Tous les articles par LMicromonde

Parigot, journaliste et essayiste, je suis un ardent amoureux des cultures populaires. Tour à tour reporter, chercheur ou polémiste au besoin, je raconte, propose des politiques culturelles ou les critique. J'écris aussi de petits nouvelles amoureuses ou légères.

La tristitude de la gauche culturelle

« La tristitude, c’est quand tu marches pied-nu sur un tout petit Légo… quand ta femme fait de l’échangisme un peu sans toi, quand des jeunes t’appellent Monsieur pour la première fois » nous apprend la chanson.
 
En version politique, la tristitude de la gauche, c’est quand il te faut reconnaitre qu’Elisabeth Lévy a raison ou si tu veux quand une leçon de liberté te vient de droite. « Et ça fait mal, mal, mal… » à certain-es.
 
C’est un peu ce que je ressens à la lecture de certains copains effarés. « Mais comment tu peux être d’accord avec une tribune signée par Elisabeth Lévy » (personne ne citera Catherine Millet aussi signataire), parce que se définir dans ce clivage, c’est avoir des totems, des prêt à penser. Des bons automatiques, des méchants automatiques. C’est endormir volontairement une partie de son cerveau pour le mettre en pilote automatique sur des autoroutes de la pensée, ou plutôt sur une ligne de chemin de fer qui arrive toujours au mêmes endroits aux mêmes heures.
 
« Mais comment tu peux être d’accord avec une tribune signée par Elisabeth Lévy »… Je ne peux vous dire l’effroi que suscite en moi cet argument au degré zéro de la pensée. Un vertige intellectuel. Qui se double souvent d’un vertige amical ton copain étant soudain à se demander de quel côté tu aurais été dans la prise du Palais de la Moneda et toi comment tu aimer peux à ce point aimer des cons.
 
Le réflexe est si surpuissant pour cette gauche identitaire, qu’elle peut voter PS pendant 30 ans pour avoir une politique de droite, tant qu’il y a du rose sur les affiches, l’esprit dort en paix. Et qu’elle avalerait de la mort au rats, s’il était écrit « lutte contre l’injustice », ou « combat progressiste » sur le paquet.
 
En ce moment, la globalisation anglo-saxonne lui fait bouffer sa morale puritaine, faite d’une fausse image que l’on se donne et d’une hypocrite pornographie que l’on cache, et elle l’avale d’un trait comme un médicament parce qu’il y avait écrit « féminisme » sur le flacon.
 
On part d’un point juste : le viol est un crime. On continue par un très discutable, les femmes sont des victimes. On poursuit sa route le désir des hommes est coupable. Et l’on arrive au n’importe quoi : « Un baiser, un regard, un mot sont des viols qui doivent être poursuivis » Et l’on te fabrique une société bien horrible, de la défiance, de la guerre de tous contre tous. Une société de frustrés, aigris et solitaires, fouillant leur mémoire pour voir s’ils peuvent accéder à la seule dignité, à la seule zone de confort moral face au Big Brother médiatique celle de « victime. »
 
– Ne pensez pas qu’il y ait une vraie réflexion sur les attitudes, les comportements se cachent juste. C’est l’hiver médiatique, on s’emmitouflent dans sa doudoune féministe, mais le porc reste porc (voir chronique précédente sur les hommes metoo).
 
– Ne pensez pas qu’il y a un vrai débat ouvert sur l’art d’aimer, la complexité du désir de l’autre et la richesse pour soi-même de son plaisir, la liberté sexuelle et amoureuse. Juste un onanisme honteux après la messe médiatique et sa grande blanlerie morale et sa menace du bâton juridique.
 
– Ne pensez pas que les femmes expriment ou satisfont mieux leur désirs. Elles sont juste invitées, quand la quête angoissée de se demander quand et où elles ont rencontré leur nouvelle identité de victimes les laisserait en repos, à traquer le « sexisme » à tout propos chez l’autre et à censurer toute expression masculine ou tout dispositif collectif (les urinoirs dans les Toilettes Messieurs, est-ce du sexisme ?)
 
Comment fabriquer des monstuosités avec de de justes causes au moment du passage à la généralisation, à la systématisation ? Au moment où l’on arrête de penser pour se mouler à une idée ou à un mot, à se conformer à l’avis des copains moutons en se persuadant que l’on est une minorité en lutte, ou pire parfois pour juste se composer une image collective qui fait bien… Une contradiction mortelle qui traverse justement toute l’histoire de la Gauche.
 
Langlois-Mallet
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Pathétiques

Franchement si j’éditais le Guide : « Où vomir en 2017-18 », je choisirais sans hésiter les hommes qui se la jouent Metoo, féministe et autre sur Internet. Quel ramassis de lâches et parfois d’ordures !

Tous ceux qui ont passé toute leur vie à nous prouver que les femmes étaient pour eux de la viande avec des trous se la racontent subitement, s’inventent dans l’urgence le héros bricolé qu’ils n’ont même pas rêvé d’être dans la vie.

