Nos doigts dans l’engrenage de l’actu de la semaine…

Ecologie. Mouvement social. Attentats. Héros… Et nous et nous et nous… L’actualité qui nous entoure et conditionne nos vies m’a fait la semaine passée l’effet de gros engrenages dont on ne sait comment ils vont s’enclencher.

Nos doigts dans l’engrenage de l’actu de la semaine…

Le principal, quoi qu’en disent les journaux, concerne l’empoisonnement de la Nature; c’est le compte à rebours de notre condition vivante, de la disparition des oiseaux à notre futur cancer, du plomb, aux néocotinoïdes que nous absorbons, à la disparition des abeilles, ne font qu’un.

Le petit engrenage de notre réaction politique a tourné a plein régime lui aussi, mais… à l’envers. La faute aux Marcheurs bien sûr. Face à eux, ils n’étaient que vingt députés pour tenter de l’inverser, contre ces quarante-six collabos qui ont voté la loi pour le « secret des affaires » (les autres étaient à la pêche ?) qui de fait bloque à la source, l’information sur les scandales des multinationales. Ceux chargés de nous défendre sont armés contre nous.

Un espoir dans les rues

Le gros engrenage du progrès social va t-il se remettre en mouvement ? Sur les cheminots repose la résistance du service public et par ailleurs la cohésion de la société toute entière. Les étudiants, les lycéens répondent aussi. Les arguments des courtisans du pouvoir sont absurdes : Non, l’accès au savoir ne s’évalue pas en terme d’employabilité. L’université doit élever des êtres humains, pas seulement cocher les cases des employeurs. Si la jeunesse bouge, c’est qu’elle voit bien que l’ensemble de la proposition de vie qui lui est faite tourne à l’envers.

L’écrasante roue des attentats

Elle a pris tellement d’ampleur dans les médias, que l’on s’est trois jours demandé s’il pouvait faire taire le rouage social. Les attentats… un rouage et même deux !

Il y a l’engrenage des attentats vraiment organisés (petit au regard de l’histoire, mais énorme dans les représentations d’une société de loisirs), celui qui est mû par la puissante roue à aube des guerres et de la politique internationale. Les guerres états-uniennes, ont fait levier sur des forces, que notre imbrication dans l’OTAN ne permet plus plus contenir. Cela donne par exemple le Bataclan.

Et puis l’autre, le phénomène individualiste des suicidaires-assassins. Une culture « made in USA » encore, enfants de Call Duty et de l’industrie de la violence télévisuelle, celui qui s’exprime sans fard dans les collèges outre-Atlantique. En France, il engraine partiellement les petits délinquants dégoûtés de leur propre pourriture, qui faute d’être Scarface se la pètent Ben Laden.

La force de Daesh ici, c’est d’avoir compris qu’il fallait construire des engrenage avec ce que nous avons oublié : La violence des jeunes mâles a besoin d’une cause héroïque ou à défaut morbide.
Fournir à de vagues ersatz de croyances un engrenage, un prétexte de dernière extrémité — une sorte d’indulgence — permet à une mafia de paraitre puissante en tuant en franchise, grâce à ces auto-entrepreneurs du meurtre. Cela n’est pas l’Islam. Mais si une société effrayée parvient à gober cette publicité mensongère, l’engrenage des haines communautaires pourra se mettre en marche et disloquer la France.

Beltrame, Knoll : L’exemple et l’antidote

Cette semaine, c’est donc le petit rouage des héros qui leur a logiquement répondu sur le terrain de l’humanité.

Arnaud Beltrame a fait passer avec sa vie le message aux jeunes : la grandeur de la force de l’homme ce n’est pas de tuer, mais de protéger. C’est un message qui a de nombreuses adresses… Aux petits merdeux tentés par le crime qui se victimisent. Aux extrémistes de toutes les identités, de toutes les chapelles, excités par la perspective de violence. A une société Française qui confond pacifisme et refus de la violence, avec faiblesse, dégoût de soi, lâcheté et confort.

