Présidentielle. Danse sur le volcan d’une France d’adversaires

Jamais nous n’aurons tant ri d’une campagne sur les réseaux, mais c’est sûrement pour conjurer une angoisse, car jamais nous n’avons vécu une élection à ce point dangereuse.

– Je ne parle pas que du FN et de l’angle aveugle que constitue la possible rencontre entre un parti qui ignore la culture démocratique et le pouvoir des institutions d’autre part; dont la culture résurgente revient toujours à désigner des Français comme ennemis d’entre les Français avec l’imprévisible sécession que porte cette proposition.

– Mais aussi de la radicalisation – dans son libéralisme comme dans son autoritarisme – d’une droite devenue imprévisible à elle-même, derrière la figure à la fois corrompue, déconsidérée et blessée de Fillon qui semble prêt aussi bien à tous les chantages, que résiliente à tous les naufrages.

– Comme du caractère assez aventureux de la rupture, pourtant positive (sur l’écologie, de social ou d’une Europe devenue folle et toxique) de la France Insoumise, avec l’étrange cocktail d’une candidature de Mélenchon imposée en force à des mouvements de tradition collective, contre la promesse d’une démission pataquès dans la grande lessiveuse d’une Constituante.

– Sans oublier même la très étrange liste des « petits » candidats, eux-mêmes, tous, sur des positions très polarisées, inconciliables.

– Aussi de l’étrange disparition et de l’allégeance, en deux mois, de toutes les figures modérées d’où qu’elles soient, à l’exception sans doute d’un Benoit Hamon bien tendre et bien vert, cornérisé, mais surtout en sursis, suspendu à l’exode prévu des éléphants vers Macron dès la vraie campagne lancée.

– Mais probablement plus que tout, du fait que l’arche de Noé ouverte au grand marais des électeurs modérés, peureux ou effrayés le soit par ce qui est certainement, sous des dehors de pub dentifrice, la candidature la plus extrémisée de toutes, née du passage en force, au culot, du « parti de l’argent et des médias » comme dit Attac avec leur employé modèle Macron, à la fois métastase honteuse et masquée d’un hollandisme dont plus personne ne veut et rupture profonde avec l’idée même de politique ou de démocratie, si leur essence est d’être une résistance au pouvoir de l’argent.

Le roi du rejet

Presque n’importe qui ayant ses parrainages peut se voir roi de cinq ans d’un merdier pareil. Sacré non par la colombe du St Esprit mais par le rejet des autres candidats, à la manière du Jean-Claude des Bronzés : « Oublie que tu n’as aucune chance Bernard, sur un malentendu, ça peut marcher. » Ce roi du rejet, gagnant le droit d’être celui qui danse sur le volcan d’une assemblée encore plus effarante que lui, et plus imprévisible, mais très probablement hostile à sa politique.

Je me demande comment sera la France de septembre qui, du sable dans les chaussettes, rentrera vers le quotidien de son année avec la gueule de bois de cette épilepsie politique de huit mois pour redécouvrir que si les têtes de pouvoir ont changé, les problèmes insurmontables ont eux profité de la noce pour faire des petits effrayants…

Langlois-Mallet

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