Antisémitisme. Une mécanique de haine, mais deux moteurs

 

Les actes antisémites en forte hausse. La haine a de beaux jours devant-elle d’autant plus que les analyses journalistiques resteront boiteuses et que les pouvoirs s’en feront un étendard, voir un fouet.

Bien sûr il y a le facteur extrême-droite complotisme, cela a été dit et redit. Dois-je rajouter ma pierre ? Hurler les lieux commun avec le chenil de garde ? Car enfin ces phénomènes étaient marginaux dans le pays que l’on a connu ou la justice et l’égalité étaient des valeurs et où le pouvoir était sous pression morale de la presse et d’une opposition crédible. Que s’est-il donc passé ?

L’autre responsabilité dans la montée des haines antisémites ou homophobes, c’est celle du pouvoir. un pouvoir discrédité, haïs lui de bon droit parce que non seulement il a renoncé à toute forme de justice et d’égalité, mais encore parce qu’il incarne la corruption, le cynisme.

Ce pouvoir qui a fait de la prétendue lutte contre les discriminations son dernier bouclier moral (de tout ce qu’il lui reste de morale dans un océan de corruption et d’absence de toutes les causes essentielles, de l’hôpital, à l’écologie).

Evidemment que toute campagne gouvernementale contre l’homophobie par exemple, suscitera des réactions homophobes, puisque les simplets regarderont comme leur ennemi, tout ce que leur ennemi désigne comme ami. Tout ce dont un si abject pouvoir fera valeur, suscitera l’inversion chez ceux qui réagissent et ne pensent pas.

Que les minorités servent de prétexte, d’étendard de lutte ou de fouet, pour redresser une société taxée à priori d’homophobie, de sexisme ou ces jours-ci d’antisémitisme. S’il voulait réellement être utile et non instrumenter, le gouvernement se tairait et subventionnerait les associations, le terrain, aiderait à faire connaitre le point de vue des victimes, de leurs parents et amis etc. Il détruit au contraire tout le tissu associatif et excite le tissu national sur des thèmes qui le clive.

Au demeurant, le pouvoir se moque des Juifs ou de la mémoire. Il faut juste diviser pour continuer à régner et faire regarder ailleurs, déplacer le débat comme l’extrême-droite le demande, vers les conflits moraux et identitaires. La première chose que l’on doit faire pour faire baisser l’antisémitisme, c’est de renoncer à traiter les gens de nazis à tout bout de champs, renoncer à instrumenter le respect dû aux victimes des camps de concentration dans des haines politiciennes. Cessez de rejouer la deuxième guerre mondiale à chaque occasion et moins d’abrutis finiront par se chercher des sympathies nazies, si on ne les qualifie pas ainsi.

Autre élément, il y a un facteur particulier à la France. « La France se nomme diversité » comme l’écrivait Braudel. Si l’on veut rallumer en permanence la guerre civile, il s’agit de jouer aux jeux des minorités et de la majorité. Cela marchait très bien pendant les guerres de religions, sous la Terreur, ou sous Vichy. Si le pays est en stress moral pour son unité (on pourrait dire ici si l’on a renoncé à la République, ou si l’on a coupé la tête du roi ou n’importe quoi d’autre qui rompt un équilibre et un sentiment d’unité), on ouvre la voie à une violence irraisonnée en France.

A mon humble avis, plutôt que les cris des puissants, presse, médias, artistes officiels etc. (désirés par une part importante de la population à propos de tous les sujets), il faut pour lutter contre les disciminations quelles qu’elles soient, ne pas en faire un étendard.

Donner des motifs de fierté légitimes (dans une politique étrangère qui renonce par exemple à vendre des armes à des dictatures). Oeuvrer non pour telle ou telle communauté, mais pour des lois justes, pour le sentiment de Justice de tous (mais là encore il détruit l’appareil judiciaire). Oeuvrer réellement pour l’égalité sociale, faire en sorte que les gens vive mieux (alors qu’il précarise à tour de bras), ne laissant que des familles et des communautés pour se raccrocher au naufrage de la République.

Arrêter avec cet insupportable voix d’en-haut qui tombe en permanence sur la France d’en-bas comme celle d’un évêque de jadis en chaire sur les paysans du village et redonner vie au dialogue, à la base, dans les quartiers dans l’action culturelle, des lieux libre, de culture, de rencontre, d’échange base de toute vraie citoyenneté politique.

Pour ma part chaque fois que j’entends ces corrompus se draper dans une dignité au nom de leur antisexisme, de leur lutte prétendue lutte contre l’antisémitisme ou contre l’homophobie etc. J’entends non seulement des guignols hypocrites, mais des incendiaires, qui jouent avec le destin de minorités sensibles et fragiles. Et à chaque fois qu’un Castaner, un Grivaux, une Schiappa, un Macron quelconque prêche, j’entends l’autre service de recrutement de l’extrême-droite, qui transfère toutes la haines politique qu’il suscite en haine communautaires. Des deux, c’est lui le plus efficace.

Langlois-Mallet

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