Archives pour la catégorie Grand Paname

Oeuvres, oeuvrier-es et tiers lieux du Grand Paris. La culture populaire et ses émergences.

Conseil de Paris. Voeu Graph rue Dénoyez de NKM

Séance du Conseil de Paris des 26, 27 et 28 mai 2015

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Vœu déposé par Nathalie Kosciusko-Morizet, Atanase Perifan, Nathalie Fanfant, Fadila Mehal, Céline Boulay-Esperonnier, Stéphane Capliez, Grégoire Chertok, François-David Cravenne, Catherine Dumas, Danièle Giazzi, Thierry Hodent et l’ensemble des élus du groupe UMP et du groupe UDI-Modem

Considérant que la parcelle du bas Belleville, de son nom historique « La Courtille », est au cœur d’une polémique qui oppose des projets portés par la Mairie de Paris (crèche de 50 berceaux et logements sociaux à destination de femmes isolées) à de nombreuses voix (artistes, habitants, visiteurs, médias…) qui s’indignent ou s’étonnent que le projet puisse autoriser la destruction d’une singularité culturelle devenue emblématique, d’intérêt touristique : une rue Dénoyer, dédiée de fait au graph, au street-art, à la figuration libre ;

Considérant l’émotion et les protestations soulevées par le risque de disparition de « la rue du graph »

Considérant les pétitions, manifestations, protestations diverses auxquelles la mairie a opposé une fin de non-recevoir ;

Considérant que cette situation nous interpelle et nous donne à voir la très grande vitalité créative de la société et singulièrement de la jeunesse du territoire francilien ;

Considérant que ce mouvement correspond à notre époque, un temps de mutation où les besoins d’expression et la quête de signes nouveaux pour comprendre le monde et se comprendre soi-même sont immenses ;

Considérant qu’il souligne aussi en creux le repli des politiques culturelles sur elles-mêmes qui (souvent du fait de fractures générationnelles, culturelles, sociales) ont renoncé à être à la racine de ces mouvements, encore moins à les accompagner ;

Considérant que la Mairie de Paris prône de faire de plus en plus appel à la responsabilité locale ou individuelle, de mettre en avant « la participation », la démocratie locale ;

Considérant que les artistes du quartier n’ont pas été suffisamment écoutés par l’exécutif central alors qu’ils ont œuvré dans le quartier pendant de nombreuses années ;

Nathalie Kosciusko-Morizet, Atanase Perifan, Nathalie Fanfant, Fadila Mehal, Céline Boulay-Esperonnier, Stéphane Capliez, Grégoire Chertok, François-David Cravenne, Catherine Dumas, Danièle Giazzi, Thierry Hodent et l’ensemble des élus du groupe UMP et du groupe UDI-Modem émettent le vœu que :

1 / Pour dépasser les tensions qui existe entre les artistes, les associations et les lieux et surtout appréhender l’avenir du quartier, les outils et le temps de la réflexion soient donnés aux habitants eux-mêmes en considérant plus finement les logiques culturelles et artistiques à l’œuvre sur ce territoire ;

2 / la mairie de Paris nomme comme médiateur David Langlois-Mallet, journaliste spécialisé et expert en politiques de la culture (politis, nova mag, communes de France, région ile de France, altaïr, un peuple créatif), et habitant de la parcelle concernée, afin de réaliser une enquête de territoire dont le but serait de reprendre à la base le dialogue en s’intéressant au quartier concerné, son identité, ses dynamiques, d’identifier ses zones de forces et ses potentiels à partir des acteurs concernés (habitants, artistes, commerçants, usagers, élus, acteurs institutionnels etc…)

3 / Le cahier des charges pour l’enquête prenne – par exemple – en compte les questions

Quelle place pour le street-art dans le bas Belleville et quelles pistes pour sa place dans

Quelles ressources culturelles dans le quartier, pour quel usage et à quelles fins ?

Quelles dynamiques et quels potentiels d’épanouissement pour la vie artistique locale, convivialité, cohésion urbaine, culture, développement économique etc.

Quelles conséquences pour la politique de la ville, en particulier culturelle, à l’heure du Grand Paris ?

4 / L’enquête se déroule à la rentrée 2015, les résultats soient restitués localement avant la fin de l’année et servent de base à un projet culturel et artistique local, un projet non-institutionnel et qui permette de préserver la diversité artistique libre et indépendante qui a fait l’âme du quartier.

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Belleville : Velasco-Meller, artistes de plain pied

« Il est mort pour nous sauver, ce simplet sur sa monture, car son fils qu’il chevauchait et les bombes qu’il trimbalait, lui ont pété à la figure ».

« Morts de faim et révoltés, aujourd’hui nous sommes bien tristes, qui va donc nous bombarder, afin de nous empêcher de devenir terroristes ? »

L’image épique qui accompagne ce poème satyrique de Raoul Velasco est digne du meilleur de l’esprit multiséculaire des fêtes de Toussaint et du rictus enflammé du dieu citrouille.

Cette pensée des morts, qu’une jeune femme Kristin Meller, est entrain de la graver dans le bois, représente un cavalier d’épouvante : l’oncle Sam et sa monture sont deux squelettes de la C.I.A. Les postérieures de l’animal, deux tours qui explosent, quand de ses pattes avant, jaillissent des fusées tomahawk. Dans sous sa hennissante, barbe intégriste, la poudre d’anthrax et le beurre de cacahouète coulent à flots.

Tandis qu’un petit Mickey à tête de mort tient sous les projecteurs le clap du tournage sur lequel on lit « Ben Laden *»… Cet envers du décors délirant et burlesque des cauchemars vrais que nous sert la télé, est une des spécialités de l’Atelier Velasco & Melle, fruits d’une tradition mexicaine, les « Calaveras ». Ces cadavres représentés pour châtier nos mœurs en riant, dans une tradition pamphlétaire, syncrétisme de nos danses macabres du XIVe siècle et des fêtes des morts précolombiennes.

Kristin Meller et Raoul Velasco, nos deux satiristes, sont des artistes qui ont « pignon sur la rue des Cascades » à Belleville. Il sont riverains de la rue de Casque d’Or, sans que rien d’anecdotique n’entre dans leur rapport au quartier. C’est même tout leur art au quotidien qui est relié aux habitants des petites rues de ces hauteurs populaires d’un Paris pas encore dévalé et avalé par le flots des con-sommateurs.

