FN, misère morale… D’autres attitudes que l’excommunications politiques ?

Je vous donne ma façon de voir, je ne suis pas pour les excommunications politiques, même vertueuses, en fait je me méfie de la « politique magique ». Je propose plutôt trois pistes : un travail citoyen sur la pensée. Une confrontation des idées politiques. Surtout le rôle de nos cultures vivantes face à la vague de misère morale en France.

Citoyenneté : un travail quotidien sur notre propre pensée plutôt qu’une politique magique

Je suis pour le travail de l’intelligence, la prudence sur les adhésions que l’on vous demande mais la confiance en soi et dans sa pensée critique.

– Oui, oui, oui… Il faut mettre ses antennes critiques en marche face à une pensée quand elle tisse des liens d’idées avec des groupes qui se proposent des finalités autoritaires, paranoïaques, racistes, essentialistes ou autre. C’est bien qu’il y ait des groupes anti-fa qui nous informent de cela et nous mettent en éveil. Mais il faut aussi être en éveil en lisant des journaux qui appartiennent à des groupes d’armement. Il faut être en éveil avec les autres et je dirais surtout en éveil constant avec soi-même et en exigence avec sa propre pensée. Bref tout ce qui allume notre esprit critique est bon à prendre. Tout ce qui demande une adhésion irréfléchie est suspect.

Mais je suis contre la politique magique qui exclue des gens au prétexte qu’ils seraient FN ou autre par exemple (on se protégerait d’une contamination sociale), et porte au pouvoir plein de gens sans autres valeur qu’être « anti-FN » (comme s’ils avaient bu une invérifiable potion magique).

– D’abord en politique c’est une erreur, cette manière de voir magique a eu pour effet de valider le FN :
– « Le système de pouvoir nous déçoit ou nous trahis ? »
– « Le système politique rejette le FN ? »
– « Donc le FN est la solution… (ou du moins l’instrument d’une vengeance face aux pouvoirs »). Raisonnement tautologique d’une part de la population.

Face à l’extrême-droite, il faut réfléchir et débattre sur le fond : qu’est-ce que la France, quel sens donne t-on à notre aventure commune ? Celle d’un pays intégrateur ou excluant ? Débattre à mon sens de ce qu’apporte l’immigration. Démonter par la connaissance historique autant que par les sciences humaines, une conception raciale de la nation. Etc.

La fraternité : couper les ponts (ou pas) avec les gens FN (ou autres) ?

– Vis à vis des personnes aussi, l’exclusion brise le peu de lien social et renforce les ghettos d’idées. Je n’exclue pas de mes relations une personne à priori parce qu’elle serait FN ou voterait FN (ou autre mouvement identitaire). J’ai des gens dans ma famille qui ont viré FN, ce n’est pas un motif de rupture de liens.
C’est la théorie, mais après, sur la pratique j’avoue, je n’arrive pas à les fréquenter :
– Je suis pour la fierté et l’indépendance de la France, alors qu’un culte patriotique exclusif et de mauvaise fois me parait cacher un besoin affectif un peu malade, c’est un motif de prise de distance, pas de rupture de lien.
-Mais par contre que je ne supporte pas, quasi « physiquement », les échanges avec les gens qui déversent une haine, du mépris, contre d’autres groupes minoritaire (roms, arabes, juifs etc) ou voulant vous faire tomber dans la fange intellectuelle dans laquelle ils barbotent.
-En fait, c’est le manque de fraternité auquel je suis allergique et force est de constater que le FN (comme certains mouvements identitaires, mais pas tous, des trois religions monothéistes), en tissant une fraternité réduite au groupe, invite à un sentiment de supériorité et donc de détestation vis à vis des autres, souvent plus faibles. Qui finissent par servir à vous venger de votre propre médiocrité.

Une grande vague de misère morale en France

C’est d’ailleurs ma principale manière de voir ces mouvements d’idées d’extrême-droite (et souvent de droite aussi et même d’une partie des élites de gauche qui déguise en distinction son dégoût « du peuple ») : la misère morale. La pauvreté humaine qu’il y a derrière ces gens bien nés ou confortablement installés dans la vie à déverser du mépris et de l’ignorance sur d’autres plus pauvre, comme à l’inverse une admiration de ceux qui leurs marchent dessus dans l’échelle sociale. (Le culte du chef, va souvent avec le mépris du subordonné).

Bien sur la colère vis à vis des puissants ou des irresponsables politiques est légitime. Mais je plains la pauvreté humaine de ces gens, qui se complaisent en haines qui se cristalisent sur d’autres groupes humains, en général plus vulnérables.

Tout cela est le reflet d’une société qui se déshumanise. De la solitude, de la misère affective derrière les écrans, des portions surgelé une part, des tristes déambulation dans les centres commerciaux, de la perte du lien avec les enfants ou les vieux. Bref, d’une société humaine malade.

Les artistes dans la bataille

C’est aussi pour cette raison que je crois que la bataille de la culture vivante est essentielle. Mais là encore, pas aux artistes qui crient « A bas le FN » devant des troupeaux de groupies, foules anonymes auxquelles ont fait depuis le podium aussi bien lever le bras que baisser la tête. Je crois à la culture vivante de proximité, comme aux petits marchés de plein air plutôt qu’aux supermarchés si vous voulez.

– Parce que ce sont les oeuvrier-s, les porteurs d’oeuvres, les artistes qui représentent notre monde et invitent à en faire évoluer notre propre idée.
– Parce qu’il n’y a pas de vérité unique dans l’art ou de chef à suivre dans la culture, mais une infinité de point de vue à partager.
– Parce que la culture vivante crée des liens avec les autres quels qu’ils soient.
– Et qu’enfin de cette vraie démocratie vivante, nous ne sommes pas que les spectateurs, mais qu’elle nous transforme nous même en acteur créatif de notre propre vie.

Alors voilà, oui, il y a un travail intellectuel à faire pour être un citoyen. Il y a un combat politique pour rester libre, face à l’oligarchie, comme face au fantasme de simplification autoritaire, mais cela rejoint et complète notre effort culturel quotidien pour apprendre à devenir humain un peu fraternellement.

On est pas sortis de l’auberge avant de se croire les plus beaux…!

David Langlois-Mallet

c Mes Parisiennes 2014 mesparisiennes.wordpress.com

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