Tu as de tout. Du gros nombril macho qui n’a jamais laissé sa femme placer un seul mot en public, au cavaleur de seconde division pour qui tremper sa mouillette représente l’alpha et l’oméga de l’existence, du vrai porc de base qui se la joue label bio en allant jusqu’aux hommes-victimes, bousillés dans leur vie par des nanas timbrées, et qui en redemandent en mode « je culpabilise d’être atteint du syndrome de Stockholm », en passant par tous les démissionnaires de la relation, et les abonnés absent de la paternité et, chef d’oeuvre de l’art, celui qui fouettait sa femme pour des infidélités imaginaires et qui joue les consciences morales sur les pages virtuelles à la grande admiration de ses condisciples.

Franchement, vous me dégoutez Messieurs. Allez porter ailleurs vos convictions sans racines et votre morale sans oeuvre, vos gestes sans altérité et vos mots qui sonnent creux. Il y aura toujours quelques alouettes pour votre miroir aux dindes. Et qu’importe, puisqu’il ne s’agit au fond que de fourrer… à la mode du jour.

Langlois-Mallet

Bonne année 2561 (;-)

Je sais qu’au fil du temps, les « Bonne année » sonnent de plus en plus comme un « bonne chance. »

Il nous faut être heureux, car le malheur n’a pas de sens. Heureux, même avec la conscience que la vie compte à rebours. Que le pouvoir reste le bal des hypocrites et des complices. Et d’autres douleurs que je n’ose écrire.

Vous êtes là, ne vivez qu’un temps finalement très bref dans un chaos d’astéroïdes. Et même si nul ne s’en souvient, le bonheur résonne comme notre protestation, notre espoir, notre pied de nez, notre œuvre.

Notre vrai métier, n’oubliez pas, c’est de vivre !

Joyeux ! Joyeux donc 2561 ou 2018, comme il vous plaira. Ne renoncez pas à y être vous même, heureux !

David Langlois-Mallet

Sur l’acide anglo-saxon qui nous ronge et la misère de nos Républicanistes

Leurs barricades identitaires ne protègent en fait que la culture invasive de l’Oncle Sam.

Le dinais hier en face d’une personne délicieuse. Ses parents avaient fui le Laos et les bombes américaines il y a quelques décennies. Car j’ai appris à cette occasion que l’Oncle Sam, non content de faire pleuvoir la destruction sur le Vietnam, avait aspergé le pays voisin de millions (270) de tonnes de bombes… pour s’entrainer.

Je crois que dans leur courte histoire ce pays Etasunien qui n’est géographiquement menacé par personne, n’aura été en en paix que trois ans… Les USA sont une déclaration de guerre au monde permanente et tout azimut; sur le lot combien de justes causes ?

Vous pouvez ajouter à cela la destruction quasi complète des populations natives, à la manière d’autres ango-saxons en Australie par exemple.

Et je suis certain que l’on considérera un jour un troisième aspect, la disparition des cultures du monde, sous le même angle d’un cannibalisme anglo-saxon. Bref, une espèce invasive.

De ce point de vue, l’effacement de la culture française est impressionnant et pas seulement le jour des obsèques de Johnny quand une pâle imitation régionale d’Elwis Presley, se retrouve propulsé au rang des gloires culturelles nationales, voir parfois en nouveau Victor Hugo. C’est que le mal est profond et l’identité troublée.

Victimes d’abord de nous-mêmes

La faute à nous-même aussi à mon avis. Ce pour quoi il est très difficile d’articuler une résistance. C’est que le Français qui prétend défendre la France est habitué par réflexe jacobin à le faire contre la diversité culturelle.

Ces grands ignorants de leur propre histoire (puisqu’ils ne l’étudient qu’à partir de Valmy), ne savent pas que la culture française a été dynamique, inventive, riche et universelle, tant qu’elle a justement été un creuset de diversités. C’est parce que les provinces de l’Ancien Régime ne partageaient pas la même culture que Paris, Paris avait quelque chose à dire d’universel. C’était une matrice. La culture Française n’est pas celle d’une nation, mais celle d’un Empire de peuples divers.

Depuis que la Capitale n’est que le nombril s’admirant soi-même d’un pays dévasté et asséché par l’uniforme. La France n’a plus rien à dire au monde. C’est une boursouflure d’ego. Vide de substance culturelle et hyper centralisée, elle a été absorbée comme une figue par la culture Coca-Cola, l’autre culture uniforme plus grosse et plus puissante qu’elle.

Ainsi nos républicanistes pâlichons incarnent la défaite qu’ils prétendent combattre. Ils s’arment contre l’Islam, les musulmans, ou plus généralement l’Afrique. Craignant de voir détruite la barricade américaine qu’ils défendent, mais à laquelle ils donnent abusivement le nom de France.

Sans comprendre que, si le salut de l’Etat Français passe par la centralisation, il en va à l’opposée de la culture française dont l’avenir repose uniquement sur la Francophonie et les diversités.