Deux étrangers, que la providence a semés là en 88, elle blonde britannique, lui mexicain au profil d’indien, deux citoyens qui voient leur Paris comme une « bouffée d’oxygène extraordinaire ». Portrait du cœur pour une capitale si polluée, mais qui ne surprendra que ceux qui n’ont pas rencontrée La Ville, ici la Belleville. « Il y a ici une forme d’acuité des habitants impossible en Angleterre. Ils s’intéressent à ce que nous faisons c’est merveilleux ! » dit-elle.

Une connivence avec ces regards populaires quotidiens qu’ils ont choisis de préférence à celui des galeristes et des experts « le regard a été trop réservé aux élites, c’est ce qui fait tomber l’art dans la propriété ».

Ils entendent que l’universalité du métier se travaille en atelier et parle de manière privilégié au quartier. Raoul clame sa vocation « On refuse le mythe de l’artiste incompris, la combine de ce psychodrame ! Je veux l’artiste qui s’intègre, qui a son mot à dire dans l’urbanisation et la rue, qui va avec des phénomènes comme : squats, art sur les murs…». Cet artiste en pas de porte, il le vit polémiste et antipopuliste, disputant l’espace publique et la rue aux cols blancs en même temps qu’artisan qui tire sa raison d’être d’échanges modestes.

Leur galerie ? Elle n’en jette pas, mais inverse doucement les logiques qui font de l’art un supermarché des snobs. Par exemple les artistes invités, choisis sur le sens de leur démarche, prennent possession de l’échoppe qu’ils s’engagent à faire vivre intensément durant un week-end, par une création publique, festive ou didactique. En échange de la participation symbolique (150F/j) qu’elle demande, la Maison fait de l’artiste l’unique bénéficiaire de ce qu’il vend ! Révolutionnaire, non ?

David Langlois-Mallet

Jusqu’au 11 novembre, de 15h à 20h, exposition collective « Calaveras », (gravure en vente* à 500 f ). Atelier d’initiation à la gravure sur bois en taille d’épargne (se renseigner).

Atelier Velasco et Meller – Association pour l’estampe et pour l’art populaire, 49, rue des cascades 75020 Paris – Tél. : 01 47 97 05 35 et <mel.vel@wanadoo.fr>

Pamphlet. Honte à vous, élus de Paris ! Droit de table, droit de Cantine pour tous !

Bravo ! Que voilà un acte fondateur vraiment pour Madame Hidalgo et Monsieur Brossat ! Ce dimanche ils ont envoyé une compagnie de CRS contre un adversaire bien redoutable… Les Cantineuses et les Cantineux à Belleville qui n’ont que des gâteaux et des pizza pour se défendre.

Quel est leur crime à ceux-là, ces Cantineux ?

Détourner l’argent public ? Monter les identités les unes contre les autres comme on le voit tous les jours ? Non !

Ouvrir une Cantine !

Une cantine solidaire qui plus est ! Proposer non pas de la charité des bénévoles et de leurs pauvres de soupes populaires, mais le repas à chaud à tous, sans distinction. Riches ou pauvres mêlés, vieux et jeunes, habitants et passants, français ou étrangers, blancs ou noirs, laïcards ou dévots, instruits ou ignorants, chanceux ou sans-dents. Pour 4 euros, café compris !

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Croyez-le habitants du monde entier, ça c’est à Paris !

Ville schizophrène dont les élus ne peuvent sans trémolo dans la voix invoquer « La Commune » ou « La Révolution « (et sans rire !)… Mais ville qui chasse les parisiens et vide leurs lieux pour faire de la place aux milliardaires du parfum ou du foot. Cette municipalité, parmi mille exemples, qui après avoir abandonné des lieux symboliques de la vie parisienne, comme La Samaritaine, soutien (contre les assoc de sauvegarde de Paris) que l’on fasse de ce lieu symbolique un hôtel de luxe. Bref, qui soutien une privatisation de Paris qui ne dit pas son nom.

Sur la Samaritaine dans la vie de Paris, lire René Fallet
Sur la Samaritaine dans la vie de Paris, lire René Fallet

Ville qui pour crime de convivialité…

Ces Cantineux, ces gens -je ne partage pas leur dogmes politiques et de le gauchisme un peu daté de ce collectif-, mais je regarde le réel. Je ne les défends pas pour ce qu’ils sont, mais pour ce qu’ils font : Ils permettent aux autres de se retrouver, de sortir de l’isolement pour partager la table. Ca n’est rien ? C’est devenu immense dans une société du chacun pour soi, des portions une part pour les riches et des pâtes chaque jour pour les pauvres, de la solitude et de l’ennui pour tous face à son assiette ou son smartphone.

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Quand tous les humains sont captifs de leurs écrans, c’est être une ONG urbaine que de les réunir !

Ils font votre boulot Messieurs les élus, le boulot que vous devriez faire si vous intéressiez un peu à la société d’aujourd’hui et aux besoins des gens, plutôt qu’à votre paperasse ! Ce travail de solidarité de base, vous nous dites que le politique n’a pas les moyens de faire (belle excuse, vous avez juste d’autres priorités plus lucrative pour votre image), mais passons. Eux le font. Gratuitement.

Ils sont les inventeurs d’un service public nouveau et vieux comme l’humain à la fois : le partage de la soupe chaude ! Cette initiative par temps de crise, c’est la force de résilience de la solidarité parisienne. Ne pas avoir une politique de soutien aux alternatives citoyennes est déjà un déni de politiques publiques, les détruire systématiquement est un crime politique.

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Budget participatif, mon cul !

Et vous, pendant que vous les expulsez, vous vous vantez. De quoi ? « D’une innovation démocratique » (Anne Hidalgo)… autoriser les parisiens à choisir entre 5 ou 6 projets marchands que vous avez choisis pour eux (des fois qu’ils soient tebês). Mais quoi, vous n’êtes même pas capable de regarder et d’accueillir leurs actions, leurs propositions comment voulez-vous leur faire croire que vous vous intéressez à ce qu’ils pensent ? C’est quoi votre idée de la cité ? Une caserne pour demeurés que votre génie bienveillant administre ?

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Et quel est votre idée de votre fonction ? Votre sens de l’intérêt général ? Votre soucis de l’autre ? De ceux qui n’ont pas vos moyens ? Vous les expulsez. C’est cela le socialisme ? C’est cela le communismes rejetons dégénérés de vos ancêtres politiques !

