Révolution « (et sans rire !)… Mais ville qui chasse les parisiens et vide leurs lieux pour faire de la place aux milliardaires du parfum ou du foot. Cette municipalité, parmi mille exemples, qui après avoir abandonné des lieux symboliques de la vie parisienne, comme La Samaritaine, soutien (contre les assoc de sauvegarde de Paris) que l’on fasse de ce lieu symbolique un hôtel de luxe. Bref, qui soutien une privatisation de Paris qui ne dit pas son nom.

Sur la Samaritaine dans la vie de Paris, lire René Fallet
Sur la Samaritaine dans la vie de Paris, lire René Fallet

Ville qui pour crime de convivialité…

Ces Cantineux, ces gens -je ne partage pas leur dogmes politiques et de le gauchisme un peu daté de ce collectif-, mais je regarde le réel. Je ne les défends pas pour ce qu’ils sont, mais pour ce qu’ils font : Ils permettent aux autres de se retrouver, de sortir de l’isolement pour partager la table. Ca n’est rien ? C’est devenu immense dans une société du chacun pour soi, des portions une part pour les riches et des pâtes chaque jour pour les pauvres, de la solitude et de l’ennui pour tous face à son assiette ou son smartphone.

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Quand tous les humains sont captifs de leurs écrans, c’est être une ONG urbaine que de les réunir !

Ils font votre boulot Messieurs les élus, le boulot que vous devriez faire si vous intéressiez un peu à la société d’aujourd’hui et aux besoins des gens, plutôt qu’à votre paperasse ! Ce travail de solidarité de base, vous nous dites que le politique n’a pas les moyens de faire (belle excuse, vous avez juste d’autres priorités plus lucrative pour votre image), mais passons. Eux le font. Gratuitement.

Ils sont les inventeurs d’un service public nouveau et vieux comme l’humain à la fois : le partage de la soupe chaude ! Cette initiative par temps de crise, c’est la force de résilience de la solidarité parisienne. Ne pas avoir une politique de soutien aux alternatives citoyennes est déjà un déni de politiques publiques, les détruire systématiquement est un crime politique.

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Budget participatif, mon cul !

Et vous, pendant que vous les expulsez, vous vous vantez. De quoi ? « D’une innovation démocratique » (Anne Hidalgo)… autoriser les parisiens à choisir entre 5 ou 6 projets marchands que vous avez choisis pour eux (des fois qu’ils soient tebês). Mais quoi, vous n’êtes même pas capable de regarder et d’accueillir leurs actions, leurs propositions comment voulez-vous leur faire croire que vous vous intéressez à ce qu’ils pensent ? C’est quoi votre idée de la cité ? Une caserne pour demeurés que votre génie bienveillant administre ?

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Et quel est votre idée de votre fonction ? Votre sens de l’intérêt général ? Votre soucis de l’autre ? De ceux qui n’ont pas vos moyens ? Vous les expulsez. C’est cela le socialisme ? C’est cela le communismes rejetons dégénérés de vos ancêtres politiques !

C’est à cause d’actes comme ceux-ci, de politiques comme vous Ian Brossat, que demain dans ce pays nous n’aurons le choix qu’entre l’extrême-droite et la droite, entre l’exclusion par la nation ou l’exclusion économique. Encore un certain libéralisme des start-up et des petites entreprises nous laisse au moins l’espoir de faire entendre l’innovation citoyenne, sociale ou culturelle.

Alors que votre municipalité qui se prosterne devant toutes les multinationales, tous ceux qui l’invitent à un cocktail, et laisse des enfants dormir dehors quand l’hiver vient dans presque tous ses arrondissements de Paris. Elle, engouffre 1 milliard pour célébrer votre goût de nouveaux riches dans le mauvais vert de sa Canopée, nouveau coup de poignard aux Halles, Ventre de Paris.

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Que vous reste t-il Socialistes de Jaurès à part vos tee-shirt et leur marchandising ? Vous avez renoncé à tout combat, à tout progrès de l’homme, au simple honneur de ceindre une écharpe tricolore. Seul les carrières vous intéressent, en comptant sur le balancier immuable de la Fortune qui ramène de l’impuissance de la Droite à votre propre laisser-aller, qu’on appelle plus «  »de gauche » » qu’avec des doubles guillemets.

https://boutique.parti-socialiste.fr/

Et vous Communistes que vous reste t-il de votre honneur et de l’esprit commun, si quand un de vos petits marquis a deux doigts de pouvoir, ils s’en sert pour faire le joli à New-York et fait expulser de la table, les partageux ? Est-ce parce que ces autres communistes n’appartiennent pas à votre Comité Central qu’on les chasse ? Et vous alors, que ne les avez-vous ouvertes ces cantines ? Où êtes-vous quand le peuple de Paris est précaire et isolé ? Est-ce tout ce qu’il vous reste de vos héros de la Résistance ? Croyez-vous que ces gens auraient vaincu le nazisme s’ils n’avaient pas eu le sens du mot solidarité ?

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Et vous Verts, qui grouillez lâchement dans les lieux de pouvoir au lieu de porter la parole d’une société dont vous êtes pourtant tout fraîchement issus ? Que vous reste t-il de René Dumont, du Larzac et des valeurs libertaires qui vous fondèrent ? Dans votre manque de fraternité entre vous mêmes, vous vous êtes trahis pour trois postes, avant de vous retourner contre tous les militants qui portaient vos valeurs. Vous qui nous annonciez un monde nouveau, vous ne rayez que les parquets. Quel est le bilan des Verts quand la Terre se réchauffe ? Les Vélib de Monsieur Decaux ?

