Le débat art français versus multiculturalisme est vraiment un cache-misère de nos impasses politiques.

Ce qu’oublient les tenants d’un art français, c’est qu’il existait précisément dans un royaume multiculturel, ou seul une minorité parlaient le français. S’il y avait un art d’Ile de France propulsé art de l’Etat à la cour de Louis XIV, c’était bien parce qu’il tirait sa dynamique d’un dialogue et d’une opposition à tout son substrat, « régional » et européen (la musique de Lully en est l’exemple).

Ce à quoi se réfère de son côté le trader Macron, n’a rien à voir avec les cultures du monde, des terroirs dans leur diversité, leurs traditions et leurs avant-gardes. « Multiculturel » c’est juste le langage anonyme de la globalisation, conçu comme un produit marketing, un aliment de synthèse du divertissement acceptable par les classes moyennes asiatiques, africaines et occidentales et enrobés de bons sentiments gluants. Ainsi il est à notre politique ce que Kids United est à la musique, une pub Benetton aux arts plastiques et Disneyland à la sculpture et à l’art des jardins…

La France devrait se réconcilier avec elle-même en tournant le dos, dans l’art comme dans l’alimentation – dans la culture comme dans l’agriculture – aux industries. En donnant les outils à l’expression humaine, locale enracinée dans une réalité quelle qu’elle soit, des villes, des banlieues ou des campagnes. Ce qui n’empêche nullement qu’une force publique distingue et propulse les oeuvres les plus abouties dans une recherche d’excellence.

En art comme dans tout le reste, on ne s’en sortira pas en opposant la diversité à une France uniforme, théorique qui n’a jamais existé que dans la boue et le sang des tranchées ou dans la caricature made in USA du béret-baguette.

La France ne peut être qu’une synthèse, qu’un projet commun fort, par delà les particularités et les différences irréconciliables des Français. La religion avec la monarchie, la nation avec la République, ont permis ce pacte par le passé. Leur vieille opposition, telle qu’elle survie aujourd’hui dans le débat entre régime parlementaire ou présidentiel (Ve ou VIe République) est totalement dépassé et hors sol.

Devant la menace commune, c’est l »écologie, qui peut être aujourd’hui cette cause commune de l’Etat et des peuples. Comme toutes les grandes aventures de la France, elle demande un Etat fort contrairement à ce que croient les écolos. Mais elle impose un dépassement citoyen des cadres institutionnels actuels, incapables de produire de la politique, de la pensée… ou de l’art. Parce que privant les gens de leur expression, politique, spirituelle ou artistique.

Langlois-Mallet

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