Notre déprime Française n’est pas l’immigration, enfant métis de notre expansion, pas même dans l’absolu dans l’acide anglo-saxon qui nous ronge tout, (culture et moeurs). Mais elle est dans le fait qu’il est plus facile aux enfants de Jules Ferry de se fondre dans l’uniforme kitch de Johnny que d’accepter que l’Etat ne soit pas la Culture.

Langlois-Mallet

La France célèbre son vide ces jours-ci

Du pays de Molière et de Lully, de Voltaire et de Rameau, de Hugo et de Berlioz, de Piaf et de Cocteau il ne reste donc à se mettre sous la dent que Johnny d’Ormesson.

Du « four ou cuit le pain intellectuel du monde » demeure le congelo et à réchauffer au micro-onde médiatique, guère que les restes de l’esprit de salon parisien et du rock du supermarché de Papi.

Pour que le pouvoir, comme il se doit, serve l’éloge de la culture dont l’image le sert etc… pas Louis de XIV, pas de Clemenceau, pas de de Gaulle, pas même de Bonaparte, juste un trader propret et malin qui saisit l’opportunité du divertissement général et du deuil d’Etat pour faire oublier que dans un monde où la possibilité du vivant s’effondre sa politique ne sert aucun éclat, aucune gloire, aucune bataille, aucune résistance. Elle ne sert à rien. À rien qu’à durer un peu. À rien qu’à permettre à quelques riches de le rester le plus longtemps possible pendant que toujours plus s’enfoncent dans la misère.

Bref, la France ne sert à rien

Mais les effluves opiacées d’encens et de Marseillaises sont là elles, et elles doivent le servir à tenir jusqu’à la dinde aux marrons et aux petits papa Noël. Alors énarques et traders nous bricolent de l’âme, de la fausse cohésion nationale à base de gloires commerciales, car pour 2018 ce pouvoir connaît son cap. Gouverner, ce sera tenir et faire attendre avec de la musique comme chez le dentiste en prévision de l’événement catastrophe.

Gouverner en 2018, ce sera boucher, colmater, saturer, endormir un espace médiatique jusqu’à fin mai. Enjeu ? Trouver de quoi (morts célèbres, ventes de Rafales, agitation de loi sur les mœurs, célébrations des victimes d’attentats, polémique ou inauguration…) alimenter le brouillage des cerveaux jusqu’aux préparatifs de la Coupe du Monde dont l’issue débouche sur les plages sur la Rentrée… un autre temps à l’échelle de la gouvernance médiatique, un autre siècle presque.

Langlois-Mallet

Johnny. Deuil obligatoire

« On »a le droit d’aimer Johnny. « On » a le droit d’être triste. « On » a aussi raison de nous dire que c’était un phénomène emblématique du XXe siècle (à la différence de Jean d’Ormesson qui était un témoignage attachant du XIXe). Mais voila. « On » a aussi le droit de dire à « On » qu’il nous emmerde quand il veut rendre sa messe obligatoire.

J’ai aussi le droit de ne pas aimer ce phénomène arrivé avec les bottes des GI, le chewing-gum et la fin à la fois de l’indépendance politique française et le crépuscule de sa créativité culturelle.

Les Chaussettes Noires ne font pas partie de mes héros, ni Sylvie ou Laëtitia de mes déesses, même païennes. Le Bus Paladium n’est pas un Panthéon mais un simple supermarché de la consommation. Bref, je ne célèbre pas ce qui nous détruit.

Autre chose sont les écervelés qui nous tancent « c’est un être humain et vous devez pleurer sa mémoire. » Non. Des millions meurent chaque jours, dont nombre d’enfants, dans votre indifférence hypocrite.

Chacun de nous quand il parle d’une personne publique parle d’un geste, d’une parole, d’une image, d’une bataille sur le sens de la vie commune et non pas de la personne réelle qu’il ne connaîtra pas (et cela est vrai même de nos opinions sur les autres facebookiens).

L’occasion d’un décès est pour les proches un temps de réflexion un d’effondrement plus que respectable. Sacré.

Mais pour la personne publique face au public, c’est un temps de bilan. L’hommage vrai, le seul utile pour les autres, c’est la sincérité et la liberté.

À plus forte raison celle des humoristes.

Langlois-Mallet

France. Nos identités d’esclavagistes et de victimes

Hontes et fiertés collectives d’un enfant au pays de Voltaire.

Quand j’étais petit garçon j’ai appris en découvrant les cow-boys et les indiens que je faisais parti des méchants et que je devais avoir honte car j’étais blanc (mais à vrai dire, je préférais jouer les moyenâgeux et mon château-fort, là où l’on pouvait se latter la truffe avec panache en toute bonne conscience sans les remarques des adultes).

Français je pouvais être fier de Versailles car ma grand-mère me préparait un goûter royal servis sur mon trône parce que « Si Versailles m’était conté » passait à la télé, ou des chansons de Brassens, ou de Bertin que j’écoutais sur mon pick-up, ou, petit parigot de la Commune qui était quelque chose comme la manif contre Pinochet. A vrai dire je n’ai appris que bien plus tard que les Français et les indiens d’Amérique avaient été une histoire d’amour partagée et que nous n’avions pas à être comptable des méchants anglo-saxons ou ibériques.

