France. Quel exemple montrer à nos jeunes ?

Que ce qui ne nous tue pas a pour fonction de nous rendre plus forts.
Sans que nous puissions évacuer la peine qui nous alourdis tous. Il est essentiel de faire levier et de dégager une énergie vitale quand la mort, l’absurdité ou l’injustice a frappé quelque chose en nous. Car c’est précisément du manque d’espoir que se nourrissent les suicidaires meurtriers.
Qu’est-ce qu’avoir dix ans ou quinze ans aujourd’hui ?
Nous élevons nos jeunes, non dans un monde infini et puissant, positif (et un peu ignorant), à conquérir comme les générations précédentes, mais sur une planète précaire, malade de notre présence et dont les scientifiques prédisent l’apocalypse environnementale de leur vivant.
Mais que voient-ils surtout ? Que faisons-nous ? Nous leur offrons des écrans pour acheter leur silence et leur montrons la violence en images dans une confusion de réalité et de fiction. Nous leur disons qu’ils doivent être les meilleurs pour passer leur bac devant les autres, pour qu’ils puissent espérer nous ressembler, avoir une vie de couple ou de solo (souvent de merde, soyons honnêtes), partir parfois en vacances faire la queue au soleil le jour prévu, payer, gagner de l’argent, payer, gagner de l’argent… remplir des caddys au supermarché avec des produits plus ou moins cancérigènes. Je caricature ? Ok, un peu.
Mais nous ne devons être qu’à demi-surpris que le suicide, cette forme de protestation par l’absurde soit devenue une figure de la jeunesse (parfaitement admise par la société), considérée comme une tendance de l’âge, mourir à 27 ans est même un must des stars, qui colle aux Trente Glorieuses comme la nostalgie des plus de 40 ans colle au petit écran.
Ni s’étonner trop que l’on voit désormais apparaitre sa forme « politique » ou disons publique, celle du suicide meurtrier au prétexte d’une interprétation d’une parole de fin des temps ou parfois même pas quand on a la chance d’être un pilote d’avion avec une vie sexuelle minable.
Est-ce étonnant quand tout le monde Occidental et Arabe est dominé par l’inconscient monothéiste et sa prédiction de l’Apocalypse, qu’au moment où celle-ci devient aussi la prévision du monde scientifique, une idéologie du suicide collectif fasse tant d’adeptes ? Bien peu vous étonne alors, la télé rend bon public.
Qu’est-ce qu’avoir dix ans ou quinze ans aujourd’hui ? Quand les adultes te disent de te tenir tranquille en classe, que les médias te disent que c’est la fin du monde et que tes parents sont incapables de rien changer à leurs habitudes addictives et angoissées d’urbains narcissiques et pollueurs ? Voilà de vraies questions.
A quinze ans, toutes les propositions se valent, dès lors qu’elles donnent une perspective à l’angoisse de vivre et proposent une aventure. Quelle aventure positive proposons-nous à nos gamins ? Quelle aventure leur propose ces maffieux suicidaires ? En finir avec un monde absurde et détesté en tuant avec eux le plus possible de ses adeptes. N’essayez pas de me convaincre que c’est complètement stupide, j’en suis persuadé. Mais Djiad.2.0 ce n’est que la nouvelle appli, l’extension du jeu du foulard en Call of Duty en version télé-réalité et retransmission mondiale assurée.
Bien sur tous les ados ne vont pas mordre à ça. Mais quid de ceux en fractures multiples ? Fracture avec l’histoire, c’est difficile à comprendre pour une majorité de Français (je renonce à en parler ici), fracture avec la politique (c’est pas difficile à imaginer, 80% des Français, dont moi, sont aussi dégoûtés de ses formes actuelles), fractures familiales (là encore on est nombreux à pouvoir se les figurer, non ?), fractures urbaines (faites une balade, une demi journée au centre de Paris et une demi journée en périphérie, comparez), sociales, professionnelles etc. Le suicide et la haine se loge souvent là dans nos contrées bienheureuses et je ne peux même pas imaginer ce qui habite les guerriers des pays ravagés par la guerre. Mais le fait est, que certains s’y identifient plus volontiers qu’au peuple tranquille des terrasses bobo; et que fait nouveaux ceux-ci deviennent la cible de ceux-là ! Et ne me parlez pas d’arabes ou de je ne sais quoi. Tous les spécialistes l’écrivent : boom du recrutement chez les bons petits français, le candidat au suicide-meurtrier a souvent même l’accent du terroir…
La réalité de la France d’aujourd’hui, c’est ce père qui ne sait pas quoi faire en voyant son ado de 12 ans fascinée par ce phénomène comme naguère d’autres par la téléréalité (pour ma génération, c’était les vignettes de footballeurs..). C’est cette soeur qui ne sait pas ce qu’elle doit faire avec son frère, petit génie informatique, qui s’est subitement « radicalisé ».