C’est à cause d’actes comme ceux-ci, de politiques comme vous Ian Brossat, que demain dans ce pays nous n’aurons le choix qu’entre l’extrême-droite et la droite, entre l’exclusion par la nation ou l’exclusion économique. Encore un certain libéralisme des start-up et des petites entreprises nous laisse au moins l’espoir de faire entendre l’innovation citoyenne, sociale ou culturelle.

Alors que votre municipalité qui se prosterne devant toutes les multinationales, tous ceux qui l’invitent à un cocktail, et laisse des enfants dormir dehors quand l’hiver vient dans presque tous ses arrondissements de Paris. Elle, engouffre 1 milliard pour célébrer votre goût de nouveaux riches dans le mauvais vert de sa Canopée, nouveau coup de poignard aux Halles, Ventre de Paris.

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Que vous reste t-il Socialistes de Jaurès à part vos tee-shirt et leur marchandising ? Vous avez renoncé à tout combat, à tout progrès de l’homme, au simple honneur de ceindre une écharpe tricolore. Seul les carrières vous intéressent, en comptant sur le balancier immuable de la Fortune qui ramène de l’impuissance de la Droite à votre propre laisser-aller, qu’on appelle plus «  »de gauche » » qu’avec des doubles guillemets.

https://boutique.parti-socialiste.fr/

Et vous Communistes que vous reste t-il de votre honneur et de l’esprit commun, si quand un de vos petits marquis a deux doigts de pouvoir, ils s’en sert pour faire le joli à New-York et fait expulser de la table, les partageux ? Est-ce parce que ces autres communistes n’appartiennent pas à votre Comité Central qu’on les chasse ? Et vous alors, que ne les avez-vous ouvertes ces cantines ? Où êtes-vous quand le peuple de Paris est précaire et isolé ? Est-ce tout ce qu’il vous reste de vos héros de la Résistance ? Croyez-vous que ces gens auraient vaincu le nazisme s’ils n’avaient pas eu le sens du mot solidarité ?

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Et vous Verts, qui grouillez lâchement dans les lieux de pouvoir au lieu de porter la parole d’une société dont vous êtes pourtant tout fraîchement issus ? Que vous reste t-il de René Dumont, du Larzac et des valeurs libertaires qui vous fondèrent ? Dans votre manque de fraternité entre vous mêmes, vous vous êtes trahis pour trois postes, avant de vous retourner contre tous les militants qui portaient vos valeurs. Vous qui nous annonciez un monde nouveau, vous ne rayez que les parquets. Quel est le bilan des Verts quand la Terre se réchauffe ? Les Vélib de Monsieur Decaux ?

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On ne peut vous remercier que d’une chose, vous rappelez chaque jours aux parisiens qui l’ont oublié de la Mairie est une institution dont le premier acte, sitôt crée à la Révolution fût de faire tirer sur les parisiens eux-mêmes. Qui sitôt restaurée sous Chirac a instauré le couvre-feu qui a tué l’âme nocturne et vagabonde de la nuit. Qui, dès que la «  »Gauche » » ne s’en est emparée est devenu ce coûteux Dysneyland réservé aux bobos et aux touristes, où toutes les initiatives culturelles des habitants ont été mises à l’écart.

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A l’inverse, dans une époque qui nous déshumanise chaque jour, les Cantineuses et les Cantineux nous rappellent au sens le plus profond de l’humanité : le partage du pain. Le partage de la table.

J’invite toutes les parigodes et tous les parigots qui ont encore un souffle d’âme et d’humain en eux à soutenir les Cantineuses et les Cantineux, à soutenir le droit de Cantine, le droit du pain, le droit de table pour tous !

David Langlois-Mallet

NB : Petite note aux amis socialistes qui me trouvent méchant
https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/10/08/petite-note-aux-amis-socialistes-qui-me-trouvent-mechant-et-autres-politiques/

NB II : Note sur la photo de couv’ un peu démago : j’assume ! (Ils ont raison d’ailleurs de bien se fringuer. Je sais que c’est l’argument le plus nul et le plus démago de l’article (mais je m’en fout !)
On a le droit d’avoir du fric, d’aimer le luxe et les belles choses (j’aime aussi) mais quand tu te fais élire en chantant avec des trémolo les chants de la Commune de Paris, le minimum, c’est de ne pas expulser les pauvres et ceux qui organisent la solidarité.
Après, le boulot fait, tu peux sortir ou bon te semble (dans les rades popu et aussi dans les soirées des défilés de mode, pas de soucis pour moi)

*(la Ville ne leur ont proposé qu’un gourbi sans fenêtre, vieille technique classique pour les disqualifier)

POUR ALLER PLUS LOIN, du même auteur.

Propositions positives :

Au Ministère de la Culture
http://www.unpeuplecreatif.fr/spip.php?article33

Au 1er Ministre, soutenez d’urgence la créativité
http://www.unpeuplecreatif.fr/spip.php?article2

Audition par le CESC (Parti Socialiste)
https://mesparisiennes.wordpress.com/2013/09/22/paris-culture-et-politique-audition-par-le-cesc-du-ps/

Les indiens de Paname
https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/03/10/appel-des-indien-nes-de-paname/

Travaux de recherche officiels

Rapport des politiques de fabriques, Région Ile de France
http://www.unpeuplecreatif.fr/spip.php?article7

Street-art. Rendez-sous passage du Désir (in Stadda, mag des arts de la rue)
http://www.unpeuplecreatif.fr/spip.php?article8

Prises de bec :

Hollande attention ! Delanoë est le nom de la punition culturelle infligée à Paris
http://rue89.nouvelobs.com/rue89-culture/2012/03/25/hollande-attention-delanoe-est-le-nom-de-la-punition-culturelle-infligee

Christohoe Girard l’expulseur expulsé
https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/03/27/girard-lexpulseur-expulse/

Paris est un jardin
https://mesparisiennes.wordpress.com/2012/03/28/paris-est-un-jardin/

Quelle Belleville forgeons-nous ?
https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/01/05/quelle-belleville-forgeons-nous-in-lami-du-xxe-mai-2013/

Pour en savoir plus sur la Cantine :

Nouvelle occupation : http://paris-luttes.info/nouvelle-occupation-suite-a-la
La Cantine, fin de vie d’un lieu alternatif
http://rue89.nouvelobs.com/2014/08/12/expulsion-cantine-pyrenees-fin-dun-lieu-vie-alternatif-254163
Anne Hidalgo prive d’assiette les Sans-dents
https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/10/01/paris-la-smart-city-dhidalgo-prive-dassiette-les-sans-dents/

Soutien à l’auteur :
https://www.leetchi.com/c/cagnotte-de-langlois-mallet

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https://mesparisiennes.wordpress.com/

Le dernier mouton de Paris se fait casser la gueule

Voilà l’ami Atlan sérieusement amoché… Un grand coup pour l’artiste (mais aussi) un petit coup contre notre humanité.