Nous apprenions que nous étions les bons face aux méchants Allemands (lourdaux que nous aimions bien quand même, car ils ne le faisaient pas exprès, mais par admiration de notre merveilleux pays), puisque Papi avait fait la guerre de 14 (et que son révolver restait caché dans sa table de nuit). Et que nous étions aussi les faibles face aux Nazis parce que papi (l’autre) avait du se cacher dans une ferme en zone libre pour échapper au STO en Allemagne et qu’il y avait des photos dans le foin. Que comme petits parisiens, on nous représentait en FFI les 25 août, alors que nous avons dû découvrir et réapprendre que Paris avait laissé les petits Parisiens Juifs se faire trier et embarquer.

Je devinais à bien des signes que je devais me sentir de la lignée des mousquetaires, puisque mon père en était un par la grâce des ancêtres et que je bénéficiais des honneurs dû à mon rang, mais l’on ne «savait pas trop » me dire comment, sur les ancêtres, surtout à cause des Antilles, parce que c’était compliqué, qu’ils avaient sûrement peut-être été un peu esclavagistes pour certains et sûrement esclaves pour d’autres puisque nous avions du sang métisse, noir et arawak. Peut-être étaient-ils protestants alors que nous étions catholiques ? Bref, c’était compliqué.

On m’a dit que je devais être fier d’être le peuple de la Grande Révolution qui avait éclairé le monde ignorant, mais bon quand même, que les rois avaient fait la France. On rêvait du panache du bon roi Henri, on enrageait du méchant Ravaillac, mais l’on pouvait tenir le couteau aussi. D’être fier d’être Français pour le Siècle des Lumières, que l’esprit de Voltaire vivait en nous et brisait les chaînes si nous chérissions les livres, puis il s’est avéré que le même Voltaire spéculait sur l’esclavage…

On voyait des photos sépia exaltées et étranges dans les vieux ouvrages des greniers de famille ou sur les timbres postes dont on héritait « A la gloire de l’Empire Français » montrant des explorateurs, des boas et des négresses à plateau pillant le mil… les seins nus ! Mais on savait juste que nous étions les méchants avec les noirs et qu’à cause de cela il fallait avoir honte et faire attention : que dire « nègre » était très mal-poli et pouvait nous faire prendre une gifle (comme le jour où j’avais montré un paralytique du doigt), mais qu’il balayaient surtout nos rues, même si les diplomates noirs existaient aussi. Et parait-il que même certains noirs aimaient tellement la France qu’ils étaient Français aux Antilles (mais qu’on pouvait les reconnaitre parce qu’ils étaient un peu moins noirs) mais que dans les deux cas il y avait un lien avec les bananes du goûter (les mieux étaient les Made in France).

On savait que nous avions tout inventé les premiers, la voiture et le téléphone. Mais que se sentir supérieur c’était mal. On savait surtout que la fierté et la honte se mélangeaient, et que la politesse exigeait de nous un esprit assez arrogant avec un coeur repentant. Sans très bien savoir si le fait d’être honteux nous permettait d’être mieux arrogants ou nous empêchaient de l’être. Bref la culpabilité était-elle une manière d’avoir le pouvoir et la bonne conscience (certain ont fondé des carrières politiques là-dessus au PS en particulier), ou était-ce plutôt une invitation à refuser sa part de pouvoir pour prouver que l’on était pur ?

Que nous étions avant d’avoir vécu, mille aventures, mais que les aventures c’était mal. Que les explorateurs étaient courageux, tuaient des lions rusés et puissants puis dormaient sur des peaux de bêtes, mais que tuer des lions, c’était mal car il n’y en avait plus beaucoup maintenant, alors, que c’était mieux d’avoir une fausse peluche.

On pourrait continuer comme ça. Que les arabes étaient les bons et nous les méchants à cause de la Guerre d’Algérie, mais qu’il fallait quand même faire attention avec eux (surtout la nuit) mais que leurs épiciers étaient toujours très gentils. Qu’il ne fallait jamais parler de la guerre d’Algérie à mon oncle, alors que Papi devait toujours répéter les anecdotes de 14 ou de la Résistance en 39 et qu’il fallait même les demander à Maman quand il n’était pas là pour lui faire plaisir.

Peut-être je me trompe, et suis-je un peu seul de mon style, mais je crois que c’est ce riche bordel que les petits Français de ma génération avaient dans la tête. Que nous héritons d’une gloire que nous ne devions pas assumer, parce que nos valeurs avaient entre temps changé. Et d’une culpabilité avec laquelle il est difficile de construire quelque chose, de nouvelles valeurs glorieuse (sauver la vie sur Terre ? Lutter contre le réchauffement climatique ? Etre un héros écolo ?) n’ayant pas encore émergées.