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On ne peut vous remercier que d’une chose, vous rappelez chaque jours aux parisiens qui l’ont oublié de la Mairie est une institution dont le premier acte, sitôt crée à la Révolution fût de faire tirer sur les parisiens eux-mêmes. Qui sitôt restaurée sous Chirac a instauré le couvre-feu qui a tué l’âme nocturne et vagabonde de la nuit. Qui, dès que la «  »Gauche » » ne s’en est emparée est devenu ce coûteux Dysneyland réservé aux bobos et aux touristes, où toutes les initiatives culturelles des habitants ont été mises à l’écart.

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A l’inverse, dans une époque qui nous déshumanise chaque jour, les Cantineuses et les Cantineux nous rappellent au sens le plus profond de l’humanité : le partage du pain. Le partage de la table.

J’invite toutes les parigodes et tous les parigots qui ont encore un souffle d’âme et d’humain en eux à soutenir les Cantineuses et les Cantineux, à soutenir le droit de Cantine, le droit du pain, le droit de table pour tous !

David Langlois-Mallet

NB : Petite note aux amis socialistes qui me trouvent méchant
https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/10/08/petite-note-aux-amis-socialistes-qui-me-trouvent-mechant-et-autres-politiques/

NB II : Note sur la photo de couv’ un peu démago : j’assume ! (Ils ont raison d’ailleurs de bien se fringuer. Je sais que c’est l’argument le plus nul et le plus démago de l’article (mais je m’en fout !)
On a le droit d’avoir du fric, d’aimer le luxe et les belles choses (j’aime aussi) mais quand tu te fais élire en chantant avec des trémolo les chants de la Commune de Paris, le minimum, c’est de ne pas expulser les pauvres et ceux qui organisent la solidarité.
Après, le boulot fait, tu peux sortir ou bon te semble (dans les rades popu et aussi dans les soirées des défilés de mode, pas de soucis pour moi)

*(la Ville ne leur ont proposé qu’un gourbi sans fenêtre, vieille technique classique pour les disqualifier)

POUR ALLER PLUS LOIN, du même auteur.

Propositions positives :

Au Ministère de la Culture
http://www.unpeuplecreatif.fr/spip.php?article33

Au 1er Ministre, soutenez d’urgence la créativité
http://www.unpeuplecreatif.fr/spip.php?article2

Audition par le CESC (Parti Socialiste)
https://mesparisiennes.wordpress.com/2013/09/22/paris-culture-et-politique-audition-par-le-cesc-du-ps/

Les indiens de Paname
https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/03/10/appel-des-indien-nes-de-paname/

Travaux de recherche officiels

Rapport des politiques de fabriques, Région Ile de France
http://www.unpeuplecreatif.fr/spip.php?article7

Street-art. Rendez-sous passage du Désir (in Stadda, mag des arts de la rue)
http://www.unpeuplecreatif.fr/spip.php?article8

Prises de bec :

Hollande attention ! Delanoë est le nom de la punition culturelle infligée à Paris
http://rue89.nouvelobs.com/rue89-culture/2012/03/25/hollande-attention-delanoe-est-le-nom-de-la-punition-culturelle-infligee

Christohoe Girard l’expulseur expulsé
https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/03/27/girard-lexpulseur-expulse/

Paris est un jardin
https://mesparisiennes.wordpress.com/2012/03/28/paris-est-un-jardin/

Quelle Belleville forgeons-nous ?
https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/01/05/quelle-belleville-forgeons-nous-in-lami-du-xxe-mai-2013/

Pour en savoir plus sur la Cantine :

Nouvelle occupation : http://paris-luttes.info/nouvelle-occupation-suite-a-la
La Cantine, fin de vie d’un lieu alternatif
http://rue89.nouvelobs.com/2014/08/12/expulsion-cantine-pyrenees-fin-dun-lieu-vie-alternatif-254163
Anne Hidalgo prive d’assiette les Sans-dents
https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/10/01/paris-la-smart-city-dhidalgo-prive-dassiette-les-sans-dents/

Soutien à l’auteur :
https://www.leetchi.com/c/cagnotte-de-langlois-mallet

c Mesparisiennes.wordpress.com

https://mesparisiennes.wordpress.com/

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Paris. Hidalgo prive d’assiette les sans-dents

Alors que la municipalité de Paris se vante de ses « innovations démocratiques » (datées), elle reste l’adversaire résolue des initiatives solidaires parisiennes. Si le budget participatif lancé ce 1er octobre sera virtuel, en revanche, la destruction d’alternatives existantes comme La Cantine des Pyrennées, est elle, bien réelle. Contraste ?

Qu’est-ce que la Cantine ?

Depuis 2013, cette passionnante expérience de solidarité locale servait le repas complet dans le XXe arrondissement pour 4€, à midi les jours de semaine à tous sans conditions. Elle répondait ainsi aux besoins de beaucoup de citoyens à l’asphyxie. Elle est aujourd’hui murée et la mairie ne répond pas.

La Cantine est un des exemples de ces solidarités locales parisiennes par temps de crises graves comme celle que nous traversons. Les citoyens s’adaptent et génèrent des initiatives associatives destinées à amortir la dureté économique et surtout à recréer ce lien de quartier dont les urbains, même aisés, crèvent sourdement.

