Les moineaux de la Primaire

(ou la politique réduite au préchi précha sur les moeurs ?)

Les moineaux étaient tout affolés hier, les moineaux étaient en émoi.

Les moineaux ce sont mes chers collègues, qui lisent peut-être trop Libé, se droguent trop à la Matinale de France Inter.

Leurs esprits voletaient, affolés, de ci, leurs paroles émues de là. Une menace inconnue avait pris corps en deux jours. Ils étaient appelés aux remparts (enfin une cause !) de la Primaire de la Droite.

La Démocratie ? Nos Libertés ? Notre mode de vie ? Que sais-je… Etait en danger ! Les mots sacrés, ô frontière sainte des purs, avaient été prononcés « avortement », « homosexualité ». Les cris de guerres du péril retentissaient à nos portes, buccin funèbre de l’ennemi : « église », « Poutine »… Le sarkozysme continue son oeuvre… à gauche.

La diabolisation et les débats de moeurs, cachent l’important

Leur faire observer que les deux programmes étaient les mêmes et visaient surtout à faire entrer, à plus ou moins grande vitesse, mais avec le même chausse-pied Thatchérien, les actifs dans l’étroit soulier des normes de la mondialisation, était peine perdue. Faible espoir, le PS a ancré pour 20 ans l’idée que la politique, se restreint à choisir la teinture de sa camisole libérale.

Risquer l’idée que le chef se l’Etat ne se choisit pas sur ses moeurs, et encore moins sur son discours convenu sur les moeurs, mais sur sa capacité à garantir l’indépendance du pays, à assurer une sécurité des parcours de tous en commençant par protéger les plus faibles ? Pas gagné, quand la pensée dominante a bien ancré que « la compétition internationale » était le but de la société. Sont-ils au moins dans la compétition, parmi les conquêrants des start-up ? Mêmz pas non, les gentils profs en sont plutôt les victimes et leur travail tout ce que les gouvernements dégradent.

Leur suggérer de s’engager plutôt pour leurs convictions qu’au gré des peurs des médias du CAC40 ? Pousser les feux du côté d’un revenu citoyen, qui libèrerait les énergies du chantage à la survie ? Un peu mieux, mais pas évident. Pour deux générations ou trois, voter, c’est se montrer réactif à impulsion médiatique de la lutte du bien contre le mal.

Alors voilà les moineaux avec une cause : « Il faut voter Juppé pour faire barrage à Fillon »

Et je ne vois pas de quoi attiser les passions. J’ai vu hier deux chargés d’affaires, deux courtiers en patrimoine, postuler pour un job. De fin de carrière pour l’un, d’active pour l’autre.

A moi, ils ne déplaisent ni l’un ni l’autre, les deux personnalités paraissent posées et responsables. Droite notariale ou girondine, plutôt que d’affaires et de réseaux opaques ? De Normal Sup plutôt que de l’ENA ? Des terroirs plutôt que de Neuilly ? Cela peut m’aller.

Je préfère à tout dire avoir, expérience deux fois faites, un président de droite que socialiste (comme je crois plus positif pour tous, à rebours, une Assemblée de Gauche à une Assemblée de Droite).  Je me fout que le Président aille en grand tablier en Loges ou en veste matelassée à la messe. Je ne demande pas au pouvoir de nous prêcher ce que doivent être les vraies bonnes moeurs réactionnaires, ni même de nous dispenser à coup de campagnes de pub la bien-pensance où l’on s’encule. Qu’il foute la paix à la société, c’est déjà pas mal.

Et je préfère me retrouver en manif contre (et à se propos retrouver les copains homos du côtés des manifs, comme avant que du côté de la norme et des portefeuilles ministériels), que de déprimer avec un pouvoir bipolaire qui tient, en plus du feu nucléaire en main, un discours progressistes et gouverne de façon réactionnaire.

Pas de quoi voter pour eux néanmoins

 

Car la colère, mauvaise ou bonne, gronde. Car il y a trop de gens qui dorment dehors et dont on n’a rien dit quand on parle de « réduction de charges aux entreprises » ou de « baisse des cotisations ».

Que l’humain, urbain, libéral, soi-disant si « libre », va partout si mal que le psychologique devient une question politique et que d’ailleurs leurs programmes jumeaux envisagent, d’accord avec la politique actuelle, d’effondrer ce qui cherche à le faire tenir : hôpitaux, éducation, services publics en un mot.

Que l’effondrement du vivant et de la bio-diversité est le fait absolu et que rabattre le débat public sur des points d’indice (ou estimer en milliards le coût de la disparition des abeilles, quand le pouvoir politique n’a plus la force de faire interdire un insecticide), relève non pas du « sérieux », cher aux quotidiens financiers et aux vendeurs de costumes, mais du divertissement au sens Pascalien, au sens de leurs médias de masse et de leur sacro-sainte consommation.

Langlois-Mallet

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