Alors j’avoue qu’il y a côté rafraîchissant, quand je vois comme hier des copains « arabes » se coltiner aux mêmes questions de l’esclavage en pays musulmans, ou de l’interdiction des noirs dans les transports d’Alger (sans savoir si leurs commentaires sur ce point sont fondés) s’engueuler ou le dénier même. Peut-on être fondés à être esclaves parfois et esclavagistes ailleurs, dans nos identités collectives ? Ben, oui.

Que l’on tombe du poirier, du dattier, de l’arbre de Judée ou du platane de l’école de Jules Ferry, me parait avoir assez peu d’importance. Charlie continuera à montrer les prêtres pédophiles en oubliant les instituteurs violeurs, et les autres qui se réjouissent de la chute de DSK nieront que Tarik Ramadan puisse être autre chose qu’un gentil dévot. Les appartenances, c’est vraiment très fort.

De mon côté, je vitupère assez les racistes ou ceux qui vivent de ce climat malsain contre les musulmans, pour me permettre un style blagueur à propos des copains, qu’ils soient nés ceci ou cela, dominés ou dominants. Conscient qu’ils apparaissent, puis se construisent et se représentent eux-mêmes à leur profit et en conscience, comme nous tous, selon les scènes du théâtre social, dans les habits qu’on leur a donné, celui de la victime ou du bourreau, de l’esclave ou de l’esclavagiste. Bien conscient surtout que la pièce que se joue l’humanité est effectivement mauvaise et violente.

Se qui me préoccupe davantage, c’est notre complicité passive aujourd’hui. Aucun de nous n’a participé à l’esclavage négrier, ni d’un côté ni de l’autre du fouet. Mais tous avons en nos poche un téléphone portable dont les composants ont coûté des vies d’enfant. Des mains de toutes les couleurs les saisissent, avec non plus de réflexion qu’elles s’emparent des bulletins de vote quand notre complicité va à voter pour des dirigeants qui nous assurent le confort, plutôt que de nous proposer la lutte, quitte à les laisser renverser des régimes ouvrant la voie à ces nouveaux marchés aux esclaves, dont nous sommes, comme pour les services invisibles que nous utilisons chaque jour, les utilisateurs et principaux bénéficiaires.

Il va sans dire que les mêmes réflexions s’appliquent à d’autres débats, Metoo par exemple, où l’on veut figer des identités collectives de victime ou de bourreau selon des genres.

Oui, il y a bien un système de domination masculin (ou blanc) à renverser. Non, on ne fonde pas une contre-identité de victime, qui ne fonde aucune autre supériorité, ni n’exonère les femmes par exemple d’une propre réflexion sur leur part de violence ou leur part de bénéfice et de responsabilité dans le système en place, ni sur leurs attentes réelles envers les hommes. Celles qui en doutent, comme les hommes qui doutent de la réalité du viol, n’auraient qu’à se pencher sur les violences maternelles autour d’elles, pour faire émerger cet autre continent de la violence, sûrement pas sans lien avec le premier.

De même être homme n’est pas ramper sur sa page Facebook devant le nouveau Dieu vulve en ayant gommé les exhibitions phalliques avec des signes de contrition, ni se fonder dans une mauvaise conscience et une détestation de son genre. Mais prendre conscience de mécanismes à transformer ensemble et rendre dans ses rapports aux femmes une copie meilleure que l’exemple que l’on avait reçu et dont on est envie d’être fier.

De même que nous ne transformerons pas le passé de l’homme blanc, qui aura à partir de l’horreur qui existe partout, inventé l’horreur industriel avec un esprit de système et de justification détaché de toute émotion. Je ne suis pas sûr que nous fabriquions du meilleur avec sa culpabilisation, en témoigne les résurgences xénophobes, prêtes à assumer l’indignité pourvu que cela leur permette une fierté sur l’air de « je suis raciste et alors ».

Mais qui sait, peut-être saurons-nous par contre nous frotter à redéfinir ensemble, de nouvelles causes de fiertés communes ?

Langlois-Mallet

Charlie v/s Médiapart ?

Le débat identitaire et post-colonial, pour se résoudre, doit se conjuguer au futur.

A mon humble avis prenons un peu de distance avec ces montées d’adrénalines polémiques dont la vie intellectuelle française est friande.

La France doit-elle s’incarner dans l’humanisme ouvert conscient du monde de la décolonisation, quitte à faire abstraction de la réalité d’être un Etat sur lequel tous sont assis ? Ou est-elle le fer de lance de la liberté d’expression et de la laïcité, quitte à faire l’impasse sur la réalité, tant de la géopolitique que de la diversité de ceux qui la composent ?

La France est sûrement une idée, mais l’on sait que quand Paris trop joue avec des idées qui s’incarnent dans les chairs, tomber dans le panneau de trop choisir son camps (par jeu, par réflexe, par appartenance, esprit de système, bref par simple paresse intellectuelle), peut produire parfois des drames.

Pendant la querelle des Bouffons, les parisiens se battaient pour savoir qui de la musique italienne ou de la française était la plus vraie. C’était une chose sérieuse car des choix esthétiques dépendait tout un rapport au monde. Mais la violence restait raisonnable, car on ne se cassait que des violons et des chaises sur la tête dans le parterre de l’opéra.