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Les « sans-dents » de Madame Hidalgo…

Qui rencontre t-on à la Cantine ? Des retraités pauvres ou non, mais surtout seuls, des oeuvrières et créatifs impécunieux, étudiants, chômeurs, personnels des ONG, petits salaires, parents isolés, enseignants, originaux des rues, artistes, journalistes… Des sans tickets-restau… Bref, tous ceux pour qui Paris est devenu depuis 15 ans une ville spéculative où il est difficile de s’accrocher, avec souvent une solitude urbaine plus lourde à porter que les difficultés.
Ce populo de Paris qui ne consomme pas assez, cette vie de quartier solidaire et tenace pourtant… est devenu la bête noire de la mairie Delanoïste, tout ce qu’elle cherche depuis 15 ans (tournant le dos à l’histoire culturelle et à l’identité populaire de la ville), c’est les chasser en banlieue.

… Ceux qui font tache dans le grand Disneyland patrimonial

La municipalité «  »socialiste » » n’a eut de cesse de le municipaliser ou de d’expulser les expériences qui ne s’inscrivaient pas dans son esthétique un peu parvenue : ses cafés bobos aux décors tabac, ses salons de thé flashy, ses espaces culturels mornes comme des pharmacies et glaçantes comme des funérariums. Où l’on est sur que d’une chose : il ne s’y passera rien. Pas d’attroupement de plus de deux personnes… Pas de contestation !

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Au même moment, la ville se vante de son budget « participatif » ?

Comment dans le même temps ne pas s’irriter de voir la municipalité se décerner à elle-même des brevets « d’innovation démocratique » avec le lacement de son Budget participatif ? Ce 5% du budget, argent de poche, sur des projets déjà pré-décidés (gageons que les réseaux fonctionnent ici…). De qui se moque-t-on ? Merci au passage à ses alliés Verts qui ont popularisé cette gadgétisation du politique et délaissé les vraies alternatives citoyennes dont leur mouvement et eux-mêmes étaient pourtant issus…

Il y a donc deux logiques confrontées à la mondialisation. Celle des parisiens eux-mêmes qui se prennent en main, prennent sur leur santé et leur temps pour sauver l’essentiel, organiser la subsistance et l’autre, celle de la Mairie de « la smart city » (comme ils disent) qui leur propose de voter pour faire diversion…. Savoir s’ils veulent des plantes roses sur les murs ou plus de nouvelles pissotières vertes ?

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Paris contre les parisiens ?

Alors oui, la centaine de bénévoles qui animaient à tour de rôle la Cantine des Pyrénées occupaient « sans titre » un restaurant pour les « sans-ticket-restau ». Mais, inventeurs d’une nouvelle forme de service public « performant » et « innovant », n’était ce pas à la mairie de fournir les locaux dans son pléthorique parc vide ou sous employé (juste à côté de la Cantine le Carré de Beaudouin est un grand désert blanc comme l’affectionne le Delanoïsme) ou au moins de payer loyer au propriétaire pour une oeuvre d’utilité publique ?

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Crise de l’urbanité parisienne

Oui, les Cantineuses et les Cantineux se réclament d’une culture militante un peu datée, décalée pour la plupart des convives. Mais qui prouve sa solidarité en actes. Ce qui est de loin préférables à une institution barricadée dans ses privilèges désuets, mais surtout dans le mépris, choquant en période de restriction, de ses petits marquis d’ancien régime.

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La municipalité parisienne ? Il faudra d’ailleurs y réfléchir un jour ! Historiquement elle a toujours, depuis la Révolution Française, fait la guerre au Paris Villages, celui des quartiers, au point de les avoir presque tous détruits aujourd’hui. Mais à l’heure des grandes crises de quoi aurons-nous le plus besoin si ce n’est de solidarité locale ?

C’est à cette échelle, Madame le maire, qu’il faudrait des budgets participatifs et d’initiative citoyenne, pas sur des cartes forcées (à quel siècle vivez-vous ?) ! Madame Hidalgo vos conseillers sont en retard de plusieurs lunes, même de ce qui se fait dans nombre de territoire socialistes… Informez-vous. Sortez du mépris de la Capitale !

La Cantine, la solidarité locale ? Ailleurs, dans des territoires où les élus réfléchissent, on appelle cela, bien précieux, de la résilience territoriale. A Paris on le détruit.

Paris était déjà sous Delanoë une municipalité narcissique, agence de com de soi-même, incapable de connaitre sa ville au point de ne pas en comprendre les besoins actuels de ses citoyens et leurs initiatives.
Est-ce ton rôle Anne Hidalgo d’y ajouter l’indignité de les détruire ?

David Langlois-Mallet

Manifestation pour La Cantine et le droit de solidarité et d’alternative à Paris
Samedi 4 octobre devant la Cantine.

La Cantine, 331 rue des Pyrénées, 75020 Paris (murée)
Contact : contact.cantine.des.pyrenees@gmail.com

Liens : http://paris-luttes.info/manifestation-de-soutien-a-la-1627

c Mes Parisiennes 2014 mesparisiennes.wordpress.com

https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/03/18/soutien-a-lauteur/

Paris Popu. Les Paris follies de la Baronne de Paname à la Coupole – Montparnasse

Le Paris vivant éternel gigote encore en sous-sol… Même si la Ville Lumière n’est plus que l’ombre de ses plaisirs, entre interdictions diverses et mondialisation touristique, la Ville de Paris n’a pas encore tout à fait réussi à en faire un grand Disneyland anonyme. Ca et là, titis et gisquettes de Paname, dandy et merveilleuses se mélangent encore dans des danses au creux de la nuit.
David Langlois-Mallet

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Sur https://mesparisiennes.wordpress.com/ on trouve :

Des enquêtes sur le Paris popu : Quelle Belleville forgeons-nous ?

