Les Ami-e-s, un petit mot de politique et je vais lire mon Murakami pénardou en terrasse (parce que ce thème des « Hommes sans femmes » me parle bien. J’en suis encore à me demander comment un homme qui a toujours vécu sous perfusion du monde féminin, les regardant à la fois comme plus nécessaires « più del pan che mangio, più dell’aria che spiro ! » ou des Jeanne d’Arc casquées, en est parvenu à cette défiance intérieure, cette incrédulité tintée d’ironie et de déjà vu. Oh, bien sur, la marionnette en moi, les regarde encore comme un gamin une vitrine de Noël… Mais bon.)
Donc plus sérieusement. Mon intime conviction, vous la connaissez. Il y a une seule et unique chose absolument sérieuse. C’est l’extinction du vivant sur cette planète du fait de notre action et pire, de notre inaction.
Nos vies d’adultes ne valent pas grand chose — comme ces jeunes gays qui pourraient guérir du SIDA mais ne parviennent pas se dire s’ils méritent de vivre, comme dans un lien que j’ai croisé ce soir; comme quoi, l’identité est indispensable pour faire, mais ne sert à rien pour vivre — contrairement à ce que nous dit la culture de consommation-libérale-individualiste dans la nous baignons et qui est sans doute une des plus anti-humaine qui soit. Nous redécouvrons peut-être, ce que nos ancêtres savent depuis la horde primitive, depuis cette immense errance nomade des hominidés, ou depuis la défense à mort de la terre-mère des sédentaires; nous ne vivons QUE pour ce qui vient après nous. Même pas pour eux, mais pour nous. Parce que c’est notre seule dignité et donc ce qui peut nous fonder et donner un sens au retour des jours dans la noire immensité des ciels infinis.
Tu me diras : « c’est joli », mais ça ne dit pas grand chose de pour qui voter et donc des robes de Fillon (car il parait qu’il a une garçonnière où… » Mais non. On a dit que ça ne suffisait pas… Il doit rester une icône catho demain, comme hier, un ascète à l’imitation désirable. Oui, on a dit qu’on parlait politique.
Oui, politique donc. Donc je ne peux humainement m’associer qu’à un président qui rompe avec ce cycle que vos enfants apprennent en 6e et que vous ne comprenez pas; 80% de l’énergie consommée qui détruit la vie sur Terre et une population qui explose avec ses mêmes besoins (et peut-être 8% d’énergie durable pour la com’). Pas avec un adolescent fasciné que sa rapidité mentale, sans conscience, gravité, ni profondeur, lui ouvre la porte de tous pouvoirs à condition qu’il chante la chanson qu’on lui a apprise : accélérons !
Je pourrais à la rigueur voter, lors d’un 2e tour, pour celui qui arrivera 6e… Celui qui ne tire aucune conséquence de ce qu’il sait qui puisse remettre en cause la stabilité de son quotidien. Le candidat gentil, des gentils… Mais qui veulent surtout que rien ne change de leur vie, un peu insignifiante, mais assez confortable. Mais pour tous les autre, ceux qui hurlent « Plus de fric ! » ou « Moins d’étrangers ! », ce sera peut-être, probablement même, la réalité que vous choisirez, je le respecte. Mais ce sera sans moi soyons clairs.
Cela dit, j’accepterais, car je suis légaliste et plus cohérents que les différents perdants aux primaires, car j’appartiens depuis la nuit des temps, toutes les aventures de mes ancêtres, à un peuple et je serais solidaire, jusque dans le suicide. Je ferais même plus, je regarderais toujours d’abord le positif, comme avec Hollande au début.
Si vous voulez Macron ? Je me dirais, bien. Ce peuple veut jouer la carte de la confiance dans ces élites dont il est pourtant évident que les choix nous détruisent à leur profit. Misons sur je ne sais quel changement…
Vous voulez Le Pen ? Je comprends que l’angoisse du vide ou roule l’humanité, amène partout les peuples dans un réflexe de survie à se regrouper sur leurs tribales certitudes. Alors qu’il est évident que le tissu de la France même, multiple, se perdra en déchirures. Misons sur je ne sais quelle force positive qui résulte de cette affirmation infantile…
Vous voulez Fillon ? Passer outre la corruption individuelle et le mensonge brandi en étendard, passer outre la promesse de souffrance des plus faibles pour un regard prostitué aux plus aisés ? Misons sur le temps et la patience et l’acceptation de ce qui viendra… Amen. Que votre volonté soit faite.
En attendant, je n’aurais voté moi, pour rien de cela et ne serais pas comptable d’une illusion ou d’une compromission.