L’esprit voltairien, la curiosité encyclopédique, l’esprit de système ramiste restent des valeurs sûres, mais je ne crois pas qu’il faille se donner comme horizon de reproduire la Vendée avec l’Islam au prétexte de laïcité républicaine. A l’inverse, la France n’a pas à se donner comme modèle de destin le Liban.

La conscience post-coloniale n’est ni une insupportable tranquillité de blanc, ni une repentance que l’on promène le fouet à la main. C’est un viol de nos pères qui a créé un lien et dont de nombreux enfants sont nés, tourmentés de ne savoir s’ils tiennent de leur père ou de leur mère mais à qui l’Etat doit surtout garantir d’être tranquilles pour leurs enfants.

Pays carrefour, nous appartenons à plusieurs espaces naturels et culturels. Nous sommes d’Europe, mais aussi Afrique par la francophonie et la question n’est pas d’exciter la dent douloureuse, mais au contraire de transformer en chance l’échec colonial et donc de faire muter une relation de ressentiment et de violence. Dans cette perspective, les Français-es de double culture, loin d’être une menace, sont une chance et un atout. A condition que la politique donne un cap qui permette de saisir cette chance.

Paris doit accepter qu’il y a juste beaucoup de façons différentes d’être Français. Comme les peuples ont accepté qu’il y avait un destin commun et des valeurs communes qui le rendent possible.

Langlois-Mallet

 

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Baise t-on mieux féministe ou macho ?

 Va t-on enfin aborder la vraie question ?

Les pages de mes Amis juponnards sont hilarantes en ces périodes de déferlement féministe. Les queutards récitent des patenôtres à sainte Simone de Beauvoir, et ceux qui il y a peu agitaient leur tige virtuelle comme un étendard Facebook se font tatouer des clitoris sur le front-page et excommunient à tour de bras tous les hommes qui ne les suivent pas dans la seule vraie voie sacrée de la mère. Les nouveaux convertis sont les plaies de toutes les religions…

Vous me connaissez un peu, j’adore expérimenter, mon éducation manichéiste et contradictoire, entre un matriarcat oppressif et paternalisme machiste, m’ayant laissé dubitatif. Il m’a été aisé, nanti toutefois de cette double culture, de tester différentes approches de la vie. D’alterner les périodes mâle alpha et féministe.

Autant dire que l’écart actuel dans le débat de société entre ces deux cultures est cocasse; entre cette culture virile où « si elle dit non, cela veut dire peut-être et si elle dit peut-être cela veut dire oui » et la mode du jour de nos néo-puritaines, ou le moindre baiser qui n’aurait pas été paraphé par les avocats des deux parties et envoyé sous scellé en trois exemplaires fonde la femme à requalifier une relation en « viol », à renaitre dans une identité nouvelle et valorisé socialement de victime et vous fait passer à l’inverse de la catégories valorisante de l’homme à femmes à celle infâme d’agresseur, voir de repris de justice.

On peut se demander comment est-on le mieux dans sa peau, le plus en accord moralement avec soi-même, car en fait le vrai bonheur est là. Vu que chacun de nous est appelé à se fréquenter assidument. Mais c’est plus rigolo de parler de sexe, car c’est ce bien vivre là, la relation à l’autre, qui nous rend enthousiastes.

Donc le bonheur sexuel, Machiste ou Féministe ?

Contrairement aux idées à la mode, être macho est excellent pour une seule raison : Parce que le répondant est très fort chez les femelles. Quand un mec a envie de se taper des nanas, qu’il est raccord avec son désir et prend la vie par ce prisme, les candidates affluent, les 06 se mélangent. Parce que lorsque l’on s’adresse à la culotte des dames, elles vibrent enfin, elles répondent, même à leur esprit défendant. Vous faites sauter les convenances, les barrières, les inhibitions, la tête dit parfois encore non mais le corps répond et les entre-cuisses trempés exultent d’être entendus. Acceptez de bonne grâce, après, de prendre pour vous seul la culpabilité qu’elles éprouvent. Elles vous le rendront au centuple. Elle n’était « pas vraiment elle-même », « because your crazy » avec des yeux d’institutrice, ou des regards de biche « franchement, je n’imaginais pas que cela se passerait comme ça… » (ben, moi non plus, en montant dans ta chambrette à 2h du matin, j’allais te sortir mes vieilles collections de timbres poste) etc.

Sous réserve d’être fidèle à son coeur et à son désir, d’être exigent sur le plaisir de l’autre, de ne pas se conduire comme un connard, de respecter les personnes et les lois et de savoir distinguer les situations. Je souhaite à tous les hommes de vivre un désir viril qui n’a rien de malsain et qui a plus fait pour le bien des femmes que toutes les pétitions réunies. Portons haut les valeurs bienfaitrices du dard triomphant, quand nos rues sont pleines de groupes de femmes insatisfaites armées de ciseaux !