Des protestations culturelles : Appel des indiens de Paname à la dernière barricade

Des écrits légers : L’heure lascive de la sieste

Des ballades de rue : Le théorème du rouleau de printemps

Des réflexions amoureuses : Les femmes du temps et le sexe

Des travaux officiels sur la culture alternative : Rapport Ateliers d’artistes pour la Région

Des textes politiques :  FN et misère morale. D’autres attitude que l’excommunication politique pour la misère morale ?

Appel des Indien-nes de Paname à la dernière barricade !

Comme les indiens d’Amazonie, d’Afrique ou de Notre-Dame des Landes, nous devons résister à la marchandisation globale qui pourrit nos vies et nous chasse de notre territoire. La richesse de Paris, ce ne sont pas les bois précieux, le pétrole ou les hectare de nature. C’est l’imaginaire, la Culture, les idées, un art de vivre ensemble de musique au café du coin ou au coin de la rue. C’est de tout temps des fêtes et des chansons, une indépendance d’expression, une liberté politique. La spéculation ici, c’est le détournement et la vente de l’image de Paris et la destruction de sa réalité. La prostitution généralisée de son âme, au profit d’un tourisme global et celle de son M2 d’habitation aux spéculateurs.

Les lieux de culture indépendants du politique et des marchands sont nos oasis.
C’est avec un toit individuel, la condition collective de notre maintien dans la ville. Les lieux de culture indépendants (des politiques de sélection des pouvoirs) assurent le renouvellement des expressions, face aux conformismes et la solidarité face aux copinages. Ils sont à la base de nos riches projets culturels et de nos économiques précaires. Ils sont la condition du lien social ou affectif en ville. une condition du bonheur.
Ces lieux populaires de fabriques de culture sont une ressource de base de l’humanité, c’est la veillée, c’est le coin du feu, qui permettent d’échanger des signes et de créer des liens. Le sens et l’humain ? C’est justement ce qui est d’abord en crise aujourd’hui dans un monde industrialisé, américanisé, quadrillé et normé par l’argent et des politiques publiques où les individus sont renvoyés à leur solitude et à leurs « problèmes individuels. », plutôt que de se voir proposer des solutions collectives. C’est ce qui nous permet à l’artisanat de nos vies, de faire ville ensemble, plutôt que de laisser les agences de pub industrialiser nos imaginaires et nos usages.

A Paris, la mairie « socialiste » nous a confisqué en 12 ans la plupart des espaces collectifs dédiés à l’expression citoyenne. Détruits simplement (comme la plupart des lieux alternatifs, squats etc..), réduits au silence culturel (comme les cafés-concerts ou les arts de la rue), ou absorbés dans sa politique d’image (104, Maison des Métallos, La Forge de Belleville, Le Musée du Montparnasse, fausse politique des squats etc…). Le Delanoïsme fait ainsi descendre sur nous sa culture officielle, seule expression admise.

La Mairie, au lieu d’être un outil au service des parisien-nes, n’est que l’instrument de la Capitale qui joue contre une ville populaire qu’elle méprise gravement. Le Delanoïsme a poursuivit en cela, par d’autres moyens (et à vélib’), que le vieux rêve Haussmannien, Versaillais, Pétainiste, Pompidolien ou chiraquien : raser le vieux Paris, faire tomber les barricades de la Commune, réduire le Montparnasse cosmopolite des artistes à une Tour de bureaux, extirper le ventre des Halles, donner la Samaritaine aujourd’hui, La Poste du Louvre et l’Hôtel Dieu demain à des hôtels de luxe, des émirs ou des aristocrates du parfum, remplacer les librairies par des chaînes de magasins.

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Carte réalisée par Anne Clerval pour son livre : Paris sans le Peuple. Editions La Découverte.

Le Lavoir Moderne Parisien est le lieu le plus symbolique du quartier populaire le plus parisien parce que le plus divers, le plus décrié par la Capitale parce que le moins identitaire. Le plus intéressant parce qu’il nous jette aussi à la tête notre passé colonial que nous refusons de penser et pose de l’intérieur la question du Paris populaire, celle que l’on a administrativement mis derrière la barrière du Périph et caricaturé « en banlieue » pour délégitimer et reléguer celles et ceux qui y vivent.

Après des années de manoeuvres inégales la municipalité a mis à genoux l’association qui faisait du Lavoir Moderne une conjonction vivante de la rue et de l’exigence artistique. Où grands auteur-es et petits prix faisaient bon ménage. Le promoteur qui a racheté les lieux envisage de le raser bientôt. Cette semaine devrait être la dernière. Celle d’une remise de clefs symbolique au Ministère de la Culture qui en vertu de l’ordonnance de 45 a le devoir d’interdire la destruction d’un théâtre.
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Cette destruction coïncidant avec le temps très court des municipales, où les deux grands partis de la noblesse (PS et UMP) échangent (ou non) leurs sièges (et très provisoirement descendent dans la rue plutôt que dans les conseils d’administration). En absence d’alternative électorale structurée et cohérente (Verts et FG n’ayant pas fait alliance et ne nous proposant que des solutions marginalisées ou dépendantes, otage l’un d’un imaginaire national, l’autre de ses intérêts au Gouvernement), chacun-e de nous doit se sentir libre de faire jouer, au mieux de sa conscience, sa petite part de responsabilité collective, de pouvoir de vote et expression, du moins au moins mal de ce qu’il croit.
Même si les politiques des directions deux grands partis sont in-fine les mêmes, il ne faut pas céder à la déespérance, à l’abdication. Une volonté claire peut beaucoup et des tas de failles jouent (personnalités, situations, évènements, courants etc…). Plutôt qu’elles se jouent de nous, c’est à nous à nous jouer d’elles dans le bon sens du terme. A nous de montrer que l’on peut faire de la politique dans le sens de l’intérêt général. Peut-être justement en n’entrant pas en politique pour avoir une influence sur elle ? En nous situant en lanceurs d’alerte mais aussi en co-élaborateurs de ce qui manque le plus, le sens à l’intérieur des politiques. Par exemple une vraie politique culturelle qui garantisse l’indépendance de l’expression culturelle et artistique vis à vis du politique et la liberté dans l’espace public.

