La tristitude de la gauche culturelle

« La tristitude, c’est quand tu marches pied-nu sur un tout petit Légo… quand ta femme fait de l’échangisme un peu sans toi, quand des jeunes t’appellent Monsieur pour la première fois » nous apprend la chanson.
 
En version politique, la tristitude de la gauche, c’est quand il te faut reconnaitre qu’Elisabeth Lévy a raison ou si tu veux quand une leçon de liberté te vient de droite. « Et ça fait mal, mal, mal… » à certain-es.
 
C’est un peu ce que je ressens à la lecture de certains copains effarés. « Mais comment tu peux être d’accord avec une tribune signée par Elisabeth Lévy » (personne ne citera Catherine Millet aussi signataire), parce que se définir dans ce clivage, c’est avoir des totems, des prêt à penser. Des bons automatiques, des méchants automatiques. C’est endormir volontairement une partie de son cerveau pour le mettre en pilote automatique sur des autoroutes de la pensée, ou plutôt sur une ligne de chemin de fer qui arrive toujours au mêmes endroits aux mêmes heures.
 
« Mais comment tu peux être d’accord avec une tribune signée par Elisabeth Lévy »… Je ne peux vous dire l’effroi que suscite en moi cet argument au degré zéro de la pensée. Un vertige intellectuel. Qui se double souvent d’un vertige amical ton copain étant soudain à se demander de quel côté tu aurais été dans la prise du Palais de la Moneda et toi comment tu aimer peux à ce point aimer des cons.
 
Le réflexe est si surpuissant pour cette gauche identitaire, qu’elle peut voter PS pendant 30 ans pour avoir une politique de droite, tant qu’il y a du rose sur les affiches, l’esprit dort en paix. Et qu’elle avalerait de la mort au rats, s’il était écrit « lutte contre l’injustice », ou « combat progressiste » sur le paquet.
 
En ce moment, la globalisation anglo-saxonne lui fait bouffer sa morale puritaine, faite d’une fausse image que l’on se donne et d’une hypocrite pornographie que l’on cache, et elle l’avale d’un trait comme un médicament parce qu’il y avait écrit « féminisme » sur le flacon.
 
On part d’un point juste : le viol est un crime. On continue par un très discutable, les femmes sont des victimes. On poursuit sa route le désir des hommes est coupable. Et l’on arrive au n’importe quoi : « Un baiser, un regard, un mot sont des viols qui doivent être poursuivis » Et l’on te fabrique une société bien horrible, de la défiance, de la guerre de tous contre tous. Une société de frustrés, aigris et solitaires, fouillant leur mémoire pour voir s’ils peuvent accéder à la seule dignité, à la seule zone de confort moral face au Big Brother médiatique celle de « victime. »
 
– Ne pensez pas qu’il y ait une vraie réflexion sur les attitudes, les comportements se cachent juste. C’est l’hiver médiatique, on s’emmitouflent dans sa doudoune féministe, mais le porc reste porc (voir chronique précédente sur les hommes metoo).
 
– Ne pensez pas qu’il y a un vrai débat ouvert sur l’art d’aimer, la complexité du désir de l’autre et la richesse pour soi-même de son plaisir, la liberté sexuelle et amoureuse. Juste un onanisme honteux après la messe médiatique et sa grande blanlerie morale et sa menace du bâton juridique.
 
– Ne pensez pas que les femmes expriment ou satisfont mieux leur désirs. Elles sont juste invitées, quand la quête angoissée de se demander quand et où elles ont rencontré leur nouvelle identité de victimes les laisserait en repos, à traquer le « sexisme » à tout propos chez l’autre et à censurer toute expression masculine ou tout dispositif collectif (les urinoirs dans les Toilettes Messieurs, est-ce du sexisme ?)
 
Comment fabriquer des monstuosités avec de de justes causes au moment du passage à la généralisation, à la systématisation ? Au moment où l’on arrête de penser pour se mouler à une idée ou à un mot, à se conformer à l’avis des copains moutons en se persuadant que l’on est une minorité en lutte, ou pire parfois pour juste se composer une image collective qui fait bien… Une contradiction mortelle qui traverse justement toute l’histoire de la Gauche.
 
Langlois-Mallet
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