Gloire à une histoire de France de vérité !

Je me sens très proche du projet de l’historien Patrick Boucheron s’il peut se résumer à renvoyer dos à dos les adversaires du roman national et ses adorateurs nationalistes, pour affirmer l’impérieuse nécessité de l’histoire dans sa vérité et non sa mystification comme substrat commun.

Comme pour nos ancêtres privés, c’est une source de force inestimable de bien connaitre d’où l’on vient. Les moments glorieux nous renforcent et nous guident, les erreurs ou les crimes nous éclairent et nous mettent en garde contre nous-mêmes !

Merci à ceux qui ont montré l’inhumanité monstrueuse de l’esclavage, l’illégitimité de la violence coloniale ou le rôle criminel de l’Etat dans la trahison des Juifs. Il faut tout autant être conscients des horreurs de la Terreur en particulier dans les crimes contre l’humanité de Vendée. Regarder aussi bien l’idéalisme et la gloire qui portaient les soldats de Napoléon d’un même oeil que sa grande boucherie.

C’est en revanche un facteur de dépression collective d’avoir des générations d’élèves sans repères que la culture commerciale américaine et pour qui l’aventure commune se résument à ce qu’on leur a appris, les plages du débarquement et les camps de déportés, la critique dévastatrice sans contrepartie, de ce qui nous est commun.

Ayons le courage de regarder en face la complexité de notre rapport au passé. Comme quoi la Grande Nation, celle du rayonnement de la civilisation des Lumières, à laquelle se réfère notre imaginaire est indissociable aussi bien de la monarchie absolue que de l’élan Révolutionnaire. Nous sommes les enfants aussi bien de Louis XIV que de Louise Michel et de petites Jeanne d’Arc, comme de petits Hugo sont en germe dans nos villes et nos écoles, et ils peuvent être sans-papiers dormant sur un carton, comme de vieille souche terrienne.

Le sentiment de grandeur de la France n’est en soi ni bon ni mauvais, tout dépend de la conscience qui l’éclaire. Nous sommes un peuple incroyable, qui de tout temps à porté plus que lui-même. Nous avons une histoire fantastique, épique, qui ne se résume ni dans la fierté, ni dans la honte, mais se nourrit et se renforce dans la connaissance. Nous avons aujourd’hui besoin de ses forces de dépassement pour affronter les réalités. On ne peut ni flétrir ce qui nous est commun, ni le laisser dériver dans une fierté mal placée.

Le peuple perdu des télévisions et des supermarchés, se cherche aujourd’hui une force et une raison de vivre dans le nationalisme pour tenir face à une mondialisation qui lui a tout pris. Les tenants d’un discours univoque, étroit, fût-il laïc et humaniste, alimentent et nourrissent souvent ce désarrois.

Portons plus fort le récit de notre complexité, celle des multiples France qui existent et nourrissent ce qui nous est commun. Et à ce titre, les plus récentes comme les plus anciennes, les histoires des peuples des immigrations au même rang que celles des peuples des régions, disons aussi ces moments d’unité où la particularité française affirme sa vocation humaniste. Soyons conscient que l’on peut l’oublier et se perdre. Que vendre des armes aux dictatures ou soutenir l’émancipation des peuples est un choix politique de chaque instant et une part de notre responsabilité de citoyens. Je crois passionnément que la recherche de la vérité fait la grandeur et que telle est notre vocation.

Langlois-Mallet

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