8 mars 2016. Fin de mes années « années Hollande », de ma dette. Ou avantages et limites de l’auto-investissement en politique §;-)

J’ai le bonheur de faire savoir à mes Ami-es et compagnons d’aventures diverses que j’ai, ce jour, enfin tourné la page de « mes années Hollande » à moi. Du moins des dettes et des très gros ennuis personnels que m’a coûté l’aventure baroudeuse dans les politiques culturelles (Un Peuple Créatif and co !)

Il y a une dizaine d’années, j’avais décidé de sortir de la posture (assez confortable) du journaliste alternatif pour passer à l’action et tenter de faire écho à tout ce que m’avaient appris au fil des reportages les artistes parisiens et ceux qui faisaient vivre l’âme de la ville, en devenant expert en politiques culturelles. Un rapport sur les ateliers d’artistes pour la Région IDF m’en avait donné l’occasion. Puis une plateforme critique du Delanoïsme pour les municipales avait semblé donner corps en lien avec le PS à une entreprise hardie :

Pouvait-on essayer d’inventer une nouvelle politique culturelle ? Un nouveau rapport entre les habitants, les lieux culturels indé (squats, bars, arts de la rue…) et les institutions ? Pouvait-on sortir les élus républicains des politiques Louisquartorziennes (sans en avoir le génie du premier danseur de son temps qu’était aussi le Roi Soleil). Pouvait-on sortir des politiques par la sélection du prince, pour aller vers des outils de liberté d’expression populaire et partant redonner vie à la tradition exubérante de la culture populaire de Paris, celle de Montmartre des cabarets, de Montparnasse des peintres, de Belleville de la chanson ? Pouvait-on appuyer une Renaissance sur le dynamisme des gens qui se bougeaient dans la culture, se démenaient partout pour des oeuvres, des liens, des idées à rebrousse-poil d’une ville devenue un duty-free patrimonial ?

Après m’être douloureusement heurté à l’équipe municipale de Paris, qui dans son optique « tourisme et culture LVMH » avait piqué l’image de la proposition, mais en avait inversé l’outil de liberté d’expression en machine à éteindre la parole des artistes libres. J’étais parti sur l’idée d’inventer une politique alternative pour le ministère de la Culture à l’occasion des présidentielles de 2012. Dans le sillage du Think-thank Altaïr proche de Hollande que nous avions rencontré alors pour notre grande déception (signe, le soir même je me retrouvais en béquilles !), du moins nous avions pu en entrevoir la possibilité assez concrète. Il est vite apparu au cours de la campagne, que l’orientation, et parfois les gens, seraient les mêmes qu’à la Ville de Paris. Un système énarchique, énarchiant plutôt qui mise sur les industrie et méprise profondément toute parole, même collective, qui sort de la société. Mon divorce (sur les pages de Rue89) d’avec mon illusion de liberté de parole et de possibilité d’action, me laisse un maigre titre de gloire, avoir été le premier déçu du Hollandisme (nous sommes nombreux maintenant).

Je ne tire de cette petite médaille de pionnier de la désillusion de Hollande (après avoir été le premier à dénoncer dans les colonnes de Politis la même imposture chez Delanoë) pas grande vanité, plutôt le remord, voir un peu de honte je l’avoue : de ne pas avoir été lucide avant de croire que l’on pouvait se débarrasser de Sarkozy sans se retrouver de nouveau face à sa politique. Croire que la « « Gauche » » quand elle s’appelle PS, pouvait aller plus loin que l’enrobage par les mots des mêmes contenus, porter des politiques d’émancipation de tous (Quelles sont les défaites à l’intérieur de nous mêmes qui permettent la victoire de l’ennemi ? comme qui dirait…). Sans doute de ma part un manque de réflexion, que j’ai essayé de compenser depuis et ma douce illusion sur la bonne volonté du monde, dont je doute de me déprendre vraiment.

Si les conséquences d’un effondrement complet de sa vie matérielle sont évidemment douloureuses, du moins y gagne t-on aussi la satisfaction intérieure d’une confiance renouvelée avec soi-même, n’avoir jamais été acheté et de n’avoir rien céder. Il reste de ces aventures quelques bons écrits (on les trouve sur mon site), bon au sens d’utiles, qui peut-être un jour servirons dans d’autres conditions ou seront pour d’autres fondateurs de quelque chose.
J’en ai pris plein la gueule. Mais cette page est tournée. Je respire.
Vive la vie !

Langlois-Mallet

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2 réflexions sur “  ”

  1. Mon cher David,
    Merci pour ces écrits qui nous donnent à te voir en entier.
    Je suis juste un peu surprise car tu te dis déçu du hollandisme, je me demande seulement comment tu as pu y croire??
    Tout ceci était écrit au fond du Flamby…malheureusement.
    amitiés
    Sandrine

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