Porn-politique et polémiques : Et si nous les renversions ?

Peut-on comme au judo retourner les polémiques de nos princes en sujet de société dynamisants ? Tentatives de propositions à base des deux dernières, Rebsamen et Trierweller. Car qui s’intéresserait aux changements sans l’aide des scandales ou des polémiques ? Quelles seraient celles qui auraient pu émerger à l’aide des deux derniers dégoûts…?

Rebsamen et les chômeurs qu’il faudrait contrôler davantage

On peut s’indigner de cette manière de se défausser de sa responsabilité, mais l’on peut aussi réfléchir aux débats qu’un « ministre normal » aurait dû ouvrir :

  • Quel est l’attitude d’un Etat vis à vis des richesses humaines non inutilisées économiquement ?Doit-il les criminaliser ou aider les talents à se reconnaître pour concourir à la richesse commune ? Sanction ou aide à la réorientation ? Bref, quelle est la philosophie de l’action publique, l’Etat est-il un entraîneur ou un gardien de prison ?
  • Quand de très nombreux actifs tirent le signal d’alarme de la souffrance psychologique au travail, faut-il continuer sous prétexte de guerre économique, à considérer les chômeurs comme des déserteurs ou faut-il ouvrir le débat sur la finalité du travail ? Que disent les actifs de l’évolution du travail ?
  • Des millions de gens portent en France des projets qui ne sont pas repérés comme économiques (culturels, humains, environnementaux, développement personnel…) ils répondent en cela à leur échelle au problème principal : la déshumanisation de notre société. Comment aider ces gens qui se responsabilisent à créer une économie ou à défaut réaliser un accomplissement personnel au travers d’une activité ? Que disent les chômeurs de leur propre expérience ?
  • Que disent enfin les professionnels de Pôle Emploi ? Confrontés tous les jours à la réalité, dans des conditions très discutables, ne sont-il pas les premiers experts dont l’avis pourraient éviter à un ministre de laisser l’image d’un abruti ?

    La polémique Trierweller

  • Aura, elle, empêché -l’une chassant l’autre médiatiquement si vite- que ces questions commencent à émerger. Au-delà d’un conflit de couple qui nous concerne peu (et comme tous les conflits de couple sont de peu de sens, à part pour les deux protagonistes) et indémêlables car leurs motifs de rejets portent sur les raisons même de leur attraction… Celui-ci touche à deux questions en tensions sociales. La place des femmes dans le pouvoir… Et corollaire, la place des émotions des hommes.

  • Combien de temps encore identifiera t-on l’autorité politique aux hommes et la sphère privée au femmes, comme l’oblige la fonction présidentielle et celle fantomatique de 1ère Dame ?
  • Dans cette optique, où les femmes sont des potiches en tailleur pour les hommes de pouvoir, mais du coup on droit à n’importe quoi médiatiquement au nom des « émotions ». On ne peut alors vraiment s’étonner (et François Hollande d’abord) qu’une « femme humiliée » publiquement, c’est le seul rôle auquel elle ait droit à la parole, use publiquement d’armes intimes (interdites dans les joutes noble jeu entre professionnels du champ public). Ni non plus que l’acte il y a peu indigne qui consiste à régler ses comptes sentimentaux sur la place publique tienne si peu de cas des émotions d’un homme tenu par sa fonction à se taire (en raison du même jeu social, les hommes sont censés être des armoires blindées prêtes à tout encaisser)… Pourrait-on imaginer une parité plus juste, tant dans l’exercice du pouvoir que dans l’indignation émotionnelle ?
  • Autre tension un peu pourrie celle entre dirigeants et citoyens. Jusqu’à quand le bon peuple français a t-il besoin de constater que ses dirigeants ont des vies intimes à ce point banales jusque dans leurs éclats, pour se persuader qu’il s’agit d’humains comme eux ? Et parfois même, les facilités du pouvoir aidant, plus moche qu’eux ? Jusqu’à quand les dirigeants glisseront-ils au statut de people, infantilisant le citoyen ? Et qu’il est donc temps de laïciser et de démocratiser un peu le rapport de confiance (et de défiance) entre gouvernants et gouvernés ?
  • En parlant people, cela fait penser aux affaires (avant-hier !) de publications de photos intimes ou porno de stars… N’est-il pas plus simple de considérer que tout le monde à un corps ? Que tout le monde fait l’amour ? Que le jeux entre adultes font parti de la vie d’un couple et que logiquement les nouvelles technologies y ont leur part ? Les fuites (réelles ou organisées ?) de cette banalité qui sont autant de publicité pour des « stars » parfois célèbrent qu’à cette occasion, méritent-elles que la presse ameute toute l’opinion ?
  • Chaque jour les scandales de la Sarkozye heurtaient la probité économique ou notre humanisme. Chaque jour les polémiques de la Hollandie heurtent la probité politique ou personnelle. Mais ces polémiques médiatiques (chômage, intimité voir sexe) disent en creux les valeurs intéressantes de notre société. Il est en tout cas temps d’évoluer, économiquement, politiquement et « sexuellement » au moins au même rythme que les échanges à l’heure des réseaux sociaux… C’est à dire de débattre. D’évoluer démocratiquement en fait.

David Langlois-Mallet

Mes Parisiennes 2014

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