Coupe du Monde, 14 juillet : L’Afrique nous parle à travers la France

D’abord pour dire les liens qui nous associent dans le succès. Je lis de l’amour et de la fierté dans cette image – postée par une amie Africaine de France- des joueurs de l’Equipe de France au côté des drapeaux des pays de leurs ancêtres.

Les pays francophones, les anciennes colonies de l’Empire Français nous disent que, quand bien même (le colonialisme, l’immigration économique, la françafrique, l’indifférence…) ils construisent avec leurs enfants nos succès.

Ces enfants sont Français. A 100% et cela devrait aller sans dire. Ils savent ce qu’ils doivent à l’excellence de la formation française mais aussi à celle de leur famille, ils sont métis et c’est une chance.

Je pense que c’est une invitation à réfléchir sur nos liens avec l’Afrique. Ce que nous réussissons et ce que nous ratons. La façon dont nous nous conduisons aussi, dont nous regardons les parents des N’Golo quand ils viennent descendre nos poubelles dans les froids matins ou quand nous les laissons mourir en Méditerranée, quand nous leur refusons l’accès à la France ou à la formation auquel notre langue leur donne droit puisque nous l’avons exportée.

Boubous et tricolores

La France fait la fête et tant mieux !

Elle est fière des succès de son équipe car elle y voit la preuve que le génie français, ici celui de sa formation au foot, existe encore et peut triompher. Que ceux qui disent qu’il ne faut ni fierté, ni confiance en nous se trompent et nous trompent.

C’est important qu’elle regarde aussi – en pleine crise identitaire- l’universalité de ce génie français. Que l’avenir c’est de réaliser de beaux alliages. Que le notre n’est ni une question de « générosité humanitaire culpabilisée » de gauche, ni une question  » de « succès nationaliste égoïste » de droite. C’est juste nous. Ce que l’on fait dans le football, on peut le faire partout ailleurs. Il y a juste un potentiel de civilisation et de développement extraordinaire ensemble.

La France métissée et éternelle envoie avec ses footballeurs un message positif à l’Europe de Salvini et de Orban. Des pays qui n’ont pas la même histoire et auxquels nous n’avons ni à faire la leçon, ni à imiter.

Nous avons à être nous-même et à montrer l’exemple. A faire la fête avec l’Afrique à travers le football, mais surtout à étendre ces succès à tous les domaines ensemble. Sinon nous serons, un peu comme avec la France Black-Blanc-Beur de 98 dans une utilisation cynique du capital humain, qui se retournera en déception.

Car je crois que l’on touche derrière ses questions notre mystère français profond, puisque nous sommes le 14 juillet, tel que posé par la Révolution Française. La civilisation française est-elle juste celle des belles paroles ou est-elle capable de les mettre en actes ?

On verra dimanche ce que montrent les footballeurs, mais au fond peu importe. Pouvons-nous être autre chose que les mots des Droits de l’Homme et la réalité de la Françafrique ? Ça ce n’est pas le ballon qui le dira. Mais le football nous montre juste que c’est possible.

Langlois-Mallet

Tous ensemble avec les Bleus

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