Premier Tour. Où l’on reparle du drapeau blanc… §;-)

Bon ? On se la fait cette p’tite n’alyse de cette soirée d’élections… ?

Nous, nous étions chaleureusement au Lou Pascalou (par parenthèse, j’ai oublié ma sacoche là-bas…). On a vu comme vous le système exulter dans l’agitation des petits drapeaux Made in Taïwan distribués à la hâte. L’étudiant en commerce à la chemise (blanche forcément, ouverte forcément) dire qu’il vivait une expérience « trop forte » et la journaliste-précaire en extase qui semblait ne pas vouloir retirer la main de… Bref, c’est la fête !

Le petit épargnant qui ne veut pas voir baisser ses actions, même si sa fille fait un cancer, même si sa femme est dépressive, même si son fils est perdu entre les écrans et quelques potions pour oublier, a voté. Majestueux. La démocratie représentative, c’est son règne, non ? Pas question de prendre le moindre risque en voyant le cours des actions familiales indexées sur l’Euro baisser ! Macron est son prophète. Les initiales du télévangéliste brillent dans les directs devant la maison mère de son mouvement. Brigitte sert des louches. Tout brille, tout sent le botox, l’artifice de com’, la notoriété marketing, le media-planning. Peu importe. Ça Marche !

Une sorte d’Airwick politique…

Voilà. Ce sont ces 20 % de clients des promos d’hyper qui vont faire la loi, parce qu’à partir d’un certain nombre de couv » de magazine. Ben, ils achètent. En face, la bêtise et la médiocrité de l’adversaire idéal-adoré, le FN, offre une sorte d’assurance-vie au système. Quel pied d’avoir des méchants si stupides et repoussants ! De quoi être les bons, les winners jusqu’au bout de la nuit…

En attendant le système se relance. Même s’ils sont désormais tous regroupés sur l’iceberg. Les pingouins ministrables ont de plus en plus chaud… Et, à voir les têtes déconfites de certains, il n’y en aura pas pour tout le monde. La disparition du bipartisme de la politique unique, pour le monopartisme à un coût… Vraiment dommage que la torpille Méluche soit passée si près !

La gauche annule la gauche

Comme prévu, l’opposition s’est annulée. La gauche pour se réinventer devait en appeler au peuple. C’est ce qu’à sût faire Méluche. Rajoutez ses qualités personnelles et une équipe qui mouille le maillot et vous aurez le succès de la France Insoumise. Merci à eux pour cette campagne. Mémorable. Mais c’était sans compter sur transformation qui faisait l’impasse (pouvait-il en être autrement ?) sur son encadrement. Le clergé de la gauche menait campagne parallèle. Non plus pour gagner, mais au moins pour faire perdre. Et prouver qu’il faut passer pour lui. Par les réunions interminables, les faux accords sur les programmes (qui valident en fait les distributions de postes et de circo), bref la bonne tambouille. Celle qui fait qu’au nom (de la main) sur le coeur de la gauche, on assure surtout à ses gamins la bonne place dans la compétition et au conjoint, le petit confort sans quoi la vie perd sa saveur. La gauche, il y en a qui en vive, merde !

Donc pas de deuxième tour Méluche Macron qui aurait valu cher. Je reste orphelin du débat de 2e tour ! Comme le vieux prof se serait gentiment offert le jeune trader, qui saisit les opportunités professionnelle (l’Elysée…) sans conscience. Car la suite est écrite. Il l’a dit lui-même « je ne resterai pas en politique » Ce qu’il faut en comprendre ? Limpide.

L’usine France a trouvé repreneur, le plan social se prépare

Macron, récupère une boîte mal en point. Comme Bernard Arnaud, Tapie ou n’importe quel autre. Passer les flonflons du bal, sa mission est de dégraisser. Et la graisse, c’est vous. D’une manière ou d’une autre. Il va donc planter la boîte France. Mais pas de soucis, c’est ce que les actionnaires qui l’ont mis là demandent. A lui le parachute doré. Les stock option. Puis il délocalise. Les « ouvriers-électeurs » se démerderont comme ils peuvent. C’est la loi du marché… Et comme le plan social aura été impopulaire, il restera juste à le délocaliser. L’exfiltrer vers des conférences bien payées. Un poste en vue dans une institution internationale. Ou un paradis fiscal.

Ouvrant la porte à un électorat plus que jamais en colère (saine ou aveugle) pour gérer le désastre, écologique, économique etc.

Alors voilà. On est là. Il y a les législatives qui viennent et l’on va se battre. N’oubliez pas que les Hamon, les Duflot et tutti viennent de vous planter gravement pour leurs petites carrières. Avec de pseudo prétextes vertueux. Un mot là-dessus ? Sur l’espèce de plan bisounours hallucinant que nous a fait la campagne Hamon ?

