Fillon. La stratégie du noyé

J’ai trouvé Fillon fort ce dimanche. Il maintient son OPA sur la droite modérée en jouant de la Manif pour tous. Coincé entre deux espaces politiques, le libéral où son électorat lui interdit culturellement d’entrer et le FN ou les règles du jeu médiatique lui interdisent de pénétrer; il a renversé le chantage à son propre profit.

Le niai de Sologne, dit-on, ne se trompe qu’ainsi, à son propre profit. Sur la corde raide, il se balade entre le général Boulanger et Gavroche et il n’est pas sûr que ces petits copains aient les moyens de lui retirer l’échelle, de le pousser dans le ruisseau ou de l’acculer sur la tombe de sa maitresse.

Même au négatif, même à l’accidentel, même à la faveur du scandale, il est pour le moment l’homme de cette élection. Celui autour duquel pourtant elle tourne, au point que personne ne s’intéresse au programme de Macron, aux démêlé dramatique des deux gauches (voir des trois si l’on compte la gauche autoritaire de Valls qui regarde passer les trains après que soit passé son pouvoir total qui reposait sur du bluff).

Les Français n’ont plus vraiment peur du terrorisme, plus d’intérêt pour l’Europe ou l’indépendance du pays, plus trop d’idée sur le libéralisme ou le partage et une cécité complète sur l’écologie dont la crise va leur sauter au nez. Les amis des médias des 9 milliardaires voulaient saturer l’espace des photos de leur baby encravaté et de son épouse plus ou moins fictive, mais les Français sont fascinés par les mensonges d’une autre quinqua, Pénélope l’oie blanche comme c’est je crois l’étymologie du nom grec.

Marine Le Pen elle-même ne déroule pas grand chose de son programme ou de sa légende familiale. Tout le monde regarde le spectacle fascinant d’un homme qui se noie et, petit à petit règne, de cette façon de survivre désordonnée, dans les esprits. Reprenant et retournant un à un les mythes du sarkozysme qu’il a déboulonné, de la corruption assumée, à la saturation de l’imaginaire des gens sans perdre sa raie sur le côté, ses airs de communiant et ses chattemites d’enfant de choeur.

Pendant ce jeu de bonneteau du candidat, un Sens Commun fillonisé et Marion Maréchal le Pen se rapprochent doucement dans les rues, préparant un mano à mano, à la fois danse du ventre et concurrence, d’une France de l’identarisme religieux et d’une France de l’identitarisme laïc qui ont l’air de d’imposer leurs noces comme l’autre grande option politique face au libéralisme global, cool et élastique de Macron. Prime non aux meilleurs, mais de ceux qui ont osé ou voulu le plus fort. Quand les gens sont en panique, c’est là, aux forts, qu’il vont. A celui qui a pris le système par séduction ou à celui qui lui aura survécu, l’histoire le dira.

Un pile ou face ou il n’est plus exclus que la gauche disparaisse en même temps que la droite modérée. Le bipartisme reprenant ses droits.

Langlois-Mallet

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