Pourtant, il ne demandait pas la lune. Il bêlait juste sur son vélo. C’est pas grand chose sa petite performance (qui nous susurre peut-être en creux, que nous ne sommes plus que des moutons). On peut aimer ou non, comme tout expression de rue, mais on doit défendre ce droit à l’originalité, à la liberté d’expression.

Voir le reportage d’Aline Chambras pour Arte Radio ici :

http://download.arteradio.com/static/player/export.html?ids=615809

Pour tout dire, ces individus qui ne veulent pas marcher la tête basse vers le prochain métro et le turbin sans entrain, nous font du bien.

D’autres y ont vu une insulte à leurs croyances, à leur identité et lui ont cassé le nez

Je ne veux pas rajouter, lui non plus je crois, à tous ces doigts qui souvent d’en-haut, pointent une religion plutôt qu’une autre. On peut le faire avec chacun des identitarismes à la con qui tiennent lieu de culture aux esprits que la mondialisation à déboussolé : je constate juste que ce qui se cache dans les replis des âmes en quête d’une consolation, puis d’une vengeance collective, se joue contre notre paix à tous.

Voilà, j’avoue que j’aurais préféré me moquer qu’il prenne enfin soin de nous pour une fois (en se faisant refaire le museau). Mais ce sera pour une prochaine fois. Là, je suis juste un peu triste de cette montée des ligues de tout bord et de la violence qui fait que les imbéciles sont tous plus frères que les artistes ne le seront jamais.

David Langlois-Mallet

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Paris. Hidalgo prive d’assiette les sans-dents

Alors que la municipalité de Paris se vante de ses « innovations démocratiques » (datées), elle reste l’adversaire résolue des initiatives solidaires parisiennes. Si le budget participatif lancé ce 1er octobre sera virtuel, en revanche, la destruction d’alternatives existantes comme La Cantine des Pyrennées, est elle, bien réelle. Contraste ?

Qu’est-ce que la Cantine ?

Depuis 2013, cette passionnante expérience de solidarité locale servait le repas complet dans le XXe arrondissement pour 4€, à midi les jours de semaine à tous sans conditions. Elle répondait ainsi aux besoins de beaucoup de citoyens à l’asphyxie. Elle est aujourd’hui murée et la mairie ne répond pas.

La Cantine est un des exemples de ces solidarités locales parisiennes par temps de crises graves comme celle que nous traversons. Les citoyens s’adaptent et génèrent des initiatives associatives destinées à amortir la dureté économique et surtout à recréer ce lien de quartier dont les urbains, même aisés, crèvent sourdement.

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Les « sans-dents » de Madame Hidalgo…

Qui rencontre t-on à la Cantine ? Des retraités pauvres ou non, mais surtout seuls, des oeuvrières et créatifs impécunieux, étudiants, chômeurs, personnels des ONG, petits salaires, parents isolés, enseignants, originaux des rues, artistes, journalistes… Des sans tickets-restau… Bref, tous ceux pour qui Paris est devenu depuis 15 ans une ville spéculative où il est difficile de s’accrocher, avec souvent une solitude urbaine plus lourde à porter que les difficultés.
Ce populo de Paris qui ne consomme pas assez, cette vie de quartier solidaire et tenace pourtant… est devenu la bête noire de la mairie Delanoïste, tout ce qu’elle cherche depuis 15 ans (tournant le dos à l’histoire culturelle et à l’identité populaire de la ville), c’est les chasser en banlieue.

… Ceux qui font tache dans le grand Disneyland patrimonial

La municipalité «  »socialiste » » n’a eut de cesse de le municipaliser ou de d’expulser les expériences qui ne s’inscrivaient pas dans son esthétique un peu parvenue : ses cafés bobos aux décors tabac, ses salons de thé flashy, ses espaces culturels mornes comme des pharmacies et glaçantes comme des funérariums. Où l’on est sur que d’une chose : il ne s’y passera rien. Pas d’attroupement de plus de deux personnes… Pas de contestation !

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Au même moment, la ville se vante de son budget « participatif » ?

Comment dans le même temps ne pas s’irriter de voir la municipalité se décerner à elle-même des brevets « d’innovation démocratique » avec le lacement de son Budget participatif ? Ce 5% du budget, argent de poche, sur des projets déjà pré-décidés (gageons que les réseaux fonctionnent ici…). De qui se moque-t-on ? Merci au passage à ses alliés Verts qui ont popularisé cette gadgétisation du politique et délaissé les vraies alternatives citoyennes dont leur mouvement et eux-mêmes étaient pourtant issus…

Il y a donc deux logiques confrontées à la mondialisation. Celle des parisiens eux-mêmes qui se prennent en main, prennent sur leur santé et leur temps pour sauver l’essentiel, organiser la subsistance et l’autre, celle de la Mairie de « la smart city » (comme ils disent) qui leur propose de voter pour faire diversion…. Savoir s’ils veulent des plantes roses sur les murs ou plus de nouvelles pissotières vertes ?

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Paris contre les parisiens ?

Alors oui, la centaine de bénévoles qui animaient à tour de rôle la Cantine des Pyrénées occupaient « sans titre » un restaurant pour les « sans-ticket-restau ». Mais, inventeurs d’une nouvelle forme de service public « performant » et « innovant », n’était ce pas à la mairie de fournir les locaux dans son pléthorique parc vide ou sous employé (juste à côté de la Cantine le Carré de Beaudouin est un grand désert blanc comme l’affectionne le Delanoïsme) ou au moins de payer loyer au propriétaire pour une oeuvre d’utilité publique ?

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Crise de l’urbanité parisienne

Oui, les Cantineuses et les Cantineux se réclament d’une culture militante un peu datée, décalée pour la plupart des convives. Mais qui prouve sa solidarité en actes. Ce qui est de loin préférables à une institution barricadée dans ses privilèges désuets, mais surtout dans le mépris, choquant en période de restriction, de ses petits marquis d’ancien régime.

