Archives pour la catégorie Billets

Le dernier mouton de Paris se fait casser la gueule

Voilà l’ami Atlan sérieusement amoché… Un grand coup pour l’artiste (mais aussi) un petit coup contre notre humanité.

Pourtant, il ne demandait pas la lune. Il bêlait juste sur son vélo. C’est pas grand chose sa petite performance (qui nous susurre peut-être en creux, que nous ne sommes plus que des moutons). On peut aimer ou non, comme tout expression de rue, mais on doit défendre ce droit à l’originalité, à la liberté d’expression.

Voir le reportage d’Aline Chambras pour Arte Radio ici :

http://download.arteradio.com/static/player/export.html?ids=615809

Pour tout dire, ces individus qui ne veulent pas marcher la tête basse vers le prochain métro et le turbin sans entrain, nous font du bien.

D’autres y ont vu une insulte à leurs croyances, à leur identité et lui ont cassé le nez

Je ne veux pas rajouter, lui non plus je crois, à tous ces doigts qui souvent d’en-haut, pointent une religion plutôt qu’une autre. On peut le faire avec chacun des identitarismes à la con qui tiennent lieu de culture aux esprits que la mondialisation à déboussolé : je constate juste que ce qui se cache dans les replis des âmes en quête d’une consolation, puis d’une vengeance collective, se joue contre notre paix à tous.

Voilà, j’avoue que j’aurais préféré me moquer qu’il prenne enfin soin de nous pour une fois (en se faisant refaire le museau). Mais ce sera pour une prochaine fois. Là, je suis juste un peu triste de cette montée des ligues de tout bord et de la violence qui fait que les imbéciles sont tous plus frères que les artistes ne le seront jamais.

David Langlois-Mallet

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Paris, Belleville. Escargots en cage ou oiseaux en coquille ?

Paradoxe ou logique ?

Tu passes par des quartiers de Paris où l’habitat traditionnel parigot, populaire et convivial, été détruit entièrement par la Droite. Ce sont des tours sans âme, des rues d’une laideur sans pareil, mais où subsiste du coup le peuple, dans son infréquentable diversité et son imprévisible beauté.

À côté, voisinent ces ruelles du Paris communard, leurs placettes aimables et les terrasses des cafés, plutôt gentiment aménagées. Malheureusement pour l’âme vibrante de la ville, les rénovations du Delanoisme ont remplacé les habitants. La Ville de Paris socialiste a ses plans sociaux comme une direction des ressources humaines…

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Dix populos virés deux bourgeois offerts !

La liberté de manières typique des ceux qui n’ont pas grand chose, celle qui fonde les révolutions créatives ou politiques a ainsi été remplacée par l’uniformité de la moyenne bourgeoisie des « créatifs » et autres professions formés à traduire et deviner les désirs de leurs clients, mais à ne rien exprimer d’eux-même ou du réel, qui est un décors plus qu’une relation.

C’est selon que vous préférez les oiseaux en cage ou à l’inverse la choucarde coquille mais sans son escargot ?

David Langlois-Mallet

Mes Parisiennes 2014
mesparisiennes.wordpress.com

Vivons-nous vraiment le meilleur ensemble ?

Le meilleur de ce nous sommes capables seul avec nous même, entre amours, entre amis, entre citoyens, entre français et entre terriens ?

J’aimerais bien que mon esprit aille chaque jour intensément à l’instant.

Savoir trouver le chemin qui mène à l’essentiel du partage avec ceux qui sont autour de moi.

Avoir le don de tonifier les amitiés vers le sentiment intense d’être vivants ensemble, chance éphémère et qui ne reviendra plus.

J’aimerais que la ville s’offre autour de nous comme un jeu enthousiasmant, territoire d’enfance, de plaisir et de découvertes. J’ai envie de jouer au ballon-prisonnier sur les pelouse, de faire la cour aux dames sous les lampions et à la nuit tombée des spectacles plein l’esprit.

J’aimerais être fier d’appartenir à une œuvre collective, me dire que notre labeur prépare la paix, entretien la nature, enrichie l’avenir, travail au bonheur de l’enfance, au repos des vieux.

J’aimerais être sur une planète où l’effort général tend à être moins cons ensemble, plutôt qu’à chercher le moyen de dépouiller son voisin.

David Langlois-Mallet

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Minute Blonde, temps médiévaux

Une Parisienne un peu spéciale ce dimanche. Où l’on retrouve Valls parmi les croissants, Consigny, une mendiante et des financiers la beauté des femmes, filles… Mes Parisiennes.

Je me réveille joliment entouré de blondes, en fleurs ou en boutons, à l’âge des premières nuits blanches ou à celui où les cheveux redoutent la lune.

