Coup de gueule. Aux vieilles gauches qui m’emmerdent… Et celle qui pourrait me faire rêver

Deux gauches se déchirent et nous feraient presque oublier que nous seront demain les otages de leur manque d’imagination. Pourtant, il ne faut pas les confondre. Mais trouver le moyen de proposer du neuf.

Dehors la gauche des yuppies !

Celle des petits cadres ambitieux et des jeunes loups du marketing qui ont raté leur destin dans la promotion immobilière et la publicité et sont venus squatter en nombre l’espace public et la politique. Rentrez chez-vous petits énarques fièvreux, « phobiques administratifs » élus, fondés de pouvoir de la Finance qui n’ont jamais été élus et n’ont jamais milité. Restez dans vos familles héritiers divers, Papamadit et autres « femmes de »… Portez ailleurs votre soif de promotion sociale et votre besoin de reconnaissance. La plus vieille des gauche ? C’est d’abord celle de Valls

La gauche à la papa, ok, mais pour papa seulement
L’autre gauche qui m’endort est l’adversaire de la première. C’est la gauche à la papa. Bien sur on les aime bien nos retraités de la fonction publique, nos Filoche, mais de là à croire qu’ils peuvent parler en notre nom, écrire les programmes politiques et économiques seuls, nous dire ce que sera le XXIe siècle… stop.
Bien sur leurs engagements sont sincères, eux. Oui, ils aiment la veuve et l’orphelin, eux. Ils ont la solidarité dans les tripes et on en a besoin. Ils défendent les plus petits qu’eux et on ne les mettra pas dans le panier de ceux qui doivent partir, mais de ceux qui doivent un peu la boucler parfois et apprendre à écouter. Votre modèle à la papa du plein emploi, du salaire à vie derrière le même bureau, avec toutes ces petits mesquineries quotidiennes et le calendrier des photos de plage accroché au-dessus, n’est pas notre seul horizon du bonheur et de l’émancipation humaine. Le salariat est fait pour être dépassé, même dans Marx je crois bien. Et n’oubliez pas que si votre gauche à sombré, c’est d’abord du fait de sa réussite. La lutte pour le bonheur, réduite aux acquis salariaux a débouché sur une société de consommation. On n’en veut plus. La Terre n’en peut plus.

Les petits marquis de la gauche radicale
Une gauche qui me courre sur le haricot sérieux, c’est la gauche des élégances morales radicales et des petites pratiques. Les « je suis assez conservateurs dans les valeurs de ma famille, ma vie privée est under contrôle, ma vie économique c’est un sujet à part », mais plus radical que moi sur les minorités, les théories sans conséquences tu meures ! Raz le bol de votre égoïsme qui n’est qu’un parisianisme. De vos engagements destinés avant tout à vous assurer le confort moral, seul accessoire qu’il n’y a pas encore dans votre salon. Vos vies manquent de profondeur, votre engagement de racine, vous faites de la politique comme vous feriez de la peinture sur soie et surtout vous donnez des leçons à tout le monde. Merde. Plutôt que de faire les élégants, à l’heure où le FN est le premier parti de France, montrer votre capacité à redonner du sens politique. Les principes universels sont faits pour être partager, non pas pour servir de rente à des egos. Arrêtez de nous faire croire que vous seul vous positionnez tout là-bas, à la fine pointe d’une radicalité désirable (que vous vous épargnez en général de vivre). Donnez des exemples plutôt que des leçons, vous verrez, ça rend modeste.

Les scrogneugneux d’appareil
Pas non plus cette soi-disant gauche de vieux jeunes gens d’appareils. Formés à toutes les compromissions dès le plus jeune âge pour n’avoir l’oeil que sur le nombre d’élus et leurs rentrées dans les caisses du parti. Les stratèges toujours prêts à dégommer tout ce qui ne leur apporte pas de bénéfice tactique. Les squatteurs des postes et des assemblées politique. C’est la politique réduite au jeu institutionnel, dévitalisée par les professionnels de la profession qui entraine le dégout démocratique général dans le pays. Vous êtes les tues l’amour de ce pays, les croque-morts de la politique et en plus c’est à votre propre bénéfice. Le rêve ?

Nous sommes nombreux aussi je crois, même si nous n’avons pas besoin d’être au pouvoir, à vouloir une politique économique de la liberté qui ne soit pas une politique de l’égoïsme, du profit personnel et du chacun pour soi. Une politique collective qui soit aussi une politique de la créativité, de la formation toute la vie, des innovations, de l’éveil et de l’ouverture aux autres, de l’épanouissement solidaire, de la culture. Une politique des assemblées vivantes, de la parole de chacun, de la diversité et des postes partagés. Une politique de la fierté d’un service public performant et sûrs, mais une politique économique des complexités et des mutations et des richesses des individus.

  • Peut-être une flexi-sécurité comme il existe dans les pays du Nord de l’Europe qui passent pour sociaux et ne connaissent pourtant pas le chômage ?

  • Peut-être un revenu citoyen qui tienne compte de la dématérialisation de l’économie et de toutes les richesses que nous produisons et qui ne sont pas rémunérées ?

  • Peut-être une taxe sur les flux financiers et l’actionnariat plutôt que des charges sur les salaires ?

  • Surtout un autre discours que l’augmentation de la croissance, de la consommation et des salaires !

    Une politique de l’économie soutenable car nous savons que dans les limites de la Terre, il ne sera pas possible que nous gagnions plus mais il est nécessaire que nous partagions, que nous nous limitions pour pouvoir investir le champ du vivre mieux.

Bisou,
David Langlois-Mallet

© Mesparsiennes.wordpress.com 2014

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