Mais nous avons collectivement le choix et le devoir de nous prendre en main pour renverser la vapeur et nous réapproprier ce qui nous concerne :  des lieux de libre expression culturelle, des centres sociaux autogérés par les habitants (comme la Cantine des Pyrénées Paris XXe qui propose le repas de midi pour tous à 4€). Par l’occupation ? Par la création d’une structure d’économie solidaire ? Par un bras de fer avec les politiciens pour récupérer du foncier ?

Au minimum par la maîtrise de notre information et la critique de nos outils de réflexion. Ou au pire pour simplement pour assumer notre défaite le 14 février, et d’être la génération qui rend les clefs d’une longue histoire parisienne de fierté et d’indépendance. A nous de voir.

Les indien-nes de Paname se donnent donc rendez-vous à la dernière barricade :

Rendez-vous mardi 11 février 2014 à 19h au Lavoir Moderne 18, rue Léon, 75018 Paris, pour une Agora d’urgence.

Evènement Facebook : https://www.facebook.com/events/813650331983541/

David Langlois-Mallet, Collectif Les Indiens de Paname

NKM/DLM – Message reçu de NKM sur Le Lavoir Moderne et la liberté d’expression à Paris / Ma réponse.

Tribune libre. Nathalie Kosciusko-Moriset a fait passer ce message personnel de soutien au Lavoir Moderne en lutte. Comme il a été dit au micro d’Hervé Breuil par sa conseillère qu’il m’était aussi personnellement adressé, fidèle à ma promesse, je vous le fais partager. Réponse à venir, mais mon commentaire ci-après.

Chers défenseurs du Lavoir Moderne Parisien,

J’apprends que vous organisez un rassemblement aujourd’hui au LMP quelques heures avant de remettre les clefs du lieu à la Ministre de la Culture.

Votre combat qui peut, je l’espère, encore permettre de maintenir le LMP ouvert a tout mon soutien tant le message qui est véhiculé derrière dit bien plus que la fermeture d’un simple lieu.
Car, non seulement je garde un souvenir tendre du Lavoir pour m’y être rendue étudiante; mais parce que la culture populaire, la culture vibrante, la culture qui émane des parisiens eux-mêmes — je devrais d’ailleurs dire les cultures – est celle pour laquelle je me bats.

J’essaye dans mon programme pour la culture pour Paris de passer le message que la culture aseptisée et uniformisée de la majorité sortante ne me convient pas. J’aime les aspérités, les différences, l’originalité, l’authenticité et je veux que la Marie de Paris en matière culturelle n’organise pas elle-même en administrant et décidant du beau la culture parisienne; mais qu’elle permette aux parisiens d’être créatifs, inventifs et libres. Qu’elle ne permette pas que des lieux libres et autonomes comme le LMP ferment mais qu’elle les aide à exister et à se développer.

Croyez bien que de tels lieux sont pour moi nécessaires dans la capitale et je m’emploierai à faire rouvrir dans Paris (station de métro fantôme, tunnels, délaissés de la SNCF…) et à ses marges notamment dans ce que j’ai appelé des « zones franches culturelles » où je me battrai pour trouver le moyen de renre le foncier et les contraintes administratives admissibles pour recréer ces espaces de liberté.

A bientôt,

NKM
Envoyé de mon iPad

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Mon commentaire :
Engagé depuis pas mal d’année pour la liberté d’expression culturelle à Paris. J’ai notamment rédigé les propositions officielles du PS à la dernière municipale. Je constate un verrouillage absolu du débat et la destruction de tout le tissu culturel indépendant par l’équipe Delanoë. Cette liberté culturelle est non seulement l’identité de la ville (c’est à dire le partage des diversités), son poumon culturel, mais aussi de mon point de vue la condition du vivre ensemble et celle du maintien d’un Paris populaire sans lequel la ville n’est qu’un apartheid social. J’ajouterai que cet hiver institutionnel que nous connaissons en France entrave une véritable Renaissance, à l’oeuvre dans la jeunesse. Celle d’un peuple d’artisans, « d’oeuvrier-es » qui perce sous la glace des industries de « l’entertainment », du prêt à rire commercial. Un mouvement qui fait chacun auteur et non plus consommateur de culture, en opposition parfaite avec la logique de consommation des politiques culturelles qui veulent nous réduire à n’être que des « publics » en attente de « programmation » (plus ou moins inspirées ce n’est plus la question).

Au cours des années Delanoë, nos poumons culturels, les lieux d’expression des quartiers, souvent dégagés des griffes des promoteurs par la lutte des riverains (Maison des Métallos), ont été municipalisés ou même carrément délégués à des opérateurs commerciaux (sur le cas d’école de la Forge de Belleville je vous invite à lire ceci) ou rasés au mépris de la loi (Théâtre de Fortune). Les vieilles pierres ont été le plus souvent sauvées, mais les équipes qui en étaient l’âme, systématiquement éjectées ou tenues à l’écart (104). Les artistes dans l’espace public sont quasiment interdits d’exercer. Le mouvement des bars a été tué (Loi Voynet) etc. La culture semble réservée à Paris aux industries du divertissement d’un côté et aux artistes officiels du régime de l’autre, le plus souvent employés par ailleurs à la com’ du luxe dans la plus totale confusion entre affairisme et politique, pub et art.

