La France, violente ou forte ?

La civilité de notre société repose sur l’idée que l’Etat est le seul détenteur de la force légitime. Si nous ne nous faisons plus justice nous-même (et croyez bien que les duels manquent parfois à mon âme mousquetaire). La contrepartie est d’une part que la justice fonctionne correctement.

Et d’autre part que cette force de l’Etat soit encadrée et elle même soumise à notre pression pour la civiliser. Voilà mon sujet qui est la suite du propos d’hier sur l’antisémitisme.

Aucune violence civile ni militaire ne peut-être comparée à la violence de la guerre de 14 et de ses millions de morts, civils sous l’uniforme. Un tel traumatisme, quasi un auto-génocide contre le peuple français, garde non seulement son besoin de réparation, mais nous oblige à être très vigilants envers nos politiques (à plus forte raison ceux dont la violence illégitime semble faire partie des ambiguïtés de la culture familiale).

Nous avons donc une réflexion à avoir sur cette violence légale qui a atteint toutes les familles dans des proportions inégalés. Des psy et des historiens m’ont confirmés que ces blessures étaient toujours vives aujourd’hui. Ne faudrait-il pas se pencher sur ces blessures des français-es plutôt que de nier les autres traumatismes qu’on été la colonisation et l’esclavage ?

Beaucoup de Français expriment aussi dans des votes de replis identitaires ce sentiment d’injustice d’avoir à multiplier les actes de contrition historiques, alors qu’en définitive leur plainte n’a été ni entendue, ni même formulée. Peut-être serait-il intéressant que citoyens qui s’identifient à l’histoire des victimes de la colonisation, considèrent qu’ils ont à faire à d’autre sortes de victimes de l’histoire, c’est à dire de l’Etat, plutôt qu’aux descendants de leurs anciens despotes. Cette fraternisation serait une voie plus intéressante que la compétition des communautés dans les souffrances ou le ressentiment.

La voix ouverte par la reconnaissance des crimes de Vichy envers les Juifs, apparaîtrait ainsi moins comme une injustice envers les autres qu’un chemin de concorde et d’humanité collective.

Les communautés humaines, surtout au sein d’une même citoyenneté, n’ont pas à être classées et hiérarchisées en fonction des violences subies.

La violence de l’Etat, elle, reste passible d’une analyse détaillée.

Si la boucherie de 14 n’a par son ampleur aucun équivalent à part la folie de gloire Napoléonnienne. Elle a été contrée par un certain pacifisme et par l’amitié Franco-Allemande, autre trace de la grandeur de De Gaulle, qu’il ne faudrait pas remettre en cause à la légère pour des histoire d’argent Mr Mélenchon.

Le crime envers les Juifs est inouï aussi, malgré son modèle dans l’anéantissement de tous les habitants de la Vendée (sans distinction d’opinion, d’âge ou de sexe et une douleur subsiste), puisqu’il s’agit de la volonté politique, rationnelle et organisée de faire disparaître une communauté humaine triée parmi les autres citoyens, enfants compris. N’importe quel pays se relèverait mal de cela.

La violence coloniale est celle qui subsiste le plus fortement de nos jours. Elle a aussi des racines très profondes dans l’histoire, dans la violence et le mépris que Paris, la Capitale, l’Etat, pas le peuple dansant des faubourgs, à manifesté à l’égard des provinces de France conquises.

Il y a en France cette hiérarchie tacite entre la noblesse Franque et ses descendants idéologiques dans l’appareil d’Etat, et des peuples et des cultures « inférieurs », serfs, paysans dominés, ou esclaves. Tout es question de graduation et de hiérarchie.
La violence de ce mépris, qui est souvent celui de la classe politique pour les gouvernés, est la plus active au quotidien contre les noirs et les maghrébins aujourd’hui. C’est eux qui vivent dangereusement et doivent serrer les fesses quand une voiture de police ralentit à leur hauteur, doivent subir les insultes quotidiennes de la presse et les menaces politiques à peine voilées si j’ose dire.

Œuvrer pour un État conscient et vertueux ce n’est pas l’affaiblir, ou affaiblir sa police ou son armée. Seul les anti-dreyfusards actuels croient que l’injustice protège l’institution. C’est au contraire la fonder sur des bases solides que de regarder lucidement ce que nous faire de notre force collective et les violences que nous nous refusons mutuellement pour être simplement fidèles à la 3ème injonction de notre devise Française. La plus oubliée.

David Langlois-Mallet

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