Le « Que faire ? » d’Eric Hazan

Toujours au chapitre de notre interrogation inquiète : avons-nous un avenir ensemble ? (c’est à dire sur lequel nous ayons prise). Je fais plus que vous recommander la tribune du Bellevillois Hazan, qui, avec le Tarnacien Julien Coupat plaident pour une évasion solidaire hors de la bulle électorale et médiatique.

Puisque le processus initié par Solon en Grèce il y a 2000 ans ou dans les Cahiers de Doléances il y a plus de 200 ans en France touche à son terme, qu’il ne reste plus grand chose de ce que l’on appelait « politique » -choix d’un destin ensemble- que des simulacres. Une Représentation qui ne représente plus que des intérêts en coulisse et partout le pouvoir de l’argent qui dicte les lois d’une nouvelle féodalité sans transcendance, où n’existe que les maîtres des rouages de l’intérêt personnel.

Petit clin d’oeil aussi à cette journée de grève (qui ne sera pas suivie) des enseignants contre la réforme des collèges. Un syndicaliste futé me disait hier que les enseignants (comme les autres) ne croyant plus au manifs avec banderoles, mais qu’ils résistaient individuellement, passivement, en laissant leur chaise vide aux journées de formation etc. Je cite cette tribune : «Un monde de mensonges, disait Kafka, ne peut être détruit par la vérité, seulement par un monde de vérité» – plus vraisemblablement par des mondes de vérité.

Hazan penseur des résistances de l’esprit du lieu à Paris, à travers l’histoire et Coupat activiste d’une petite zone de liberté d’esprit au village nous invitent à être l’un de ces monde. J’adhère bien sur, même si je dois vous dire que toute l’histoire récente de la Capitale m’apparait à l’inverse, être l’histoire de la destruction de ces petits mondes de bonheur, de ses zones humides ailleurs, par la machine globale… Que l’on regarde les lieux culturels devenus des produits programmés de la Mairie, les petits commerces devenus des franchisés anonymes, les librairies des duty-free LVMH ou les ambiances villageoises des espaces touristiques etc.

J’ai l’impression aussi qu’il n’y a pas d’attitude unique qui vaille, pas de mode d’emploi, juste des principes à adopter, avoir les idées claires et des buts positifs que l’on se fixe, qu’une partie de notre pouvoir de transformation peut se jouer parfois aussi en participant sans se faire complice et sans être dupes. Sans oublier surtout que dans toutes les situations, il y a des humains, confrontés aux mêmes interrogations que nous.

Langlois-Mallet

http://www.liberation.fr/debats/2016/01/24/pour-un-processus-destituant-invitation-au-voyage_1428639

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s