La liberté d’expression avant le calcul économique

Ma conviction la plus intime, c’est que la liberté d’expression de la culture populaire est une fonction essentielle de la démocratie. Elle est la condition du lien social, permet l’évolution des représentations et des imaginaires : elle permet de faire ville ensemble. Bref, elle est le soubassement du lien politique. Quand la culture commune se délite, on entre comme c’est le cas actuellement en France, en dépression collective : porte ouverte à tous les dangers politiques.

Mon espace politique de conviction se situe plutôt entre les Verts et le Front de Gauche. Ma déception est profonde de voir que ces partis ne se sont pas donné les moyens d’un projet alternatif à celui du PS parisien et qu’ils restent plus ou moins satellites d’une étoile morte. Les Verts pour préserver leurs positions au Gouvernement et à la Région. Le Front de Gauche par nostalgie de la campagne Mélenchon et par idéologisme (le local n’est pas vraiment politique). Cela a pour conséquence de nous laisser, nous parisien-nes, sans alternative, dépendants d’une politique qui n’a plus de « socialiste » que le logo, et qui vise, sans le dire, à transformer Paris en hôtel de luxe et les parisiens en personnel de service d’une résidence touristique pour 3e âge.

Dans ce désert français déprimant.

Je trouve donc intéressant d’accueillir cette parole politique fraîche et positive, même si elle vient d’un bord politique que l’on entend quasiment jamais en bien sur la culture (depuis Malraux, je ne me souviens à droite que d’Etienne Pinte défendant les intermittents ou peut-être un peu de Toubon), même si à Paris toute l’histoire des destructions de la ville au XXe siècle (Pompidou, Chirac…) invite à la plus grande vigilance. La parole de NKM doit susciter d’autant plus cette méfiance qu’elle vient d’une personnalité politique qui se réclame du Sarkozysme, forme avancée de la négation culturelle (pensons à la chasse aux roms, sport bourgeois pratiqué également par le gouvernement « de gauche »). Mais elle a droit, comme chacun de nous, et je dirais doublement comme femme en politique, au respect de sa singularité.

Mon point de vue est que la question n’est pas de croire ou de ne pas croire à la sincérité d’un-e politique en campagne. De savoir si « l’on peut faire confiance » ou non à un élu. Il est d’obtenir le maximum d’engagements publics qui garantissent la liberté d’expression, l’autonomie face au politique comme face aux marchands des artistes et des gens de culture. C’est à dire la liberté de parole de la société civile. La condition première sans laquelle il n’est pas de respiration politique, pour nous lanceurs d’alerte, journalistes engagés mais non partisans, acteurs de la société civile, mais aussi pour les politiques eux-mêmes en bout de compte.

Bousculer les équilibres et les hypocrisies

Ouvrir le débat à « la droite », quand elle fait comme ici une offre intéressante pour la liberté d’expression. C’est à mon sens la seule façon de faire en sorte que le PS soit obligé de faire monter dans ses réseaux les gens intéressants qu’il tient sous clef. C’est bousculer les conformismes et les rentes des partis aiguillons (Verts et FG) pour qu’ils cessent d’être de simple collaborateurs d’un système qu’ils réprouvent mais qui les nourrit in fine.

C’est adresser un message à chacun. Il faut arrêter de soumettre l’intérêt général à des calculs d’intérêts particuliers ou corporatistes. Cet état d’esprit général de la lâcheté que nous avons en France, où chacun ferme sa gueule pour ne pas se mettre en danger, nous fragilise tous. C’est cette absence de débat qui légitime le conspirationnisme. C’est cet absence de politique qui fait monter les identitarismes.

Ouvrir le débat c’est sortir de la dépression collective sur l’inéluctable, la fatalité, le monde sur lequel on n’a jamais prise. C’est surtout redonner de l’air aux parisien-nes qui auront peut être le droit, quand on vend leur ville comme une Tour Eiffel en neige, que l’on mette au débat la question de son évolution : Paris, galerie marchande ou culture vivante ?

Oui, les directions politiques de droite comme de gauche sont otages des mêmes intérêts qui s’imposent grâce au jeu biaisé d’un système centralisé, mais ce n’est pas pour cela que nous ne pouvons pas nous battre, nous faire entendre, négocier le moins mauvais à défaut de rêver du meilleur.

Il y a tous les 6 ans, un mois à peine où l’on a un peu de jeu. Parce que les représentants d’intérêts contraires aux nôtres, formés aux mêmes écoles, baignés dans la même culture et qui au final délégueront la ville aux mêmes énarques, doivent se départager pour la seule place à pourvoir. Jeu cruel et stupide qui nous prive des diversités et des compétences.

Qui a peur du débat en démocratie ? Ceux qui ont tous les pouvoirs, le PS selon tout apparence. Qui doit avoir peur de l’alternance en démocratie ? Les mêmes ! Nous qui n’avons que la liberté d’expression, tachons de la garder et de la faire progresser à la faveur de cette élection.

Dans cet esprit, j’ai répondu favorablement à l’invitation de NKM de se rencontrer. Je l’ai invité au café, pas pour négocier une place d’élu que j’ai refusé au Parti de Gauche et négligé de demandé chez EELV. Pas pour demander un boulot, même si je n’en ai pas*. Pas pour négocier un logement social, même si j’y ai droit, pas pour avoir un avantage ou une médaille, pas pour avoir ma selfie au côté d’un grand fauve aux reflets vénitiens, sur le twitter de l’UMP.