Par les quais ensoleillés, je vais chercher des croissants cendrés et dégote de mini financiers parfumés à la vanille. Un petit bonhomme en sablé pour la petite rousse -oh pardon !- la bonde vénitienne. Nous nous amusons avec la jolie boulangère de ses poses de danseuses pour la capture d’un croissant. Les terrasses sont pleines déjà, les cafés noirs.

Quelque part, au banc de la ville paisible, un enfant est mort et dans les décombres d’une maison, gît aussi le corps de sa mère. La nouvelle qui ronronne ailleurs trouble ici le petit déjeuner et envoie une convive au front médiatique. Une mort là bas, un croissant de libre ici.

Tandis que coulent les douches des retardataires et que certaines mèches se défrisent des étreintes, je jette un œil aux réseaux. Un petit mec à la mode de Neuilly insulte une femme ministre parce que sa peau est trop dorée : « un vieux mâle ne serait-il pas plus compétent ? » demande, pour je ne sait quel sucre d’orge, le petit Consigny à son papa. Minute blonde.

Naguère, les jeunes élites étaient chargées de la cohésion, elles rongent aujourd’hui la fracture pour se nourrir. On a pas idée de la haine dorée qui monte derrière le mur de l’argent…

Du salon, monte le verbe dur de Manuel Valls. Premier des socialistes, il siffle la fin de la recrée rose dans la blancheur éclatante d’une chemise de bord de mer. Gageons que la farce de la révolte ne sera pas jouée. Le PS de Mitterrand est au pouvoir une machine à éteindre la colère ou l’action, encore plus la révolte. Il se transforme en machine à espoir quand les élections demandent que se lèvent les mots, les émotions. Puis il revient à sa vérité immobile. Le mot du chef pour dire qu’on ne fait rien s’appelle « la synthèse ».

Un peu plus tard sous terre, un chant déchire le métro. Une voix lumineuse de jeune fille, à la fois mélodie et cri de l’âme. Je ne vois pas la chanteuse mais je suis saisi. Personne ne parle sa langue mais tous comprennent sa suplique immortelle.

C’est une voix qui, malgré sa fraîcheur est vieille comme l’humanité. Elle implore le don nourricier. Exhorte au nom de la souffrance qui nous fait tous semblables et à genoux à pencher nos vies vers la sienne, non pour la changer, juste pour l’autoriser à vivre encore cette journée.

Cri de secours, psalmodie mystique, complainte ravissante et blessante à la fois, elle vient d’un petit tas en guenille, voûté à l’équerre, les moignons des pieds enturbannés de chaussettes en grosse laine militaire et qui progresse lentement parmi la rame.

Quand l’ordre classique de notre monde tombe en poussière, soleil foulé par des barbares à chemises blanches. Un rappel à l’essentiel de notre humanité.

Un être de contes de fées ou de cauchemars médiévaux, qui peut tomber à chaque secousse des rails et pourtant maintien le fil aérien de sa supplique enfantine, familière, qui béni et donne alentour la protection du malheur qu’il ne connaît pas lui-même contre un peu d’attention pour cet autre que soi.

David Langlois-Mallet

Mes Parisiennes 2014

Billet doux. Moi Président, je prendrais une maîtresse de 18 ans et j’irais la retrouver en hélicoptère ! #Closer # Hollande

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Moi Président, je prendrais une maîtresse de 18 ans et j’irais la retrouver en hélicoptère !
Moi Président, je ferais cracher les fumigènes de la Patrouille de France au-dessus du pavillon de ses parents !
Moi Président, je ferais défiler la garde républicaine sabre au clair devant son cours de theatre !
Et on irait boire des grenadines avec la même paille et on s’éclabousserait !
Mais quand même, après l’amour, on inventerait un système de protection pour que tous les enfants du royaume aient la poule au pot et que leurs parents celib´ ne soient pas trop stressés par l’argent…

© David Langlois-Mallet, Mes Parisiennes

Actu. Le pouvoir (et Dieudonné) nous prennent pour des quenelles…

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Avez-vous remarqué ? Alors que l’eau monte… On vous prend pour des quenelles. Tous en bateau ?

Le-PS-à-tous-pouvoirs a abandonné la lutte contre la misère ? Il nous balade en chasse au harpon au clown qui a mal tourné, Dieudonné. Il a abandonné la lutte pour l’égalité des noirs, des descendants de colonisés ? Il nous occupe avec l’interdiction de la prostitution (visible). Il abandonne la Retraite, la Sécu, demain l’hôpital et les droits sociaux de deux siècles d’efforts de ses ancêtres ? Il nous occupe avec des débats sans fin sur les mariages, qui de toutes les façons (homo ou hétéro) finissent en quenouille dans une société individualisée. En déroute d’idées et de valeurs le Gouvernement n’a plus que la Pensée Unique pour se donner une identité. C’est à dire le silence velouté de la pensée dans la langue des agences de com’… Touchez vite, ça porte bonheur !

