Loi Travail « Qui veut revenir au temps de Zola » ?

L’utile plaisir de la mobilisation, n’occulte pas la réalité cardinale à la française : « Rien ne doit changer. » Vraiment ?

La société française va, très probablement, se montrer encore assez forte pour répondre « non ». Et nous, de ne pas bouder notre joie… Il est plus qu’utile que les gens prennent conscience que la force apparente des pouvoirs ne repose que sur leur consentement, au moins passif. Qu’ils sont donc co-responsables de ce dont ils se plaignent, c’est à dire en situation de le changer. Une victoire, avec celle qui s’annonce de Notre-Dame des Landes, a valeur pédagogique.

Non la société française ne veut pas tirer un trait sur plus de 100 ans de droits salariaux acquis et elle a bien raison. Mais les multinationales reviendront bien sur à la charge sous les couleurs d’un gouvernement d’énarques ou d’un autre, bleu pâle ou vieux rose, qu’elle importance ? Ils ont déjà l’ivresse.

Politiquement ? Il y aura de petites conséquences, de celles qui occupent les éditorialistes. Le PM partira, un nouveau gouvernement de « combat » pour 2017 se mettra en place, et le PS sera en situation de faire ce qu’il aime le mieux; se recomposer sa façade, celle de la gauche de promesse, poing levé avec la gauche de conviction à la veille d’un scrutin, après avoir tout avalé, tout subit de sa passivité devant « la réalité » pendant quatre…. oubliée.
Avec un peu d’habileté, Hollande arrivera même à apparaitre, on voit tant de Tartuffe* ces jours-ci qui s’inventent une « colonne vertébrale », comme celui qui a fait reculer le projet néo-libéral. Un jeu de chaises musicales et de postures du moment. Mais rien qui change, ni le marché du travail pour les chômeurs, ni la vraie réalité, celle des emplois précaires et sous-payés, ni non plus la possibilité d’initiative pour les porteurs de projets ou de solutions.

CDI au temps des Misérables

Le projet de déréglementation, voulu par la finance mondialisée, n’a qu’à attendre son heure. Car, elle le sait, une partie de la France est déjà revenue au temps des Misérables. Le socle des droits formels a beau exister, il s’effrite et la réalité est que son application (qui repose qu’on le veuille ou non sur un rapport de force qui existe de moins en moins) ne concerne qu’une partie toujours plus étroite des français, les CDI des secteurs les moins exposés. La France maintien, grâce au surendettement la façade elle aussi, celle du type qui dégringole et vois passer les étages en se disant « jusqu’ici tout va bien. »

Se faire plaisir, dans les urnes ou dans la rue on sait faire (et c’est important). Mais où et quand met-on à plat le système en se demandant ce que l’on veut vivre ensemble, vraiment ? Quand et où se pose une réflexion collective autour de principes clairs, du droit pour tous de vivre décemment, de l’autonomie et de la liberté d’agir ? De l’initiative solidaire de proximité ?
Où et quand évalue t-on des propositions concrètes, comme un revenu d’autonomie pour tous et d’une priorité donnée dans le foncier local aux communs, aux initiatives solidaires, culturelles, écolos ? A celle qui redonnent du sens à la vie ensemble ?

Au demeurant, en s’arqueboutant sur le seul salariat que l’on sait pourtant condamné économiquement, la vieille Gauche nous montre qu’elle a renoncé à tout idéal d’émancipation en dehors du couple infernal pour la Planète Bleue « Croissance-Consommation » et tant pis si l’humain moderne dégorge ce malaise par tous les orifices !
Dans le métro du matin, les files d’attente des Pôle-Emploi, devant les urnes, voir derrière les banderoles, vivre ensemble, c’est toujours « marche ou crève » Pas sur que l’on soit sur Terre pour ça…

Langlois-Mallet

* Voir à cet égard l’édifiant parcours du collaborateur démissionnaire d’El Khomeri se présentant en figure morale donnant des leçons de colonne vertébrale à la Gauche… Pathétique.

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2 réflexions sur « Loi Travail « Qui veut revenir au temps de Zola » ? »

  1. David, tu dois être un peu déprimé ces temps-ci ! La bataille à peine commencé, avec des forces dont on n’imaginait pas l’existence, tu la vois déjà gagnée, et perdue pour finir. A ce compte là, autant rester chez soi.
    Changeons de point de vue : il apparaît, enfin, une mobilisation politique concrète, jeune, avec un mot d’ordre radical et radicalement phasé avec le réel (la merde libérale) : on vaut mieux que ça ! Un simple appel à la dignité. Du Kant en mode hashtag lol ! On ne sait pas ce que ça donnera. Rien peut-être. La loi passera, et la droite demain pourra l’appliquer gaiement (je te rappelle qu’aucun pouvoir ne s’est maintenu depuis 78). Ou peut-être le début d’un mouvement neuf qui par sa réussite deviendra la suite logique de tous ceux qui l’ont précédé en leur donnant enfin un sens.
    Alors tous à République mercredi à 14h. Avec 1,5 millions de signatures ! Pour se réapproprier cette place comme celle de nos luttes et de nos espérances et non celle de nos prières et de nos renoncements.

    1. Cher Ami,

      Je ne suis pas déprimé. C’est la notion même d’espoir qui ne m’intéresse pas en ce moment !

      Je cherche à penser le système et ses dynamiques, plutôt que de penser qu’un camp gagnera sur l’autre.

      Peut-on imaginer un autre rapport dynamique ? Non, il n’y aura pas de révolution. Mais un moment où tout le monde rentre chez-soi.

      Le sachantque peut-on faire avancer ?

      Simplement maintenir le statut actuel ? Le plafond de verre du CDI ? Ou de moins en moins accèdent alors que de plus en plus on va vers la précarité du plus grand nombre ?

      Ou accepter pour l’anticiper un retour vers l’esclavage généralisé de la déréglementation ?

      Je préfère reposer la question des besoins fondamentaux. Quelles nouvelles règles du jeu pose t-on ?

      Amicalement,

      David »

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