Que propose le système politique ?
Ce n’est pas juste un problème de martelage par la petite épicerie Caroline Fourest de « plus de laïcité », un lepénisme pour prof quinquagénaire, qui par ailleurs sait bien sur son lieu de travail que tant que l’école et le collège n’aura pas les moyens de tenir la promesse de l’intégration par le travail et que le politique ne voudra pas tenir la promesse de l’intégration par le mérite. L’idéal né de la Révolution et des Lumières dans lequel continue de vivre mentalement nos élites, ne suffit plus d’abord parce qu’ils y ont renoncé elles-mêmes et parce que regarder le monde au travers de la pensée de Voltaire et de Rousseau c’est très beau sur le papier, si l’on veut bien oublier que Voltaire tirait ses revenus davantage de ses actions dans les compagnies d’esclavage et que Rousseau mettait ses enfants à l’orphelinat pour pouvoir écrire en paix ses traités sur l’éducation. Ce divorce entre idéal et réalité, entre petit entre-soi des beaux quartiers et des médias parisiens, entre classe politique auto-centrée et 99% de la population n’est plus tenable au XXIe siècle même pour le Français moyen. Comment les jeunes des milieux populaires pourraient-ils y adhérer ? Le propos d’ailleurs n’est pas de délégitimer cette famille d’idées, reconnaissant ses apports, juste observant son incapacité à gouverner et penser le réel, de lui souhaiter une plus juste place.
Non ce n’est pas un problème de communautarisme. Les chercheurs démontrent que la rupture terroriste vient précisément de la rupture de tous liens avec les appartenances vivantes qui conduit à la haine meurtrière de l’autre quel qu’il soit.
Si communautarisme il y a en France, c’est bien celui qui a court entre Parisien des 7e et 8e arrondissements au prétexte de détenir l’universalité. Celui-là qui concentre tous les pouvoirs, dit ce qui est légitime ou non pour les autres, mélange la finance et le bien public dès ses collèges, celui-là, oui, à un impact délétère sur la République. Celui pour lequel les Bretons n’auraient pas le droit de parler Breton, les « Arabes » de faire youyou à leurs fêtes, les squat d’artistes d’exister sauf à voir récupérer leur « image » dans les lieux culturels officiels organisés justement pour ne permettre justement qu’à un certain milieu (lecteurs du Figaroscope et de Télérama) de frayer dans l’entre-soi etc.
Les humains ont besoin de la chaleur des appartenances, de celle de la culture vivante de quartier; c’est au contraire le remède contre l’isolement et la rupture. Le café est une école de la République, le petit théâtre du coin aussi, le caf’ conc’, l’artiste de rue (sous menace d’amende). Les Français ont besoin d’un urbanisme de la diversité des milieux sociaux, sans quoi la société se désagrège en bloc étanches qui ne se parlent plus, ne se croisent même pas sur les réseaux sociaux.
Le succès des nationalismes divers eu Europe, après lesquels courent Hollande, drapeau à la main, ou Sarkozy, invectives en bouche, reposent sur toutes ces dégradations et par certain côté est un peu du même ordre que le succès des prophètes du malheur. Il offre un cadre aux gens déboussolés. La famille Le Pen propose une explication du monde, « Vous êtes malheureux, victimes, parce que vous êtes Français », je suis votre chef parce que je suis victime des médias, un ordre, « nous avons un parti ou vous pourrez obéir, c’est à dire être actif et vous reposer en même temps » et un combat, il y a des méchants. C’est simple, on ne vous demande pas de sortir de St Cyr pour le comprendre, c’est même très reposant pour l’esprit, mais ça fonctionne bien sur des gens pour qui la réalité se résume à ce qu’en dit TF1 et qui vivent en infusion dans la peur entretenue et un quotidien qui se dégrade.
Bien sur qu’il y a une nécessité d’autorité respectée, qui dit le contraire quand les prof n’ont même plus le droit de confisquer un portable ? Mais il faut encore que la chaîne d’autorité se conduise pour être respectable. Encore faut-il qu’elle soit juste pour être légitime. Bien sur que nous devons retrouver une fierté d’être Français, les peintures de match n’y suffiront pas. Ni non plus en répétant les erreurs qui nous l’ont fait perdre, le grand suicide collectif en chantant de 14, la démission et la peur derrière papa en 39 (derrière Pépère aujourd’hui ?), ou l’impensée que constitue la colonisation-décolonisation, trou noir de nos crises politiques modernes.