J’irais juste voir qui elle est comme personne, rendre compte de ce qu’elle dit comme journaliste, mais surtout tacher d’obtenir comme citoyen engagé des engagements sur ce qu’elle est prête à rendre, tant en lieux qu’en libertés aux parisiens, quels outils elle donnerait aux porteurs d’oeuvres, oeuvriers et artistes, quelles libertés dans l’espace public (pour les joueurs d’orgue ou les graffeurs), quel droit à la musique et à la fête dans les bars etc.


Je reste fidèle à mon intention têtue de départ, fruit de mon expérience de reporter et des paroles reçues et échangées : réussir à faire bouger la politique culturelle à Paris. Fidèle à des convictions que souvent ceux qui font métier de nous les vendre ont trahis depuis bien longtemps. Point.

Et je vous rendrais compte inch’allah comme on dit à la Goutte d’Or, si Dieu veut comme disait feu ma grand-mère.

@ David Langlois-Mallet

NB : Cela ne vous interdit pas de soutenir l’indépendance de l’auteur §;-)

Paris. Culture populaire et Delanoïsme. Chronique d’un désamour #2

Suite des petites chroniques des lieux de culture populaire de Paris sous le Delanoïsme. Où un maire de gauche qui faisait sa campagne en squat se transforme en gentrifieur. Parues dans Politis 2000-2007.

Squat. Jardon dans la Savane…

Mais aussi oasis dans le désert, point d’eau dans la jungle urbaine. Fête libre en marge des multiplexes à bière. C’est un petit lieu bien charmant, le Chardon et pour te dire, pratique aussi. Tu peux y organiser de grandes fêtes avec plein d’amis d’amis… à prix d’ami s’entend, ou à prix militant… Quand la ville te taxe de partout où te réfugier pour t’esbaudir quand tu n’as pas un rond, sinon dans un de ces squats libres ? Où fuir la musique commerciale aussi ?

On aimerait te signaler ce Chardon au son joyeux d’un  » bon plan dans la savane « , festif et léger. Dommage. C’est un peu dans l’urgence. Leurs jours sont plus que comptés, squat il sont et expulsés seront. Mus, son animateur, confie vraiment amer son ressentiment contre l’édile du XXe, Charzat, qui ne l’a pas soutenu et n’a pas souhaité faire jouer son droit de préemption. Mais est-ce au niveau de l’arrondissement que cela se décide ?

En tout cas, au lieu d’une info pour aller t’égayer et te culturer, tu en as pourtant bien besoin ma chérie, nous t’annonçons qu’une belle opération immobilière est en vue. Un squat qu’on expulse, c’est aussi ton annonce de fête qu’on transforme en nécro. Autant t’le dire : nous ne nous laisserons pas transformer en page  » carnet  » ou  » immo  » du Figaro !

Le Chardon dans la Savane 20, rue la Duée 75020 Paris (jusqu’au 14 juillet ?)

Squat Dehors les gueux !

Le collectif d’assos de précaires No Vox, qui occupe depuis le Forum Social de novembre le Point P au bord du Canal St Martin doit faire face à une assignation en justice. Le propriétaire, la Mairie de Paris, qui s’était engagé à loger ailleurs leur projet de Centre Social « à l’italienne », semble finalement préférer la politique du coup de balais et souhaite sans relogement, délais, ni trêve, l’expulsion des gueux qui retardent ses projets pour ce lieu.

Jean-Claude Amara de Droits Devant ! !, une des assos occupantes qui a eu à faire face à la violence physique des vigiles privés du futur opérateur culturel « Usine Ephémère », dénonce avec virulence cette nouvelle orientation « clientéliste » de la politique municipale et parle de « miasmes Tibériens ». « Outre l’opacité de l’attribution du lieu à un projet bobo, dit-il, Delanoë indique clairement aux « sans » qu’ils n’appartiennent pas la ville, que leur place est sur le trottoir. Le nettoyage élitique de Paris se poursuit ». A mi-mandat, la rupture semble consommée entre la mairie de gauche plurielle et les mouvements sociaux.

Contact : Droits Devants ! !

Goutte d’Or Coupure d’air pour le poumon culturel

Autre abcès de tension entre les services culturels de la ville et les petits lieux de culture populaire, dans le quartier de la Goutte d’Or. Cet entrelacs de rues populeuses et multicolores à deux pas de Montmartre, abrite un petit trésor culturel : le Lavoir Moderne et l’Olympic, salle de spectacle et bar. Ces petits lieux se distinguent par une programmation artistique des plus exigeantes et une implication unique dans un quartier dépourvu d’équipements culturels. L’association Procréart qui les administre bénéficiait jusque là d’un soutien municipal. Une subvention en passe de ne pas être reconduite. La mairie ayant choisi de s’aligner sur le ministère de la Culture, après que celui-ci lui ait supprimé la sienne. Si la gestion de l’association en redressement judiciaire semble mis en cause par les institutions, qu’en est-il de l’appréciation de son rôle culturel ? Son animateur Hervé Breuil, aimerait aussi que les actes pèsent dans la balance : « lorsque nous organisons un repas de rue en pleine canicule et que nous distribuons 6000 repas gratuits, les institutions nous mettent des bâtons dans les roues au nom de la circulation des voitures… » dit-il. Le LMP annonce la tenue d’une assemblée extraordinaire de ses usagers le 26 janvier à partir de 19h.