°°
L’écologie est le sujet. L’autre question est la souveraineté. Parce qu’il s’agit d’une élection présidentielle. Et donc que c’est la définition même du chef de l’Etat que de garantir la souveraineté, c’est à dire l’indépendance de la France, sa liberté de parole (cause culturelle, cause sacrée !) et tant que faire se peut sa liberté d’action (c’est à dire sa liberté, son rayonnement et sa grandeur). Je ne peux donc voter à une présidentielle (ce pourquoi je vous bassine avec ce thème, comme avant avec d’autres et, preuve que j’ai le nez creux dans mes obsessions, ce sera le thème central de cette élection en témoigne l’avalanche de candidats souverainistes : dans le danger vital du monde, décider soi-même ici entre nous quitte à prendre les mauvaises décisions, ou laisser le système global gérer notre sécurité. Mon expérience personnelle des situations de survie depuis le plus jeune âge m’inclinant radicalement à se faire confiance pour gérer par soi-même quel qu’en soit le prix. Et l’impression que la France nous crie, comme dans la chanson qui passe là ce soir là, par hasard, comme l’enfant que j’étais à cette petite fille dans la nuit « Ne m’oublie pas ! »… Moi, je n’insiste pas, j’te connais par coeur ! etc.
Voilà. Je n’aime ni ne mésaime Mélenchon, auquel je n’ai serré la main qu’une ou deux fois. Le fait qu’il soit désagréable par certain côté ne me paraissant pas incompatible avec la fonction. Je ne cherche pas, contrairement aux électeurs de Hamon un pote qui me ressemble (vous avez besoin d’amour ou qu’on vous dise que vous êtes des gens biens ? Vous n’en êtes pas persuadés par vos actions et vos choix ?)
Je peux faire le catalogue de mes doutes et de mes critiques (pointues comme ma langue, vives comme ma pensée). A commencer, contrairement à ce que l’on dit, de ne pas assumer assez. L’aventure radicale qui consiste à être seul face à un peuple et assumer, non pas la botte en touche d’une 6e République, concession que le peuple ne demande pas, mais gage que demande une gôche qui confond les espaces politiques, celui de la présidentielle et celle des législatives – mais au contraire la prise du pouvoir pour faire ce que l’on croit.
Indépendamment de toutes mes réserves et de toutes les vôtres, il est le seul qui se tient là, debout, à la confluence des ces deux questions essentielle, celle de la cause humaine, l’écologie, et celle de la fonction présidentielle, la souveraineté. L’histoire de France à son meilleur ayant toujours été depuis St Louis jusqu’à Louise Michel, dans cette rencontre entre l’universel du temps et le réel du lieu.
Il y aurait, il y a sûrement mieux que lui. Mais voilà – « Lui » et j’aurais aimé « Elle », ne s’est pas montré – donc dans le choix des 8 ou 10 ce sera lui. Et après basta. Rien d’autre et sûrement pas au chantage sous le feu roulant de leurs médias. Peut-être simplement en écoutant l’avis de gens à la vie exemplaire (ils ne sont pas légion) ou à la position plus exposée que la mienne (je pense aux enfants d’immigrés).
Cela n’empêchera pas d’ailleurs une appréciation différente lors des législatives, qui sont la vraie élection politique intérieure, celle qui compte quoi qu’on l’oublie une fois réglée la symbolique du monarque. Après avoir choisi celui qui me convient le mieux, je voterais à l’inverse au deuxième tour pour le candidat de la gauche, même détestable. Même PS, parce que ce sera alors une question de défense. Et si vous voulez le fond de ma pensée, beaucoup de Français-es feront comme moi. D’où il résultera que l’Assemblée ne sera sûrement pas de la couleur du Président. D’une façon que l’on peut supposer Macron-Le Pen d’un côté et droite de l’autre.
Enfin, soyons complets je vous prie, que rien ne ressemble jamais à un ralliement, mon choix sera encore différent aux municipales, sûrement comme la dernière fois. Le plus radical et populaire possible au premier tour (Front de Gauche), dans l’espoir que le peuple de Paris ait le millième d’un espoir de voix dans un système qui l’interdit de fait; et très probablement NKM au second. Car, outre mon amitié et mon admiration personnelle pour ses qualités, je pense la rupture nécessaire avec le libéralisme municipal et la possibilité d’une autre alliance pour les quartiers.
« On ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment », fort bien, je suis rodé depuis le temps, y compris aux amitiés inconstantes. Mais, outre mon point de vue, qui repose, qu’il vous corresponde ou non, sur quelque chose de solide, entendez du moins mon indépendance radicale.
Langlois_Mallet

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