Pour être fier, le passé même fantasmé, même idéalisé, même tronqué ne suffira pas. Pour être fier il y a une grande règle toute simple. Il faut faire des choses honorables. Et l’honneur qui rend digne des exploits passé, ne se trouve plus dans le carnage d’un autre au demeurant bien difficile à identifier tant il nous ressemble. Ne sommes-nous plus proches des Libanais sous les carnage que des terroristes Made in France ? Devons-nous nous sentir plus proche d’amis Israéliens derrière leur miradors ou d’amis Palestiniens pour d’autres dans leurs bidonvilles ? C’est souvent une affaire de perspective et de quartier de résidence, de milieu social, non ?
Bien sur nous avons la chance en France de pouvoir puiser dans une histoire, une geste héroïque, qui ne commence pas avec la Révolution et la mémoire peut nous éviter le destin de l’Empire Romain. Comment le savoir et la culture de l’Antiquité ont contourné grâce aux moines, les âges barbares, comment l’Eglise et le pouvoir royal ont sacraliser la force des barbares Francs pour la retourner en chevalerie et défense de la veuve et de l’orphelin, comment la société médiévale a survécu aux grandes catastrophes, aux Huns ou au pestes noires, peut s’avérer un vivier imaginaire très fécond. Aussi bien que la connaissance des grands mouvements progressistes des XIXe et XXe, comment les ouvriers illégitimes en tout aux yeux du 7e arrondissement de l’Epoque ont conquis leurs droits et leur place dans la République, l’énergie émancipatrice des femmes de la Commune, l’esprit qui portait les mouvements d’éducation populaires, mutualistes ou de la Résistance et les valeurs qui animait ces jeunes fusillés du Mont Valérien ou de Châteaubriant. Mais j’observe que nos nouveaux nationalistes, qui ne connaissent de fierté de la France que le football n’ont aucune conscience de tout cela. Ne connaissent rien de leur histoire familiale, régionale et nationale. Et n’ont que leur ignorance en partage. Et ne retiennent de l’histoire, déracinés de l’intérieur, acculturés américains en fait, qu’une impulsion vague. Trouver le moyen de se sentir les bons contre les méchants.
Les galeries d’ancêtre dans tous les cas ne servent à rien, si l’on ne sait se réinventer à chaque génération. C’est une ressource pour l’imaginaire que la confiance d’être Français. Mais cela ne nous dispense pas de faire ce qu’ils ont fait. C’est à dire de se réinventer en permanence dans des situations nouvelles, différentes, changeantes et même inouïe comme celle qui nous sidère aujourd’hui et nous plombe le coeur.
Des Français tuent des Français sans raison, sans les connaitre. Cela génère cette angoisse infinie. Mais surtout, il y a juste cette fois, parce qu’il y a de la détestation parmi nous. Est-ce en rajoutant de la détestation de catégories (très floues au demeurant) entre bons et méchants Français que l’on va s’en sortir ? Je vous souhaite bien du plaisir et plains surtout ces pauvres d’esprits et n’ont même pas tiré les leçons des Guerres de Religions du XVIe siècle, ni passé deux minutes à réfléchir sur Henri IV.
Alors l’étranger l’ennemi ? Encore une fois, la Ligne Maginot se révèle inutile. Inutile pas parce qu’imparfaite (elle était super bien pensée et elle est demeurée invaincue), inutile parce que contournée. Non ce n’est pas une guerre François Hollande (ce serait trop facile, moi aussi j’ai pris mon grade dans la réserve pour servir au besoin comme Papi) Mais il n’y a pas d’armée en face. Il y a une sorte de guerre là-bas, contre une mafia pétrolière ou nous ne pouvons pas aller et nous n’arrivons déjà même pas à arrêter de lui acheter du pétrole et à lui vendre des armes… Alors gagner une guerre que l’on ne veut pas mener. C’est pas gagné !
°°°
Quel espoir politique transmettre ?
Alors mieux vaut reconnaitre que le message de la société de consommation est faux et vide. Non, la vie n’est pas faite pour « profiter » sans signification et laisser la poubelle et un désert nucléaire aux suivants. La vie a humaine a toujours trouvé son sens par rapport aux autres et à l’avenir, à ceux qui viennent, en particulier les enfants, et par rapport aux autres, aux plus faibles.
La vie est belle à vivre oui, il faut tacher de jouir de chaque instant, oui. Mais la vie est belle pas parce que nous avons le plus de jouets et les plus chers pour combler notre ennui et notre désespoir, elle est belle parce que nous savons que nous allons mourir et que nous nous tenons quand même debout. Parce que nous avons le pouvoir de donner à chaque instant une valeur et aussi parce que nous échouons parfois à le faire, sans cesser de recommencer, de réussir et de rater à nouveau.