Guerrier accompli, Arnaud Beltrame ne s’est pas « sacrifié ». Il a affronté à main nues cette violence armée. Il avait fait le choix du don, un choix de service public au sens fort. En se mettant à la place d’une otage, il a manifesté à une société de consommation ébahie, que quelque chose de plus grand que notre vie (quelque soit le nom qu’on lui donne) transcende l’aventure commune des homo-sapiens.

Le fils de la mamie Knoll, (car elle est la mamie maintenant de tous les parigots) a parlé du coeur à la société civile toute entière. Il nous a dit que le refus de la haine, du meurtre, de l’injustice, n’était pas une affaire communautaire, religieuse ou politique. Qu’elle transcendait toutes les appartenances et concernait tous ceux qui ont un coeur. Par là, il a fait d’un poison une antidote. Tous ceux qui veulent embraser la société Française en identités haineuses étaient sciés.

Cela a été peu soulevé autrement que par la polémique, mais cela a été ressenti. Au plus profond de sa douleur, cet homme nous a dit que nous étions d’abord tous ensemble pour peu que nous décidions de nous y associer. Mireille Knoll est désormais une héroïne et martyre parigode. Son fils un autre héros pour la France.

Ces témoignages de l’époque au meilleur d’elle-même nous invitent à vivre pleinement notre rôle de petit rouage dans la grande machine collective, pour inverser les gros qui doivent l’être. D’être mû bien sûr, mais aussi de mouvoir et d’émouvoir.

Nous ne savons pas comment les choses vont tourner, mais ce n’est pas l’important. L’essentiel c’est que des héros ont mis en marche des forces et que ces forces doivent se combiner, que nous devons prendre notre part pour y aider. Nous ne devons nous retrouver que dans un refus très large de toutes les haines et des amalgames identitaires ou communautaires d’où qu’elles viennent, pas dans ces refus, partiels et sporadiques; surtout pas ceux de notre « communauté » contre une autre. Nous devons nous retrouver aussi dans un usage positif et protecteur de la force.

J’espère pareillement que les forces sociales vont faire dérailler l’emprise que ces Marcheurs veulent donner aux multinationales sur le Service Public. Et que des victoires de la société face aux empoisonneurs en entraineront d’autres sur la question de survie de l’écologie toute entière.

Langlois-Mallet

NB : Une petite aparté sur les étrangetés du jeu des engrenages, ou comment certains engrenages forts ont paru eux, tourner à contre-temps dans l’actualité.

Ainsi le rouage féministe. Des femmes avaient raison de dénoncer les violences sexistes au sein de St Cyr. L’actu a été percuté par l’attentat. Beltrame était issu de cette école. Fin de la séquence.

C’est un peu dommage car des héros ne doivent pas servir à faire taire des victimes et encore moins empêcher que leur école d’origine s’améliore. Mais c’est aussi un signe d’un mouvement parti sur des bases qui ont braqué beaucoup de soutiens.

Plus bizarrement encore, les #Meetoo et les #balancetonporc n’avaient rien à dire ni sur le meurtre d’une femme âgée, ni sur une autre, sauvée parce qu’un homme donne sa vie. Je risquerais bien volontiers l’hypothèse que c’est parce que l’homme protecteur manque à beaucoup que ces causes justes au départ, glissent dans la bêtise, l’amalgame et une virulence tout azimut.
A l’exemple du mouvement Vegan, dont la réflexion intéressante se salit dans l’extrémisme, quand quelqu’une en vient à se féliciter de la mort du chef de rayon boucherie dans l’attentat…

***

* Notons pour mémoire les noms des vingt courageux qui ont tenté de s’y opposer :

Richard Ramos (Modem), Les PS : Delphine Batho, Marie-Noëlle Battistel, Marietta Karamanli, Stéphane Le Foll, Christine Pires Beaune, Dominique Potier, François Pupponi, Hervé Saulignac, Boris Vallaud.

Quatre « Insoumis » (les autres sont-ils devenus soumis, avaient-ils piscine ?) Caroline Fiat, Bastien Lachaud, Mathilde Panot, François Ruffin et 6 communistes, Marie-George Buffet, André Chassaigne, Elsa Faucillon, Jean-Philippe Nilor, Stéphane Peu, Fabien Roussel

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