Marianne

La municipalité parisienne ? Il faudra d’ailleurs y réfléchir un jour ! Historiquement elle a toujours, depuis la Révolution Française, fait la guerre au Paris Villages, celui des quartiers, au point de les avoir presque tous détruits aujourd’hui. Mais à l’heure des grandes crises de quoi aurons-nous le plus besoin si ce n’est de solidarité locale ?

C’est à cette échelle, Madame le maire, qu’il faudrait des budgets participatifs et d’initiative citoyenne, pas sur des cartes forcées (à quel siècle vivez-vous ?) ! Madame Hidalgo vos conseillers sont en retard de plusieurs lunes, même de ce qui se fait dans nombre de territoire socialistes… Informez-vous. Sortez du mépris de la Capitale !

La Cantine, la solidarité locale ? Ailleurs, dans des territoires où les élus réfléchissent, on appelle cela, bien précieux, de la résilience territoriale. A Paris on le détruit.

Paris était déjà sous Delanoë une municipalité narcissique, agence de com de soi-même, incapable de connaitre sa ville au point de ne pas en comprendre les besoins actuels de ses citoyens et leurs initiatives.
Est-ce ton rôle Anne Hidalgo d’y ajouter l’indignité de les détruire ?

David Langlois-Mallet

Manifestation pour La Cantine et le droit de solidarité et d’alternative à Paris
Samedi 4 octobre devant la Cantine.

La Cantine, 331 rue des Pyrénées, 75020 Paris (murée)
Contact : contact.cantine.des.pyrenees@gmail.com

Liens : http://paris-luttes.info/manifestation-de-soutien-a-la-1627

c Mes Parisiennes 2014 mesparisiennes.wordpress.com

https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/03/18/soutien-a-lauteur/

Nicolas Bacchus, néo libertin (Nova Magazine – juin 2000)

Nom : Bacchus. Age : 28 ans. Profession : troubadour. Couleurs : Arc-en- ciel, vert et rouge. Situation : ambiguë (« comme la vie », dit-il). Projet : le bonheur (et à la rentrée un passage au Loup du Faubourg). Actu : un CD, des concerts (ci-dessous). Signes particuliers : love (and politic) songs plutôt gaies.

C’est la petite dissonance distanciée qu’il aime par-dessus tout, Bacchus. Nicolas Bacchus. Avec ses petits airs de satyre méditerranéen, il nous apporte un premier CD plein de promesses… ambiguës. « En fait je suis assez transparent »… qu’il dit. Avec sa guitare et ses accords qui chantent bon la chanson française de tradition, on avait cru pourtant le voir venir de Toulouse : un troubadour ! Un chanteur courtois. Oui, mais voilà : « Non, Madame, cette nuit-là ton fils n’a pas dormi avec les filles », dans ces chansons un peu écolo, le berger trousse parfois… le berger (et le cas échéant, sa bergère). Il chante l’amour tendre et le jus de queue, et le pire, c’est que ça passe super bien (si j’ose dire).

Ça donne un coup de jeune à nos vieux airs et un coup de vieux à nos jeunes pédés. Brassens des backrooms ? « Non. je ne veux pas être le chanteur des pédés et des écolos mais plutôt changer le monde ». Chiche ! (c’est un des animateurs des jeunes écolos-alternatifs sur Toulouse) « Pour m’rouler dans l’herbe et courir après les garçons/ J’ai pas besoin qu’ils soient millionnaires ni qu’entre nous y’ait un ballon ». Le premier CD est agréable, un peu vin nouveau. On y sent encore la patte des maîtres, mais ses caractéristiques sont déjà la « distance amusée ».

Mais, « éteignez vos ceintures et attachez vos cigarettes », il a déjà sur scène de l’épaisseur, une vraie intelligence avec le public. « Pour moi, l’engagement est évident et la revendication gay concerne bien la vie publique… et (comme il le chante) « pas la peine de me chercher à la Gay-Pride, je ne passe pas ma vie à me cacher, j’ai pas b’soin d’un jour pour me montrer ». « Je veux chanter l’amour et mes chansons d’amour, c’est ça… Mon but c’est que ce que je fais soit accepté un jour, comme… chanson d’amour ». Bacchus fredonne « Je suis venu te dire que tu t’en vas… la pt’ite nuance, entre Gainsbourg et moi, est immense, mon Amour… ».

David Langlois-Mallet
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Actualités récentes de Nicolas Bacchus :

Pour en savoir plus : http://nicolas-bacchus.com/
Dernier article : Nicolas Bacchus gagne à l’extérieur, par David Desrumeaux Hexagone http://hexagone.me/2014/06/exterieur-quai-bacchus/
Prochain spectacle :

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Mesparisiennes.wordpress.com

Paris Popu. Les Paris follies de la Baronne de Paname à la Coupole – Montparnasse

Le Paris vivant éternel gigote encore en sous-sol… Même si la Ville Lumière n’est plus que l’ombre de ses plaisirs, entre interdictions diverses et mondialisation touristique, la Ville de Paris n’a pas encore tout à fait réussi à en faire un grand Disneyland anonyme. Ca et là, titis et gisquettes de Paname, dandy et merveilleuses se mélangent encore dans des danses au creux de la nuit.
David Langlois-Mallet

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Sur https://mesparisiennes.wordpress.com/ on trouve :

Des enquêtes sur le Paris popu : Quelle Belleville forgeons-nous ?

Des protestations culturelles : Appel des indiens de Paname à la dernière barricade

Des écrits légers : L’heure lascive de la sieste

Des ballades de rue : Le théorème du rouleau de printemps

Des réflexions amoureuses : Les femmes du temps et le sexe

Des travaux officiels sur la culture alternative : Rapport Ateliers d’artistes pour la Région

Des textes politiques :  FN et misère morale. D’autres attitude que l’excommunication politique pour la misère morale ?

Les jeunes mousquetaires de la chanson : 10 ans après Politis

Explorer de nouvelles voies pour changer le monde, c’est parfois explorer de nouvelles voix. Il y a dix ans, je me passionnais pour l’émergence de la jeune scène chanson. Une aventure qui me menait à découvrir tour à tour, Babx, Bacchus, Lantoine, Bihl, Pitiot… M’intéressaient tout autant les jeunes militants qui gravitaient autour de cet univers : ceux du Festival Ta Parole ou journalistes indé de Larscène dont le professionnalisme valait celui des confrères rémunérés pour cela, les Pass cocktail, mais surtout la légitimité en moins.

Rien ne se perd, tout se transforme, ayant accusé le choc des berceaux et des emprunts sur 20 ans (de la précarité pour d’autres), passé le girophare sarkozyste et plus encore le choc mou du fascadisme socialiste, les mousquetaires sont toujours là.