Oui, la liberté et la responsabilité individuelle sont des réalités; mais nous avons aussi une part de responsabilité collective. En ce sens, les autres font partie de nous. Si nous ne nous occupons pas du monde, le monde s’occupe de nous. Si nous ne nous mêlons pas de politique, la politique se mêle à nous tout de même. Alors autant affronter le réel, prendre sa part, être actif. Cela ne protège pas des balles, n’oblige pas à voter, mais nous devons essayer d’empêcher le véhicule commun d’aller dans le fossé. Le monde ne s’arrête pas à notre nombril, hélas… La vie ne s’arrête pas à notre nombril, tant mieux !
Dans la vie sauvage, les ancêtres qui combattaient les bêtes, ne savaient pas s’ils reviendraient et parfois ne revenaient pas de la chasse, mais nourrir les petits était plus important. Et donc nous somme là.
Dans les âges guerriers, le soldat ne savait pas s’il reviendrait vivant de la guerre, mais il ne laissait pas mourir ses compagnons; c’est l’exemple fameux du cri du chevalier d’Assas, a qui l’ennemi promet la vie sauve s’il se tait et qui préfère périr en donnant l’alerte « A moi Auvergne ! » On vit éternellement de ce que l’on sauve.
A l’âge d’aujourd’hui, il faut de nouveau accepter l’idée qu’il faut être prêts à mourir pour pouvoir vivre. Mais il n’est plus nécessaire de penser qu’il faut tuer pour cela. Il faut vivre et c’est le plus difficile. Il faut protéger la vie, être de son côté. Aimer la vie, même si l’on doit peut-être en mourir.
Bien dire aux ados que Non ! Les kamikazes djiadistes ne sont pas des martyrs, encore moins des exemples d’aventuriers. Les vrais martyrs ce sont les victimes et leurs proches. Ils n’ont pas donné un sens à leur vie en retirant celle des autres. Ils ont au contraire soustrait du sens à leur vie en retirant le sens de la vie des autres.
Qu’ils ne doivent pas accepter ces destins programmés par des organisations criminelles de tueurs ou de martyrs, mais vivre de façon responsable en désarmant les violents, se battre en asséchant les terreaux de la violence, en se responsabilisant face au mal du monde, même si ce n’est pas juste.
Alors voilà nous les adultes, il faut cesser d’avoir peur. Oui, nous pouvons mourir (c’est même d’ailleurs prévu au cours des trente prochaines années en ce qui concerne notre génération). Mais non, nous ne seront pas ceux qui dans l’aventure de l’espèce humaine, auront les premiers renoncer à essayer de faire un monde le plus vivable pour ceux qui viendront.
Les suicidaires de l’Apocalypse auront peut-être demain notre peau en terrasse, pendant que l’on danse, dans une salle de rédaction, dans la rue ou je ne sais où. A moins que ceux qui ont trop peur et ont en plus la force légitime disproportionnée, celle de l’état d’urgence, ceux qui veulent « nous protéger » en jetant de l’huile sur le feu dans chacune de leurs actions, ne s’avèrent être les plus nocifs. Sinon les pesticides auront notre peau ou ce sera la pollution.
Notre mort viendra du pétrole, de ses serviteurs assassins, de ses politiques affairistes, ou de ses particules fines du voisin en 4×4. Mais notre honneur sera d’avoir transmis autre chose. Et de nous être tenus au côté de ceux qui représentent cet avenir, sans chercher à distinguer lesquels de ces gamins étaient les nôtres, ceux de Marine, ou les petits frères des spadassins de l’Apocalypse.
Je crois qu’il faut dire à vos ados que vous avez un rêve pour eux, fruit d’une longue et belle histoire, et qu’ils sont en sont héros joyeux et parfois blessés ou endeuillés. Qu’ils peuvent faire mieux que nous, mais que nous essayerons encore avec eux.
Nous avons un grand chantier devant nous, au milieu des bombes humaines et des interdictions de se rassembler (et qui sait bientôt d’échanger ?), une des plus immenses aventures humaine à proposer à nos jeunes et qui reste à inventer avec eux et pour eux. Conjurer la folie humaine, celle des pouvoirs et des banquiers malades, restaurer ce monde magnifique abîmé, ou il fera bon vivre pour chacun, sans cesser de s’émerveiller de la joie si éphémère de vivre, de la beauté des paysages et des animaux en liberté, de la joie d’être ensemble, du plaisir de s’aimer, de danser, du génie de l’esprit et des arts, de notre pouvoir créatif et de notre capacité politique quand nous décidons de prendre en main ce qui nous concerne collectivement.

Langlois-Mallet

 

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