Les souffrances du jeune Macron

synopsis de roman d’initiation à offrir à Mélenchon et qui contient en coda, une réponse aux amis de la F.I sur les blacks-blocs.

Nous savons tous que le système de croyance dans lequel nous vivons -celui d’une expansion permanente du nombre de billet de banque, cette vaste imprimerie du vif – ne peut exister qu’en détruisant la Terre. Car la taille de notre espace est limité à 510,1 millions km². Nous vivons actuellement cette destruction.

Les jeunes ont ce chaos pour avenir. Certains meurent, comme les abeilles. D’autres se droguent. D’autres ferment les yeux, bouche leur esprit et pédalent. Macron pédale plus vite.

Premier de la classe, il a compris que la croissance folle n’était possible qu’en détruisant follement. Si l’on veut garantir aux hyper-actionnaires le taux de profit à deux chiffres, il faut les exempter d’impôts, de participer aux frais communs. Il faut accepter que les voies ferrées deviennent dangereuses (ou mieux que la SNCF s’endette auprès d’eux); il faut accepter le cynisme de dire aux infirmières que les problèmes de l’hôpital vient d’elles (50 vieux ou malades lavés en 5mns chacun ? Elles pourraient faire mieux tout de même !). Etc… rapportez l’exemple à votre domaine professionnel. A part si vous êtes sprinter, cette course au rentable n’a aucun sens, n’existe dans aucune civilisation. Nous vivons la barbarie.

Pour être premier de la classe, il faut tout casser. Pour faire toujours plus d’argent, il faut aujourd’hui tout détruire. Macron est là.

Outre l’ENA, le jeune Macron a en commun avec son premier ministre d’avoir la culture du service aux plus riches. Il a donc comme bagage d’un côté d’être un super-ordinateur sur boosté, mais dans laquelle par efficacité, aucune fonction de doute n’a été intégré par les créateurs du logiciel : le plus d’argent est la réalité du pouvoir, il convient de l’optimiser à l’infini.

De l’autre donc, c’est un super domestique. La culture du service des riches est totalement intégrée et s’allie donc à la maîtrise de l’Etat et aux pouvoirs quasi absolus de la Ve.

Il ne s’agit pas de faire la danse du ventre autour du Fouquets en exhibant sa femme mannequin et sa Rolex comme Sarko; de se ridiculiser en recherchant de la distinction. Il s’agit d’un projet de vie, un projet d’action d’un dévouement total. D’une organisation remarquable et brillante.

On a le niveau pour jouer le gendre qui parle de littérature à la France éternelle; mais la culture n’a vocation qu’à l’élegance, elle n’est pas un choix de valeurs de vie. Juste un costume coupé à la française. Le projet, c’est de vendre in english du « Choose France » aux patrons du monde, d’être choisi, élu par eux.

Comme son parti porte ses initiales, une France à son image à lui, sera la première de la classe de la course à l’argent. On écrasera, on matraquera tout ce qui résiste : « paaarrrccee que c’est noootttrrreee projeettt » comme hurlait à voix de fausset l’ado que ses conseillers en com’ n’avaient pas encore choisi rhabiller en Jupiter.

A cette jeunesse-là, d’autres jeunesses d’élites ont répondues à l’opposé. Je dis élite, je m’arrête sur ce mot. J’appelle élite ceux qui vont manifester en actes (parfois opposés) les rêves et les angoisse partagé par une génération. La masse subit les mêmes pressions, mais continue à penser qu’elle doit avoir une vie « normale. »

C’est donc parce que ces fous ont choisi la réussite de détruire le monde, que d’autres explorerons toutes les voies du refus de cette destruction, voir du refus de cette réussite.

On en a vu qui choisissent les filières d’excellence de l’ingénieurie environnementales ou des associations écolos, de la culture alternative. On dit même que d’autres se sont perdus en politique – dans le sillage d’un autre « toujours plus » (de poste, de places), des Duflot-Placé – jusque parfois sur le perchoir de l’assemblée.

Pour la génération d’après, celle des 20-30 ans pour qui l’avenir rime avec vivre ou survivre à la 6e extinction de masse.

Les plus jeunes inventent de nettoyer le plastique des océans, d’autres y sombrent, corps et biens, se finissent par un moyen ou un autre (parle t-on assez du suicide « des adolescents » ou doit-on l’appeler suicide de l’espérance ?) certains se suicident même en entrainant le plus possible avec eux (s’ils sont pilotes d’avions ou collégiens blancs, ils n’ont pas de nom et ne font donc pas trop peur, s’ils sont basanés ont dit djiadistes et tout le monde tremble).

