Archives pour la catégorie Tribunes libres

Quel bilan pour Belleville de la privatisation de la Forge ?

Les articles passent et on ne fait jamais le point… Je tombe sur ce papier de notre excellent confrère le 75020.

Je ne veux pas faire style-genre « je l’avais bien dit mais… » On a le droit de se poser la question du bilan maintenant… Mr Bargeton a transformé un lieu de quartier La Forge en Caserne de l’art… Interdite au habitants et même fermée le jour des AAB… Où est l’intérêt public de Belleville… aux cocktails privés qui s’y déroulent ?

Lire l’article de 75020

http://le75020.fr/paris-XXe-75020-20e-arrondissement/culture/53737-caserne-ephemere-projet-forge-belleville.paris-75020-info#.VddHHbf607C

Chers Verts, où est passé l’élan immense des fondateurs, des penseurs de l’écologie ?

Chers Verts,

Je vous ai beaucoup aimé. Nous avons passé quelques années côte à côte et puis nous nous sommes séparés. Nous avons été très nombreux à se séparer, une génération entière, plus précisément, quasi toute la génération Chiche!, votre « mouvement de jeunesse » d’alors.

Clap de fin pour vos années start-up?

Mais le tournant s’est fait sur… (lire la suite ici)

http://www.huffingtonpost.fr/david-langloismallet/crise-europe-ecologie-les-verts_b_7451766.html

Pamphlet. Honte à vous, élus de Paris ! Droit de table, droit de Cantine pour tous !

Bravo ! Que voilà un acte fondateur vraiment pour Madame Hidalgo et Monsieur Brossat ! Ce dimanche ils ont envoyé une compagnie de CRS contre un adversaire bien redoutable… Les Cantineuses et les Cantineux à Belleville qui n’ont que des gâteaux et des pizza pour se défendre.

Quel est leur crime à ceux-là, ces Cantineux ?

Détourner l’argent public ? Monter les identités les unes contre les autres comme on le voit tous les jours ? Non !

Ouvrir une Cantine !

Une cantine solidaire qui plus est ! Proposer non pas de la charité des bénévoles et de leurs pauvres de soupes populaires, mais le repas à chaud à tous, sans distinction. Riches ou pauvres mêlés, vieux et jeunes, habitants et passants, français ou étrangers, blancs ou noirs, laïcards ou dévots, instruits ou ignorants, chanceux ou sans-dents. Pour 4 euros, café compris !

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Croyez-le habitants du monde entier, ça c’est à Paris !

Ville schizophrène dont les élus ne peuvent sans trémolo dans la voix invoquer « La Commune » ou « La Révolution « (et sans rire !)… Mais ville qui chasse les parisiens et vide leurs lieux pour faire de la place aux milliardaires du parfum ou du foot. Cette municipalité, parmi mille exemples, qui après avoir abandonné des lieux symboliques de la vie parisienne, comme La Samaritaine, soutien (contre les assoc de sauvegarde de Paris) que l’on fasse de ce lieu symbolique un hôtel de luxe. Bref, qui soutien une privatisation de Paris qui ne dit pas son nom.

Sur la Samaritaine dans la vie de Paris, lire René Fallet
Sur la Samaritaine dans la vie de Paris, lire René Fallet

Ville qui pour crime de convivialité…

Ces Cantineux, ces gens -je ne partage pas leur dogmes politiques et de le gauchisme un peu daté de ce collectif-, mais je regarde le réel. Je ne les défends pas pour ce qu’ils sont, mais pour ce qu’ils font : Ils permettent aux autres de se retrouver, de sortir de l’isolement pour partager la table. Ca n’est rien ? C’est devenu immense dans une société du chacun pour soi, des portions une part pour les riches et des pâtes chaque jour pour les pauvres, de la solitude et de l’ennui pour tous face à son assiette ou son smartphone.

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Quand tous les humains sont captifs de leurs écrans, c’est être une ONG urbaine que de les réunir !