Et les réprouvés ? Ils filent du mauvais coton
Tous les réprouvés, tous les rejetés, tous les pas dans les clous, pas dans les normes, les colériques, les qui s’aiment pas, les qui s’aiment trop, les souffrants, les énervés, les adorateurs de l’oignon privé d’église, les contrôlé de l’Urssaf ou de la RATP, les qui ont pas vendu leurs idée ou leur dessin, les voileurs de femme, les qui ont raté les cours de sciences-humaines, les théoriciens d’un complot des voisins, les génies admirés de leur seule vieille maman… Victimes sans parole et bourreaux en quête d’avenir mêlés, trouvent dans l’excommunication un précieux réconfort : « Le système nous en veut et Dieudonné crucifié pour nous a cherché à nous racheter. » Car il y a mama extrême-droite et ses copains, qui viendra leur dire : vous n’êtes pas seuls, vous êtes victimes d’un complot… Suivez mon regard, nous ne sommes pas antisémites bien sur, mais…

Et nous là dedans ?
Quand je dis ce nous familier, je veux dire ceux qui donnent un sens au mot respect. Dans la République ou l’amour du prochain, dans la fête ou la vie de famille, dans l’écologie ou l’amitié, dans les luttes ou dans l’expression artistique. Ceux qui se disent aussi parfois antillais sans se prendre pour une victime de la Torah, arabes sans se croire obligé de se déguiser, vieille France comme moi sans aller pleurnicher son « identité ». Tous juifs, musulmans, chrétiens ou agnostiques et athés qui avons souvent plus de potes partout ailleurs que dans notre supposée « communauté », famille que l’on aime bien par ailleurs… mais bon.

Et bien on regarde le match derrière les écrans, la tête noyée dans des débats idiots, coupant des cheveux en quatre pour découvrir notre limite avec nos amis… Sommés de prendre parti pour des dingues ou des escrocs, des fous dangereux ou des maffieux. Bref pour des intérêts fabriqués à partir de vrais gens. Dans le même temps, loin des yeux je me préoccupe que l’on mette sur la paille discrètement le seul médias qui puisse révéler les scandales, Médiapart (je n’y ait pas d’action, je précise).

Alors qu’on a bien envie de dire que l’on a autre chose de mieux à faire et que sans vous commander… l’eau monte ! Et que si vous avez dans les premières et l’équipage des canots de sauvetage, nous, dans la cale ou les cabines de seconde, voyez-vous, on n’est même pas vraiment certain d’avoir des gilets.
© David Langlois-Mallet
https://mesparisiennes.wordpress.com/

Edito. Dieudonné ou Médiapart ? Bonsoir Messieurs les censeurs !

Où je m’inquiète plus que l’on musèle Médiapart que des millions de cons s’expriment…

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Crucifiez Dieudonné si vous voulez, mais ce sera sans moi. Je n’ai aucun intérêt pour le bonhomme (jamais vu ses spectacles et je trouve son concept de quenelle antisémite répugnant, je n’en mange plus depuis §;-)

Ce n’est pas en empêchant l’expression que l’on fera taire la bêtise et le racisme. Au contraire quand elle vient d’un pouvoir discrédité partout (de Cahuzac, aux chiffres du chômage, de la destruction de la retraite à la tentative d’interdiction de Médiapart), cela ne fait qu’accréditer l’idée que l’antiracisme un instrument de pouvoir et non une valeur civique et humaine.

Ce vernis de politiquement correct que vous mettez partout serait plus crédible si dans le même temps vous ne tolériez pas que des femmes et des enfants puissent dormir dans la rue. Si vous refusiez la pauvreté, au lieu de démanteler la Sécu.

C’est comme pour la prostitution. Vous voulez l’hygiène de nos rues pour le tourisme et la spéculation sur les quartiers qui résistent grâce à leur mal-famence. Pas vraiment lutter contre le trafic d’être humaines qui continuera (sur le net, dans les caves) ni lutter contre des réseaux de marchands de chair humaine que vous pourriez démanteler simplement… en appliquant les lois existantes.

Votre société PS ressemble bien plus à une hypocrisie anglo-saxonne qu’à une vertu républicaine Messieurs, Mesdames !

David Langlois-Mallet

Cliché David Langlois-Mallet oeuvre de BauBô MmHm

(Cliquez sur l’image pour le lien au site de l’artiste)