Politique. Une élection assez simple

Quand tu vois ton pays qui fait entrer le cheval de Troie dans ses remparts en chantant, que fais-tu ?

« La colère n’est pas bonne conseillère. » Le vieil adage ne ment pas pour résumer la situation politique en France. Un pays à juste titre en colère contre sa classe politique uniforme – mêmes valeurs culturelles soixante-huitardes, même politique économique libérale – faute de s’entendre, a accouché d’un monstre : Le Macronisme.

Dans l’épisode précédent, on se souvient les médias ont su capter la révolte et détruire une à une les candidatures pour imposer leur président :

– Fillon ? Une proie, ringarde à pleurer, disqualifié par ses comportements d’un autre âge.
– Les « petits » candidats ? Un à un, ridiculisés.
– Mélenchon, excommunié pour des soupçons imaginaires.
– Le Pen, trop facile à tuer comme « nazie » médiatique, quand il s’agit juste d’une incapacité crasse.
– Il n’y avait guère que Hamon qui n’a pas eu besoin des médias pour se tuer tout seul dans son allégorie du principe de Peter.

Les candidats étaient partis pour une lutte politique, l’élection 2017 leur aura appris que le match se joue désormais d’abord contre les éditorialistes du CAC40.

Paradoxe

Au final nous voilà avec un pays qui, pour rejeter, une politique se retrouve à la plébisciter. Qui, par rejet de Hollande et de Sarkozy, vient de prendre le pire des deux, sous une enveloppe il est vrai plus séduisante. Un pays qui au fond veut le changement, mais sans changer lui-même. Qui dans une rage de Caliban brise juste le miroir que lui renvoie la classe politique, avant de se couper avec ses éclats de verre macroniens.

Vous ne vouliez pas de la loi El Khomeri ? Vous voterez pour, puissance 10. Vous faisiez barrage au racisme ? Vous aurez la président qui fait des blagues Trumpistes sur les noyés. Vous vouliez les libertés publiques ? Vous aurez l’inscription des lois d’exception dans le Droit commun.

C’est que, juste avant, lors des primaires, les digues avaient sauté. Les candidatures de synthèses des partis centraux avaient été balayées, laissant croire à une possible déconstruction de la politique unique par ses marges. C’est l’inverse qui s’est passé. La candidature de synthèse, produit du même nom, a aspiré les deux anciens axes politiques, qui du coup n’ont plus rien de crédible à opposer au jeune pouvoir qui représente finalement leur rêve aboutit.

Exit le PS, exit les Rep, pour qui voter alors ?

La recomposition se recompose donc en se décomposant… en lutte fratricide entre les courants, laissés à droite et à gauche, du grand parti unique présidentiel. La logique voudrait que les partis de synthèse soient mieux placés que les partis extérieurs dans cette course.

A droite, verra t-on le FN des Le Pen remplacé par un grand môle des souverainistes regroupant les Dupont-Aignan, les Philippot et la droite des Rép communier dans une nostalgique culturelle ?

Côté écolo-gauche c’est une élection au couteau pour savoir à qui ira le couvre-chef de l’opposant majeur. La recomposition se fera t-elle autour d’une gauche de compromission (recyclant les Duflot, les Hamon et toute la clique des années Hollande, penchant un coup frondeur, votant un coup soumis) ou autour d’une ligne claire mais forcément affaiblie dans une recomposition autour de la France Insoumise de Mélenchon. C’est ce que vote vote doit décider.

Pour moi, le choix est donc simple

J’opte pour la ligne claire. Pour ne pas nourrir ce qui nous détruit depuis tant d’années, cette disjonction entre les paroles et les actes qui a fait tant de mal à la vie publique et à l’intérêt général. Je voterais donc au premier et au deuxième tour pour la France Insoumise (dans mon village de Belleville c’est la batailleuse et un peu scout Danielle Simonnet).

Un vote de raison pour le seul parti qui a été capable de tracer un lien entre la seule question valable, absente partout ailleurs, celle d’une mutation écologique totale, véritable question de survie collective, et les fondamentaux de la nation française, son indépendance à l’égard de l’argent et des grandes puissances.

Pas que je pense que la FI ait un fonctionnement démocratique impeccable. Pas que je pense qu’elle ne s’illusionne pas à vouloir normaliser et caporaliser toutes les différences, pas que je pense qu’elle puisse gagner seule sans une profonde transformation de son rapport à tous ses alliés potentiels.

Juste par ce que je comprends que la logique politique impose à gauche ce moment de clarification. J’opte donc pour la ligne claire en vous invitant à faire de même, mais aussi à prendre date pour les diversités qui devront émerger demain (et la FI devra l’accepter ou perdre toujours), dans un contexte macronien il est vrai très difficile et démocratiquement putride.

Bon courage les Ami-es !

Langlois-Mallet

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