Ils font votre boulot Messieurs les élus, le boulot que vous devriez faire si vous intéressiez un peu à la société d’aujourd’hui et aux besoins des gens, plutôt qu’à votre paperasse ! Ce travail de solidarité de base, vous nous dites que le politique n’a pas les moyens de faire (belle excuse, vous avez juste d’autres priorités plus lucrative pour votre image), mais passons. Eux le font. Gratuitement.

Ils sont les inventeurs d’un service public nouveau et vieux comme l’humain à la fois : le partage de la soupe chaude ! Cette initiative par temps de crise, c’est la force de résilience de la solidarité parisienne. Ne pas avoir une politique de soutien aux alternatives citoyennes est déjà un déni de politiques publiques, les détruire systématiquement est un crime politique.

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Budget participatif, mon cul !

Et vous, pendant que vous les expulsez, vous vous vantez. De quoi ? « D’une innovation démocratique » (Anne Hidalgo)… autoriser les parisiens à choisir entre 5 ou 6 projets marchands que vous avez choisis pour eux (des fois qu’ils soient tebês). Mais quoi, vous n’êtes même pas capable de regarder et d’accueillir leurs actions, leurs propositions comment voulez-vous leur faire croire que vous vous intéressez à ce qu’ils pensent ? C’est quoi votre idée de la cité ? Une caserne pour demeurés que votre génie bienveillant administre ?

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Et quel est votre idée de votre fonction ? Votre sens de l’intérêt général ? Votre soucis de l’autre ? De ceux qui n’ont pas vos moyens ? Vous les expulsez. C’est cela le socialisme ? C’est cela le communismes rejetons dégénérés de vos ancêtres politiques !

C’est à cause d’actes comme ceux-ci, de politiques comme vous Ian Brossat, que demain dans ce pays nous n’aurons le choix qu’entre l’extrême-droite et la droite, entre l’exclusion par la nation ou l’exclusion économique. Encore un certain libéralisme des start-up et des petites entreprises nous laisse au moins l’espoir de faire entendre l’innovation citoyenne, sociale ou culturelle.

Alors que votre municipalité qui se prosterne devant toutes les multinationales, tous ceux qui l’invitent à un cocktail, et laisse des enfants dormir dehors quand l’hiver vient dans presque tous ses arrondissements de Paris. Elle, engouffre 1 milliard pour célébrer votre goût de nouveaux riches dans le mauvais vert de sa Canopée, nouveau coup de poignard aux Halles, Ventre de Paris.

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Que vous reste t-il Socialistes de Jaurès à part vos tee-shirt et leur marchandising ? Vous avez renoncé à tout combat, à tout progrès de l’homme, au simple honneur de ceindre une écharpe tricolore. Seul les carrières vous intéressent, en comptant sur le balancier immuable de la Fortune qui ramène de l’impuissance de la Droite à votre propre laisser-aller, qu’on appelle plus «  »de gauche » » qu’avec des doubles guillemets.

https://boutique.parti-socialiste.fr/

Et vous Communistes que vous reste t-il de votre honneur et de l’esprit commun, si quand un de vos petits marquis a deux doigts de pouvoir, ils s’en sert pour faire le joli à New-York et fait expulser de la table, les partageux ? Est-ce parce que ces autres communistes n’appartiennent pas à votre Comité Central qu’on les chasse ? Et vous alors, que ne les avez-vous ouvertes ces cantines ? Où êtes-vous quand le peuple de Paris est précaire et isolé ? Est-ce tout ce qu’il vous reste de vos héros de la Résistance ? Croyez-vous que ces gens auraient vaincu le nazisme s’ils n’avaient pas eu le sens du mot solidarité ?

