Présidentielle. Une 2017 « prévisible » nationalisme v/s Libéralisme ou une « explosive » sous effet Méluche ?

Si je devais résumer le débat français à des amis étrangers, ou proches un peu décrochés, je dirais que, comme un peu partout dans le monde, les politiques de droite et de gauche ayant convergé vers une politique unique, l’axe de gravitation se déplace de façon prévisible vers une opposition entre nationalisme et libéralisme (la décrépitude des anciennes formes étant incarnées par Fillon et Hamon auquel se substitue la nouvelle opposition par l’axe Macron/ Le Pen).
 
Mais la singularité française s’exprime dans ce concert global, avec Mélenchon, qui disjoncte le débat en posant d’autres catégories entre le national et le global (comme par exemple la prise d’impôt sur les exilés fiscaux), posant par avance la critique que le nouvel axe libéralisme – nationalisme aboutira aussi à la même politique donc à la même déception (puisque le libéralisme ne peut se maintenir qu’en durcissant sa politique répressive et que le nationalisme laissera de côté la question de l’hyper-classe globale, qui continuera à pomper et la possibilité de vie de la planète et le budget des états, dont la dégradation des conditions de vie).
 
Fragmentation
 
Cet effet Méluche opère donc sur l’axe Macron-Le Pen, le même effet que Le Pen sur l’axe droite-gauche, un éclatement. La France passe ainsi très vite du bi-partisme à la tripartition de sa vie politique, puis aujourd’hui à un jeu d’au moins cinq familles antagonistes, c’est à dire à une pluralité dans un système électoral majoritaire, conçu au contraire pour construire des majorités claires.
 
D’où je déduis qu’il n’y aura probablement pas de vainqueur à la présidentielle. Car quel que soit formellement le gagnant, il sera dès le soir de son élection minoritaire dans l’opinion, et ne pourra pas trouver de majorité au parlement. Nous allons vers un blocage, car ce qui est contesté n’est pas seulement la politique unique du social-libéralisme, mais l’idée même d’une politique unique. Ce n’est pas l’élection du président qui a vécu, c’est le système majoritaire qui est en état d’obsolescence programmé.
 
Mise à mort non du président, mais du fait majoritaire
 
C’est à mon avis tout l’enjeu de la sorte de ligue qui se fait de partout dans le rejet du social libéralisme. Non pas tellement qu’il y ait un projet commun entre contestataires de droite, de gauche, d’extrême-droite, de l’écologie, des laïcs, de croyants (encore moins des amalgames possibles pour répondre au débat du matin). Mais simplement que la mise à mort de la politique unique est la condition d’expression et d’existence pour des sensibilités très diverses.
 
La politique unique (dure aux faibles sur le plan économique, extérieure à l’hyper-classe sur le plan fiscal, individualiste sur le plan des valeurs, moralement élastique sur les pratiques, mais donneuse de leçons sur le plan du verbe) n’étant plus le compromis acceptable pour vivre ensemble. Là encore, je ne pense pas qu’une autre famille fasse concensus demain, que ce soit les néo-religieux, ou les laicards, les nationalistes ou les écolos… Mais plutôt qu’il faut aller à l’assemblée vers un système de négociation de politiques à géométries variables, où les alliances se composent et se décomposent en fonction des grands sujets : économie ouverte ou protectrice, morale individualisée ou commune etc.
 
Ce pourquoi la question n’est pas de supprimer la fonction du président de la République comme le croit les Méluchiens, mais de la faire évoluer et surtout de faire évoluer l’Assemblée Nationale et le fonctionnement même de la politique pour redonner place à la complexité face au simplifications, à la négociation face au rapports de force, aux citoyen-nes face à l’élu etc.
 
La politique française ainsi n’est pas un simple copié-collé de la politique globale, la deuxième manche de la bataille Trump-Clinton, mais une aventure passionnante à usage du monde et des dauphins.
 
Langlois-Mallet
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s