Ainsi ce dossier que j’avais écrit pour Politis est republié ces jours-ci par un nouveau médias, Hexagone, le sans papier de la chanson, lancé par les anciens de… Lartscène. Quand au Festival Ta Parole, il vous accueille toujours pour défricher ensemble, du 9 au 15 juin à Montreuil.

De mon côté, l’engagement m’avait amené à la chanson, l’engagement m’a reprit. Après les années Chiche ! celle des jeunes militants de l’écologie politique, largement étouffés par le développement pas durable de leurs ainés EELV, je m’étais tourné vers ces autres porte-voix, histoire de voir si un monde nouveau, endormi en politique, pouvait émerger de leurs chants (le dossier « Sur un air de nouveauté », rend compte de cette plongée, lire en cliquant ce lien) Il est amusant à lire dix ans après, car… rien n’a changé, si ce n’est que les voix nouvelles ont parfois un peu faiblit avec la quarantaine et une installation dans la vie ou au contraire sont restée confidentielles.

Ce qui est dit dans l’article, sur les difficulté à percer dans les bars d’une génération oeuvrière, s’applique à leurs petites sœurs et frères cadets qui redonnent de la voix ces derniers temps malgré les interdictions qui pèsent sur les concerts urbains.

Toujours cette question des lieux cultuels indé, de la liberté d’expression des jeunes générations, de ces cultures populaires et (toujours !) leur étouffement par le politique. Et, pour ceux qui ont suivi ces aventures, Un Peuple Créatif, notamment, les politiques culturelles nouvelles que l’on pouvait imaginer ensemble. Même air, mais une autre chanson… Nos vies sont un rêve, à l’intérieur d’un rêve qui lui-même débouche sur un autre rêve.

David Langlois-Mallet, C Mes Parisiennes 2014

Appel des Indien-nes de Paname à la dernière barricade !

Comme les indiens d’Amazonie, d’Afrique ou de Notre-Dame des Landes, nous devons résister à la marchandisation globale qui pourrit nos vies et nous chasse de notre territoire. La richesse de Paris, ce ne sont pas les bois précieux, le pétrole ou les hectare de nature. C’est l’imaginaire, la Culture, les idées, un art de vivre ensemble de musique au café du coin ou au coin de la rue. C’est de tout temps des fêtes et des chansons, une indépendance d’expression, une liberté politique. La spéculation ici, c’est le détournement et la vente de l’image de Paris et la destruction de sa réalité. La prostitution généralisée de son âme, au profit d’un tourisme global et celle de son M2 d’habitation aux spéculateurs.

Les lieux de culture indépendants du politique et des marchands sont nos oasis.
C’est avec un toit individuel, la condition collective de notre maintien dans la ville. Les lieux de culture indépendants (des politiques de sélection des pouvoirs) assurent le renouvellement des expressions, face aux conformismes et la solidarité face aux copinages. Ils sont à la base de nos riches projets culturels et de nos économiques précaires. Ils sont la condition du lien social ou affectif en ville. une condition du bonheur.
Ces lieux populaires de fabriques de culture sont une ressource de base de l’humanité, c’est la veillée, c’est le coin du feu, qui permettent d’échanger des signes et de créer des liens. Le sens et l’humain ? C’est justement ce qui est d’abord en crise aujourd’hui dans un monde industrialisé, américanisé, quadrillé et normé par l’argent et des politiques publiques où les individus sont renvoyés à leur solitude et à leurs « problèmes individuels. », plutôt que de se voir proposer des solutions collectives. C’est ce qui nous permet à l’artisanat de nos vies, de faire ville ensemble, plutôt que de laisser les agences de pub industrialiser nos imaginaires et nos usages.

A Paris, la mairie « socialiste » nous a confisqué en 12 ans la plupart des espaces collectifs dédiés à l’expression citoyenne. Détruits simplement (comme la plupart des lieux alternatifs, squats etc..), réduits au silence culturel (comme les cafés-concerts ou les arts de la rue), ou absorbés dans sa politique d’image (104, Maison des Métallos, La Forge de Belleville, Le Musée du Montparnasse, fausse politique des squats etc…). Le Delanoïsme fait ainsi descendre sur nous sa culture officielle, seule expression admise.

La Mairie, au lieu d’être un outil au service des parisien-nes, n’est que l’instrument de la Capitale qui joue contre une ville populaire qu’elle méprise gravement. Le Delanoïsme a poursuivit en cela, par d’autres moyens (et à vélib’), que le vieux rêve Haussmannien, Versaillais, Pétainiste, Pompidolien ou chiraquien : raser le vieux Paris, faire tomber les barricades de la Commune, réduire le Montparnasse cosmopolite des artistes à une Tour de bureaux, extirper le ventre des Halles, donner la Samaritaine aujourd’hui, La Poste du Louvre et l’Hôtel Dieu demain à des hôtels de luxe, des émirs ou des aristocrates du parfum, remplacer les librairies par des chaînes de magasins.

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Carte réalisée par Anne Clerval pour son livre : Paris sans le Peuple. Editions La Découverte.

Le Lavoir Moderne Parisien est le lieu le plus symbolique du quartier populaire le plus parisien parce que le plus divers, le plus décrié par la Capitale parce que le moins identitaire. Le plus intéressant parce qu’il nous jette aussi à la tête notre passé colonial que nous refusons de penser et pose de l’intérieur la question du Paris populaire, celle que l’on a administrativement mis derrière la barrière du Périph et caricaturé « en banlieue » pour délégitimer et reléguer celles et ceux qui y vivent.