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Et vous Verts, qui grouillez lâchement dans les lieux de pouvoir au lieu de porter la parole d’une société dont vous êtes pourtant tout fraîchement issus ? Que vous reste t-il de René Dumont, du Larzac et des valeurs libertaires qui vous fondèrent ? Dans votre manque de fraternité entre vous mêmes, vous vous êtes trahis pour trois postes, avant de vous retourner contre tous les militants qui portaient vos valeurs. Vous qui nous annonciez un monde nouveau, vous ne rayez que les parquets. Quel est le bilan des Verts quand la Terre se réchauffe ? Les Vélib de Monsieur Decaux ?

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On ne peut vous remercier que d’une chose, vous rappelez chaque jours aux parisiens qui l’ont oublié de la Mairie est une institution dont le premier acte, sitôt crée à la Révolution fût de faire tirer sur les parisiens eux-mêmes. Qui sitôt restaurée sous Chirac a instauré le couvre-feu qui a tué l’âme nocturne et vagabonde de la nuit. Qui, dès que la «  »Gauche » » ne s’en est emparée est devenu ce coûteux Dysneyland réservé aux bobos et aux touristes, où toutes les initiatives culturelles des habitants ont été mises à l’écart.

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A l’inverse, dans une époque qui nous déshumanise chaque jour, les Cantineuses et les Cantineux nous rappellent au sens le plus profond de l’humanité : le partage du pain. Le partage de la table.

J’invite toutes les parigodes et tous les parigots qui ont encore un souffle d’âme et d’humain en eux à soutenir les Cantineuses et les Cantineux, à soutenir le droit de Cantine, le droit du pain, le droit de table pour tous !

David Langlois-Mallet

NB : Petite note aux amis socialistes qui me trouvent méchant
https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/10/08/petite-note-aux-amis-socialistes-qui-me-trouvent-mechant-et-autres-politiques/

NB II : Note sur la photo de couv’ un peu démago : j’assume ! (Ils ont raison d’ailleurs de bien se fringuer. Je sais que c’est l’argument le plus nul et le plus démago de l’article (mais je m’en fout !)
On a le droit d’avoir du fric, d’aimer le luxe et les belles choses (j’aime aussi) mais quand tu te fais élire en chantant avec des trémolo les chants de la Commune de Paris, le minimum, c’est de ne pas expulser les pauvres et ceux qui organisent la solidarité.
Après, le boulot fait, tu peux sortir ou bon te semble (dans les rades popu et aussi dans les soirées des défilés de mode, pas de soucis pour moi)

*(la Ville ne leur ont proposé qu’un gourbi sans fenêtre, vieille technique classique pour les disqualifier)

POUR ALLER PLUS LOIN, du même auteur.

Propositions positives :

Au Ministère de la Culture
http://www.unpeuplecreatif.fr/spip.php?article33

Au 1er Ministre, soutenez d’urgence la créativité
http://www.unpeuplecreatif.fr/spip.php?article2

Audition par le CESC (Parti Socialiste)
https://mesparisiennes.wordpress.com/2013/09/22/paris-culture-et-politique-audition-par-le-cesc-du-ps/

Les indiens de Paname
https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/03/10/appel-des-indien-nes-de-paname/

Travaux de recherche officiels

Rapport des politiques de fabriques, Région Ile de France
http://www.unpeuplecreatif.fr/spip.php?article7

Street-art. Rendez-sous passage du Désir (in Stadda, mag des arts de la rue)
http://www.unpeuplecreatif.fr/spip.php?article8

Prises de bec :

Hollande attention ! Delanoë est le nom de la punition culturelle infligée à Paris
http://rue89.nouvelobs.com/rue89-culture/2012/03/25/hollande-attention-delanoe-est-le-nom-de-la-punition-culturelle-infligee

Christohoe Girard l’expulseur expulsé
https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/03/27/girard-lexpulseur-expulse/

Paris est un jardin
https://mesparisiennes.wordpress.com/2012/03/28/paris-est-un-jardin/

Quelle Belleville forgeons-nous ?
https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/01/05/quelle-belleville-forgeons-nous-in-lami-du-xxe-mai-2013/

Pour en savoir plus sur la Cantine :

