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France Belgique : Succès des pays de Légion Étrangère

Football-Immigration et nation

La Belgique et la France : Succès des pays de Légion Étrangère

On peut déjà tirer pour bilan du Mondial que l’Amérique Latine, d’Eldorado du football, en est devenue la deuxième division. Que les pays d’Asie, d’Afrique n’émergent pas, sûrement pas faute de talents ou de passion, mais faute de méthode et de cadre structurant. Que ceux d’Amerique du Nord n’étaient même pas présents.

L’affaire sérieuse se limite à une super coupe d’Europe, opposant presque caricaturalement des pays moyens qui puisent dans un vivier éthique assez homogène les ressorts culturels d’un jeu stéréotypé et étroit. Cela est vrai pour le dernier carré de la moitié faible du tableau (Angleterre, Suède, Russie, Croatie) et dans une certaine mesure pour les grands éliminés, Espagne, Allemagne ou absente Italie. Et d’autres qui a l’opposé, comme la France et la Belgique, tirent un fort parti de leur capacité à intégrer les cultures et les immigrations dans un jeu « vif et brillant »

Immigrations au pluriel et ce dans plusieurs sens du mot. Il s’agit pour ces deux meilleures équipes à la fois de la détection des talents des milieux populaires (donc souvent descendants des anciennes colonies ou de l’immigration) et du bon alliage avec les « locaux. »

Victoire d’équipes mondialisées

Les immigrations aussi dans le sens de la mondialisation l’expatriation économique. Puisque les Français et les Belges, ont comme autre point commun d’avoir de petits championnats peu intéressants, et d’exporter leurs travailleurs dans les grands championnats européens (Espagne, Angleterre, Allemagne et Italie).

A ce jeu du cadre national et du métissage il sera intéressant de voir le résultat de la vraie finale créative que sera France-Belgique. Car les Belges poussent à fond la logique, l’encadrement est assuré par des non-Belges, l’entraîneur est Espagnol, son adjoint ancien champion du monde français Thierry Henri. Ce collectif, fonctionne d’ailleurs dans la langue de la mondialisation : le globish (global English), comme si la Belgique y trouvait les solutions de sa crise identitaire.

Les Français de Deschamps fonctionnent au contraire sur un cadre très national, structurant et pilotant les diversités. On notera au passage pour la tambouille interne le pas d’avance pris cette fois par la France black, sur la France beur.

Un Benzema moins « victime de racisme » même si tous les posts insultants d’extrême-droite auraient pu donner envie de le soutenir en dépit de la raison) que de son comportement à l’instar de toute une génération dorée des talents du football français (d’Anelka à Ben Arfa) que tout le monde, Aimé Jacquet lui-même me l’avait confié, voyait empilant plusieurs Coupe du Monde de suite… avant de sombrer dans des errances de gosses de riches.

A voir, devant les médias, la maîtrise de lui-même de vieux chanoine de nonciature d’un Mbappé de 19 ans, il faut croire que la DTN a mis les moyens sur la formation civique et morale à côté et au niveau de l’excellence de sa formation footballistique.

Puisse les succès du ballon tricolore, donner des idées aux dirigeants du pays. La France gagnerait autant à échapper au replis identitaire qu’au replis communautaires -qui sont les deux faces d’une commune déroute- pour offrir une structure et un projet commun aux diversités culturelles qui la composent.

En attendant de voir si cette leçon du football lui vaut bien une coupe du monde de plus.

Langlois-Mallet

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France : Armés contre nous -mêmes

J’ai été content d’apprendre au réveil que le sort des harkis avançait un peu. J’ai toujours eu honte du cynisme envers ces gens autant que vis à vis de tous les autres. « Causes mal vues à gauche » ou « causes mal vues à « droite » confondues. A mon avis, nous ne sortirons de la barbarie que quand nous cesseront ces chapelles et ces bien pensences pour regarder la vérité en face.

Car cette question me trotte : Comment un peuple aussi cultivé, humaniste et politique que le notre peut-il vivre aussi au pays des plus grands massacres d’Etat ?

Je donne raison aux gens (souvent de droite) qui disent leur amour de la France contre ceux qui ne trouvent agréable à entendre que des dénigrements. Mais je donne aussi raison aux gens (souvent de gauche) qui veulent regarder son la vérité de cette histoire en face pour ne pas la revivre, même s’ils se limitent à l’histoire récente le plus souvent (massacres coloniaux ou déportation des juifs par exemple), .

Mon avis est que notre barbarie française ne se libère que quand elle se croit légitimée politiquement.

Royale ou Républicaine, l’idéologie française du pouvoir ne tolère aucune rébellion de la société à la culture à la mode de l’Etat. Le protestantisme est un crime si l’Etat est catholique, mais le catholicisme le devient si l’Etat est républicain… Ce qui est en jeu n’est pas l’idéologie elle-même, puisqu’elle est interchangeable, mais le couplage entre idéologie et domination légitime.

Le hasard des surfs m’a fait tomber ensuite sur quelques traces de notre barbarie passée, le premier massacre des protestants, ceux du Lubéron de mon enfance, puis le massacre de toute la population Vendéenne par les armées de la Capitale (tous vendéen-nes confondus, neutres, royalistes ou républicains, que ce soit toute une église ou tout un conseil municipal en écharpe) dans des conditions, contre nous-mêmes, qui n’ont rien à envier aux nazis. Les SS d’Oradour sur Glane que Gérald Bloncourt (dont les photos m’ont peut-être guidées vers sur ce sujet).

