Alep. Défaite à la Py-Russe

Dire que nos valeurs ne sont pas celles de Monsieur Poutine, c’est enfoncer une porte ouverte. Mais croire qu’elles sont celles des Etats-Unis, c’est s’aller de soi-même donner, tête la première, contre la porte. Notre vraie honte porte un nom, le manque de courage d’être nous-mêmes…

Si les civils d’Alep n’ont pas eu notre secours, c’est pour deux raisons, l’une qui tient à eux et l’autre à nous.

– La première, c’est que la chute des dictatures, ou leur branle, a fait naître partout dans le monde arabe des dictatures pires encore. Ce ne sont pas les démocraties rêvées par les « printemps arabes » qui ont éclos; mais les fondamentalismes terroristes plus impossibles à armer les uns que les autres. Par ailleurs, plus l’Occident et la structure qui lui tient lieu de dialogue, l’OTAN, s’est mêlé d’intervenir, pire a été le chaos par la suite.

– La seconde est bien la pire des deux. C’est que la France n’a plus la force d’articuler une parole de Justice tant elle est mouillée jusqu’au cou dans la plus putassier des commerces, celui des armes aux dictatures. Notre pays à troqué sa franchise, son indépendance et son aura, contre la poursuite de ses plus vilains intérêts qui nous paralysent et nous rendent ridicules ou odieux. Bien sur, nous avons encore moins la force de poser un acte. Puisque le seul qui serait de notre devoir, secourir les réfugiés et les protéger sur notre sol, nous ne l’accomplissons même pas. Tétanisés ou connivents du courant xénophobe.

Tout le débat hypocrite autant que médiatiquement bruyant de ces jours derniers est à lire à cette aune. Celle de l’attitude méprisable du pouvoir français, et singulièrement de celui qui en est dépositaire, François Hollande. Nous avons laissé tombé Alep et la Syrie, historiquement amie et nous cherchons à nous en défausser en accablant les Russes.

Nous avons lâché les Syriens, pas hier, mais dès le début du conflit et nos premières erreurs à armer ceux que l’on prenait pour des démocrates et qui n’étaient que des terroristes. Nous avons rompus les ponts diplomatiques avec un dictateur, en négligeant les avertissements de ceux qui nous disaient que ses contestataires étaient pires encore, ce qui nous a coûté le Bataclan. Notre allégeance aux Etats-Unis ne nous a donné aucun poids, pas même celui d’intervenir, mais a fait de la France une cible terroriste.

Pire ? Nous avons été soulagés de laisser le sale boulot à Poutine. Dans l’exercice d’une force sans nuances, il participe à une résolution à la Pyrrhus, prélude au redécoupage de cette région. Il ne reste à la France, après la honte et l’impuissance, que l’indignité, celle du roquet aboyant de jalousie au passage de l’histoire. Ce n’est ni Poutine, ni Obama qui nous ont pourtant empêchés de nous grandir en trouvant une issues humaniste au conflit. C’est nous-mêmes qui nous faisons complices des solutions violentes en renonçant au courage et à la force de porter nos valeurs.

Là, et non pas dans les gesticulations médiatiques hypocrites de cette semaine de victoire Russe, se situe notre vraie honte.

Langlois-Mallet

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