Sur le versant de la sexualité féministe ? Et bien, je ne regrette pas moins l’expérience essentielle. Vive aussi les années clitoris ! Mettre de côté son désir viril et accepter de tout réapprendre du point de vue du désir des femmes est une expérience très enrichissante.

Il faut être parti pour laisser de côté tous les dogmes masculins. Découvrir que l’on peut sortir comblé de moments de jeux beaucoup plus longs, beaucoup plus lents, sans pénétration même parfois. Entrer dans une autre forme érotique comme dans une langue étrangère ou chaque endroit du corps peut-être un frémissement. Se défaire de ces stupides oripeaux mentaux, qui divisent la sexualité en préliminaires/acte, et accepter que la sensualité, les émotions sont un continent à part entière surgis à fleur de peau sur chaque femme et la refondation complète pour un homme par rapport au monde, certes intense, mais étroit et tournant sur lui-même. Renoncer, à la possession, à la prise, à l’emprise, au triomphe, c’est paradoxalement se retrouver libre. Libre surtout soi-même de dire non, car ce n’est pas le moindre paradoxe de la culture masculine de conquête que de nous enfermer aussi dans un rôle de désirant systématique, de nous imposer la vie mentalement usante et un peu vide du chasseur. Voir même à tirer le constat que le Don-Juan, à la fin homme-objet du désir des femmes, n’en devient pas moins une pute comme les autres et qu’on peut lui préférer le rôle d’homme sujet, ne serait-ce, paradoxalement, que pour se libérer de l’emprise féminine sur les machos…

Et le clito fût…

La décentration qui s’opère le jour où l’on intériorise les conséquences du fait que le pénis n’est pas le centre de la sexualité, la pénétration sa seule expression et l’orgasme sa finalité (comme on nous l’a enseigné), n’est pas anecdotique, elle renverse nos schémas mentaux, trouble en effet un ordre du monde institué par des hommes sourds. Le fait que le seul organe qui soit dédié au plaisir dans le corps humain (et de loin le plus puissant) soit le clitoris, met non seulement fin à la vieille controverse de Zeus et d’Héra (de savoir qui avait le plus de bénéfice du plaisir sexuel), mais il clos définitivement la séquence de la relation d’objet à la femme. La femme bien sur restera objectivée dans le désir masculin (et il n’y a pas à culpabiliser comme on veut nous le faire croire de voir d’abord un cul, des seins et d’avoir envie de fourrer cela et non pas de discuter interminablement). Mais les détours que nous imposent les femmes ne sont pas si vains, et constituent souvent pour elles l’indispensable extension du champ même de la sexualité. C’est une relation de puissance à puissance, d’émotion à émotion, de désir à désir et de plaisir à plaisir, beaucoup plus riche qu’écouter les femmes nous permet.

Là encore je redirais de ces expériences amoureuses que l’on ne nait pas homme mais qu’on le devient par la rencontre avec les femmes.

Alors loi du désir et de l’instinct viril ou art érotique de la relation, pourquoi choisir ? Je crois que notre épanouissement amoureux se situe justement sur ce fil, cette ambivalence, cette négociation, ce déséquilibre constant, ce jeu à l’autre. Que nous allons en permanence de notre vérité animale, à la culture, de ce que nous ressentons à la sophistication de son expression, du désir à l’art érotique et que d’autres alchimies ont lieu en face. C’est ce qui est chouette et comble les amants.

De même dans le mouvement féministe actuel, je reste convaincu qu’il faut écouter, changer beaucoup de choses et ne pas céder non plus. Oui les femmes ont des droits égaux, à commencer par un salaire égal, oui elles ont le droit à la sécurité de leur corps et au respect et ne doivent pas être importunées dans la rue.

Non, tous les hommes n’ont pas à être culpabilisés, dévirilisés à ramper au prétexte qu’ils sont habité (a-bitté) d’une « culture du viol » nom qui se confond avec le rejet du désir masculin, mais cache trop la réalité de la vie de ces néo-puritaines individualistes dont la coiffure n’a jamais été mise en désordre : le profond manque de l’autre en elles.

Langlois-Mallet

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Sur la peur du terrorisme. Lettre à une amie

Coucou Chère,

Je sens une angoisse immense derrière tes mots d’hier, comme si tu étais toi-même victime d’attentat.

J’aimerais bien te rassurer…

Mais je ne peux pas te dire que ça n’existe pas. Oui, il y a des attentats. Ils ne te toucheront pas directement mais te feront souffrir par sympathie pour les victimes et par les cicatrices que réveillent ta juste empathie.

Meme si le risque reste infime comparé à la pollution de nos petits poumons par les voitures ou de nos assiettes par les pesticides que le gouvernement autorise et même encourage, la « menace terroriste » et sa réalisation en partie déjouée par notre Bureau des légendes, va durer autant que les bombes et le chaos au Moyen-Orient et que la désagrégation de la société en France.