C’est toujours une armée régulière française, pleine d’honneur et de panache dans les guerres contre les armées ennemis et qui se trouve fondée par le pourvoir politique à la plus acharnée barbarie contre des civils. A chaque fois l’histoire la même litanie, de femmes et d’enfants de tous âges massacrés, comme dans ce documentaire de France 3 qui épouse la cause vendéenne (car il faut épouser une cause.. en France la vérité ne se suffit jamais, il faut épouser un camp et toutes ses erreurs avec lui pour dire sa vérité).

Notre barbarie d’Etat actuelle est douce, insensible (envers les SDF, les sans-papiers, les roms, les pauvres, les immigrés d’une manière générale), une autre bien plus sombre est en rodage autour des réveillons entre Sarkozystes et Frontistes.
Après qu’elle nous ait habitué doucement à enjamber des corps, à savoir qu’ils meurent de froid, récemment un enfant mort de froid passe parmi les nouvelles. Pour aller jusqu’où ?

Mais nous sommes aussi, sûrement, cette population majoritaire qui peut encore se donner les moyens de penser, de s’organiser pour crier : « Halte au feu ! », « Crosse en l’air ! ou ce qu’on voudra, avant « la prochaine… » Vous savez ? Celle que l’on croit « la dernière ».

David Langlois-Mallet

La France, violente ou forte ?

La civilité de notre société repose sur l’idée que l’Etat est le seul détenteur de la force légitime. Si nous ne nous faisons plus justice nous-même (et croyez bien que les duels manquent parfois à mon âme mousquetaire). La contrepartie est d’une part que la justice fonctionne correctement.

Et d’autre part que cette force de l’Etat soit encadrée et elle même soumise à notre pression pour la civiliser. Voilà mon sujet qui est la suite du propos d’hier sur l’antisémitisme.

Aucune violence civile ni militaire ne peut-être comparée à la violence de la guerre de 14 et de ses millions de morts, civils sous l’uniforme. Un tel traumatisme, quasi un auto-génocide contre le peuple français, garde non seulement son besoin de réparation, mais nous oblige à être très vigilants envers nos politiques (à plus forte raison ceux dont la violence illégitime semble faire partie des ambiguïtés de la culture familiale).

Nous avons donc une réflexion à avoir sur cette violence légale qui a atteint toutes les familles dans des proportions inégalés. Des psy et des historiens m’ont confirmés que ces blessures étaient toujours vives aujourd’hui. Ne faudrait-il pas se pencher sur ces blessures des français-es plutôt que de nier les autres traumatismes qu’on été la colonisation et l’esclavage ?

Beaucoup de Français expriment aussi dans des votes de replis identitaires ce sentiment d’injustice d’avoir à multiplier les actes de contrition historiques, alors qu’en définitive leur plainte n’a été ni entendue, ni même formulée. Peut-être serait-il intéressant que citoyens qui s’identifient à l’histoire des victimes de la colonisation, considèrent qu’ils ont à faire à d’autre sortes de victimes de l’histoire, c’est à dire de l’Etat, plutôt qu’aux descendants de leurs anciens despotes. Cette fraternisation serait une voie plus intéressante que la compétition des communautés dans les souffrances ou le ressentiment.

La voix ouverte par la reconnaissance des crimes de Vichy envers les Juifs, apparaîtrait ainsi moins comme une injustice envers les autres qu’un chemin de concorde et d’humanité collective.

Les communautés humaines, surtout au sein d’une même citoyenneté, n’ont pas à être classées et hiérarchisées en fonction des violences subies.

La violence de l’Etat, elle, reste passible d’une analyse détaillée.

Si la boucherie de 14 n’a par son ampleur aucun équivalent à part la folie de gloire Napoléonnienne. Elle a été contrée par un certain pacifisme et par l’amitié Franco-Allemande, autre trace de la grandeur de De Gaulle, qu’il ne faudrait pas remettre en cause à la légère pour des histoire d’argent Mr Mélenchon.

Le crime envers les Juifs est inouï aussi, malgré son modèle dans l’anéantissement de tous les habitants de la Vendée (sans distinction d’opinion, d’âge ou de sexe et une douleur subsiste), puisqu’il s’agit de la volonté politique, rationnelle et organisée de faire disparaître une communauté humaine triée parmi les autres citoyens, enfants compris. N’importe quel pays se relèverait mal de cela.

La violence coloniale est celle qui subsiste le plus fortement de nos jours. Elle a aussi des racines très profondes dans l’histoire, dans la violence et le mépris que Paris, la Capitale, l’Etat, pas le peuple dansant des faubourgs, à manifesté à l’égard des provinces de France conquises.

Il y a en France cette hiérarchie tacite entre la noblesse Franque et ses descendants idéologiques dans l’appareil d’Etat, et des peuples et des cultures « inférieurs », serfs, paysans dominés, ou esclaves. Tout es question de graduation et de hiérarchie.
La violence de ce mépris, qui est souvent celui de la classe politique pour les gouvernés, est la plus active au quotidien contre les noirs et les maghrébins aujourd’hui. C’est eux qui vivent dangereusement et doivent serrer les fesses quand une voiture de police ralentit à leur hauteur, doivent subir les insultes quotidiennes de la presse et les menaces politiques à peine voilées si j’ose dire.

Œuvrer pour un État conscient et vertueux ce n’est pas l’affaiblir, ou affaiblir sa police ou son armée. Seul les anti-dreyfusards actuels croient que l’injustice protège l’institution. C’est au contraire la fonder sur des bases solides que de regarder lucidement ce que nous faire de notre force collective et les violences que nous nous refusons mutuellement pour être simplement fidèles à la 3ème injonction de notre devise Française. La plus oubliée.

David Langlois-Mallet