Nouvelle occupation : http://paris-luttes.info/nouvelle-occupation-suite-a-la
La Cantine, fin de vie d’un lieu alternatif
http://rue89.nouvelobs.com/2014/08/12/expulsion-cantine-pyrenees-fin-dun-lieu-vie-alternatif-254163
Anne Hidalgo prive d’assiette les Sans-dents
https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/10/01/paris-la-smart-city-dhidalgo-prive-dassiette-les-sans-dents/

Soutien à l’auteur :
https://www.leetchi.com/c/cagnotte-de-langlois-mallet

c Mesparisiennes.wordpress.com

https://mesparisiennes.wordpress.com/

« Elle est où l’alternative ? », réponse à Manuel Valls

L’objection de Manuel Valls touche pile dans ce qui m’intéresse en ce moment : Oui, quelle est notre alternative pour remplacer la politique unique, celle qui de Sarkozy à Hollande considère que la seule voie passe par dégradation de notre quotidien; alors même que nos richesses produites ont explosé ces 30 dernières années comme jamais ?

Il y a une réponse simple, une réponse vraiment de gauche. On commence par protéger les plus faibles et un service public de qualité. Au besoin, on mets les super riches (le fameux 1% qui possède plus de 50% vous savez) à contribution. Car on a les moyens de vivre tous bien dans ce pays et largement, ce que l’on appelle « la crise », n’est pas un manque d’argent, c’est juste un déséquilibre de la répartition des richesses.

Il y a une réponse de type souverainiste portée à droite de l’UMP et parfois à gauche du PS. On refuse l’idée que nous serions tributaires des banques et cette dette imaginaire que nous n’avons pas contracté, nous la dénonçons. Au besoin nous sortons de l’Euro pour cela. Bref, par l’affirmation d’une force, nous politisons internationalement la question.

Il y a une réponse libérale de terrain. Les entrepreneurs, les porteurs d’initiatives, les artisans, les indépendants, les commerçants… Portent beaucoup trop lourd de charge pour chaque emploi. Il est absurde d’implorer l’emploi et de le taxer en même temps. La protection sociale ne doit plus se financer sur le travail.

Il y a une réponse Larrouturienne disons. Partageons le travail et acceptons que l’humanité est en marche vers une société où la libre activité, les loisirs, prennent plus de place.

Il y a une réponse écolo, avec l’épuisement des ressources et la crise environnementale, ce qui est en jeu est une mutation de notre type d’économie. Il faut produire différemment, consommer plus sobrement. Il faut s’engager rapidement dans une économie du partage.

Et enfin, je dirais qu’il y a une réponse qui est celle des milieux créatifs (artistes, oeuvriers, lieux de culture de proximité etc…) que j’ai tenté de formaliser au sein d’Un Peuple Créatif et qui est parente des deux précédentes. Elle dit que notre crise est une crise humaine, une crise des valeurs et de l’être dans ses relations aux autres et que pour y répondre la cité doit faire de la place à l’ensemble des propositions de culture vivante, elles ont à nous proposer mieux, que la culture de consommation dans laquelle nous sommes englués et qui est la base de la dépression collective que nous traversons.

Je ne crois pas trop aux réponses uniques et les systèmes ont faits les preuves, chacun, de leurs limites. Il me semble que de vrais responsables politiques piocheraient un peu dans toutes ces propositions là de manière à parvenir à un équilibre. Qu’ils le feraient en mettant en marche l’ensemble du tissu social. Pas en paradant devant le Medef, qui ne représente que les très gros intérêts et la part la moins intéressante et la plus égoïste des l’entreprises.

Mais nous sommes sûrement majoritaire aujourd’hui à être certain que la réponse n’est pas de sacrifiés nos vies et nos liens au Dieu croissance. Car il détruit l’avenir de nos enfants, nous fait un quotidien misérable et ne profite qu’à quelques super-riches dont la puissance et l’impact des intérêts sur les états est une menace pour la démocratie et la liberté même de l’humanité.