Lavoir Moderne Parisien

Paris. Petite mémoire d’une résistance joyeuse à la culture Delanoë


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Petite balade guidée dans trois lieux de culture populaire sous Delanoë 1er. A l’usage de ceux qui doutent que la lutte pour l’espace et pour le contrôle des liens est continue à Paris (des soldats versaillais à l’assaut de la Commune à la bourgeoisie rose à l’assaut des faubourgs) ces quelques articles parus dans l’excellent Politis au début de ce siècle. Mémoire de la résistance joyeuse à la créativité parisienne à la culture duty free de la Mairie de Paris.

Paris : La Goutte d’Or qui fait déborder le vase

Grandes manoeuvres contre un quartier populaire. Au pied de Montmartre, la Goutte d’Or est le quartier où l’Africain pose ses valises en arrivant à Paris, faisant de l’ancienne terre à vigne, le lieu le plus coloré de Paname. Avec la session des magasins Tati à Virgin’s Megastore, c’est toute la physionomie d’un quartier jusque là, laissé à l’abandon par sa mairie qui change. Sus à la spéculation, y’a du fric à faire, mon bourgeois !

Parfois, le grand nettoyage prends des formes surprenantes, ainsi le Lavoir Moderne Parisien, la salle de concert du quartier, se trouve pris dans le collimateur. La Préfecture de Police, prétextant de la sempiternelle… « Sécurité » a réduit sa jauge de 200 à 100 personnes, condamnant ce petit lieu pourtant essentiel à l’émergence d’une jeune scène, avec ses 500 représentations annuelles pour 35000 entrées. Hervé Breuil, gérant aussi de l’Olympic, le bar caf-conc’ voisin est pareillement menacé paraphrase Victor Hugo « Ouvrons des lieux de culture et nous fermerons les ghettos ! ».

La pétition qui circule repose en clair le problème des cultures dans la ville, de cet urbanisme spéculatif, accompagné d’un nettoyage à la matraque : « Nous nous efforçons, avec le soutien des artistes, d’humaniser une urbanisation qui génère des zones sensibles (…). Dans ce secteur de 22000 habitants, l’investissement dans l’équipement public est déficient depuis des décennies. Une véritable ségrégation est en marche; la Police Urbaine de Proximité tant promise est remplacée par les compagnies de CRS ». Les rassemblements se succèdent amalgamants les mécontentements de plus en plus perceptibles des milieux de la culture populaire, notamment les nombreux lieux menacés par la Préfecture dans l’indifférence quasi totale de la nouvelle mairie.

Décidément, à la Goutte, la colère pourrait, avant l’or, couler à flot. Reprenant l’acte qui n’a pas fini d’être joué entre les caf’conc et leurs amis et des pouvoir publics, hostiles ou méfiants, mais toujours aussi ignorants des cultures populaires de la ville. La Goutte d’Or qui fait déborder le vase ?

David Langlois-Mallet, in Politis 2004

Lavoir Moderne Parisien Olympic Café

20, rue Léon 75018 Paris

PS : Un des très rare lieu encore vivant (en lutte actuellement) : www.rueleon.net

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Squat

C’est l’amour à la plage !

Puisqu’on y est, autant que ce soit l’été. Nous voilà déjà en vacances avec un nouveau petit lieu au bord de l’Ourcq. Il est fait pour aimer, pour rêvasser, expérimenter, créer, jardiner, faire des crêpes. Un lieu d’enfance et d’en face pour réunir les habitants et les passants du XIXe et soutenir les indiens Mapuche. Les mercredis et dimanches l’espace ouvre son atelier on y peint, coût papote et bricole. Il y a bien sur des fêtes et une pétition à signer pour soutenir la demande d’eau et d’électricité que font les animateurs et habitants. « La Maison de la Plage », c’est son nom retiens le, participera au Festival Résistances et Alternatives de Paris qui se concocte pour apparaître du 13 avril au 5 mai. A cette ocasion, il faut noter la journée du 21 avril. A 15 h animation musicale, 16 h débat « comment se réapproprier son environnement immédiat ? », 19 h « La Poule Égorgée », création théâtrale de Luís Pasina. On annonce aussi une expo sur le thème de la friche urbaine et de son histoire récente à Paname. Quand l’histoire se fait temporaire : vive l’été !

David Langlois-Mallet
Politis

La Maison de la Plage, in Politis 2004

4-6, rue de Colmar Paris XIXe

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Théâtre

De profondis

Quelle protection pour le théâtre vivant ? Rien que la loi de la jungle, qu’elle soit libérale ou institutionnelle. Si tu ne joues pas la milliardième version de l’Avare (ou autre oeuvre au programme des collèges) et si tu as survécu au marché sans aide, on t’aura par la loi. Le petit Théâtre 347 était un lieu d’expérimentation remarquablement intéressant. Nous avons le regret de vous annoncer son décès le 2 juin dans l’indifférence la plus totale de la mairie-de-Paris-de-gauche. Pire celle-ci est directement cause du décès, ayant installée une autre association, aux projets d’ailleurs très honorables, dans les locaux. Comme si la capitale et singulièrement Pigalle, avait trop de lieux de culture pour qu’on s’intéresse à leur sort !

Comme si la direction de la Culture, qui subventionne tous les évènements déjà médiatisés et tous les peintres à l’huile de retour des bords de mer, n’avait pas les moyens. Comme si la Mairie qui prétend ne pas connaître son parc immobilier vide dont elle dispose, ne pouvait penser au relogement de cette équipe de Wax qui, sans aide, a fait émerger en un an près de 200 créations, dont les artistes sombrent avec elle ! Au secours on flotte dans l’indifférence, on coule dans le mépris à Paris !

Ex Théâtre 347

David Langlois-Mallet, in Politis 2004