D’autres encore choisissent (ou se voient imposer) l’affrontement direct avec les destructeurs. On les appelle « casseurs » ou mieux « black-bloc. » Dans leur monde où tout est d’image et de médias, ils savent que brûler un Mc Do (ce qui en soi n’est rien que de faire payer un peu des compagnies d’assurances), c’est faire reculer le « choose France » du président. Plus les écrans du monde montrera une France qui brûle (en fait juste un Mc Do, hein), plus l’argent prendra peur. Moins il viendra faire de projet en béton ici. C’est une stratégie de réponse, que les parlementaires peuvent contester, à la destruction de leurs cabanes à Notre-Dame des Landes ou à la sélection en fac.

Car si cette generation a un autre trait commun, c’est bien d’être passé par les études supérieures. « Cela ne vous donnera pas d’emploi ! » hurle le gouvernement. « Cela nous permet d’être au monde et de le penser, de penser la constestation de ce qu’est devenu « l’avaleur travail », répondent les étudiants. Conflit autour du bien symbolique : le savoir. Est-il fait pour produire plus ou pour comprendre pourquoi l’on détruit plus et y résister ? Ligne de partage de deux humanités, dont l’an defense vaut bien une danse autour d’un Mc Do.

Ajout :

Réponse aux amis de la France Insoumise à propos des Black-blocs

Pour terminer ce long billet par une réponse aux Amis qui m’avaient interpellé sur le précédent (La boulette de Mélenchon) en prétendant que Mélenchon devait condamner, quitte à dire un peu n’importe quoi, pour rester présidentiable. Je pense moi qu’il doit expliquer pour rester crédible.

Bien sûr Mélenchon est dans son rôle quand il dit aux émeutiers qu’un casier judiciaire ce n’est pas une vie et qu’il faut rejoindre sa lutte institutionnelle.

Mais plus profondément, les révoltes de jeunes posent des questions plus profondes, répondent à des choses qui ne sont pas écrites ni dites par un vieux député.

Mélenchon n’a pas à être gêné ou pas. Il n’a juste rien à voir avec les Black-block qui eux ne voudraient surtout pas lui ressembler ou avoir affaire à lui.

S’il est gêné, c’est parce qu’il a préempté les catégories peuple et révolte. Et qu’il reçoit des démentis par en-bas de sa stratégie parlementaire. Quand le peuple vote Le Pen par exemple. Ou quand la rue s’anime.

Il n’est pas le peuple. Il est une proposition faite au peuple. Une invitation, par ailleurs tout à fait honorable (ou la moins mauvaise de mon point de vue puisque je me retrouve à voter généralement pour lui). Mais le peuple, les peuples pour mieux dire comme disait Louis XVI car ils sont multiples en France, peuvent choisir d’autres voies, comme celle de la révolte et de la rue.

Il ne devrait pas dire des bêtises plus grosses que lui en qualifiant les black-bloc d’extrême-droite, il s’en est excusé depuis. L’extrême-droite on l’a vu dans la montagne, lisse et proprette, multipliant comme Macron les selfies du gendre idéal en faisant des mosntruosités humaines.

Macron doit désagréger le système Français car il n’y a pas d’autre alternative au projet de croissance finissant que de détruire l’Etat social et ses solidarités. Il a fait de ceux qui construisent des fermes et des cabanes ses premiers ennemis. Il fait taper par ses pions sur les étudiants qui discutent. etc.

Conférencier à millions dans 4 ans ou dans 9 ans, Macron partira ailleurs, il l’a dit, toucher la récompense financière de ses dégâts et prendre un poste de domestique bien payé cette fois. Prendre, comme Fillon et Sarko, Lagarde, DSK… la tête d’un GAFA, d’une superstructure de la destruction, ou d’un fond d’investissement, peu importe.

En attendant Macron vend, détruit à tour de bras, ici et maintenant. Et les gens qu’ils détruit réagissent. Intelligemment ou pas – on peut en discuter – mais sous le coup de l’agression et de la colère, c’est certain. Macron est élu pour ordonner, il crée le chaos.

Dire cela n’est pas impossible quand on vise la présidence parce qu’il faut « être crédible pour la majorité » (comme me l’ont écrit ici certains de mes amis) C’est de ne pas pouvoir le dire qui est préoccupant pour lui et pour l’avenir du mouvement qu’il représente.

Langlois-Mallet

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