Pourquoi Méluche doit vexer la Gauche

La gauche et toutes ses tribus… Les employés de l’industrie syndiqués, les profs grognons et laïcards lecteurs de Marianne et qui se reposent sur Télérama pour piloter leur culture, les activistes des droits des minorités assoiffés d’absolu ou silplement d’excès, les expérimentateurs écolos, les précaires en colère… bref, beaucoup de familles qui, pour une bonne raison ou plusieurs, peuvent trouver leur compte à la candidature Méluche.
S’y ajoute les gentils, pas trop conséquents, qui rêvent que tout change mais à condition que rien ne bouge de leur petite vie, qui pour la plupart ont trouvé en Benoît un grand frère rassurant. Un chef scout pour bivouac politique parmi les loups.
Et puis les autres… Cette famille sociale libérale qui squatte depuis Mitterrand la direction effective de la gauche et les places de pouvoirs au nom de quelques principes de plus en plus éloignés de ses actes. Une sorte d’agence de com’ qui tient de Mai 68 par la proclamation, et du cahier saumon du figaro pour ses valeurs réelles. Celle là qui se vautre avec délice dans l’idée que Macron, le saint patron de son business, se dresse comme le rempart au mal. Absolution morale et business… Le Graal !
C’est justement parce qu’il s’agit de battre cette «  »gauche » »-ci et de tourner la page de 35 ans de reniement, qui ont fait de l’obscur groupuscule FN le premier parti de France, que Mélenchon doit inventer autre chose. S’il veut être celui – là.
Car la gauche dans un pays de droite ne suffit pas, surtout quand celui – ci est plus que tenté par l’extrême -droite.
Dans un contexte où la dialectique gauche – droite s’efface au profit d’une autre haut – bas, souveraineté – mondialisation, fermé-ouvert, voir fric – écologie au mieux… Il faut être capable de réunir bien d’autres familles : gaullistes sociaux, chrétiens solidaires, immigrés fragilisés, humanistes raisonnables, travailleurs indépendants, artisans et petit patrons, jeunesse, gens de bonne volonté et actifs divers qui ne veulent ni ne peuvent se reconnaître dans un président corrompu, ni dans les extrêmes du libéralisme de Macron ou du FN.
Parce qu’une élection présidentielle à un tour ne permet pas de rassembler sa famille, puis de recentrer son discours; mais qu’il ne peut être question ni de trahir les uns, ni de manquer des autres, il faut innover. Prendre le trou, comme au rugby. Et inventer. Une autre articulation des catégories politiques qui permette à la fois d’être ensemble face à la mondialisation, d’être contre sans se diviser. D’être « pour » en fait.
Comprenez, je vous aime bien, petites tribus de gauche sincère. Mais je souhaite que Méluche vous vexe. Vous bouscule sur vos certitudes pour qu’il ne vous flatte pas, comme Mitterrand.
Langlois-Mallet

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