Sur le « conflit Israélo-Palestinien »

Eh bien dis donc, mon papier sur le « conflit israélo-palestinien » n’aura pas été le succès du siècle! Entre mes sionistes qui sont vexés que je remette en cause le « Grand Israël » et mes pro-palestiens que je remette en cause un « Etat Palestinien » (et je ne parle pas de tous les autres plus occupés par la dinde aux marrons et leur digestion qui ont lu trop vite le « confit » avant de se précipiter sur leur bicarbonate), je me suis encore fait plein de nouveaux amis…

(Tu me diras avec ce sujet, c’est généralement le résultat, ce pourquoi tout le monde ferme sa gueule… Et ce pourquoi je vous le remets du coup).

On peut se féliciter de ce que le Sénégal, la Nouvelle-Zélande et quelques autres pays se soient pris en main au sujet d’un des foyers de la douleur du monde. Avec Israël, on est au delà de la politique, dans le registre du message symbolique adressé à toutes les inconscients façonnés par le monothéisme. Résoudre un conflit politiquement ici ne serait pas rien. Ce serait faire tomber l’alibi de la haine religieuse à l’échelle planétaire. Il est donc normal que tous s’y mettent quand l’Europe regarde ailleurs…

Outre les pires issues, une élimination violente d’un camps ou un pourrissement sans fin, torture pour le peuple Palestinien, mais aussi destruction de l’intérieur, comme pour tout oppresseur, pour les Israéliens, il y a classiquement deux issues.

Vers un Etat Palestinien ?

La première, la solution à deux Etats, a la faveur… des Etats bien sur, de l’ONU et des Occidentaux. Il suffit de regarder une carte pour douter de sa possibilité. La colonisation a mité entièrement le tissu d’un pays possible. Si l’on se rapproche du terrain, les colonies ont pris le meilleur des terres et surtout des points d’eau. Et il très difficile d’imaginer une évacuation pacifique, que ce soit sous l’égide d’un rapatriement Israélien ou d’une prise de contrôle d’un Etat Palestinien. Il n’est pas certain surtout que la solution à deux Etats ne soit autre chose qu’une facilité de l’esprit occidental.

On voit avec la guerre en Syrie, l’éclatement des frontières que Français et Anglais avaient tracés, sur un coin de table, depuis l’Europe au début du XXe siècle. La réalité régionale n’est pas le phénomène étatique, mais le fait tribal, ethnique, et la mosaïque religieuse. La réalité des pouvoirs en place, ou branlant, n’est pas comparable à celles de peuples unifiés par la politique comme la France, ou de peuples anthropologiquement homogènes comme l’Angleterre. Certaines tribus, parfois minoritaires comme les Alaouites de Assad, parviennent à s’imposer dans un pouvoir, savant cocktail de négociations avec les minorités et de brutalité envers tous. Dit autrement, je ne suis pas sûr qu’il y ait vocation à un Etat Palestinien, qui n’a d’ailleurs jamais existé autrement que par le fait colonial.

Le fantasme du grand Israël

Je ne sais pas qui a dit que la pire chose qui pouvait nous arriver à l’homme était de réaliser ses rêves, mais cela s’applique bien à l’illusion qui consiste à créer un Etat religieux, « chimiquement pur », qui plus est au milieu d’un océan hostile d’une religion contraire. Plus Israël quitte le Droit pour s’avancer de force dans cette direction religieuse, plus elle se radicalise, se coupe de ses pères fondateurs, et glisse vers un état autoritaire à l’avenir violent ou très incertain. Créant à terme une situation plus instable à vivre pour les Israéliens eux-mêmes que pour ceux qu’elle est censé conquérir.

Je sais bien qu’il s’agit là d’un raisonnement typiquement européen, dans le sens ou cette façon de penser la géopolitique autrement que par la force, n’a plus de sens dans le monde d’aujourd’hui, en tout cas depuis que l’Europe… n’a plus la force. Netanyaou, comme Poutine, Erdogan et probablement Trump (en attendant leur équivalent chez-nous en 2017), est dans la logique du fait historique de long terme. Si Israël est fort sur le long terme, le monde s’habituera, comme il s’est habitué aux colonies, à reconnaitre un jour un Grand Israël. L’histoire n’est qu’une question de force et de temps. Israël est un projet de guerre perpétuelle, pas un pays bisounours en Scandinavie ou dans le Bénélux.

Dans cette optique, l’histoire donne entièrement raison ou entièrement tord, selon que les jeunes Israéliens adhèreront, ou non, à ce rêve suprémaciste. Et selon que l’épreuve de force qui semble de mise aujourd’hui partout est la marche du monde ou un simple à-coup.

J’ai tendance à penser plutôt que les solutions se trouvent du côté politique. Non pas géopolitiques, dans un Etat Palestinien à l’extérieur, mais dans une citoyenneté Israëlienne redéfinie sur une base politique et non religieuse. Cette utopie du temps long elle aussi, peut passer même par des formes étatiques transitoires à deux Etats, mais je crois qu’elle reste un bon horizon alternatif. C’est en tout cas, l’une des voies que les négociateurs doivent avoir constamment à l’esprit face au différentes « stratégies du choc. »

Langlois-Mallet

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