Après des années de manoeuvres inégales la municipalité a mis à genoux l’association qui faisait du Lavoir Moderne une conjonction vivante de la rue et de l’exigence artistique. Où grands auteur-es et petits prix faisaient bon ménage. Le promoteur qui a racheté les lieux envisage de le raser bientôt. Cette semaine devrait être la dernière. Celle d’une remise de clefs symbolique au Ministère de la Culture qui en vertu de l’ordonnance de 45 a le devoir d’interdire la destruction d’un théâtre.
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Cette destruction coïncidant avec le temps très court des municipales, où les deux grands partis de la noblesse (PS et UMP) échangent (ou non) leurs sièges (et très provisoirement descendent dans la rue plutôt que dans les conseils d’administration). En absence d’alternative électorale structurée et cohérente (Verts et FG n’ayant pas fait alliance et ne nous proposant que des solutions marginalisées ou dépendantes, otage l’un d’un imaginaire national, l’autre de ses intérêts au Gouvernement), chacun-e de nous doit se sentir libre de faire jouer, au mieux de sa conscience, sa petite part de responsabilité collective, de pouvoir de vote et expression, du moins au moins mal de ce qu’il croit.
Même si les politiques des directions deux grands partis sont in-fine les mêmes, il ne faut pas céder à la déespérance, à l’abdication. Une volonté claire peut beaucoup et des tas de failles jouent (personnalités, situations, évènements, courants etc…). Plutôt qu’elles se jouent de nous, c’est à nous à nous jouer d’elles dans le bon sens du terme. A nous de montrer que l’on peut faire de la politique dans le sens de l’intérêt général. Peut-être justement en n’entrant pas en politique pour avoir une influence sur elle ? En nous situant en lanceurs d’alerte mais aussi en co-élaborateurs de ce qui manque le plus, le sens à l’intérieur des politiques. Par exemple une vraie politique culturelle qui garantisse l’indépendance de l’expression culturelle et artistique vis à vis du politique et la liberté dans l’espace public.

Mais nous avons collectivement le choix et le devoir de nous prendre en main pour renverser la vapeur et nous réapproprier ce qui nous concerne :  des lieux de libre expression culturelle, des centres sociaux autogérés par les habitants (comme la Cantine des Pyrénées Paris XXe qui propose le repas de midi pour tous à 4€). Par l’occupation ? Par la création d’une structure d’économie solidaire ? Par un bras de fer avec les politiciens pour récupérer du foncier ?

Au minimum par la maîtrise de notre information et la critique de nos outils de réflexion. Ou au pire pour simplement pour assumer notre défaite le 14 février, et d’être la génération qui rend les clefs d’une longue histoire parisienne de fierté et d’indépendance. A nous de voir.

Les indien-nes de Paname se donnent donc rendez-vous à la dernière barricade :

Rendez-vous mardi 11 février 2014 à 19h au Lavoir Moderne 18, rue Léon, 75018 Paris, pour une Agora d’urgence.

Evènement Facebook : https://www.facebook.com/events/813650331983541/

David Langlois-Mallet, Collectif Les Indiens de Paname

NKM/DLM – Message reçu de NKM sur Le Lavoir Moderne et la liberté d’expression à Paris / Ma réponse.

Tribune libre. Nathalie Kosciusko-Moriset a fait passer ce message personnel de soutien au Lavoir Moderne en lutte. Comme il a été dit au micro d’Hervé Breuil par sa conseillère qu’il m’était aussi personnellement adressé, fidèle à ma promesse, je vous le fais partager. Réponse à venir, mais mon commentaire ci-après.

Chers défenseurs du Lavoir Moderne Parisien,

J’apprends que vous organisez un rassemblement aujourd’hui au LMP quelques heures avant de remettre les clefs du lieu à la Ministre de la Culture.

Votre combat qui peut, je l’espère, encore permettre de maintenir le LMP ouvert a tout mon soutien tant le message qui est véhiculé derrière dit bien plus que la fermeture d’un simple lieu.
Car, non seulement je garde un souvenir tendre du Lavoir pour m’y être rendue étudiante; mais parce que la culture populaire, la culture vibrante, la culture qui émane des parisiens eux-mêmes — je devrais d’ailleurs dire les cultures – est celle pour laquelle je me bats.

J’essaye dans mon programme pour la culture pour Paris de passer le message que la culture aseptisée et uniformisée de la majorité sortante ne me convient pas. J’aime les aspérités, les différences, l’originalité, l’authenticité et je veux que la Marie de Paris en matière culturelle n’organise pas elle-même en administrant et décidant du beau la culture parisienne; mais qu’elle permette aux parisiens d’être créatifs, inventifs et libres. Qu’elle ne permette pas que des lieux libres et autonomes comme le LMP ferment mais qu’elle les aide à exister et à se développer.

Croyez bien que de tels lieux sont pour moi nécessaires dans la capitale et je m’emploierai à faire rouvrir dans Paris (station de métro fantôme, tunnels, délaissés de la SNCF…) et à ses marges notamment dans ce que j’ai appelé des « zones franches culturelles » où je me battrai pour trouver le moyen de renre le foncier et les contraintes administratives admissibles pour recréer ces espaces de liberté.

A bientôt,

NKM
Envoyé de mon iPad

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Mon commentaire :
Engagé depuis pas mal d’année pour la liberté d’expression culturelle à Paris. J’ai notamment rédigé les propositions officielles du PS à la dernière municipale. Je constate un verrouillage absolu du débat et la destruction de tout le tissu culturel indépendant par l’équipe Delanoë. Cette liberté culturelle est non seulement l’identité de la ville (c’est à dire le partage des diversités), son poumon culturel, mais aussi de mon point de vue la condition du vivre ensemble et celle du maintien d’un Paris populaire sans lequel la ville n’est qu’un apartheid social. J’ajouterai que cet hiver institutionnel que nous connaissons en France entrave une véritable Renaissance, à l’oeuvre dans la jeunesse. Celle d’un peuple d’artisans, « d’oeuvrier-es » qui perce sous la glace des industries de « l’entertainment », du prêt à rire commercial. Un mouvement qui fait chacun auteur et non plus consommateur de culture, en opposition parfaite avec la logique de consommation des politiques culturelles qui veulent nous réduire à n’être que des « publics » en attente de « programmation » (plus ou moins inspirées ce n’est plus la question).

Au cours des années Delanoë, nos poumons culturels, les lieux d’expression des quartiers, souvent dégagés des griffes des promoteurs par la lutte des riverains (Maison des Métallos), ont été municipalisés ou même carrément délégués à des opérateurs commerciaux (sur le cas d’école de la Forge de Belleville je vous invite à lire ceci) ou rasés au mépris de la loi (Théâtre de Fortune). Les vieilles pierres ont été le plus souvent sauvées, mais les équipes qui en étaient l’âme, systématiquement éjectées ou tenues à l’écart (104). Les artistes dans l’espace public sont quasiment interdits d’exercer. Le mouvement des bars a été tué (Loi Voynet) etc. La culture semble réservée à Paris aux industries du divertissement d’un côté et aux artistes officiels du régime de l’autre, le plus souvent employés par ailleurs à la com’ du luxe dans la plus totale confusion entre affairisme et politique, pub et art.