Autant que les petro-dollars, le chômage et les zones reléguées. En acceptant le chaos pour d’autres, on accepte la peur pour soi-même.
Des vies pourries par les autres sortiront, comme toujours et on en sait pourquoi, des fleurs pour les un-es ou des vengeances pour les autres, des poèmes et des bombes; l’envie de construire un monde neuf ou la rage de démolir celui-là.

Avec le terrorisme, je partage la crainte de chacun (j’aurais pu être en bas de chez-moi au bar du Carillon, au Bataclan, voir si j’avais accepté l’invitation de Cabu à une conférence de rédaction de Charlie) un de mes proches aurait tout autant pu y être. Je partage avec les autres une peur raisonnable. Ce que je pense des risques et des priorités n’est donc pas affaire de légèreté ou d’indifférence.

Mais j’ai pour ma part beaucoup plus de craintes que la France dévie, devisse. Cela reste un pays très violent dans son tréfonds. Et si l’on sort des rails de la justice pour passer dans l’exception, que beaucoup plus de sang ne coule.

L’Etat est un pit-bull dont la présence peut protéger (souvent des dangers qu’il crée lui-même), mais dont on ne sait qui il mangera quand sa muselière lui sera retiré. C’est ce que l’on appelle « la France de Vichy » dans la mémoire collective : détruire et livrer légalement une minorité en espérant sauver la majorité.

L’état d’urgence montre que ce sont plus sûrement les Rémy Fraisse que les Merah qui payent. On éliminera demain les gens qui veulent construire un autre monde au prétexte d’éliminer ceux qui veulent détruire celui-là. En fait cela a déjà commencé parce que la force est dans les mains de ceux qui veulent surtout que rien ne change des privilèges alors que ce monde s’effondre. Sur ce malentendu du « que rien ne change » votent ceux qui ont un peu et le sentiment de le perdre.

Avec le recul de l’etat de droit au profit des lois d’exception, c’est le travail patient des clercs chrétiens face aux nobles barbares, puis de l’humanisme laïc face au clergé, du Droit et des intellectuels depuis toujours face à la force qui est actuellement démantelé par la peur.
Pas par le terrorisme lui-même, qui reste armé de camionnettes, mais par la peur du terrorisme. C’est exactement leur objectif. C’est tomber dans le panneau de l’appel à son propre désir collectif de violence.

Même chose, si la majorité commence à se laisser aller sur une minorité.

Beaucoup de Français détestent les « arabes » et pas mal « d’arabes » haïssent la France.

Les uns ont envie de faire payer la perte de fierté de la Décolonisation, c’est le « rendez-nous Barbes on vous a rendu Alger », les autres de se venger de la colonisation, puis de l’exil économique en banlieue. Chacun d’eux veut faire payer aux autres ce qu’il est devenu.

Chacun connaît, entend, comprend ou pas, des proches et leurs raisons de sortir de la société commune, pour se tourner vers des poches identitaires (de voter FN, Valls, ou d’aller vers une radicalité religieuse).

Mon sentiment c’est que tu es sur des douleurs insondables et des besoins de revanche qui se rencontrent et risquent de se percuter. Les Uns ont été trompés, trahis, envoyés à la boucherie au XXe siècle. Les autres aussi et en plus en poussant la voiture des premiers.

Tous ont perdu leur fierté d’humain et les fières paysannes de leurs ancêtres pour la vie vide de sens du béton, des rayons de supermarchés et de Disney.

Quand la consommation se rétrécie, dans la cité ou le pavillon, il ne reste que la rage ou l’aigreur de gens floués qui ont perdu l’estime d’eux-mêmes.

Chacun cherche l’estime de soi et la fierté collective. Et voyant les merdes humaines que la consommation a fait d’eux, se retournent vers des identités factices, des artifices. Le nationalisme ou le salafisme ne correspondant à rien de la réalité de ces ancêtres qu’ils invoquent et ne connaissent pas.

Misère de la culture de supermarché, ils ont cru que l’idéal ou la pureté pouvait aussi s’acheter en portions prêtes à réchauffer !

Notons aussi, puisque heureusement les femmes prennent la parole en ce moment, qu’il s’agit encore de besoins de fierté de ceux qui n’en mettent pas au monde, de douleurs de ceux qui n’accoucheront pas, bref de violence des hommes sur lesquels il serait peut être urgent de prendre la parole aussi.

Ce n’est pas le débat de savoir qui à tord ou raison, qui est sympa ou pas du petit blanc qui ravale sa rage en silence ou du bronzé qui invective et quelle culture est supérieure à l’autre. C’est que les guerres civiles sont des enchaînements de violence sans fin, où seuls les violents des deux camps trouvent leur compte. vers une radicalité religieuse).

Cela occulte le fait que la majorité des uns et des autres a décidé de vivre ensemble et que la majorité des familles sont aujourd’hui plus ou moins métissés et que le libre arbitre de chacun travaille à trier dans sa cuisine avec les aliments que différentes cultures lui offrent. C’est à cet endroit que nous devons avoir l’esprit fort et garder l’équilibre et la tête froide. Ensemble.

Je t’embrasse et te sers dans mes bras.

David”

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