J’ajouterais que si nous avons un grief particulier vis à vis de la gauche, ce sera de ne s’être jamais donné les moyens d’essayer autre chose que la doxa des experts libéraux (qui en général émargent par ailleurs auprès des gros intérêts) et d’avoir inversé la promesse politique. Elus pour donner la priorité aux citoyens, ils auront, avec les pleins pouvoirs, fait de la politique le jeu des intérêts privés.

Et pour faire réponse à un ami Vert qui demandait : « pourquoi en vouloir aux Verts ? » Et bien tout simplement parce qu’étant conscients, porteurs d’analyses nouvelles et de propositions tout aussi nouvelles, ils ont préféré quelque postes inutiles (ou plutôt utiles qu’à eux-mêmes) au lieu de se faire porteur d’une alternative. Et qu’ils ont donc plus de responsabilité que les autres au fait qu’aujourd’hui, la société française n’identifie comme alternative possible à la politique unique, que le Front National et court donc, en plus de la crise économique, le risque d’une dérive autoritaire et d’une violence identitaire.

Car, oui Manuel Valls, la question est bonne : « Quelle alternative ? » Effectivement, c’est cela le tourment de la société française, l’alternative existe mais aucune force politique ne s’est donné les moyens de l’incarner et les socialistes au pouvoir se sont bien gardé d’encourager, ou de soutenir, ne serait-ce que par des expérimentation, les forces sociales, culturelles, humaines qui ont concourues à les mettre au pouvoir. C’est votre très grave faute, celle qui fait que vos propres électeurs souhaitent aujourd’hui votre défaite « dans tous les cas de figure ».

David Langlois-Mallet

Pour mémoire :

Propositions collective à Jean-Marc Ayrault https://mesparisiennes.wordpress.com/tag/ayrault/

Campagne Hollande, Altaïr, texte collectif Un Peuple Créatif http://www.unpeuplecreatif.fr/spip.php?article33

c Mes Parisiennes, 2014

Porn-politique et polémiques : Et si nous les renversions ?

Peut-on comme au judo retourner les polémiques de nos princes en sujet de société dynamisants ? Tentatives de propositions à base des deux dernières, Rebsamen et Trierweller. Car qui s’intéresserait aux changements sans l’aide des scandales ou des polémiques ? Quelles seraient celles qui auraient pu émerger à l’aide des deux derniers dégoûts…?

Rebsamen et les chômeurs qu’il faudrait contrôler davantage

On peut s’indigner de cette manière de se défausser de sa responsabilité, mais l’on peut aussi réfléchir aux débats qu’un « ministre normal » aurait dû ouvrir :

  • Quel est l’attitude d’un Etat vis à vis des richesses humaines non inutilisées économiquement ?Doit-il les criminaliser ou aider les talents à se reconnaître pour concourir à la richesse commune ? Sanction ou aide à la réorientation ? Bref, quelle est la philosophie de l’action publique, l’Etat est-il un entraîneur ou un gardien de prison ?
  • Quand de très nombreux actifs tirent le signal d’alarme de la souffrance psychologique au travail, faut-il continuer sous prétexte de guerre économique, à considérer les chômeurs comme des déserteurs ou faut-il ouvrir le débat sur la finalité du travail ? Que disent les actifs de l’évolution du travail ?
  • Des millions de gens portent en France des projets qui ne sont pas repérés comme économiques (culturels, humains, environnementaux, développement personnel…) ils répondent en cela à leur échelle au problème principal : la déshumanisation de notre société. Comment aider ces gens qui se responsabilisent à créer une économie ou à défaut réaliser un accomplissement personnel au travers d’une activité ? Que disent les chômeurs de leur propre expérience ?
  • Que disent enfin les professionnels de Pôle Emploi ? Confrontés tous les jours à la réalité, dans des conditions très discutables, ne sont-il pas les premiers experts dont l’avis pourraient éviter à un ministre de laisser l’image d’un abruti ?

