Présidentielle : D’une France en réaction chimique

La fascinante explosion des Républicains, après celle du PS, ouvre un espace immense… A prendre ou… à pleurer.

C’est intéressant ce qui se passe à droite, car ce n’est pas juste comme le commentent les médias Fillon en kamikaze solitaire. Cela a plutôt à voir avec ce qui s’est passé au PS, la base qui se radicalise et qui se rompt les amarres avec ses cadres trop libéraux. Fillon a gagné parce qu’il représentait l’outil d’une révolte de la droite contre ses cadres trop centristes et libéraux. La rupture se fait avec les cadres, dont FIllon affirme pouvoir se passer désormais. Il est plutôt emmené vers le rapprochement que ces gens souhaitent au fond avec le FN. Comme le dit un ex-ministre « nos cadres vont aller chez Macron, nos électeurs chez le Pen. »

Juppé peut bien se présenter, cela ne change pas grand chose si Fillon se maintient, à part préparer une réserve de 10 ou 15% pour Macron. Un peu comme si Valls ou un autre rassemblait l’ancien PS des ministres gonflés de leur importance sans consistance politique; pour le même résultat, venir grossir le Macron qui occupe l’espace central des réseaux de pouvoir et d’argent et vers lequel toute démarche qui ne remet pas en cause le système global libéral finit par converger. En revanche, ce qui est en train de changer, c’est qu’une partie de la droite est désormais libre d’aller vers le 2e tour de son choix.

Les deux extrémismes du moment

Si le Lepéno-fillonisme catalyse les révoltes identitaires, religieuses (sens commun, manif pour tous) et laïques auxquelles s’additionnent les jacqueries de notables anti-juges et anti-journalistes. il est probable que le 2e tour de la présidentielle ressemble à la répétition de la primaire de la droite. Un duel à couteau tiré entre la coalition des élites ayant pris en otage les valeurs humanistes au non du libéralisme le plus cynique et le plus destructeur. Et une fronde populiste, identitaire, raciste au besoin et s’affranchissant de tout cadre, ayant pris de son côté en otage la nation et son indépendance, mais sans pour autant remettre sérieusement le libéralisme en question.

Ce sont donc deux postures culturelles, l’une qui la joue cool et open mais en fait mène une OPA extrêmement violente de l’argent sur l’indépendance de la nation. Et de l’autre un mouvement de déracinés, très violemment anti tout ce qui ne sera pas elle. La logique, au risque de me répéter, serait de se retrouver avec une assemblée majoritairement issu du premier et un président issue du second. C’est à dire avec Marine Le Pen présidente de cohabitation d’un Macron premier ministre.

Centralité de l’écologie

Un scenario qu’il reste possible de troubler, si un candidat affirme une écologie dont la vocation est d’être le nouvel espace central de la politique. Central non au sens de la tiédeur, de la chèvre et du chou de Bayrou, mais au sens où il s’agit de porter le débat essentiel et la volonté majoritaire de la France. La France des gens de bonne volonté et d’équité qui veulent construire au quotidien un avenir meilleur et possible pour tous. La France de l’intelligence collective, de la transformation durable etc.

Une France qui se trouve prise en otage par deux groupes d’excités extrémistes, les patrons de médias du CAC40 et les ras du bonnet. Une France centrale au contraire par la radicalité du rejet de ce non choix, entre le suicide par l’argent et l’internement dans l’identité.

Qui pour une irruption ?

Je ne sais pas par contre qui est en mesure d’opérer cette irruption :

Une nouvelle candidature ? C’est peu probable.

Une émergence par la droite ? Un Dupont-Aignan peut s’imaginer un jour de gloire fracturant l’espace entre Juppé et Le Pen. Mais la limite culturelle se ferait vite sentir. Qui, cette France du passé, conservée comme à l’écart du monde et des enjeux écologiques, pourrait-elle convaincre, vu qu’elle ne parvient même pas à se dégager de son ambiguité ?

Une émergence par la gauche ?

– Hamon ? Peut-il affirmer autre chose qu’être un gentil et gris appartachik à la reprise des restes de Solférino ? Peut-il laisser derrière lui une vie de petits calculs d’appareils pour endosser le « costume du général » qu’est au fond le président… Poser la question, c’est un peu y répondre. Son premier mois de « candidat officiel » ayant plutôt ressemblé à l’activité d’un chef de bureau Pôle Emploi chargé du reclassement de carrières des ex-cadres Verts, n’annonce pas vraiment le gabarit histoire de France.

– Mélenchon, imprévisible à lui-même et disposant d’un véritable élan ? Pourquoi pas, mais peut-il se réveiller de son opium bolivarien et voir qu’il n’est pas le candidat de la gauche radicale en jacquerie contre le PS comme il l’avait prévu (puisque ce dernier s’est déjà tué tout seul), et si son ego se fend et sait devenir un outil pour le peuple de France (non, ce n’est pas son extension de lui-même, la FI (France Insoumise), qui « apporte des solutions » à la France, ce sont les Français qui ont des solutions et ont besoin d’un outil politique qui les mettre en oeuvre !)

Quoi qu’il en soit, si le face à face présidentiel demeure ce qu’il est à cette heure, celui des deux plus médiocres, ce ne sera qu’affaire du vide politique. Pas du notre ! Pas en notre nom !

Langlois-Mallet

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