1914 : Pensée à mes grands-poilus

Pensée émue pour Michel, qui est passé gamin de la tendresse familiale à l’effroi des tranchées. Bien plus tard, il chantait encore la Madelon dans sa salle de bain et nous a transmis une mémoire pudique et bouleversée des souffrances de ses camarades, sa fierté d’officier français et son amitié pour le peuple allemand; les Allemandes spécialement je crois.

Pensée tendre pour Adrien, médecin qui soignait à l’hôpital de Laon les mutilés des deux camps (surtout des Allemands) et qui a laissé le journal quotidien désabusé -de l’assassinat de Jaurès à l’Armistice- de ces quatre années du quotidien douloureux des habitants sur la « Montagne couronnée » et d’un homme sans nouvelles de sa famille.

Pensée pour Mathieu dont n’est resté de 14 qu’une belle photo à moustache et de son frère Auguste qui, officier d’une audace et d’un courage sans limites, a laissé citations, récompenses, médailles et éloges.

Pensée insondable et terrible surtout pour Pierre-François, qui a connu le vrai enfer du poilu et qui sortait les larmes aux yeux à cette seule évocation.

Ma famille, comme beaucoup de familles françaises, reste hantée je crois par la souffrance de ces grands-pères et arrières grands. Une sorte de suicide collectif, non ?

David Langlois-Mallet

c Mes Parisiennes 2014

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