France : un réveil colérique…

Entre colère sociale et crise politique… Quelle idée se faire de la situation actuelle en France Depuis quelques années déjà, nous vivons un réveil politique de la société civile, mais devant le mur que lui oppose la classe politique, il est de plus en plus désordonné, incohérent, colérique… Mais pourquoi donc ne sommes nous pas capables de bâtir une alternative politique ?

La toile de fond de la mondialisation, on la connait

Les esprits, déjà sous pression des différents dangers (épuisement de la planète, réchauffement climatique, industrialisation, course au rendement et déshumanisation de la vie, précarisation ou appauvrissement)… Mais toutes les initiatives locales ou citoyennes – qui sont comme les forces de résilience ou de survie de la société civile- se heurtent en France chaque jour à une fin de non recevoir d’un système aristocratique épuisé dans ses privilèges, sourd aux propositions, méprisant vis à vis de la société civile mais qui retrouve sa force quand il s’agit de lui rendre la vie dure.

L’Etat, conspiration ou incompétence ?

D’Etat protecteur, il apparaît pour beaucoup comme incompétent sans cesser d’être autoritaire, pour d’autres comme le complice d’un vaste hord-up sur le bien commun : La croissance de l’humanité n’a jamais produit autant de richesses, mais elles sont confisquées par le 1%. Ce retour vers le temps féodal s’accompagne pour la première fois (depuis la préhistoire ?) d’un sentiment de péril mortel pour l’espèce humaine. On l’annonce tranquillement à 50 ? 100 ans ? Mais aucune décision n’est prise. Pourtant chacun le constate autour de lui que le profit sans fin épuise la vie locale, effrite relations humaines, précarise. Non seulement nous nous appauvrissons dans cette culture du égoïste, mais surtout nous sommes plus solitaires que jamais, vaguement consolés par les seuls écrans… L’individualisme produit pourtant du bonheur, celui d’une très grande créativité dans tous les domaines. Mais quels sont ses relais ? Ses moyens de partage ?

Cette angoisse activée par un sentiment très vif de trahison des élites, prend toutes les formes possibles : multitudes des initiatives locales, mouvements citoyens de propositions républicaines sans débouchés ni relais, révoltes diverses de territoires ou de corporations (en banlieue ou en Bretagne que l’on fini par regarder avec compréhension), identitarismes divers (barbus, le Penisme, ligue juive ou black, etc.)  à chacun selon son « identité » fantasmés mais qui permet de se ternir chaud et prêt au combat contre… le voisin. Toutes colères différentes et semblables qui n’ont pas de déboucher positif et convergent vers la détestation des pouvoirs en place, voir un désir morbide de leur destruction.

10653402_539514992817081_7267474946950010013_n

UMP-PS Une politique unique schizophrène

Car le centre de gravité majoritaire s’effrite (celui d’une France qui a un boulot et trouve normal de voter PS ou  UMP pour une politique unique. Présentée comme inéluctable du fait de nos engagements européens, elle oriente toutes les énergies humaines vers :

– une réelle maltraitance au travail (ou au chômage).
– une croissance des industries (que l’on nous dit pourtant écologiquement mortelle)
– et conjugue la peur que chacun a du chômage avec le soucis exclusif des profits financiers (bénéfice que l’on sait pourtant confisqués)

C’est cette politique unique, rocher battu par les vagues diverses d’une montée des colères… sans solutions ni débouché politique.

<a href= »« >

La tentation autoritaire

La gauche révolutionnaire absente, perdue dans son histoire et son folklore (son corporatisme dans le cas du PC). C’est le mouvement nationaliste FN qui s’en tire le mieux pour catalyser une alternative dans les urnes (avec les risques que l’on sait ou que l’on oublie).

D’abord parce que le FN a été excommunié par « le Système », ce qui lui sert de brevet de moralité pour beaucoup de Français assaillis d’angoisses multiples, crise économique, mais surtout crise morale et culturelle. Vide des existences et des caddys, quand un rêve de consommation s’évanouit…

Si son approche autoritaire paraît totalement anacronique, sa proposition de replis sur l’Etat et la souveraineté est partagé très largement au-delà de sa famille. Beaucoup en oublient que l’extrême droite, c’est aussi la porte ouvertes données aux haines et aux vengeances, un potentiel de guerre civile contre des communautés, replis sur soi, une société policière etc.

Et nous ? Nous qui croyons encore à améliorer les choses plutôt que les casser

Comment ne pas être en colère de voir un pays comme la France une alternative positive ? Sans y perdre plus de temps que de raison, comment ne pas en vouloir de leur médiocrité à ceux qui nous proposaient un monde nouveau à bâtir et qui en l’ont troqué contre un ascenseur social privé pour les potes ?  L’écologie politique, EELV spécialement, qui sont pourtant sur le versent humaniste, au départ de ce mouvement de fond de réappropriation de la politique par la société civile.
Eux qui ont posé les premiers tant d’analyses nouvelles (René Dumont était moqué il y a 40 ans, tous les experts disent la même chose aujourd’hui) mais qui se sont depuis tellement fondus dans le système pour quelques ministères et avantages peu durables qu’ils ne portent plus rien d’audible, ni proposition, ni contestation crédible et nous laissent donc, nous qui croyons encore à améliorer les choses plutôt que les casser, nos propositions sur les bras, sans alternative devant la question qui nous tue : Sarko ou Le Pen… ?

Alors on condamnera si vous voulez un coup « les jacqueries » ou « les casseurs de banlieue », les violences de tel groupe identitaire ou de ses concurrents, bien sur. Mais à condition de le mettre en regard de la vraie responsabilité, celle d’une oligarchie, qui confisque sans compétence et sans morale publique, le pouvoir politique, bloque les initiative et renonce à toute vraie réforme, non pas celle qui consiste à prendre aux pauvres gens le peu qu’ils ont, mais celle qui voudrait remettre en cause de leur propre fonctionnement.

Et nous ? Nous qui sommes peut-être les plus nombreux, à croire que le monde ne s’améliore pas par un recours au chef, par la course à toujours plus d’argent, mais par la multitude des petites initiatives patientes, respectueuses, locales mais aussi soucieuses des autres.
Comment pouvons-nous ne pas avoir d’alternative ?

Nous aussi en colère !

David Langlois-Mallet

c Mes Parisiennes 2014 https://mesparisiennes.wordpress.com/

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s