    La polémique Trierweller

  • Aura, elle, empêché -l’une chassant l’autre médiatiquement si vite- que ces questions commencent à émerger. Au-delà d’un conflit de couple qui nous concerne peu (et comme tous les conflits de couple sont de peu de sens, à part pour les deux protagonistes) et indémêlables car leurs motifs de rejets portent sur les raisons même de leur attraction… Celui-ci touche à deux questions en tensions sociales. La place des femmes dans le pouvoir… Et corollaire, la place des émotions des hommes.

  • Combien de temps encore identifiera t-on l’autorité politique aux hommes et la sphère privée au femmes, comme l’oblige la fonction présidentielle et celle fantomatique de 1ère Dame ?
  • Dans cette optique, où les femmes sont des potiches en tailleur pour les hommes de pouvoir, mais du coup on droit à n’importe quoi médiatiquement au nom des « émotions ». On ne peut alors vraiment s’étonner (et François Hollande d’abord) qu’une « femme humiliée » publiquement, c’est le seul rôle auquel elle ait droit à la parole, use publiquement d’armes intimes (interdites dans les joutes noble jeu entre professionnels du champ public). Ni non plus que l’acte il y a peu indigne qui consiste à régler ses comptes sentimentaux sur la place publique tienne si peu de cas des émotions d’un homme tenu par sa fonction à se taire (en raison du même jeu social, les hommes sont censés être des armoires blindées prêtes à tout encaisser)… Pourrait-on imaginer une parité plus juste, tant dans l’exercice du pouvoir que dans l’indignation émotionnelle ?
  • Autre tension un peu pourrie celle entre dirigeants et citoyens. Jusqu’à quand le bon peuple français a t-il besoin de constater que ses dirigeants ont des vies intimes à ce point banales jusque dans leurs éclats, pour se persuader qu’il s’agit d’humains comme eux ? Et parfois même, les facilités du pouvoir aidant, plus moche qu’eux ? Jusqu’à quand les dirigeants glisseront-ils au statut de people, infantilisant le citoyen ? Et qu’il est donc temps de laïciser et de démocratiser un peu le rapport de confiance (et de défiance) entre gouvernants et gouvernés ?
  • En parlant people, cela fait penser aux affaires (avant-hier !) de publications de photos intimes ou porno de stars… N’est-il pas plus simple de considérer que tout le monde à un corps ? Que tout le monde fait l’amour ? Que le jeux entre adultes font parti de la vie d’un couple et que logiquement les nouvelles technologies y ont leur part ? Les fuites (réelles ou organisées ?) de cette banalité qui sont autant de publicité pour des « stars » parfois célèbrent qu’à cette occasion, méritent-elles que la presse ameute toute l’opinion ?
  • Chaque jour les scandales de la Sarkozye heurtaient la probité économique ou notre humanisme. Chaque jour les polémiques de la Hollandie heurtent la probité politique ou personnelle. Mais ces polémiques médiatiques (chômage, intimité voir sexe) disent en creux les valeurs intéressantes de notre société. Il est en tout cas temps d’évoluer, économiquement, politiquement et « sexuellement » au moins au même rythme que les échanges à l’heure des réseaux sociaux… C’est à dire de débattre. D’évoluer démocratiquement en fait.

David Langlois-Mallet

Mes Parisiennes 2014

Précarité / créativité / post-68… Là où s’invente notre époque ?

Le combat le plus urgent c’est de relocaliser nos pensées. D’être le propre producteur bio de sa vie. L’artisan de ses projets. Ce faisant, nous essayons, chaque jour, de réinventer notre époque. Nous sommes des oeuvrier-es, comme Marina que je vous propose d’aller rencontrer.

Avec quels matériaux d’idée peut-on reprendre la main sur la fabrication de nos vies, là où nous sommes, sur un devenir qui soit pas choisi d’en-haut ou dicté économiquement ? Vous savez que ce sont des questions qui m’obsèdent aussi bien culturellement, qu’intimement et politiquement.