La liberté d’expression avant le calcul économique

Ma conviction la plus intime, c’est que la liberté d’expression de la culture populaire est une fonction essentielle de la démocratie. Elle est la condition du lien social, permet l’évolution des représentations et des imaginaires : elle permet de faire ville ensemble. Bref, elle est le soubassement du lien politique. Quand la culture commune se délite, on entre comme c’est le cas actuellement en France, en dépression collective : porte ouverte à tous les dangers politiques.

Mon espace politique de conviction se situe plutôt entre les Verts et le Front de Gauche. Ma déception est profonde de voir que ces partis ne se sont pas donné les moyens d’un projet alternatif à celui du PS parisien et qu’ils restent plus ou moins satellites d’une étoile morte. Les Verts pour préserver leurs positions au Gouvernement et à la Région. Le Front de Gauche par nostalgie de la campagne Mélenchon et par idéologisme (le local n’est pas vraiment politique). Cela a pour conséquence de nous laisser, nous parisien-nes, sans alternative, dépendants d’une politique qui n’a plus de « socialiste » que le logo, et qui vise, sans le dire, à transformer Paris en hôtel de luxe et les parisiens en personnel de service d’une résidence touristique pour 3e âge.

Dans ce désert français déprimant.

Je trouve donc intéressant d’accueillir cette parole politique fraîche et positive, même si elle vient d’un bord politique que l’on entend quasiment jamais en bien sur la culture (depuis Malraux, je ne me souviens à droite que d’Etienne Pinte défendant les intermittents ou peut-être un peu de Toubon), même si à Paris toute l’histoire des destructions de la ville au XXe siècle (Pompidou, Chirac…) invite à la plus grande vigilance. La parole de NKM doit susciter d’autant plus cette méfiance qu’elle vient d’une personnalité politique qui se réclame du Sarkozysme, forme avancée de la négation culturelle (pensons à la chasse aux roms, sport bourgeois pratiqué également par le gouvernement « de gauche »). Mais elle a droit, comme chacun de nous, et je dirais doublement comme femme en politique, au respect de sa singularité.

Mon point de vue est que la question n’est pas de croire ou de ne pas croire à la sincérité d’un-e politique en campagne. De savoir si « l’on peut faire confiance » ou non à un élu. Il est d’obtenir le maximum d’engagements publics qui garantissent la liberté d’expression, l’autonomie face au politique comme face aux marchands des artistes et des gens de culture. C’est à dire la liberté de parole de la société civile. La condition première sans laquelle il n’est pas de respiration politique, pour nous lanceurs d’alerte, journalistes engagés mais non partisans, acteurs de la société civile, mais aussi pour les politiques eux-mêmes en bout de compte.

Bousculer les équilibres et les hypocrisies

Ouvrir le débat à « la droite », quand elle fait comme ici une offre intéressante pour la liberté d’expression. C’est à mon sens la seule façon de faire en sorte que le PS soit obligé de faire monter dans ses réseaux les gens intéressants qu’il tient sous clef. C’est bousculer les conformismes et les rentes des partis aiguillons (Verts et FG) pour qu’ils cessent d’être de simple collaborateurs d’un système qu’ils réprouvent mais qui les nourrit in fine.

C’est adresser un message à chacun. Il faut arrêter de soumettre l’intérêt général à des calculs d’intérêts particuliers ou corporatistes. Cet état d’esprit général de la lâcheté que nous avons en France, où chacun ferme sa gueule pour ne pas se mettre en danger, nous fragilise tous. C’est cette absence de débat qui légitime le conspirationnisme. C’est cet absence de politique qui fait monter les identitarismes.

Ouvrir le débat c’est sortir de la dépression collective sur l’inéluctable, la fatalité, le monde sur lequel on n’a jamais prise. C’est surtout redonner de l’air aux parisien-nes qui auront peut être le droit, quand on vend leur ville comme une Tour Eiffel en neige, que l’on mette au débat la question de son évolution : Paris, galerie marchande ou culture vivante ?

Oui, les directions politiques de droite comme de gauche sont otages des mêmes intérêts qui s’imposent grâce au jeu biaisé d’un système centralisé, mais ce n’est pas pour cela que nous ne pouvons pas nous battre, nous faire entendre, négocier le moins mauvais à défaut de rêver du meilleur.

Il y a tous les 6 ans, un mois à peine où l’on a un peu de jeu. Parce que les représentants d’intérêts contraires aux nôtres, formés aux mêmes écoles, baignés dans la même culture et qui au final délégueront la ville aux mêmes énarques, doivent se départager pour la seule place à pourvoir. Jeu cruel et stupide qui nous prive des diversités et des compétences.

Qui a peur du débat en démocratie ? Ceux qui ont tous les pouvoirs, le PS selon tout apparence. Qui doit avoir peur de l’alternance en démocratie ? Les mêmes ! Nous qui n’avons que la liberté d’expression, tachons de la garder et de la faire progresser à la faveur de cette élection.

Dans cet esprit, j’ai répondu favorablement à l’invitation de NKM de se rencontrer. Je l’ai invité au café, pas pour négocier une place d’élu que j’ai refusé au Parti de Gauche et négligé de demandé chez EELV. Pas pour demander un boulot, même si je n’en ai pas*. Pas pour négocier un logement social, même si j’y ai droit, pas pour avoir un avantage ou une médaille, pas pour avoir ma selfie au côté d’un grand fauve aux reflets vénitiens, sur le twitter de l’UMP.

J’irais juste voir qui elle est comme personne, rendre compte de ce qu’elle dit comme journaliste, mais surtout tacher d’obtenir comme citoyen engagé des engagements sur ce qu’elle est prête à rendre, tant en lieux qu’en libertés aux parisiens, quels outils elle donnerait aux porteurs d’oeuvres, oeuvriers et artistes, quelles libertés dans l’espace public (pour les joueurs d’orgue ou les graffeurs), quel droit à la musique et à la fête dans les bars etc.


Je reste fidèle à mon intention têtue de départ, fruit de mon expérience de reporter et des paroles reçues et échangées : réussir à faire bouger la politique culturelle à Paris. Fidèle à des convictions que souvent ceux qui font métier de nous les vendre ont trahis depuis bien longtemps. Point.

Et je vous rendrais compte inch’allah comme on dit à la Goutte d’Or, si Dieu veut comme disait feu ma grand-mère.

@ David Langlois-Mallet

NB : Cela ne vous interdit pas de soutenir l’indépendance de l’auteur §;-)