France. L’immobilisme, notre fin agréable

Ce qui me parait le plus terrible dans notre société n’est pas le réchauffement climatique, ni Daesh, ni Le Pen. C’est finalement la passivité collective, la logique pavillonnaire : « Tant qu’il s’agit des autres… au fond, ça va encore. »
Il n’y a que deux issues à cette médiocrité collective du confort pour soi, soit la rage folle, violente, identitaire, le jour où soi-même ou les très proches sont touchés, soit en attendant, la réponse actuelle (cette réponse qui redouble la rage des autres), la réponse cynique, des pouvoirs que nous voyons à l’oeuvre : « reconduisez-moi, je ne ferais rien et vous le savez, mais estimez-vous heureux, vous pourriez avoir pire. »
Les Français gagnent ainsi du temps (et le FN du crédit), le changement de leur confort de consommateur se fait sur le dos de leurs propres enfants, qui seront désarmés face à la catastrophe climatique. Sur celui de leurs contemporains victimes, avec qui ils entrent en concurrence (avoir ou n’avoir pas la chance de se trouver au bon ou mauvais endroit, en terrasse ou dans une région pauvre, ou une région raciste).
Dans ce contexte, où le cynisme profite, le PS sortira dimanche renforcé de la montée du FN, comme hier l’exécutif a bénéficié dans les sondages des attentats. Il sauvera finalement bien plus de régions que s’il avait été jugé sur ses non-résultats, sa non-action sur le chômage, l’inégalité territoriale en particulier (zone péri-urbaines sans culture et banlieues sans espoir).
La droite n’a de choix, après s’être fait mangé, macronisé même, le CAC40 sur le dos et après avoir regardé le gouvernement lui piquer l’autoritarisme évènementiel et les effets de menton militaire, d’assister à son propre délitement entre le racisme lepéniste et un pétainisme rose, finalement pas plus désagréable à beaucoup —à Paris en particulier— que le soleil de l’Apocalypse en décembre. « La fin du monde commence plutôt agréablement… » faisait remarquer un humoriste. En terrasse, une fois encore…
Quand à la gauche Viagra, elle ne peut que mouliner dans le vide son discours hostile à Hollande ou à Valls tout en implorant de voter pour eux, comme nous le voyons ces jours-ci.
Les écolos de même, pris au piège, de leur soif de reconnaissance et de… confort, passent pour une poignée de postes de plus, sur les coups encore bleus de leur jeunesse Place de la République, ou leur mort quelquefois (Rémi Fraisse) pour prendre goulument leur part au syndrome de Stockholm général.
Notre société, un peu sur le modèle Israélien, s’arrange avec sa logique de murs. Murs de l’argent ou mur du territoire, apéro entre happy-few d’un côté, pourrissoir du pire de demain de l’autre.
C’était la logique aussi du Limes de l’Empire Romain finissant, que plus personne ne voulait défendre, préférant la mollesse (la Guy Molesse dans notre cas Français) des orgies romaines, au froid des campagnes militaires germaniques.
Ainsi le consensus général français s’accordant à trouver finalement son point d’équilibre dans l’immobilisme de la peur incarné par Hollande avec la part de violence qui l’accompagne : « ll vaut tout de même mieux des guerres qu’un prix élevé de l’essence; il vaut tout de même mieux faire comme si et continuer comme ça, que changer le confort des habitudes; il vaut tout de même mieux une politique de ségrégation et de privation de liberté à la FN… mais sans le FN. Tant que le divorce entre le discours et les actes reste possible…
Langlois-Mallet

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