Je reviens donc souvent glaner autour des thèmes de la création du sens que nous portons et de la richesse de nos liens et de nos précarités affectives ou matérielles qui nourrissent ses dépendances.

L’autre soir, j’ai donc été voir le spectacle d’une personne rare et très lumineuse qui croise souvent ces questions tant dans son travail qu’elle les incarne dans son existence.

J’ai croisé Marina la première fois comme jeune journaliste, j’enquêtais sur le mouvement Génération précaire qui dénonce l’abus des stages à répétition. Je l’ai perdu de vue — puis retrouvée l’an dernier au 6B, fascinante ruche d’artistes à St Denis —  toujours porteuse de la même sorte de flamme, où la colère tourne en bonté. J’ai appris qu’elle avait participé à Jeudi Noir et je l’ai découverte dans un bel équilibre personnel et complètement investie dans l’art vivant, écriture et création.

Théâtre si l’on veut, forum si l’on souhaite

Je vous dit tout ça parce que je sais (trainant mes guêtres un peu par là) que c’est uncarrefour de dynamiques sur lequel il est très exigeant de fonder sa vie : exprimer du sens dans le bonheur, c’est devenu presque une contradiction à notre époque. Et que si cette contradiction est aussi votre quotidien vous serez sûrement intéressés par ce qu’elle écrit ou par la rencontrer.

« Comment dire, sinon en crabe ? Je ne fais que biaiser, mon miroir au
travers, comme ce plafond de verre au-dessus posé par la génération des parents.

Trouver la brèche, la respiration possible parmi tant d’embûches, une vie à
construire comme des décombres et cependant placée en plein luxe.

Bientôt 33, aussi bien insérée que le Christ, la qualité prophétique enmoins.
Mon pays, c’est Hamlet.

Hamlet, homme gentil dont je suis le chat, aussi présente, caressée, oubliée.
Alors, je surviens, comme un chien, lapant, gémissant, bondissant.
Regard sur une femme soumise et glapissante…
Posture de l’animal quémandant…
Levrette permanente… Situation inconvenante.

Mon DESS en management des projets culturels est mon troisième diplôme de
troisième cycle et je le porte comme un poids mort.

Pères, vous nous proposez un monde pire que celui qui justifia votre aversion
soixante-huitarde… abrogeant naïveté et insouciance. »

Théâtre si l’on veut, forum si l’on souhaite

C’est en tout cas au Théâtre de Belleville (petit bijou à l’italienne défiguré récemment en blocos culturel par la mairie) qu’elle a planté sa tente encore pour quelques soirs. Cela s’appelle A la rue – O Bloque. Je ne dirais pas que son spectacle est aboutit. J’ai pas mal de réserves sur ce texte qui donne la parole à Ophélie, jeune chercheuse multidiplômée des politiques culturelles et pourtant SDF.

Pourtant je suis tombé en admiration devant la première partie qui est une tentative hardie (comme il n’y en a pas eu depuis Cargo pour les anciens combattants de 95 et les initié-es) pour décrire la génération créative des enfants de 68, quoi ont pris au sérieux les rêves auxquels leurs parents ne croyaient que comme instruments de pouvoir.

Génération précaire ou créative ?

Marina décrit cette génération totalement dans l’ornière mais très riche culturellement, vieillissant dignement avec ses potentiels comme ces anciens aristocrates sans se résoudre à les mettre en vente au siècle du commerce. Génération d’Hamlet qui ne tireront jamais l’épée et d’Ophélie buvant toujours la tasse mais jamais tout à fait noyée.

Celle que l’on appelle la génération sacrifiée ou la génération précaire. Imbibée de cette culture post 68, où le père s’institue en frère pour pouvoir (encore) te tuer et la mère en sœur pour pouvoir (encore) te séduire. Evolution des rôles justifiée par le meurtre commun du grand père de Gaulle et d’un vieil ordre patriarcal devenu insupportable. Génération sommée de devenir parent psychologique de ses propres parents sans en avoir les moyens. Quelque part entre la vraie chance et la simple escroquerie selon les familles.