J’ouvre une grosse parenthèse donc…

Ils n’ont pas considéré l’intérêt général, mais leur besoin. Celui de se refaire une virginité. Cela fait depuis la fac, depuis le MJS et l’UNEF-ID qu’ils trempent dans des magouilles et des petits arrangements avec pour but de ménager leur accès au pouvoir. Et puis, comme ce sont quand même des gens conscients, au fond d’eux monte une marée de nausée. Quel monde offre t-il à leurs enfants ? Je suis certain que Hamon n’est pas un personnage haïssable. Qu’il couche ses enfants le soir, comme il l’a un peu mis en scène, et qu’il veut sincèrement être (aussi) un héros pour eux. Alors voilà, cette campagne, c’était l’occas de la pureté. Le PS était grillé et il fallait se refaire une virginité, ce qui tombait pile avec ce besoin de vivre autre chose. Un truc comme le revenu universel par exemple. Mais attention, un truc de gentils. Sans adversaire au bout. Sans argent pris comme le méchant Mélenchon (qui fait peur tout de même) au 1% des milliardaires. Idem, une écologie sans méchants, sans être l’adversaire de l’industrie chimique ou nucléaire.

L’Ile aux enfants, paradis pour Casimir du FN ?

Les complices de cette Ile aux enfants, pour les post-ados qui refusent de grandir, c’était bien sur les cadres Verts. Usés jusqu’à la corde par les compromis, les arrangements et dont le manque de scrupules personnels s’étale à chaque remaniement ministériel. C’est d’ailleurs ironique de voir, pour moi et mes copains (qui le portions à l’époque, il y a 20 ans) que les mêmes Verts avaient tué ce le « revenu d’autonomie » quand leur jeunesse le portait… Comme les anciens MJS, apprentis attachés parlementaires eux, les Hamon and co, enviaient, fascinés à l’époque, nos « utopies » eux pour qui la politique se limitait à la quête « des postes » et « des places » (au nom de Jaurès oeuf corse).

Voilà. On est victime de tout ça ce soir. De ses histoires. De ce besoin de pureté qui amène le pire. Bref, on perd et les pires sont en lice pour le 2e tour avec une question dégueulasse sur toutes les lèvres « qu’est-ce qu’il vaut mieux voir à l’Elysée du petit trader, ou de l’héritière du manoir fantôme, plein des peurs et des fantasmes de l’extrême-droite qui ont dû la terroriser enfant ? ».

Libéralisme sécuritaire, ou autoritarisme libéral ? Ben… Et si j’ai piscine…?

Le pire de cette réponse ? C’est que la différence n’est pas énorme. En tout cas qu’elle se réduit. Le culte du profit des actionnaires de Macron le jeune, ne peut se maintenir, vu la misère qu’il crée partout, qu’en durcissant de plus en plus la répression. Le cool-power mondial, le sera de moins en moins.

Quand à l’héritière des brutes, elle ne peut remettre en question ni cette quête folle du profit qui détruit toute vie locale, réelle, ni penser un avenir écologique ou solidaire. Plus de fric pour les mêmes égal forcément plus de répression pour tous (et inversement).

Alors ? Ben… Un président détestable, il nous attend, ce n’est pas la fin du monde. A condition de s’y soustraire mentalement. Ensuite, de mener la bataille pour la dernière redoute, même si elle sera peut-être perdue, elle n’est pas vaine : les législatives qui sont la bataille pour le choix du gouvernement (celle qui compte en fait). Et puis voilà, reprendre ou ne pas lâcher les autres, celles du quotidien : du quartier, du travail, de la rue, de la vie… Elles ne sont pas tout, comme le croient les autonomes, les anars, elles sont aussi.

On repart juste beaucoup plus forts (merci encore à Méluche !) mais toujours aussi défaits (vive la Commune enfant !). Merci à Méluche aussi (et combien) de ne pas s’être rallié à Macron. Merci pour le référendum. Je voterais blanc, comme mon bulletin de deuxième tour. Et je vois les mauvaises langues dire que cela ne déplait pas à mon côté vieille France… Eh ouai !

Langlois-Mallet

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2 réflexions sur “ Premier Tour. Où l’on reparle du drapeau blanc… §;-) ”

  1. Content de te retrouver. La parenthèse « hamuchienne » m’avait laissé perplexe ! Bilan des courses : magnifique victoire de Hollande devant la droite la plus bête du monde. L’écologie à 26% et aucun ecolo canal historico-européiste pour s’en réjouir.
    Bertrand

  2. PS : si la droite avait été moins bête, on aurait Juppé-Macron, et on voterait blanc. La droite est complètement stupide et il faudrait voter Macron ? Compte la- dessus !

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