Orlando : L’égoïsme global et ses nouveaux malades mentaux

Résumé. La communauté homo semble ainsi moins victime des « homophobes » ou des « fanatiques religieux musulmans » que d’un désir sexuel outragé. Et Daesh là-dedans ? Sûrement pas le représentant des musulmans, juste une super agence de com’ qui a bien capté les tendances de la désespérance individuelle à l’oeuvre dans le monde global. Et qui propose, comme une appli de smartphone, une « solution globale » au moment du passage à ‘acte.

Dans le monde tout simple de Caroline Fourest —aussi simple que celui de Marine Le Pen— il y a de gentils homos et de méchants musulmans. J’ai plutôt tendance à voir autre chose.

L’égoïsme global qui nous tient lieu de culture commune se trouve confronté aux légions de frustrés que produit sa promesse de jouissance individuelle non tenue. Parmi eux (simple différence de moyens avec l’ancien frustré du bal de village qui revient avec son fusil de chasse), émergent de nouveaux malades mentaux qui écrasent un avion avec leurs passagers, descendent dans un lieu de fête ou un collège la mitrailleuse dernière génération à la main.

La plaisir de l’appartenance à une des communautés dans laquelle se refragmente notre société devenu si froide, si uniforme, si technique; celle de la communions dans une fête à laquelle seule l’appartenance donne de la chaleur, cette retrouvaille qu’ils ont fantasmé et auquel ils n’auront pas accès, faute de lever leurs propres barrières en eux-mêmes, faute de maitriser les bons codes du groupe (car une communauté, une fête se définie toujours d’abord par ceux qu’elle exclus), les nouveaux tueurs la sublimeront.

Ils la sublimeront à leurs yeux en s’inventant un destin surhumain de tueurs, d’archanges vengeurs et nettoyeurs, autant pour avoir fait la Une des médias un quart d’heure, que pour échapper à la tension qui les oppresse.

Et Daesh là-dedans ? Sûrement pas le représentant des musulmans, juste une super agence de com’ qui a bien capté les tendances de la désespérance individuelle à l’oeuvre dans le monde global. Et qui propose, comme une appli de smartphone, une « solution globale » au moment du passage à ‘acte. Un service surtaxé de plus qui se sert de leur mort, et qui dit quelque chose comme : « si vous commettez un acte dément destructeur, nous le prenons à notre compte comme un acte politique, car nous lui donnons une signification au sein de notre communauté. Votre vie est insensé ? Nous donnons un sens à votre mort. »

La communauté homo (et visiblement en son sein, sa minorité noire et métis d’Orlando), semble ainsi moins victime des « homophobes » ou des « fanatiques religieux musulmans » que d’un désir sexuel outragé. Comme l’hyperbole d’une fête (que nous avons tous connus une fois) gâchée par le désespéré, ivre, violent, que l’on retient à la porte. C’est le bal du village ou celui qui n’a pas su danser revient avec un fusil de chasse… « Et tu danses avec lui… »

Ce qui change ? C’est l’hybris des moyens de l’époque. L’exclu revient avec une mitrailleuse dernière génération, toutes les télés du monde dépêchent leurs correspondant et un paumé qui n’a pas accès au juke-box peut remettre un jeton dans la guerre globale. A la faveur de ce crime sexuel de masse, magie de l’effet Daesh et de son homophobie bien réelle, c’est pourtant les rapports de ces communautés dans le monde qui entrent en tension. Et les habitants de villages occupés qui recevront quelques tonnes de bombes de plus sur la tête.

Langlois-Mallet

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s