Je n’ai pas eu le temps de finir un papier là-dessus (et il est probable qu’il ne passerait pas les pesanteurs éditoriales) mais je vous invite, si ces questions vous concernent, à vous connecter au passionnant travail in vivo de ma chère complice Marina Damestoy.

David Langlois-Mallet

Dom Juan, sommes-nous des putains comme les autres ?

Article intétgral ici :Dom Juan, sommes-nous des putains comme les autres ?

Résumé : Quand ta sexualité, à une époque, a été marquée par le goût du multiple, le besoin de plonger et ressourcer ta vie à l’océan des femmes plutôt que de la désaltérer à une seule source, tu restes pour beaucoup de copains un Don Juan.

Épithète assez valorisante dans le regard des hommes et même de pas mal de femmes. Une certaine image de pouvoir sur les mystères, ceux du sexe, et une facilité de parole et d’accès au sexe féminin, mystérieux, y est associée. Et tant pis si ce pouvoir sert souvent de cache-sexe à une fragilité voir un handicap affectif réservé à celles que tu aimeras vraiment.

Pour les femmes, on sait que la multiplicité des ébats et des partenaires reste associé à une forme de dévalorisation. Ce n’est plus « la putain », c’est juste la « chouette-fille » avec laquelle on veut bien jouer sans risque mais qui est « grillée » pour, comme, petite amie parmi les hommes, sans respect des complexités de son histoire et de ses aspirations : trop risquée. La fille la plus sage te renverra aussi malgré elle à ce privilège jadis réservé aux veuves, la comparaison.

Nous atteignons une sorte de civilisation où nous sommes nombreux à être des putains (…) lire la suite sur le lien.

Verts EELV : Profit intensif ou politique durable ?

Comment l’écologie politique, terre promise d’idées nouvelles il y a 15 ans, peut-elle donner l’impression d’un tel désert ? (texte intégral ici)

Résumé : Alors que l’adaptation écologique de notre société et sa mutation devrait être notre passion à tous comme condition d’un avenir pour nos enfants, l’apport d’ELLV à l’évolution du débat politique se borne à ses bilans réguliers d’épicerie ou à quelques protestations individuelles d’élu-es, quand les débats sur les roms font déborder à gauche le vase, la vase, ou la Valls (on ne sait plus) xénophobe.

Ainsi le vide et l’ennui politique de la France laissent à la nostalgie identitaire, à la démagogie le coeur de l’espace politique. Un pays qui devrait avoir une énergie bâtisseuse s’enferme, tire ses verrous avec des peurs de retraités niçois : la mesquinerie du petit chez-soi devient le commun dénominateur et la mesure acceptée de tous. L’écologie politique se borne à nous inviter régulièrement à constater qu’elle ne peut justement pas être tenu responsable de tout cela… Ce dont l’opinion, bonne fille au fond, lui donne acte à chaque sondage ou élection. Et on se rendort pendant que la haine monte. Celle du vote identitariste, celle du replis fondamentaliste, celle de l’autoritarisme des marchés (on le voit en Grèce ou en Espagne) qui finalement s’entre-nourrissent mutuellement dans le désir morbide du pire.

(tribune parue dans Newring 25/9/2013)

Tribune . Réinventons notre imaginaire collectif… Si nous voulons rester libres

Réinventons notre imaginaire collectif… Si nous voulons rester libres

Il faudra enfin revenir sur notre histoire. Celle d’une unité politique qui s’est constituée dans la négation de notre diversité culturelle

La nation doit se dépasser par tous les chemins du partage et de la rencontre. Elle reste le socle politique le plus ferme sur lequel peut s’appuyer notre aventure collective.

Pour autant il est urgent de manifester que la nation n’est en aucun cas une identité. C’est une diversité.

(cliquer pour le lien sur l’article intégral dans  Terrafemina)